Le voile du palais comprend dans sa structure : 1° une lame aponévrotique, l'aponévrose du voile du palais, qui en constitue pour ainsi dire le squelette ; 2° des muscles, les muscles du voile du palais ; 3° une muqueuse ; 4° des glandes.

Aponévrose du voile du palais

L’aponévrose du voile du palais est une lame tendineuse, très résistante, continuant en arrière la voûte palatine osseuse. Elle n’occupe que le tiers antérieur du voile. Son parcours antéro-postérieur ne dépasse pas 15 millimètres. Sur cette aponévrose, pièce fondamentale pour la statique et la mécanique du voile du palais, viennent se fixer les muscles du voile.

Le bord antérieur se fixe au bord postérieur de la voûte palatine et à l’épine nasale. Latéralement, l’aponévrose s’agrippe au crochet des apophyses ptérygoïdes droite et gauche, d’où elle semble rayonner. Son bord postérieur et inférieur, libre, donne au doigt la sensation d’une arête tranchante, qui peut la faire confondre avec le bord du palais osseux (Tillaux). Sa face supérieure, qui regarde le pharynx nasal, adhère à sa partie interne à la muqueuse. Sa face antérieure répond près du plan médian à une couche glandulaire assez développée.

Quelle est la signification de cette aponévrose ? Certains la rattachent au périoste de la voûte palatine, dont elle serait la continuation ; d’autres auteurs la comparent à une aponévrose d’insertion des muscles du voile, en particulier du péristaphylin externe. Il est certain que chez les individus musclés le rayonnement de l’aponévrose, partant du crochet de la ptérygoïde, et confondu avec le tendon réfléchi du muscle précité, semble donner raison à cette hypothèse. Quoi qu’il en soit, elle forme un point d’appui solide à la musculature que nous allons étudier.

Muscles du voile du palais

Les muscles du voile du palais sont au nombre de dix, cinq de chaque côté. On désigne ces muscles par un nom qui se compose de deux

Muscles du voile du palais, vue postérieure (demi-schématique).

(Le crâne a été scié, à droite et à gauche, transversalement d’abord jusqu'au voisinage de l'épine du sphénoïde, puis obliquement jusqu’au sinus sphénoïdal ; un stylet a été introduit dans la trompe du côté droit.)

1, 1 choanes, avec : 1’, cornet moyen ; 1’’, cornet inférieur. — 2, trompe d’Eustache, avec : 2' sa portion fibrocartilagineuse. — 2', sa portion osseuse. — 3, constricteur supérieur du pharynx incisés et érigné en dehors. — 4, aponévrose latérale du pharynx. — 5, luette. — 6, palato-staphylin ou azygos de la luette — 7, 7’, péristaphylin interne. — 8, péristaphylin externe, avec 8', son tendon. — 9, pharyngo-staphylin, avec : 9', sa portion principale ; 9 son faisceau accessoire salpingo-pharyngien ; 9"', son faisceau accessoire palato-pharyngien. — 10, ptérygoïdien interne. — 11, nerf dentaire inférieur. — 12, nerf lingual, avec la corde du tympan. — 13, artère carotide externe 14, temporale superficielle. — 15, maxillaire interne, avec : 16, méningée moyenne. — 17, dentaire inferieure. 18, sinus sphénoïdal, — 19, base de la langue. — 20, condyle du maxillaire inférieur.

mots : le premier rappelle leur origine ; le second, leur terminaison sur le palais. Ce dernier mot est staphylin, du grec qui signifie luette. Ces muscles sont : le péristaphylin externe, le péristaphylin interne, le palato-staphylin, le glosso-staphylin et le pharyngo-staphylin.

L’étudiant a souvent quelque peine à retenir l’anatomie un peu ingrate de ces muscles lorsqu’il en aborde l’étude pour la première fois. Cette étude deviendra plus attrayante s’il en connaît l’importance fonctionnelle. Aussi, avant d’en aborder la description, jugeons-nous utile d’en indiquer le rôle général.

Aperçu général sur les muscles du voile du palais

Comme nous l’avons déjà dit au début de cet article, le voile du palais est un pont suspendu à la base du crâne par une sangle musculaire à quatre chefs, voûte appuyée sur quatre piliers, reposant sur la langue, le pharynx et le larynx.

Placé entre la cavité buccale et le carrefour aéro-digestif (pharynx et larynx), le voile du palais possède une musculature qu’on peut rattacher, en anatomie générale, à celle du pharynx. Mais, détaché partiellement de cette gouttière digestive, le voile du palais possède une musculature presque complètement autonome, adaptée à un double rôle. Le premier, rôle de fermeture du nasopharynx pendant la déglutition, est assuré par les péristaphylins. Ces muscles ont d’ailleurs une fonction importante sur la trompe d’Eustache, qui fait communiquer l’oreille moyenne avec la cavité pharyngée. Le deuxième rôle a pour but d’établir une séparation entre la bouche et les parties inférieures du pharynx (pharynx buccal, laryngopharynx). Il s’agit ici d’un véritable rôle sphinctérien, créant un double défilé entre la bouche et le pharynx. Ce rôle sphinctérien est dévolu aux muscles des piliers : le glosso-staphylin pour le pilier antérieur et le pharyngo-staphylin pour le pilier postérieur. Le palato-staphylin est le seul muscle propre du voile.

Adoptant une autre classification anatomique, on pourrait dire qu’il existe de chaque côté un seul muscle intrinsèque, partant du voile et arrivant au voile, le palato-staphylin, et quatre muscles extrinsèques, deux destinés à la sangle palatine : les péristaphylins, deux destinés aux isthmes de l’arrière-bouche : les palatoglosses et les pharyngo-staphylins. Ceci exposé, décrivons ces différents muscles :

Palato-staphylin

Le palato-staphylin (6) se présente sous la forme d’un petit faisceau cylindrique, situé sur la face postérieure du voile du palais, de chaque côté de la ligne médiane.

Insertions

Il naît, en avant sur l’aponévrose palatine, immédiatement en arrière de l’épine nasale postérieure. De là, il se porte en arrière et en bas, jusqu’au sommet de la luette, où il se termine dans le tissu cellulaire, par une mince extrémité ou par un faisceau de fibres, mais sans adhérer beaucoup à la muqueuse.

Coupe transversale de la trompe d’Eustache.

(Segment postérieur de la coupe, d’après Sébileau.)

1, lame fibreuse limitée par le fascia péritubaire. — 2, muscle péri-staphylin externe (prétubaire). — 3, lame cartilagineuse rte la trompe avec son crochet. — 4, lumière de la trompe. — 5, muscle péristaphylin interne (rétrotubaire). — 6, fascia prétubaire. — 7, aponévrose latérale du pharynx se dédoublant pour entourer la trompe. — On voit que le péristaphylin externe est en dehors d’elle, tandis que le péristaphylin interne est en dedans.

Rapports

Recouvert par la muqueuse de la face postérieure du voile du palais, le palato-staphylin recouvre à son tour le tendon terminal du péristaphylin interne. Par son côté interne, il est contigu à son homonyme du côté opposé dans toute son étendue. Ce rapport de contiguïté est tel que, dans bien des cas, les deux palato-staphylins paraissent se confondre et ne former qu’un seul 'muscle, muscle impair et médian, auquel les anciens anatomistes avaient donné le nom d'azygos de la luette (azygos uvulœ).

Action

Quand ils se contractent, les palato-staphylins élèvent la luette, l’incurvent en arrière et raccourcissent le voile du palais dans le sens de la longueur. Ils peuvent faire défaut (Henlé).

Les péristaphylins

Il existe deux péristaphylins, le muscle péristaphylin interne ou pétro-staphylin et le muscle péristaphylin externe ou sphéno-staphylin. Ces deux muscles se détachent de la base du crâne assez voisins l’un de 1 autre, laissant entre eux, a leur origine, une boutonnière dans laquelle s’engage la trompe d’Eustache. Le péristaphylin interne prend des insertions même sur cet organe et lui reste postérieur. Le péristaphylin externe, lui aussi, s’accroche a la trompe, mais sur sa face antéro-externe et lui reste antérieur. Rappelons-nous ces deux points fondamentaux des rapports de ces muscles : l’un, Y interne, est rétro-tubaire ; l’autre, l’externe, est prétubaire. Arrivés au niveau du voile, ces deux muscles s’étalent sur le voile du palais, formant la sangle chargée d’élever le voile.

Si nous considérons ces deux muscles du point de vue des parois pharyngées, nous verrons que tous deux sont contigus à la paroi musculaire propre du pharynx, mais cependant qu’ils diffèrent l’un de l’autre dans ce sens que le péristaphylin interne, postérieur à la trompe, est placé en dedans de la musculature pharyngée proprement dite, il est donc intra-pharyngien, tandis que l’externe,

La trompe d’Eustache, vue à la base du crâne, pour montrer ses rapports avec les muscles péristaphylins.

1, aile externe de l’apophyse ptérygoïde. — 2, aile interne, avec 2', son crochet. — 3, choane, avec : 4, cornet inférieur’; 4', cornet moyen. — 5, trompe d’Eustache (portion fibro-cartilagineuse). — 6, aponévrose latérale du pharynx. — 7, péristaphylin interne, érigné en dedans. — 8, péristaphylin externe, avec :8', son tendon. — 9, 9', nerfs dentaire et lingual, sortant du trou ovale. — 10, artère méningée moyenne, s’engageant dans le trou petit rond. 11, condyle de l’occipital. — 12, surface basilaire. — 13, trou déchiré antérieur — 14, nerf vidien, s’engageant dans le canal vidien — 15, carotide interne. — 16, dernière molaire.

prétubaire, est extra-pharyngien, séparé du pharynx par une mince aponévrose formée par le dédoublement de l’aponévrose du pharynx (7).

Passons à l’étude analytique de chacun de ces deux muscles :

Péristaphylin interne

Le péristaphylin interne (7) est un muscle rubané, étroit en haut, large en bas, qui s’étend de la base du crâne au voile du palais. C’est le pétro-staphylin de certains auteurs, le pétro-salpingo-staphylin de Chaussier.

Insertions

Il s’insère en haut par deux ordres de faisceaux :

  1. par ses faisceaux postérieurs ou pétreux, il s’attache sur la face inférieure du rocher, en avant et un peu en dedans de l’orifice d’entrée du canal carotidien ;
  2. par ses faisceaux antérieurs ou salpingiens sur la face postéro-interne et sur le plancher de la portion cartilagineuse de la trompe d’Eustache. Toutes ces insertions se font à l’aide de fibres aponévrotiques ordinairement très courtes. De cette double insertion, le péristaphylin interne, muscle

Les insertions des péristaphylins à la base du crâne et sur la portion cartilagineuse de la trompe.

En violet, emplacement de la trompe d’Eustache. — En rouge, les insertions du péristaphylin externe. — En bleu, les insertions du péristaphylin interne.

1, fossette scaphoïde. — 2, trou ovale. — 3, trou petit rond. — 4, 4', orifices du canal carotidien. — 5, section de l'apophyse styloïde. — 6, trou déchiré postérieur. — 7, aile interne de l’apophyse ptérygoïde. — 8, son aile externe. — 9, trou déchiré antérieur.

cylindrique, se porte obliquement en bas et en dedans, logé dans la gouttière du plancher de la trompe, et s’épanouit en un large éventail dont les faisceaux divergents recouvrent toute la face postérieure du voile du palais. De ces faisceaux terminaux du muscle, les antérieurs se fixent à l’aponévrose palatine ci-dessus décrite ; les postérieurs s’entrecroisent sur la ligne médiane avec ceux du côté opposé, en formant une espèce de raphé qui est placé immédiatement au-dessous des palato-staphylins (11).

Rapports

A son origine, le péristaphylin interne répond à la partie la plus reculée du cartilage de la trompe. Il la recouvre en grande partie et prend sur elle, comme nous venons de le voir, un certain nombre de ses insertions. — Plus bas, il longe encore la face postéro-interne de la trompe, mais sans s’y insérer. Elle lui est unie, cependant, par un tissu conjonctif très dense. — Plus bas encore, au-dessous de la paroi crânienne, le péristaphylin interne est recouvert, en dedans, par la muqueuse du pharynx d’abord, puis par la muqueuse postérieure du voile du palais. En dehors, il répond successivement : 1° dans sa portion descendante, aux muscles constricteurs supérieur du pharynx et péristaphylin externe. Au niveau de l’ouverture de la trompe dans le pharynx, il soulève le plancher de l’orifice, formant un bourrelet bien visible sur le cadavre et sur le vivant ; 2° dans sa portion horizontale, il répond au pharyngo-staphylin.

Péristaphylin externe

Le péristaphylin externe (8 et 3) s’étend, comme le précédent, de la base du crâne au voile du palais. C’est le sphéno-staphylin ou sphéno-salpingo-staphylin de certains auteurs.

Insertions

Il prend naissance, en haut :

  1. dans cette fossette allongée, dite fossette scaphoïde, qui est située sur le côté postéro-interne de la base de l’apophyse ptérygoïde, au-dessus et en dedans de la fosse d’insertion du ptérygoïdien interne ;
  2. sur cette partie de la grande aile du sphénoïde qui est placée en avant et en dedans du trou ovale ;
  3. sur la face antéro-externe de la trompe d’Eustache, à la fois sur le crochet cartilagineux et sur la lame fibreuse qui lui fait suite.

De cette triple origine, les faisceaux constitutifs du péristaphylin externe se portent verticalement en bas et en avant, en sui-

Le muscle péristaphylin externe, vue postérieure.

(Le péristaphylin interne a été sectionné et érigné un stylet a été introduit dans la trompe.)

1, portion osseuse de la trompe d’Eustache. — 2, sa portion cartilagineuse. — 3, muscle péristaphylin externe, avec : 3', son tendon. — 4, 4', péristaphylin interne, sectionné et érigné. — 5, ptérygoïdien interne. — 6, artère maxillaire interne, avec : 7, méningée moyenne ; 8, dentaire inférieure. — 9, nerf dentaire inférieur. — 10, lingual. — 11, corde du tympan. — 12, crochet de l’aile interne de l’apophyse ptérygoïde.-—13,13', choanes. — 14, sinus sphénoïdal. — 15, aponévrose latérale du pharynx.

vant l’aile interne de l’apophyse ptérygoïde. Arrivés au crochet qui termine cette aile, un certain nombre de ces faisceaux ("ceux qui proviennent de la trompe, Tröltsch) se fixent à l’apophyse ptérygoïde ; les autres, et c’est le plus grand nombre, se jettent sur un tendon, lequel se réfléchit sur le crochet ptérygoïdien, puis se porte alors transversalement en dedans et finalement vient se terminer, en s’élargissant en éventail, sur la face inférieure de l’aponévrose du voile du palais. Une petite synoviale favorise le glissement du tendon précité sur le crochet ptérygoïdien, qui devient ainsi, pour lui, une véritable poulie de réflexion.

Rapports

Ainsi entendu, le muscle péristaphylin externe nous présente deux portions, l’une verticale ou descendante, l’autre horizontale :

  1. Dans sa portion verticale ou musculeuse, il est en rapport : 1° en dehors, avec le muscle ptérygoïdien interne, dont il est séparé par une lame conjonctive (15), qui tantôt est simplement celluleuse, tantôt franchement aponévrotique (Coulouma),
  2. en dedans, avec le muscle péristaphylin interne, dont il est séparé par le constricteur supérieur du pharynx. Dans sa portion horizontale ou tendineuse, il répond, en haut, à l’aponévrose du voile du palais, en bas à sa muqueuse inférieure.

Action des péristaphylins

Les muscles péristaphylins interne et externe exercent a la fois leur action sur le voile du palais et la trompe d’Eustache ; puis, prenant leur point d’appui sur la base du crâne, ils jouent, comme nous l’avons déjà dit, le rôle d’une sangle élévatrice du voile pendant le mouvement de déglutition. Ils sont tenseurs du voile du palais en même temps qu’ils sont élévateurs. Quoique grêles, ils sont puissants ; en particulier, le muscle péristaphylin externe. Avec les nombreuses fibres tendineuses de son corps musculaire et avec sa puissante expansion aponévrotique, il rappelle plutôt l’aspect des muscles masticateurs que celui des muscles du pharynx. Tandis que le péristaphylin interne ou pétro-staphylin se rend directement de la base du crâne au voile du palais, le péristaphylin externe ou sphéno-palatin n’atteint qu’indirectement le voile après s’être réfléchi contre le crochet ptérygoïdien. Comme le dit Sébileau, « le crochet horizontalise les fibres d’abord verticales du muscle ». On peut donc dire que le péristaphylin externe et le péristaphylin interne sont tous deux suspenseurs du voile à l’état de repos ; mais, tandis que le pétro-palatin est particulièrement élévateur, le sphéno-palatin est surtout tenseur du voile.

Le rôle de ces muscles sur la trompe nous est déjà connu : ce sont les muscles ventilateurs de l’oreille moyenne ; ils font pénétrer en effet à chaque mouvement de déglutition une certaine quantité d’air dans la trompe d’Eustache. Il n’est pas douteux que le péristaphylin externe, prenant son point d’appui sur le voile, soit dilatateur de la trompe. Quant au péristaphylin interne, la plupart des auteurs lui donnent le rôle de constricteur de la trompe. Avec Sébileau, nous nous étonnerons de cette conception. La contraction des deux muscles n’est-elle pas synergique dans l’élévation du voile ? Nous ne pouvons alors concevoir que le même mouvement de déglutition puisse déterminer en même temps l’ouverture de la trompe par la contraction du péristaphylin externe et sa fermeture par la contraction du péristaphylin interne. Il est à peu près probable que l’action de ce dernier muscle est moins importante que celle du premier, mais ne lui est pas antagoniste.

Muscles des piliers du voile

Les muscles des piliers du voile, que Sébileau appelle justement les formations sphinctériennes de la bouche, comprennent deux muscles : le pharyngo-staphylin et le glosso-staphylin.

Glosso-staphylin

Le glosso-staphylin, encore appelé palatoglosse, est contenu dans le pilier antérieur du voile, dont il constitue la charpente.

Insertions

Il naît de la base de la langue par deux faisceaux, l’un antéro-postérieur, qui longe le bord de la langue ; l’autre transversal, qui provient du septum lingual. Leur union constitue une lame, dont le bord antérieur forme la crête du pilier et qui va s’épanouir dans le voile. Les fibres se dirigent vers celles du côté opposé, en décrivant une série de courbes à concavité inférieure (2, 8).

Action

Ces deux muscles forment un sphincter antérieur, pré-amygdalien, rétrécissant l’isthme du gosier. Les deux piliers se rapprochent à la façon de deux rideaux ; la base de la langue s’élève, tandis que le voile s’abaisse. Ainsi se trouve fermé l’isthme pharyngo-buccal.

Pharyngo-staphylin

Le pharyngo-staphylin, encore appelé palato-pharyngien, s'étend, comme son nom l’indique, du pharynx au palais. C’est un long muscle, disposé dans le sens vertical, dont la partie moyenne se condense en un faisceau musculaire qui occupe le pilier postérieur du voile et dont les deux extrémités s’éparpillent en éventail, la supérieure dans le voile, l’inférieure dans le pharynx.

Insertions

Le pharyngo-staphylin part du voile lui-même sous forme de fibres en éventail, qui s’échappent du raphé médian, en arrière de 1 azygos. Ce faisceau palatin (10) entrecroise ses fibres avec celles du péristaphylin interne et du glosso-staphylin. A ce faisceau principal viennent s’adjoindre deux faisceaux accessoires :

Le premier de ceux-ci se détache de la trompe d’Eustache, c’est-à-dire que l’extrémité

Le sphincter de l’isthme pharyngo-nasal ou passe postérieure du gosier, vu par sa face antérieure ou buccale [demi-schématique) (d’après Luchska, in Sébileau et Truffert).

La muqueuse a été réséquée. La vue est antérieure. On voit les deux sphincters du gosier et rentre-croisement de leurs fibres sur le voile du palais de droite à gauche. Le glosso-staphylin (2) est plus clair que le pharyngo-staphylin (7).

1, base de la langue. — 2, glosso-staphylin ou sphincter antérieur se perdant dans la langue — 3, amygdale derrière le sphincter antérieur. — 4, luette et azygos de la luette. — 5, pharyngo-staphylin ou sphincter postérieur, situe derrière l’amygdale. — 6, faisceaux palatins du glosso-staphylin. — 7, faisceaux ptérygo-tubaires du pharyngo-staphylin. — 8 et 9, faisceaux entrecroisés des deux sphincters du gosier.

inférieure du bourrelet cartilagineux. On lui donne le nom de faisceau tubaire ou salpingien, ou encore faisceau salpingo-pharyngien (12).

Le deuxième faisceau accessoire se détache du crochet ptérygoïdien et de l’aponévrose du voile. C’est le faisceau ptérygo-palatin. Les fibres de ce faisceau se confondent avec les fibres du constricteur supérieur insérées sur le crochet de la ptérygoïde.

Le pharyngo-staphylin est ainsi compose de trois portions qui, partant de points différents, convergent les unes vers les autres et finissent par se réunir pour former une lame musculaire unique.

Celle-ci s’engage dans le pilier postérieur du voile, dont elle constitue la charpente ; elle s’engage avec le pilier dans la paroi latérale du pharynx et s’y termine de la façon suivante par deux ordres de faisceaux : un faisceau pharyngien et un faisceau thyroïdien.

Les insertions des différents faisceaux du muscle pharyngo-staphylin (d’après Sébileau et Truffert).

La vue est postérieure. La paroi postérieure du pharynx a été sectionnée verticalement. La muqueuse du pharynx et du voile du palais a été partout réséquée.

1, récessus sous-laryngé (gouttière pharyngolaryngée). — 2, bord postérieur du cartilage thyroïde. — 3, épiglotte. — 4, grande corne de l’os hyoïde. — 5, portion saillante du pharyngo-staphylin, formant le pilier postérieur du voile du palais. — 6, amygdale. — 7, faisceaux palatins intérieurs du pharyngo-staphylin insérés sur le voile au-dessous de l'épanouissement du péristaphylin interne. — 8, face dorsale de la base de la langue. — 9, faisceaux du pharyngo-staphylin étalés dans la paroi pharyngée, dont beaucoup vont s’insérer sur le bord postérieur du cartilage thyroïde. — 10, faisceaux palatins supérieurs du pharyngo-staphylin insérés sur le voile au-dessus du péristaphylin interne. — 11, péristaphylin interne. — 12, faisceau tubaire du pharyngo-staphylin.

Les fibres du faisceau 'pharyngien se terminent sur la face latérale du pharynx, en décrivant des anses sur cette face. Elles s’unissent sur la ligne médiane postérieure à celles du côté opposé ainsi qu’aux fibres des constricteurs et du stylo-pharyngien (Voy. Pharynx). Elles constituent un véritable sphincter postérieur (5).

Le faisceau thyroïdien s’attache sur le bord postérieur de la face latérale du cartilage thyroïde et sur le bord supérieur du cartilage. Le nerf laryngé supérieur passe entre ces fibres.

Action

L’action de ce muscle est complexe. Son rôle principal est de rétrécir l’isthme pharyngo-nasal, en rapprochant l’un de l’autre les piliers postérieurs. Son action est complétée par l’élévation du voile due aux péristaphylins et par le constricteur supérieur qui repousse en avant les piliers postérieurs du voile. Grâce à lui se trouve isolée la partie inférieure du pharynx de la cavité supérieure ou naso-tubaire.

De plus, en même temps qu’il accomplit cette action sphinctérienne, son faisceau thyroïdien élève le pharynx et le larynx pendant la déglutition. Enfin, son faisceau salpingien facilite la dilatation de la trompe en stabilisant le bourrelet tubaire lorsque le péristaphylin externe dilate le conduit.

En résumé, les piliers du voile contiennent un double appareil sphinctérien, 1 un antérieur, glosso-staphylin ; l’autre postérieur, pharyngo-staphylin. La région de l’arrière-bouche est une sorte de défilé à deux passes (Sébileau) : la passe antérieure (isthme pharyngo-buccal), comprise entre les piliers antérieurs, et la passe postérieure [isthme pharyngo-nasal), bordée par les deux piliers postérieurs.

Muqueuse du voile du palais.

La face supérieure et la face inférieure du voile du palais sont revêtues l’une et l’autre par une membrane muqueuse.

Ces deux feuillets muqueux, muqueuse supérieure et muqueuse inférieure du voile, qui se réunissent au niveau du bord libre, sont remarquables en ce que chacun d’eux présente les caractères de la muqueuse avec laquelle il se continue et dont il dérive. C’est ainsi que la muqueuse inférieure

Coupe frontale du voile du palais, pratiquée un peu en arrière des choanes (demi-schématique).

xx ligne médiane. — 1, muqueuse supérieure. — 2, muqueuse inférieure. — 3, se continue et dont il couche glandulaire, avec : 3', 3', canaux excréteurs. — 4, étalement aponévrotique du péristaphylin interne. — 5, étalement musculaire du péristaphylin interne et du pharyngo-staphylin. — 6, 6, palato-staphylin (azygos de la luette) — 7, coupe transversale d’un faisceau accessoire du pharyngo-staphylin, remontant vers la trompe.

qui fait suite à la muqueuse buccale, est, comme cette dernière, rosée, lisse, épaisse et possède un épithélium pavimenteux stratifié. De même, la muqueuse supérieure, qui n’est que la continuation de la muqueuse nasale, est rouge, inégale, mince et surmontée d’un épithélium cylindrique à cils vibratiles. Il convient d’ajouter que cet épithélium cylindrique n’occupe toute l’étendue de la muqueuse supérieure que chez le nouveau-né. Chez l’adulte, on ne le rencontre guère qu’à la partie antérieure du voile ; il est remplacé, à la partie postérieure, par de l’épithélium pavimenteux stratifié.

Au-dessous de la muqueuse proprement dite s’étale une nappe de tissu conjonctif, le tissu conjonctif sous-muqueux, relativement dense sur la face inférieure du voile, plus lâche sur la face supérieure, beaucoup plus lâche encore au niveau de la luette, qui, pour cette raison, présente une prédisposition toute particulière aux infiltrations séreuses.

Glandes du voile du palais

Le voile du palais possède de nombreuses glandes qui se trouvent disséminées sur ses deux faces. Elles forment ainsi deux couches, l’une supérieure, l’autre inférieure.

a. La couche supérieure est formée par des glandes qui, morphologiquement, rappellent celles de la pituitaire. Elles sont relativement rares et isolées, plus nombreuses cependant sur les parties latérales qu’à la partie moyenne. La plupart d’entre elles sont profondément situées dans l’intervalle des faisceaux musculaires sous-jacents à la muqueuse : il en résulte que, à chaque contraction musculaire, les acini glandulaires se trouvent comprimés latéralement et déversent leur contenu à la surface delà muqueuse.

b. La couche inférieure (3), beaucoup plus riche et pour ainsi dire continue, atteint jusqu’à 4 et même 5 millimètres d’épaisseur à sa partie antérieure. De là, elle va en diminuant et ne mesure plus, au voisinage de la luette, que 1 millimètre. Elle comprend des glandes en grappe, en tout semblables aux glandules salivaires que nous avons déjà décrites sur les lèvres, les joues et la voûte palatine.

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