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Les veines du membre inférieur se divisent en veines profondes et veines superficielles. Comme au membre supérieur, les veines superficielles représentent les veines primitives et sont solitaires, les veines profondes sont d'origine secondaire et sont satellites d'artères. Seulement ici, bien plus encore que dans le membre thoracique, les veines profondes sont devenues les veines principales en raison du puissant développement des masses musculaires.

 Les veines profondes

Les veines profondes sont en nombre double de l'artère qu'elles accompagnent, et cela pour toutes les branches de 2° et de 3° ordre, et pour les gros troncs au-dessous du genou; seules la poplitée et la fémorale sont uniques.

Leur paroi est en général épaisse; le vaisseau est demi béant sur la coupe et ressemble presque à une artère. Cette épaisseur tient avant tout à la forte musculature de leur tunique moyenne, dans laquelle Eberth a décrit trois couches musculaires, une circulaire entre deux longitudinales; Henle admet seulement deux plans, un longitudinal externe, une circulaire interne.

Toutes sont valvulées. Les valvules sont surtout nombreuses dans le segment le plus déclive, c'est-à-dire au pied et à la jambe; elles siègent de préférence au-dessous de l'embouchure des collatérales ou des anastomoses transversales.

Toutes les collatérales sont pourvues de valvules ostiales. D'après Houzé, dans les veines profondes du pied et de la jambe, dans les veines musculaires, la distance moyenne qui sépare deux paires valvulaires est de 22 millimètres, alors qu'elle atteint 40 pour les veines superficielles. Toutefois ces différences sont surtout marquées chez l'enfant; car chez l'adulte il y a de grandes variations individuelles.

Les anastomoses transversales sont fréquentes entre les veines satellites. Les veines tibiales et péronières présentent dans leur plénitude le type en échelle ou même des intrications plexiformes. Il est également fréquent de voir sur les mêmes veines un canal collatéral qui donne lieu à trois veines parallèles sur un trajet plus ou moins long.

Beaucoup de gros troncs veineux passent par des orifices fibreux. Ainsi la tibiale antérieure traverse le ligament interosseux ; la tibiale postérieure, l'anneau du soléaire; la péronière, l'arcade du fléchisseur propre du gros orteil; la fémorale, l'anneau du 3° adducteur. On a pu penser que ces orifices tendus par les muscles étranglaient les veines et prédisposaient aux varices; mais la plupart sont plutôt des canaux ou gouttières. Ils sont plus larges que les vaisseaux qui les traversent, et ceux-ci y cheminent obliquement, en sorte qu'on doit v voir au contraire des organes de protection pour les veines dans la contraction des muscles.

Les veines musculaires possèdent une double disposition (Ledentu) 1° La disposition longitudinale en grands canaux, dans laquelle deux veines parallèles, encadrant une artère, suivent un trajet longitudinal, et se terminent différemment, l'une s'épuisant dans le muscle, l'autre perforant l'aponévrose pour s'anastomoser avec les veines superficielles. D'autres fois les deux veines se ramifient dans le muscle et fournissent toutes deux des rameaux anastomotiques (Braune). Ce type se voit surtout dans le triceps sural, les muscles péroniers, le long fléchisseur du pouce, le tibial antérieur. 2° La disposition en arcades. Les veines émergent transversalement du tronc principal, au nombre de plusieurs brandies superposées qui, s'unissant entre elles par des rameaux ascendants et descendants, constituent des arcades anastomotiques. C’est ce que l'on voit dans le soléaire, le jambier antérieur, les extenseurs commun et propre. Nous ajouterons qu'aucun de ces modes n'est propre à un muscle, qu'ils peuvent, en outre, se combiner en un type mixte, et enfin qu'on observe quelquefois des dispositions plexiformes qui sont peut-être pathologiques. 

Veines profondes du pied

Les veines profondes du pied répètent la disposition des artères qu'elles accompagnent en nombre double, en les enlaçant de leurs anastomoses transversales. Il y a une double veine pédieuse, une double plantaire externe, une double plantaire interne, dont les principaux affluents sont des branches musculaires et périostiques. Nous signalerons seulement les caractères suivants

1° La veine collatérale profonde des orteils est unique et très petite dans son tronc comme dans ses réseaux. Les veines interosseuses profondes soit dorsales, soit plantaires, sont également grêles. 2° Les veines plantaires reçoivent les veines adipeuses du pannicule graisseux sous-cutané, très épais au talon et sur la partie antérieure de la plante. Ces veinules, nées dans le coussinet adipeux interpose entre la peau et l'aponévrose plantaire, perforent cette aponévrose en dedans et en dehors du court fléchisseur commun et se jettent dans les veines profondes qu'elles font communiquer avec le réseau superficiel sous-cutané. 3° Les veines profondes se déversent en partie dans les veines superficielles du dos du pied par des anastomoses qui contournent les bords du pied. La veine plantaire externe est unie à la portion pédieuse de la veine saphène externe par 2 ou 3 branches, dont la plus grosse et la plus constante passe derrière l'apophyse du 3ème métatarsien; la veine plantaire interne, à l'origine de la saphène interne par 5 ou 6 branches qui traversent les anneaux fibreux de l'adducteur du gros orteil (Lejars).

Les veines profondes de la plante et du dos du pied communiquent entre elles par les veines perforantes antérieures et postérieures qui traversent les espaces métatarsiens.

Veines profondes de la jambe

Ce sont les veines tibiale antérieure, tibiale postérieure et péronière; toutes sont doubles.

1° La veine tibiale antérieure traverse en haut le ligament Interosseux pour se rendre au tronc tibio-péronier et constituer avec lui l'origine de la veine poplitée. Elle communique avec les veines péronières et par 3 ou 4 branches avec les tibiales postérieures. Les échelons anastomotiques de ces deux troncs sont très rapprochés, à 4 ou 3 centimètres. Elle possède en moyenne 11 valvules.

2° La veine tibiale antérieure traverse à sa partie supérieure l'anneau du soléaire, anneau qui est plutôt un canal, et s'unit a la veine péronière. Comme cette dernière, elle est souvent accompagnée d'un canal collatéral qui la fait paraitre triple, ou bien il y a réellement trois troncs fusionnés par place. Elle contient une quinzaine de valvules (8 à 20). Houzé a indiqué dans les veines tibiale postérieure et péronière la présence constante de brides membraneuses lisses, qui peuvent atteindre 3 à 4 centimètres de longueur et cloisonnent le vaisseau en deux chambres.

3° La veine péronière est contenue dans le long fléchisseur propre du gros orteil et traverse l'anneau fibreux tendu entre ce muscle et le jambier posté- rieur. Elle s'anastomose avec la veine tibiale antérieure et par plusieurs branches transversales avec la veine tibiale postérieure, notamment par une grosse branche inférieure qui passe sous le tendon d'Achille. Contrairement à ce qui existe pour les artères, les veines péronières sont ordinairement beaucoup plus grosses que les veines tibiales postérieures, car elles reçoivent la plupart des branches musculaires postérieures et externes, notamment celles du soléaire externe qui sont très volumineuses. Ce gros calibre est surtout marqué dans la partie charnue du mollet. Dans une injection modérée, j'ai vu les veines péronières mesurer 7 et 8 millimètres de diamètre, contre 4 et 5 pour les tibiales postérieures. On y trouve 8 à 10 valvules.

4° Tronc veineux tibio-péronier. -Les deux veines péronières, fusionnées en un seul tronc, s'unissent au tronc unique dans lequel se résolvent égale- ment les veines tibiales postérieures, et constituent le tronc tibio-péronier. Celui-ci reçoit plus haut le tronc simple de la veine tibiale antérieure et devient la veine poplitée. Il contient 2 valvules. Cette disposition élémentaire et typique est fréquemment modifiée ici, comme au pli du coude, on observe les combinaisons les plus variées et souvent une sorte de lacis Inextricable, plexus sural de Braune.

Veine poplitée

La veine poplitée résulte de la réunion du tronc veineux tibio-péronier avec le tronc commun des veines tibiales postérieures. Cette réunion est souvent tardive et n'a lieu qu'au niveau de l'interligne articulaire.

Ainsi se constitue une veine unique de 7 millimètres de diamètre à peine plus grosse que l'artère. Elle a un aspect artérioïde sa paroi est épaisse, Hanche, et elle reste beauté sur la coupe. Con- tenue dans la même gaine vasculaire que l'artère poplitée, elle lui adhère assez fortement pour qu'on l'isole avec quelque difficulté. Elle croise en X le tronc artériel, en décrivant autour de lui un demi-tour de spire c'est-à-dire qu'à sa partie supérieure, au sortir de l'anneau du 3ème adducteur, elle est située en dehors de l'artère et sur le même plan; à la partie moyenne, qui est le lieu classique de la ligature, elle est en arrière; à la partie inférieure, elle se place en dedans, tout en restant un peu postérieure. Houzé a compté de 1 à 3 valvules sur son trajet; Cruveilhier en indique 4 tandis que Bardeleben sur 9 sujets et même sur des enfants n'a jamais observé qu'une valvule pour une longueur de 20 centimètres.

La veine poplitée reçoit les branches homologues des collatérales artérielles, c'est-à-dire les articulaire supérieures, moyennes et inférieures, les veines jumelles et en plus la veine saphène externe qui l'aborde au milieu du creux poplité. Les articulaires moyennes reçoivent de nombreux rameaux osseux des condyles du fémur et du tibia. Les veines jumelles, très variables d'aspect, tantôt uniques par branche artérielle, tantôt dédoublées en un volumineux faisceau, possèdent de nombreuses valvules et communiquent par des perforantes avec les veines sous-cutanées postérieures.

Un observe souvent une branche ascendante qui émane de la veine poplitée et va se jeter dans la fémorale ou dans la fémorale profonde. Le creux poplité est, comme le pli d*u coude, l'aisselle, le pli de l'aine, un type de confluent veineux ; là se donnent rendez-vous et convergent les veines tibiales, péronières et les collatérales de la veine poplitée. Les mouvements de flexion et d'extension du genou, suivant qu'ils tendent ou relâchent l'aponévrose poplitée, compriment le plan veineux ou au contraire créent autour de lui une atmosphère de faible pression qui favorise l'appel du sang dans la veine principale.

Veine fémorale

La veine fémorale ou veine crurale est un tronc unique qui s'étend de l'arcade crurale à l'orifice inférieur du canal des adducteurs. Son trajet est celui de l'artère. Située à la partie supérieure de la cuisse en dedans de l'artère fémorale, elle lui est postérieure à la partie moyenne et sur la plus grande partie de son trajet; en bas, elle se place à son côté externe. Une même gaine, avec cloison de séparation, enveloppe les deux vaisseaux. Au niveau de l'anneau crural, la veine est tout à la fois en dedans et en arrière de l'artère, appliquée comme elle contre le bord interne du psoas, dont elle est séparée par la bandelette iléo-pectinée c'est sur son côté interne que passe l'intestin dans la hernie crurale.

Les branches collatérales sont celles de l'artère correspondante les veines musculaires, la veine fémorale profonde, la veine grande anastomotique, les veines nourricières du fémur ces dernières, au nombre de 2 par artère, possèdent des valvules à leur émergence de l'os. Elle reçoit en plus à sa partie supérieure la veine saphène interne. En revanche, elle ne reçoit pas directe- ment les veines honteuses externes et les sous-cutanées abdominales, qui se jettent dans la saphène interne. D'après Cruveilhier, on observe sur la veine fémorale, au niveau de l'embouchure de la saphène, une dilatation ampullaire qui peut dans certains cas simuler une hernie.

La veine fémorale profonde mérite une mention spéciale. Presque aussi grosse que la fémorale superficielle, et formée par l'union des veines perforantes avec les veines circonflexes externe et interne, elle monte en haut et en avant et se jette dans la fémorale à 4 ou 5 centimètres au-dessous de l'arcade crurale, quelquefois à 2 ou 3 centimètres seulement. Quelques auteurs appellent fémorale commune le tronc qui résulte de la fusion de la fémorale profonde avec la fémorale principale; ce tronc mesure par conséquent de 3 à 5 centimètres. On trouve dans la fémorale profonde de 1 à 5 valvules pariétales, sans compter sa valvule ostiale qui est à peu près constante. Par une de ses grosses branches d'origine, la veine circonflexe interne, elle s'anastomose avec les veines ischiatique et obturatrice, veines affluentes de l'hypogastrique; c'est là une voie collatérale d'une grande importance dans les oblitérations de la veine fémorale à la région crurale.

Dans sa partie Inférieure, la veine crurale présente souvent un canal collatéral, quelquefois même deux, qui nait de son tronc même pour y retourner, ou bien d'une branche musculaire. Ce canal, riche en valvules, reçoit des veines musculaires et des anastomoses de la saphène interne. On compte en moyenne 4 valvules pariétales (de 1 à 5) sur le trajet de la veine. La paire valvulaire la plus constante siège à la partie supérieure, dans les 5 centimètres les plus élevés elle existe dans les 4/5 des cas, et se montre suffisante 9 fois sur 10 elle commande toute la circulation du membre inférieur, car elle siège ordinairement au-dessus de l'embouchure de la saphène interne.

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