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Variétés et anomalies de la veine jugulaire interne

Ne fait jamais défaut, mais quelquefois très grêle à gauche et remplacée par une forte jugulaire antérieure, variété réversive du type animal double ou mieux dédoublée avec deux branches égales et volumineuses, mais unique à ses extrémités (plusieurs cas) ; percée d'une fente où passe le tendon de l'omo-hyoïdien, par formation insulaire étroite (Williams).

Passe avec le pneumogastrique en avant de la carotide primitive (Quain) reçoit des branches supplémentaires le tronc temporo-maxillaire (normal pour quelques auteurs), l'intercostale supérieure gauche, une veine bronchique, la laryngée supérieure, la vertébrale, la scapulaire transverse, quelquefois une veine sortant du troisième trou de conjugaison (Chabbert). Reçoit la veine jugulaire externe au milieu du cou (1 cas), ou bien a sa partie inférieure la branche interne d'une jugulaire externe bifurquée.

Veine faciale

Dans le tronc linguo-facial, c'est, d'après Rathke, la linguale qui est une branche primitive chez les animaux, la faciale étant une branche collatérale.
J'ai vu la faciale très grêle dans sa partie supérieure, ce qui arrive souvent pour l'artère. Elle peut recevoir le tronc temporo-maxillaire (faciale postérieure) et constituer alors la veine faciale commune : disposition considérée comme normale et typique par Henle. Débouche quelquefois, comme chez les animaux, dans la jugulaire externe du même coté, en passant sur le sterno-mastoïdien; ou dans celle du coté opposé (Cruveilhier) ; ou dans la jugulaire antérieure (cas fréquent), avec laquelle elle est régulièrement anastomosée ou dans la convexité d'une arcade commune aux jugulaire externe et antérieure (Cruveilhier).

La veine angulaire est énorme chez le mouton et fréquemment choisie pour la saignée.

Sur la veine faciale, voyez les travaux des auteurs cités a propos de la veine ophtalmique : FestaI, Sesemann et Gurwitsch.

Les veines frontales présentent des formes très diverses. D'après Gurwitsch, la règle est qu'il y a un tronc médian unique, qui dans la moitié des cas se dirige vers la veine angulaire gauche, et dans l'autre moitié se bifurque en deux branches droite et gauche. Il peut y avoir quatre veines parallèles. L'arcade n'est pas constante; elle peut être sinueuse ou double. Gurwitsch signale une communication de la veine frontale avec le sinus longitudinal supérieur par une perforante médiane.

On saignait autrefois les veines frontales. Mais le sang coule en bavant, et contrairement à ce que croyait Pétrequin, qui préconise cette saignée dans les affections intracrâniennes, les communications avec la circulation cérébrale sont à peu près nulles (Hyrtl).

Les veines nasales ou des fosses nasales sont nombreuses. Le riche réseau veineux de la pituitaire, qui prend sur les cornets moyen et inférieur une forme caverneuse, se déverse par plusieurs voies en avant, dans les veines dorsales et latérales du nez, branches de la faciale, par des perforantes; en arrière dans la maxillaire interne, par les palatines supérieures et sphéno-palatines; en haut dans l'ophtalmique par les deux ethmoïdales.

Les veines labiales sont difficiles à injecter, à cause de leurs nombreuses valvules. J'ai souvent échoué. Il faut choisir un sujet âge, et lier la faciale iL ses extrémités pour augmenter la pression. Sur une pièce de Chabbert, que Bonamy considérait d'ailleurs comme unique, les deux lèvres possèdent un plexus annulaire, à mailles très serrées, surtout sur la partie moyenne; il occupe le bord libre, dans l'Épaisseur de l'orbiculaire. La forme habituelle du plexus labial est plutôt celle d'un éventail grillagé qui enlace l'orbiculaire et s'effile vers le tronc émissaire.

Les veines labiales inférieures sont souvent éparpillées; on voit quelquefois une veine médiane. Les latérales peuvent aboutir à la jugulaire externe les rameaux internes vont ordinairement aux veines sous-mentales.

Veines sous-orbitaires

Ne sont pas régulières. N'existent que 7 fois sur 100 (Gurwitsch).
 

Veine faciale profonde

Walter l'a appelée ophtalmo-faciale a cause de ses anastomoses avec les veines orbitaires, anastomoses qui ne se présentent que dans 40 pour 100 des cas. Elle ne manquait qu'une fois sur 21 sujets (Gurvitsch); elle peut être très petite; je l'ai vue émerger de la tubérosité maxillaire par un orifice volumineux. Le plexus alvéolaire signalé par Cruveilhier est inconstant. Gurwitsch ne l'a rencontré que 3 fois sur 21 têtes injectées; Launay ne l'a observe ni chez l'homme ni chez les animaux. La veine du sinus est une émissaire du riche plexus de la muqueuse du sinus maxillaire, plexus indiqué par Gurwitsch; elle perfore la tubérosité.

Veines buccales

Launay signale une veine buccale assez grosse et constante, satellite de l'artère buccale et du nerf; elle communique en arrière avec les veines temporales profondes. Le plexus massétérin superficiel se vide en avant dans la faciale par les massétérines antérieures, en arrière dans la temporale, la jugulaire externe, par les massétérines postérieures.

Plexus de Sténon

Sesemann croit l'avoir découvert; Foucher (Th. De Paris, 1854) l'a signalé bien avant lui. Il est si serré dans une injection réussie qu'il masque le conduit et lui constitue une véritable gaine il assure probablement l'occlusion des parois qui n'ont pas de fibres musculaires: il se déverse par son extrémité postérieure dans la jugulaire externe (ou le tronc temporo-maxillaire) qu'il anastomose ainsi avec la faciale, et par des branches latérales dans les veines massétérines et dans une arcade anastomotique inférieure qui croise le bord inférieur du masséter.

Veine linguale

Il y a pour ses diverses branches des dénominations différentes suivant les auteurs; j'ai adopté celles de Sappey.

Le tronc de la linguale s'ouvre quelquefois dans la jugulaire externe, dans la jugulaire antérieure. Une des trois branches, et même toutes les trois peuvent déboucher isolément dans la jugulaire interne. Les linguales profondes vont souvent à la veine pharyngienne. Zuckerkandl a décrit un plexus du canal de Wharton analogue au plexus du canal de Sténon. On a signalé des veines satellites du nerf lingual sont petites et paraissent inconstantes.

Les veines de la langue sont souvent variqueuses (Masson. Thèse de Bordeaux, 1886). Ces varicosités qu'on voit dans la diathèse variqueuse, les maladies du cœur ou du poumon, les congestions cérébrales, affectent soit les veines ranines, soit les veines dorsales, c'est-à-dire les veines superficielles. On a vu les veines dorsales de la grosseur d'une plume de corbeau, avec des dilatations ampullaires.

Sur les veines de la langue, voy. Zuckerkandl , Zur descrip. und topogr. Anatomie der Zungenvenen. Wien. med. Jahrb., 1876. 

Veine thyroïdienne supérieure

Débouche isolément dans la jugulaire interne (cas fréquent) et figure alors la base du triangle opératoire dans la ligature de la linguale en dehors. Est beaucoup plus grosse que le tronc Iinguo-facial. Recoit le sinus pétreux inférieur (Theile). Est accompagnée par une thyroïdienne accessoire (Kocker) qui s'ouvre au-dessous d'elle dans la jugulaire interne. L'accessoire existait 10 fois sur 16 sujets, toujours unilatérale, 8 fois à droite (Gaudier).

La laryngée supérieure peut s'ouvrir isolément dans le tronc linguo-facial ou dans la jugulaire antérieure. 

Luschka décrit trois veines laryngées : une veine laryngée inférieure, qui se jette dans le plexus thyroïdien pré- et péri-trachéal, tributaire de la veine thyroïdienne inférieure ; une veine laryngée moyenne ou, crico-thyroïdienne, grêle ; une veine laryngée supérieur qui a ses origines dans la gouttière pharyngo-laryngée et communique avec les veines dorsales de la langue et avec l'extrémité inférieure du plexus pharyngé.

Sur les veines du larynx Voy. Luschka, Die Venen des menschliechen Kehlkopfs. Arch. F. Anat. 1869.

Veine pharyngée

On sait qu'il existe sous la tunique externe du pharynx (Voy. Pharynx, p. 169) un vaste plexus qui recouvre sa face postérieure et ses faces latérales. Le plexus pharyngien communique avec de nombreuses veines voisines en bas, avec les thyroïdiennes supérieures et les œsophagiennes; en haut et latéralement, avec les veines vidiennes et sphéno-palatines du plexus ptérygoïdien, la palatine inférieure de la faciale et la veine vertébrale. Le plexus tubaire de la trompe d'Eustache aboutit en partie au plexus ptérygoïdien, en partie au plexus pharyngien. Il en est de même du plexus tonsillaire de l'amygdale palatine, dont la partie antérieure est tributaire des veines pharyngiennes et des veines linguales, la partie postérieure se rendant aux veines ptérygoïdiennes. Le rameau méninge de l'artère pharyngienne est accompagne d'une veine, souvent considérable, qui descend de la base du crâne, ou cite s'anastomose avec le plexus condylien antérieur (veine pharyngo-condylienne de Labbé). Une veine médiane descend quelquefois de l'apophyse basilaire.

Le plexus pharyngien se déverse par des émissaires multiples, non seulement par la veine pharyngée, mais encore par la palatine inférieure et la thyroïdienne supérieure.

La veine pharyngée s'ouvre quelquefois dans le tronc linguo-facial. Elle peut recevoir les veines occipitales profondes. Theile signale une veine pharyngienne accessoire qui débouche dans la faciale. 

Veine thyroïdienne moyenne

Certains auteurs la disent constante, d'autres pensent qu'elle manque souvent, d'autres enfin que son absence est la règle. Assez souvent deux de chaque cote (thyroïdienne moyenne accessoire).

 

D'après Traité d'anatomie humaine P. Poirier.

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