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Le voile du palais se rattache peut-être plus logiquement au pharynx, et c'est avec lui que le décrivent plusieurs anatomistes. En effet, chez certains animaux (le chien), il ne présente ni luette ni pilier antérieur, il est tout entier dans le pharynx. Physiologiquement, il sépare bien plus la partie nasale de la partie buccale du pharynx, que ce dernier organe de la bouche.

Toutefois, pour la clarté de l’exposition, il y a un avantage manifeste à le décrire avec la cavité buccale, comme l'ont fait nos classiques.

Le voile du palais est une cloison membraneuse qui prolonge la voûte palatine et sépare la cavité buccale de la cavité pharyngienne. C'est le palais mou des anciens anatomistes.

Sa direction au repos est oblique à 45 degrés en bas et en arrière ; elle suit un trajet curviligne à concavité antérieure, dont la partie supérieure est horizontale comme la voûte et ne participe pas aux mouvements du voile.

Sa forme quadrilatère permet de lui décrire deux faces et quatre bords. En raison de l'obliquité du voile, la face buccale est tout à la fois antérieure et inférieure: la face pharyngée, postérieure et supérieure.

La face antérieure ou buccale, rosée, lisse et unie, concave dans les deux sens à l'état de relâchement, presque plane dans la contraction, présente sur la ligne médiane une saillie longitudinale le raphé médian du voile; de chaque côté du raphé, surtout en avant, sont de légères saillies glandulaires. De cette face et de chaque cote, a une certaine distance de la ligne médiane et a un centimètre en arrière du bord libre, nait un repli muqueux et musculaire, peu marque d'abord, qui se dirige en bus, eu avant et en dehors, vers la base de la tangue, ou il se perd. Ce sont les piliers antérieurs du voile.

La face postérieure ou nasale, plus foncée que la précédente, est mamelonnée. Cet aspect est dû à l’infiltration lymphoïde abondante de la muqueuse. Convexe dans le sens antéro-postérieur, cette face est concave transversalement dans sa partie antérieure. Elle se continue en avant dans le plancher des fosses nasales et présente : 1° un bourrelet longitudinal et médian, formé par le raphé du voile, longé de chaque côté par les petits muscles sous-muqueux azygos de la luette: ce bourrelet est d'autres fois remplacé par un sillon ; 2° deux saillies transversales, dues aux muscles péristaphylins internes qui partent de la ligne médiane et montent en dehors vers l'orifice tubaire.

Le bord antérieur est fixé au bord postérieur de la voûte palatine, sur les lames horizontales des os palatins.

Les bords latéraux, obliques en bas et en arrière, s'insèrent de chaque côté, d'avant en arrière a l'angle formé par les deux lames verticale et horizontale de l'os palatin, a la face interne de l'aile interne de j'apophyse ptérygoïde, au bord convexe du crochet ptérygoïdien et enfin à la paroi pharyngienne latérale.

Le bord inférieur est libre; de sa partie moyenne se détache un prolongement musculo-membraneux dirigé presque verticalement en bas, c'est la luette (uvula). Conique, la luette est fixée au voile par sa base, tandis que son sommet libre pend vers la hase de la langue et l'épiglotte, qu’elle atteint quelquefois. Sur sa face antérieure ou buccale, on voit le prolongement du raphé médian du voile et de chaque côté de petites saillies glandulaires; sa face postérieure, plus saillante, présente des plis transversaux déterminés par la contraction des muscles azygos, et des reliefs de glandes. De longueur variable, elle a en moyenne 15 à 18 mm. De chaque côté de la luette, le bord postérieur du voile devient mince et tranchant et, par un trajet curviligne, concave en bas et en arrière, se dirige vers la paroi pharyngienne latérale, formant ainsi le pilier postérieur du voile.

On dit que les deux piliers du voile naissent de la base de la luette et qu'ils représentent à leur origine le dédoublement du bord postérieur du voile. Ceci est inexact: le pilier postérieur seul est la continuation du bord postérieur du voile et se termine à la base de la luette; le pilier antérieur nait comme nous l'avons vu, de la face antérieure du voile et n'atteint jamais la base de la luette.

La longueur du voile, mesurée de son bord supérieur à la base de la luette, a été estimée sur le cadavre, par les divers anatomistes, de 30 à 45 millimètres. Ce chiffre est trop élevé. Lermoyez, sur le vivant, après cocaïnisation, a trouvé 24 millimètres, chiffre qui à son tour parait trop faible. Neugebauer, d'après un grand nombre de recherches sur le vivant, par un procédé spécial, arrive à une moyenne de 32 millimètres, dont 32,5 pour l'homme et 30,7 pour la femme. Dans les cas d'insuffisance du voile qui ne peut atteindre le pharynx. Lermoyez a montré que c'est la voûte palatine qui est trop courte et non le voile. Le chiffre que nous avons Indiqué est peu variable; il ne s'abaisse pas au-dessous de 20 millimètres et ne dépasse que très rarement 40 (Kafemann). – La largeur est estimée à 5 centimètres (Tillaux), à 3 ou 4 centimètres (Sappey). L'épaisseur est de 1 centimètre. Sur une coupe antéro-postérieure, passant sur la ligne médiane, le voile est fusiforme, renflé en son milieu. La disposition est inverse sur une coupe transversale. L'espace qui sépare le bord inférieur du voile de la paroi du pharynx et qui exprime l'excursion nécessaire pour que le voile obture la cavité naso-pharyngienne est de 15 millimètres sur le vivant.

(Lermoyez, Ann. Des maladies de l’oreille, 1892 – Neugebauer Ueber Messuugen… Dissert. inaugur. Koenigsherg, 1896. Kaminski. Deei Fälle… Disert. Inaug…. Leipzig, 1897).


 

Anomalies

Le voile peut être fendu dans toute son étendue ou partiellement; il peut être rudimentaire.

Leopold (inaugur. Dissert., Rostock. 1897) qui a examiné plus de 2000 sujets, a constaté que les anomalies de la luette variaient, suivant les séries, entre 11 et 48 pour 100, qu'elles n'étaient, pas plus fréquentes chez les aliénés et que contrairement à Darsa, elles ne constituaient pas un stigmate de dégénérescence. Il a observé la déviation à droite ou à gauche dans 12 à 20 pour 100 des cas, la forme en tirebouchon dans 2 à 3 pour 100, la bifidité dans 1,8 à 4,7 pour 100.

d'après traité d'anatomie par P. Poirier.

 

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