­On donne ce nom de ligne blanche a une lame fibreuse, ou plus exactement tendineuse, qui occupe, sur la ligne médiane, l'espace compris entre les muscles grands droits. En haut, elle fait suite à l'appendice xiphoïde du sternum et s'insère, en bas, sur le bord supérieur de la symphyse pubienne.

Dimensions

 

Elle mesure, en moyenne, 35 centimètres de hauteur. Son épaisseur, représentée par son diamètre antéropostérieur est de 2 ou 3 millimètres. Sa largeur varie beaucoup suivant les points ou on la considère si nous la suivons de haut en bas, nous la voyons s'élargir progressivement jusqu'à l'ombilic; puis, a un ou deux travers de doigt au-dessous de l'ombilic, se rétrécir plus ou moins brusquement et devenir pour ainsi dire linéaire, disposition qu'elle conservera désormais jusqu'à la symphyse pubienne.

 

Division

 

La ligne blanche se compose donc de deux parties bien différentes d'aspect une partie supérieure, représentant environ les deux tiers de sa longueur, qui est membraneuse, rubanée une portion inférieure, longue de 12 à 14 centimètres, qui n'est pour ainsi dire qu'un simple interstice presque linéaire. Dans sa portion rubanée, la ligne blanche mesure successivement, comme largeur, 5 ou 6 millimètres en haut, 10 à 12 millimètres a sa partie moyenne et 20 a 22 millimètres au niveau de l'ombilic. Dans sa portion linéaire, cette largeur se réduit à 2 ou 3 millimètres.

Ligne blanche, vue par sa face antérieure.
1, portion rubannée de la ligne blanche. - 2. sa portion linéaire. - 3, ombilic. - 4, appendice xiphoïde. - 6, symphyse pubienne. - 6, grand droit (sa partie interne seulement), avec : 6', son tendon inférieur ; 6", 6", 6", ses intersections aponévrotiques. - 7, 7' petits orifices elliptiques.

 

Constitution anatomique

 

Envisagée au point de vue de sa structure et de sa signification anatomique, la ligne blanche abdominale est essentiellement un raphé tendineux, formé par l'entrecroisement, sur la ligne médiane, des différentes lames aponévrotiques qui représentent les tendons d'insertion des trois muscles, grand oblique, petit oblique et transverse.

 

Faisceaux et renforcement supérieur

 

Elle est renforcée, à son extrémité sternale, par un certain nombre de faisceaux verticaux, qui descendent de la face antérieure de l'appendice xiphoïde

 

Faisceaux de renforcement inferieur adminiculum lineæ albaæ

 

Elle est renforcée, de même, à son extrémité inférieure, en avant et en arrière des grands droits, par des faisceaux à insertion pubienne. En avant des grands droits, c'est un petit faisceau fibreux, de forme triangulaire, qui s'attache en bas, par sa base, au-devant de la symphyse et qui se fusionne bientôt avec le bord antérieur de la ligne blanche. En arrière des grands droits, les faisceaux de renforcement sont beaucoup plus importants. Ils forment par leur ensemble une lame triangulaire, ordinairement très forte et très résistante, que Breshet avait appelée ligament sus-pubien et qu'on désigne le plus souvent aujourd'hui sous le nom d'adminiculum lineæ albæ ou pied postérieur de la ligne blanche. Sa base, dirigée en bas, s'insère sur la lèvre postérieure du bord supérieur du pubis elle envoie, dans la plupart des cas, un prolongement plus ou moins important sur le ligament de Cooper, et même sur la face postérieure de la branche horizontale du pubis jusqu'à l'orifice interne du canal sous-pubien. Son sommet, effilé en pointe, vient se confondre, après un trajet plus ou moins long, avec le bord postérieur de la ligne blanche. L'adminiculum lineæ albæ nous présente, a sa partie tout inférieure et sur la ligne médiane, une petite fossette ou même un véritable trou, dans lequel s'engage un peloton adipeux et, avec le peloton adipeux, un ou plusieurs rameaux des vaisseaux épigastriques.

 

Rapports

 

En rapport, en avant, avec la peau et le tissu cellulaire sous-cutané, la ligne blanche répond, en arrière, au feuillet pariétal du péritoine, dont elle est séparée, au-dessous de l'ombilic et sur la ligne médiane, par l'ouraque. L'entrecroisement des faisceaux fibreux qui constituent la ligne blanche ménagent de loin en loin, dans la portion rubanée, un certain nombre d'orifices, elliptiques ou losangiques, très visibles surtout sur la face péritonéale ils sont remplis par des pelotons graisseux, sortes de traits d'union entre le tissu cellulaire sous-péritonéal et )e tissu cellulaire sous-cutané. Ils peuvent, à l'état pathologique, livrer passage à des hernies, soit épiploïques, soit intestinales.

 

D'après L. Testut Traité d'anatomie humaine.

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