Index de l'article

Le cartilage thyroïde

Le plus volumineux des cartilages du larynx, le cartilage thyroïde occupe la partie supérieure et antérieure de cet organe. Il est composé de deux lames quadrilatères qui s'unissent entre elles de façon à former en avant un angle saillant désigné sous le nom de pomme d’Adam. Cet angle est facilement perçu avec les doigts, surtout chez l'homme, et constitue le point de repère le plus précieux pour toutes les opérations que l'on pratique sur le larynx. Sur la ligne médiane, le cartilage n'est recouvert que par la peau et l'aponévrose sur les côtés il est de plus entouré par les couches musculaires signalées plus haut.

Béclard a décrit au-devant de la saillie du thyroïde une bourse séreuse appelée antithyroïdienne, qui peut, comme la séreuse thyrohyoïdienne, être te point de départ d'un kyste du cou.

La hauteur du cartilage thyroïde sur la ligne médiane varie en général de 2 à 3 centimètres.

L'orifice supérieur du larynx, c'est-à-dire l'espace circonscrit latéralement par les replis aryténo-épiglottiques, correspond au bord supérieur de ce cartilage aussi faut-il se rapprocher le plus possible de ce bord quand on veut agir sur la cavité laryngienne à travers l'espace thyrohyoïdien.

La glotte, espace compris entre les deux cordes vocales inférieures, correspond à l'union du tiers supérieur environ avec les deux tiers inférieurs du cartilage thyroïde. Les cordes vocales se fixent en avant dans l'angle rentrant que forment les deux lames du cartilage thyroïde; elles sont à peu près contiguës l'une à l'autre à ce niveau. Entre les cordes vocales supérieure et inférieure existe le ventricule du larynx; il remonte en haut, de sorte que sa cavité répond environ au tiers supérieur du cartilage thyroïde.

De ces divers rapports découlent les conséquences pratiques suivantes lorsqu'une tumeur occupera l'une des cordes vocales, l'espace ventriculaire et à plus forte raison la portion sous-glottique du larynx, si elle ne peut être enlevée par les voies naturelles & l'aide des procédés modernes que l'on doit à la laryngoscopie, la seule opération rationnelle sera la thyroïdotomie, jadis proposée par Desault.

Je n'ai pas à décrire ici le larynx en particulier, ce qui est du ressort de l'anatomie descriptive, mais seulement ses rapports avec les autres organes de la région sous-hyoïdienne. L'étude du larynx intéresse surtout le physiologiste, et les diverses maladies dont il est atteint sont pour la plupart du domaine de la pathologie interne. Je ferai toutefois exception pour une affection dont la connaissance est toute moderne et due exclusivement à l'usage du laryngoscope, je veux parler des polypes du larynx.

Ces derniers ont été divisés en fibreux, papillaires, glandulaires et muqueux. Le fibrome du larynx peut être sessile ou pédiculé. Il s'implante le plus ordinairement sur les cordes vocales.

Le polype papillaire, ou papillome du larynx, est le plus fréquent; il est constitué par l'assemblage d'une série de petites saillies qui lui donnent la forme d'un chou-fleur ou d'une mûre.

Il s'insère d'habitude sur une assez large surface et occupe de préférence la partie antérieure des cordes vocales inférieures.

Le polype glandulaire ou adénome est, comme le fibrome, sessile ou pédicule il siège le plus ordinairement sur la base de l'épiglotte et les ligaments aryténo-épiglottiques.

Le polype muqueux ou myome est le plus rare des quatre.

L'aphonie, la toux et les troubles respiratoires pouvant aller jusqu'à l'as- phyxie, sont les phénomènes physiologiques que détermine la présence d'un polype du larynx. On peut reconnaître parfois leur présence avec le doigt, sur- tout chez les enfants, et s'ils occupent les replis aryténo-épiglottiques ou la base de l'épiglotte.

Il n'est pas très-rare de constater l'expulsion de débris de polype dans une quinte de toux, et c'était même le seul signe certain de cette maladie avant l'emploi du laryngoscope. Aujourd'hui, l'examen laryngoscopique ne laisse pas de doute sur l'existence et souvent même sur la nature du polype. Quant à la thérapeutique de ces polypes, quant à savoir dans quels cas l'extirpation doit être tentée par les voies naturelles, dans quels cas il convient de pratiquer la thyroïdotomie, je renvoie sur ce sujet aux traités spéciaux de médecine opératoire.

Les corps étrangers du larynx, quelles qu'en soient la nature et la provenance, nécessitent en générât la thyroïdotomie.

La section du cartilage thyroïde devra être pratiquée sur la ligne médiane de façon à ménager l'insertion de chacune des cordes vocales; la voix ne sera pas sensiblement altérée du fait de l'opération, si l'on suit rigoureusement ce précepte.

L'ossification du cartilage thyroïde n'est pas une contre-indication absolue à la thyroïdotomie ; elle la rend seulement plus laborieuse et nécessite l'emploi de forts ciseaux ou d'une scie très-fine.

L'ossification des cartilages du larynx commence, en général, de 40 à 50 ans elle peut toutefois être précoce, ainsi que M. Segond en a rapporté de nombreux exemples. Cette ossification est la cause prédisposante d'un accident rare, bien étudié par le Dr Cavasse dans sa thèse inaugurale en i8o9 et depuis par M. Hénocque en 1868 la fracture du larynx; cependant la fracture peut se produire chez des sujets dont les cartilages ne sont pas ossifiés.

Le cartilage thyroïde, et cela était facile à prévoir en raison de sa forme et de sa situation, est plus exposé aux fractures que les autres cartilages du larynx.

Il semblerait que la fracture dût toujours être médiane et siéger à la rencontre des deux lames latérales; c'est en effet ce qui a lieu sur les cartilages complètement ossifiés. Mais en expérimentant sur de jeunes sujets, Cavasse observa avec surprise que la fracture occupait presque constamment les côtés de la ligne médiane. M. le D' Rambaud a expliqué le fait en démontrant l'existence normale d'un cartilage médian intermédiaire aux deux lames latérales. Ce cartilage a la forme d'un losange dont les angles latéraux sont très-obtus, tandis que tes angles supérieur et inférieur, situés sur la ligue médiane, sont Ires-aigus M. Rambaud l'a comparé à une aiguille de boussole. De cette disposition anatomique intéressante Cavasse tira la conclusion logique que la fracture du thyroïde a pour siège la suture qui unit le cartilage médian aux lames latérales, tant que les sutures n'ont pas disparu par suite du travail d'ossification.

Ce site internet met des documents à votre disposition seulement et uniquement à titre d'information. Ils ne peuvent en aucun cas remplacer la consultation d'un médecin ou les soins prodigués par un praticien qualifié et ne doivent par conséquent jamais être interprétés comme pouvant le faire.

Connexion