Les branches collatérales du plexus sacré, au nombre de dix, peuvent être réparties en : branches antérieures ou intrapelviennes et branches postérieures ou extrapelviennes.

Branches collatérales antérieures.

Les branches collatérales antérieures sont au nombre de cinq, savoir : le nerf de l’ob

Muscle obturateur interne et son innervation (en partie d’après Hovelacque).

I, os iliaque. — P, pubis. — S. sacrum. — C. coccyx.

1, muscle obturateur interne. — 2, aponévrose de l’obturateur interne. — 2', épaississement de l’aponévrose (arcus tindinev.fi). — 3, épine sciatique. — 4, petit ligament sacro-sciatique. — 5, grand ligament sacro-sciatique. — 5', prolongement falsiforme de ligament. — 6, pyramidal. — 7, tronc lombo-sacré. — Si, S”,..., S v, racines sacrées. — 8, nerf de l’obturateur interne. — 9, vaisseaux et nerf obsturateurs s’engageant dans le canal sous-pubien.

 

turateur interne, le nerf anal ou hémorroïdal, le nerf releveur de l’anus, le nerf honteux interne, les nerfs viscéraux. Tous ces nerfs se distribuent soit à des organes contenus dans le bassin, soit au périnée. 

Nerf de l’obturateur interne

Le nerf de l’obturateur interne naît de la face antérieure du plexus, près de son sommet. Il sort du bassin par la grande échancrure sciatique, contourne l’épine sciatique, rentre de nouveau dans le bassin par la petite échancrure sous-jacente, remonte vers le muscle obturateur interne et s’épanouit enfin en de nombreux rameaux, qui se perdent sur la face externe de ce muscle. D’après Quain, le nerf de l’obturateur interne fournit au jumeau supérieur un rameau qui se détache de ce nerf au point où il contourne l’épine sciatique. Aussi, certains auteurs le désignent-ils sous le nom de nerf de l’obturateur interne et du jumeau supérieur.

Nerf anal ou hémorroïdal

Ce nerf, de dimensions assez grêles, appartient au plexus honteux. Il se détache du bord inférieur du plexus de la troisième et quatrième sacrée, tantôt comme un nerf distinct, tantôt comme une branche de division du nerf honteux interne. Il sort du bassin par la grande échancrure sciatique, contourne l’épine sciatique et se dirige ensuite vers l’anus en cheminant dans le tissu cellulo-graisseux de la fosse ischio-rectale. En atteignant l’anus, il se divise en de nombreux filets divergents qui se terminent, les uns dans le sphincter anal, les autres dans la peau qui recouvre ce muscle.

Nerf du releveur de l’anus

C’est un rameau long et grêle, souvent double, qui se détache de la partie antérieure du plexus sacré, surtout de la troisième paire sacrée, quelquefois de la troisième et de la quatrième. Comme le précédent, il appartient donc au plexus honteux. Il longe quelque temps la face supérieure du muscle ischio-coccygien et se perd, par trois ou quatre filets, sur la face interne du muscle releveur de l’anus.

Nerf honteux interne

Le nerf honteux interne est la plus volumineuse des branches antérieures du plexus sacré ou, si l’on veut, du plexus honteux. Ce nerf naît du bord inférieur du plexus, tout près de son sommet. Il se détache par plusieurs racines des deuxième, troisième et quatrième sacrées. Il s’échappe du bassin, avec l’artère honteuse interne, par la partie inférieure de la grande échancrure sciatique. Il contourne alors l’épine sciatique et, rentrant de nouveau dans le petit bassin ou plus exactement dans la fosse ischio-rectale, par la petite échancrure sciatique, il vient se placer sur la face interne de la tubérosité de l’ischion, où il se divise en deux branches terminales : l’une inférieure ou périnéale, l’autre supérieure ou pénienne.

Branche inférieure ou périnéale

La branche inférieure ou périnéale descend vers la portion postérieure du périnée. Elle abandonne, tout d’abord, quelques filets à la partie antérieure du sphincter anal (muscle et peau sous-jacente) et un rameau plus volumineux qui se perd dans la, peau du pli fémoro-périnéal. Puis elle se partage en deux rameaux : un rameau superficiel et un rameau profond.

  1. Rameau superficiel ou cutané. — Le rameau superficiel ou cutané se porte obliquement en avant et en dedans, entre l’aponévrose périnéale superficielle et la peau. Après avoir fourni quelques ramuscules aux téguments de la portion antérieure du périnée, il s’épanouit en de nombreux filets qui se distribuent à la peau du scrotum et de la face antérieure de la verge.
  2. Rameau profond ou musculo-uréthral. — Le rameau profond, encore appelé musculo-uréthral, s’engage au-dessus du muscle transverse, qu’il perfore quelquefois, et vient se placer alors dans le triangle ischio-bulbaire, qui est formé, comme on le sait, par le muscle transverse en arrière, l’ischio-caverneux en dehors, le bulbo-caverneux en dedans. Ce nerf est à la fois moteur et sensitif.

Comme nerf moteur, il donne le nerf du transverse, le nerf de l’ischio-caverneux, le nerf du bulbo-caverneux. Nous retrouverons ces nerfs en étudiant le périnée.

Plexus sacré et coccygien (Pitres et Testut).

 

Comme nerf sensitif, il fournit :

  1. un filet bulbaire, qui pénètre dans le bulbe avec l’artère bulbaire, pour se distribuer de là à la muqueuse de l’urèthre ;
  2. un filet uréthral, long et grêle, qui longe la ligne médiane entre le bulbe et le muscle bulbo-caverneux. Ce dernier filet, qu’on peut suivre jusqu’à la base du gland, abandonne sur son trajet de nombreux ramuscules à la portion supérieure de l'urèthre.

Chez la femme, le rameau profond du périnée se place entre les muscles ischio-clitoridien et constricteur du vagin, qu’il innerve en même temps que le transverse superficiel du périnée. Il se perd ensuite dans le bulbe du vagin. Quelques filets parviennent jusqu’à la muqueuse de la partie terminale de l’urèthre. 

Branche supérieure ou pénienne

La branche supérieure ou pénienne, que l’on désigne encore sous le nom de nerf dorsal de la verge chez l’homme, de nerf dorsal du clitoris chez la femme, continue le trajet du nerf honteux interne. Elle se porte en haut et en avant en longeant le.côté interne des branches ischio-pubiennes avec les vaisseaux honteux internes, au-dessus et en dehors desquels elle est située. Elle perfore au-dessous du pubis le ligament sous-pubien et vient se placer sur le côté externe du ligament suspenseur de la verge ou du clitoris. Devenu superficiel, le nerf dorsal se comporte de façon différente chez l’homme et chez la femme.

 

Chez l’homme, le nerf se dispose à la face dorsale de la verge, dans la gouttière antéropostérieure que forment par leur adossement les deux corps caverneux. Il s’étend ainsi jusqu’au gland. Chemin faisant, il abandonne en dehors de nombreux rameaux collatéraux qui s’étalent sous le corps caverneux et qui se distribuent en partie aux corps caverneux eux-mêmes, en partie à la peau qui les recouvre. Finalement, la branche pénienne du nerf honteux interne se termine dans le gland par des filets très déliés, dont les divisions ultimes s’épuisent, d’une part, dans le tissu spongieux de cet organe, d’autre part, dans la muqueuse qui l’enveloppe.

 

Chez la femme, le nerf dorsal du clitoris passe sous la symphyse pubienne, au-dessus de la racine du clitoris, en dehors du ligament suspenseur de cet organe. Il se perd alors par ses ramifications terminales dans la muqueuse du clitoris et du capuchon clitoridien ainsi que dans la partie supérieure des petites lèvres. Quelques filets peuvent être suivis jusque dans la partie antéro-interne des grandes lèvres.

Nerfs viscéraux

Ces nerfs fort variables en nombre, mais toujours fort nombreux et fort grêles, se détachent de la troisième, de la quatrième et quelquefois de la cinquième sacrée. Ils se dirigent sur les côtés des viscères contenus dans le petit bassin. Chez l’homme, ils se rendent au rectum et à la vessie ; chez la femme, ils se distribuent au rectum, au vagin et à la vessie. Tantôt ces nerfs restent indépendants et constituent autant de nerfs hémorroïdaux, vésicaux ou vaginaux, tantôt ils se perdent dans le plexus hypogastrique destiné aux organes contenus dans le bassin (voy. Grand sympathique).

Branches collatérales postérieures.

Les branches collatérales postérieures sont au nombre de cinq, savoir : le nerf fessier supérieur, le nerf du pyramidal, le nerf du jumeau supérieur, le nerf du jumeau inférieur et du carré crural, le nerf fessier inférieur ou petit sciatique. Ces nerfs appartiennent au plexus sacré proprement dit. 

Nerf fessier supérieur

Le nerf fessier supérieur naît le plus souvent par deux racines : la supérieure se détache de la face postérieure du tronc lombo-sacré, près du point où il atteint l’articulation sacro-iliaque, avant son union avec le premier nerf sacré ; Y inférieure provient de la face postérieure de la première sacrée. Les deux racines s’unissent en un cordon qui occupe la partie la plus élevée de la grande échancrure sciatique. Ce nerf apparaît donc à la région profonde de la fesse au contact de 1 os, au-dessous et en dehors de l’artère fessière. Se réfléchissant alors contre le bord de l’échancrure sciatique, il se porte en haut entre le moyen fessier et le petit fessier, au-dessous et tout près de la branche profonde de l’artère fessière. C’est entre ces deux muscles, à un niveau variable d’ailleurs, qu’il se partage en deux rameaux : un rameau supérieur et un rameau inférieur.

Le rameau supérieur contourne la ligne courbe antérieure de l’os coxal, entre le moyen fessier qui le recouvre et le petit fessier sur lequel il repose. Il se distribue à l’un et à l’autre de ces deux muscles.

Le rameau inférieur se porte transversalement de dedans en dehors, également entre le moyen fessier et le petit fessier, fournit quelques filets à ces deux muscles et vient se terminer dans le tenseur du fascia lata.

Nerf du pyramidal

Le nerf du pyramidal émane de la deuxième sacrée et se porte directement dans le pyramidal et se perd dans la face antérieure du muscle, immédiatement après sa sortie du bassin.

Dans certains cas, il existe plusieurs nerfs pour le muscle pyramidal. Us se détachent le plus souvent de la première et de la deuxième sacrée, plus rarement de la troisième.

Nerf du jumeau supérieur

Ce nerf se détache de la face antérieure du plexus, tout près de son sommet. Il descend verticalement entre l’épine sciatique et le jumeau supérieur, qu’il aborde par sa lace profonde, tout près de l’insertion ischiatique.

Nous avons vu précédemment que ce nerf peut venir du nerf de l’obturateur interne. Ce dernier est alors appelé nerf de l'obturateur interne et du jumeau supérieur. 

Nerf du jumeau inférieur et du carré crural

Ce nerf naît également de la face antérieure du plexus sacré, tout près de son sommet. Il provient le plus souvent du tronc lombo-sacré et de la première sacrée. Il sort du bassin par la partie inférieure de la grande échancrure sciatique, masqué par le tronc du nerf sciatique. Il se porte verticalement en bas, en avant du jumeau supérieur et de l’obturateur interne, qui le séparent alors du nerf grand sciatique. Il croise ensuite la face postérieure du jumeau inférieur, auquel il abandonne un filet, fournit un filet très grêle pour 1 articulation de la hanche et finalement se distribue au muscle carré crural, qu’il pénètre par sa face antérieure.

Nerf fessier inférieur ou petit sciatique

Le nerf petit sciatique naît de la partie postérieure et inférieure du plexus sacré par plusieurs racines distinctes. Il sort du bassin par la partie inférieure de la grande échancrure sciatique, au-dessous du bord inférieur du muscle pyramidal, à côté du grand nerf sciatique, sur la face postérieure duquel il est placé. Suivant alors un trajet verticalement descendant, il croise tout

Nerfs des muscles de la fesse.

1, nerf grand sciatique. — 2, nerf fessier supérieur. — 3, nerf du pyramidal. — 4, nerf du jumeau supérieur. — 5, nerf du jumeau inférieur et du carré crural. — 6, nerf honteux interne.

a, grand fessier. — b, moyen fessier. — c, coccyx. — d, ischion. — «, grand trochanter. 

d’abord l’ischion, qui est en avant, et le grand fessier, qui est en arrière. Il chemine ensuite entre le groupe musculaire de la face postérieure de la cuisse et l’aponévrose superficielle, et descend ainsi jusqu’au creux poplité, où il se termine. 

Rameaux collatéraux.

Dans ce trajet, le nerf petit sciatique fournit, comme rameaux collatéraux : des rameaux fessiers, un rameau périnéal et des rameaux fémoraux.

  1. Rameaux fessiers. — Les rameaux fessiers se détachent du petit sciatique immédiatement au-dessous du pyramidal et se distribuent par des filets nombreux et divergents à la face profonde du muscle grand fessier. Un certain nombre, cependant, perforent ce muscle ou contournent de bas en haut son bord inférieur pour venir se distribuer à la peau de la région fessière.
  2. Rameau périnéal. — Le rameau périnéal naît un peu au-dessous des rameaux précédents. S’infléchissant en dedans, il se porte vers le pli cutané qui sépare le périnée de la cuisse et le suit dans toute son étendue, en décrivant une longue courbe à concavité dirigée en haut. Chemin faisant, il fournit quelques filets cutanés à la fesse, au périnée et à la partie interne et supérieure de la cuisse, et finalement vient se terminer dans la peau du scrotum chez l’homme, de la grande lèvre chez la femme. Ce rameau périnéal du petit sciatique s’anastomose constamment au niveau du scrotum ou des grandes lèvres, avec le rameau périnéal superficiel du nerf honteux interne.
  3. Rameaux fémoraux. — Les rameaux fémoraux, très variables en nombre, se détachent du nerf petit sciatique à des hauteurs diverses et se dirigent les uns en dedans, les autres en dehors. Peu après leur origine, ils perforent d’avant en arrière l’aponévrose superficielle et se distribuent par des filets divergents à la peau de la région postérieure de la cuisse.

Rameaux terminaux

Arrivé au creux poplité, le nerf petit sciatique perfore lui aussi l’aponévrose et devient sous-cutané. Il se divise alors généralement en deux rameaux terminaux : l’un de ces rameaux se distribue à la peau de la partie postérieure et supérieure de la jambe ; l’autre s’accole à la veine saphène externe, qu’il accompagne jusqu’à la moitié inférieure de la jambe. Il s’anastomose à ce niveau avec le nerf saphène externe, branche du sciatique poplité interne.

Nerfs superficiels de la région fessière et de la face postérieure de la cuisse.

1, 1’, 1’’, rameaux du plexus lombaire. — 2, 2, branches postérieures des nerfs sacrés. — 3, 3, rameaux fessiers du nerf fémoro-cutané. — 4, rameaux fessiers, et 4’ rameau périnéal du petit sciatique. — 5, rameaux fémoraux du même nerf. — 6, 6, ses deux branches terminales, avec : 6', nerf satellite de la veine saphène externe. — 7, rameaux fémoraux du fémur cutané.

a, veine saphène externe, placée immédiatement au-dessous de l’aponévrose superficielle. 

 

Tous les auteurs ne donnent pas une pareille description du nerf sciatique. Les auteurs étrangers séparent les deux branches principales du petit sciatique : le nerf fessier > inférieur et le nerf cutané postérieur de la cuisse. Les recherches de Paterson et de Eisler appuient cette manière de voir en montrant que les deux nerfs sont parfois isolés et qu’ils n’ont pas toujours la même origine radiculaire. Les fibres du nerf fessier inférieur proviennent de la cinquième lombaire et de la première sacrée, celles du nerf cutané postérieur de la deuxième sacrée.

 

Résumé du plexus sacré

Br. Collatérales antérieures

N. de l’obturateur interne.

 

N. anal ou hémorroïdal.

 

N. du releveur de l’anus.

 

N. honteux interne.

 

Br. inférieure

r. cutané

r. musculo-uréthral

Br. supérieure

r. des corps caverneux

r. du gland

N. viscéraux.

 

Br. Collatérales postérieures

N. fessier supérieur.

 

N. du pyramidal.

 

N. du jumeau supérieur.

 

N. du jumeau inférieur et du carré crural.

 

N. fessier inférieur

Br. collatérales

r. fessiers.

r. périnéal.

r. fémoraux.

 

Br. terminales.

r. jambiers.

Br. terminales

Nerf grand sciatique (voy. le paragraphe suivant.

 

 

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