Il existe donc de nombreuses variétés de plexus lombaires. Nous décrirons d’abord la disposition classique, qui est la plus fréquente.

Cette disposition est ainsi définie : le plexus lombaire est normalement constitué par l’ensemble des anastomoses que contractent entre elles, avant leur distribution périphérique, les branches antérieures des trois premiers nerfs lombaires et une partie de la branche antérieure du quatrième nerf lombaire. La branche antérieure de la première paire lombaire reçoit souvent un rameau venu du douzième nerf intercostal.

  1. La branche antérieure de la première paire lombaire est la plus grêle de toutes les racines du plexus. Après avoir reçu à sa sortie du trou de conjugaison une anastomose du douzième nerf intercostal, elle se divise en trois branches : deux, continuant la direction du tronc principal, constituent les grand et petit abdomino-génitaux ; la troisième, descendante, s’unit à la branche antérieure de la deuxième lombaire.
  2. La branche antérieure de la deuxième paire lombaire, après avoir reçu une anastomose venue de la première, donne trois branches : les deux premières représentent des branches collatérales, le fémoro-cutané et le génito-crural ; la troisième, descendante, constitue un rameau anastomotique pour la troisième lombaire. Mais de ce rameau se détache un filet, qui représente la racine supérieure du nerf obturateur.
  3. La branche antérieure de la troisième lombaire, après avoir fourni un rameau d’origine au nerf obturateur, poursuit son trajet en dedans et constitue le nerf crural.
  4. La branche antérieure de la, quatrième lombaire se partage en trois rameaux un rameau ascendant, qui rejoint le nerf crural et le renforce ; un rameau moyen, qui n’est autre que la portion principale du nerf obturateur ; un rameau descendant, qui se porte vers la branche antérieure de la cinquième paire lombaire et se réunit à elle pour constituer le tronc lombo-sacré, l’une des branches d’origine les plus importantes du plexus sacré.

Variations dans le mode de constitution du plexus. — Nous avons admis, avec Bonniot, que les limites supérieure et inférieure du plexus lombaire étaient repérées par les racines d’où émergent ses branches proximale et distale. Toute variation d’origine de ces branches est donc susceptible de modifier la constitution du plexus.

On peut observer :

1° des plexus étalés vers le haut par participation de la douzième dorsale, d’où naissent parfois le grand et le petit abdomino-génital ;

2° des plexus étalés par le bas par participation de la branche antérieure de la cinquième lombaire ;

3° des plexus étalés à la fois vers le haut et vers le bas avec participation de la douzième dorsale et de la cinquième lombaire. Le nombre des racines constituantes est donc variable et l’on décrit des plexus à 4, à 5, à 6 racines. Sur 64 plexus examinés, Ancel et Sencert trouvent : 47 plexus à 4 racines ; 14 plexus à 5 racines ; 6 plexus à 3 racines.

Normalement, le volume des racines va croissant de la racine supérieure à la racine inférieure du plexus. Mais il peut y avoir déplacement vers le haut ou vers le bas de cette importance relative. Dans le premier cas, les racines supérieures s’accroissent et les racines du plexus tendent a s’égaliser en diamètre. Dans le second cas, la prédominance des inférieures s’accuse.

Rapports

Le plexus lombaire, dans son ensemble, est profondément situé au sommet de l’angle dièdre vertébro-costiforme, angle dièdre que forment les corps vertébraux avec les apophyses transverses correspondantes. Toutes les racines ne sont pas placées sur le même plan frontal. Elles sont disposées suivant une courbe à concavité postérieure, répondant à la courbure de la colonne vertébrale ; les supérieures et les inférieures sont plus postérieures que les moyennes. Le plexus est contenu en entier à l’intérieur du muscle psoas. Celui-ci est constitué par une masse musculaire indivise, que les branches de distribution du plexus doivent traverser à des profondeurs différentes, en passant entre les faisceaux intriqués du muscle. Ce n’est qu’à sa partie tout interne que le muscle se divise en deux plans : l’un, antérieur, s’insérant sur les disques des corps vertébraux ; l’autre, postérieur, forme par les faisceaux costiformes. Entre ces deux plans musculaires court, tout le long de la colonne, un espace celluleux, transversalement très étroit, où cheminent les troncs du plexus (Bonniot). — Par l’intermédiaire de la couche musculaire postérieure, les divers éléments du plexus entrent en rapport avec les apophyses costiformes. Mais ces rapports du plexus avec le squelette ne peuvent être établis avec précision, les dimensions

Schéma du plexus lombaire normal classique (d’après Bonniot).

DXII,LI,LII, L+, LIV, LV, branches antérieures du XII° nerf dorsal et des cinq nerfs lombaires.

1, anastomose dorso-lombaire. — 2, grand abdomino-génital. — 3, petit abdomino-génital. 4, première anse lombaire. — 5, fémoro-cutané — 6, génito-crural. — 7 anastomose lombo-sacrée. — 8, crural. — 9, obturateur. — 10, tronc lombo-sacré.

 

Plexus lombaire. Connexions du plexus lombaire avec la moelle. Rapports des racines et des nerfs lombaires dans le canal rachidien dans les trous de conjugaison (demi-schématique) (d’après Bonniot).

Du côté gauche de la figure, la dure mère et les gaines durales des nerfs lombaires sont conservées, de façon à montrer les rapports de ceux-ci dans les trous de conjugaison. A droite, la dure-mère et les gaines durales ont été ouvertes. Pour rendre le dessin plus clair, tous les nerfs sacrés ont été sectionnés.

M, moelle. — D. M., dure-mère. — V. C. Inf., veine cave inférieure. — F. T. filum terminale.

DXII, premier nerf dorsal. — 1, petit abdomino-génital. — 2, fémoro-cutané. — 3, crural. — 4, obturateur. — 5 tronc lombo sacré. — 6 veine lombaire ascendante antérieure au plexus à sa partie inférieure, postérieure en haut. — 7°veine iliolombaire passant entre les deux racines du tronc lombo-sacré. — 8, 8, 8, 8, vaisseaux lombaires sectionnés, détachés des corps vertébraux et réclinés en dehors. — 9, 9, plexus intrarachidiens longitudinaux antérieurs. — 10 10 plexus veineux anastomotiques dans les trous de conjugaison.

(Pour ne pas surcharger le dessin on n’a représenté au complet que le plexus du premier trou de conjugaison lombaire, de même le génito-crural, qui passe en avant du plexus, n’a pas été représenté.).

Rapports du plexus lombaire droit, vu en place après section des faisceaux superficiels du psoas (d’après Bonniot).

V.C.I., veine cave inférieure. — V.I.P., veine iliaque primitive droite. — Ao., aorte. — A.I.P., artère iliaque primitive droite. — D, arcade-du carré des lombes. — E, E, faisceaux antérieurs du psoas sectionnés et réclinés. — E, E, insertion de ce faisceau sur la colonne. — a, b, c, d : 1er, 2e, 3e, 4e faisceaux costiformes du psoas. — 1, 2, 3, 4, 5 : 1re, 2e, 3e, 4e. 5e racines lombaires. — 6, grand abdomino-génital. — 7, petit abdomino-génital. — 8, 1re anse lombaire, — 9, 9, génito-crural. — 10, 10, fémoro-cutané. — 11, 11, nerfs du psoas. — 12, crural. — 13, obturateur. — 14, tronc lombo-sacré. — 15, grand sympathique. — 16, 17, 18, 19, 1re, 2e, 3e, 4e artères et veines lombaires. — 20, 5e veine lombaire. — 21, veine lombaire ascendante. — 22, anastomose de la veine lombaire ascendante avec la veine iliaque primitive. 

mêmes des apophyses costiformes étant très variables d’un sujet à l’autre. — Entre les deux plans musculaires du psoas, en même temps que le plexus se trouvent des vaisseaux : 1° les artères lombaires ; 2° la veine lombaire ascendante.

1° Les artères lombaires naissent isolément de la face postérieure de l’aorte abdominale au niveau des quatre premières lombaires. Elles s’engagent entre les corps vertébraux et les arcades d’origine du psoas. Chacune d’elles se divise en avant du plexus en inter

Deux exemples de disposition des rami communicantes, d’après Harman (A. Bonniot).

En A. convergence, sur un même ganglion, de rami venant des l r «, 2 e et 3 e lombaires. En B, multiplicité des rami venant d’un même nerf lombaire ; cinq rami naissent de la l re lombaire et se portent sur deux ganglions différents. DXII, 12° dorsale. — LI, LII, LIII, LIV, 1er, 2e, 3e, 4e, 5e nerfs lombaires. — S. L., sympathique lombaire.

costale lombaire et tronc dorso-spinal. La bifurcation est toujours située un peu en avant et au-dessus de la racine correspondante du plexus. L’intercostale lombaire se dirige en arrière et en dehors ; elle passe en dehors et au-dessus de cette racine du plexus, en dedans des troncs issus de la racine sus-jacente, puis, se courbant en dehors pour ramper sur le plan des apophyses costiformes, elle passe en arrière de ces troncs. Quant au tronc dorso-spinal, il se porte en arrière presque au contact de la colonne, passant entre la vertèbre en dedans et la racine nerveuse portant le même numéro en dehors. Avant de se bifurquer, les artères lombaires donnent des collatérales musculaires pour le psoas ; celles-ci passent toutes en avant du plexus ; elles donnent également quelques branches. 

2° Veines La veine ilio-lombaire, rectiligne ou découpée en arcades, monte au contact du plexus lombaire passant soit en avant, soit en arrière de ses branches constitutives. Ainsi que nous l’avons montré plus haut (Voy. Veines ), cette veine ilio-lombaire représente une anastomose étendue de la veine iliaque primitive aux veines azygos. Elle constitue le tronc collecteur longitudinal des veines rachidiennes. Elle relie, d’autre part, en échelle les veines lombaires en communiquant avec chacune d’elles au niveau de chaque trou de conjugaison.

Anastomoses

Le plexus lombaire contracte les trois anastomoses suivantes :

  1. Avec le douzième nerf intercostal par la branche, plus haut mentionnée, que ce dernier nerf envoie au premier nerf lombaire.
  2. Avec le plexus sacré par le rameau descendant que le quatrième nerf lombaire jette dans le nerf lombo-sacré.
  3. Avec le sympathique par des rami communicantes, traversant les arcades que présente le psoas à son insertion sur les corps vertébraux. Les nerfs lombaires ne reçoivent pas un nombre constant de rameaux communicants : un, deux ou trois, quelquefois même cinq. Tous ces rameaux n’ont pas le même volume. Leur direction est variable et tient à l’irrégularité de disposition des ganglions sympathiques. Très obliques dans un sens ou dans l’autre, ils ne font que croiser les vaisseaux lombaires sur leur face externe : horizontaux, ils deviennent satellites de ces vaisseaux, cheminant avec eux dans la gouttière creusée sur la circonférence de chaque vertèbre.

Distribution

Le mode de groupement des nerfs périphériques du plexus lombaire varie avec les auteurs. Nous adopterons la division, proposée par Bichat, en branches collatérales et en branches terminales.

 

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