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Des côtes

Fixées en arrière à la colonne vertébrale et en avant au sternum, les côtes forment autant d'arcs dont la concavité est dirigée vers la ligne médiane. Elles s'unissent au sternum par l'intermédiaire de cartilages, qui sont comme les côtes au nombre de douze. La présence de ces cartilages donne au thorax une grande élasticité, ce dont on se rend compte en exerçant une forte pression sur la face antérieure du sternum, le cadavre reposant sur le dos.

Cependant, si la pression est exagérée et dépasse les limites de l'élasticité, les côtes, ne pouvant plus revenir sur elles-mêmes, se fracturent dans un point intermédiaire à ceux où s'est exercée la pression la fracture alors est indirecte, c'est comme un cerceau dont on rapproche les deux extrémités, et qui se brise en général dans le point qui correspond au sommet de la courbe. On conçoit que les fragments aient tendance à faire saillie du côté de la peau, et la théorie avait fait dire à J.-L. Petit qu'il en était toujours ainsi, mais ce n'est pas exact les fragments ne subissent pas en générât de déplacement appréciable sous ta peau, ainsi que t'a fait observer Malgaigne.

Lorsqu'une fracture se produit par le mécanisme précédent, c'est-à-dire par cause indirecte, à la suite d'une forte pression qui augmente la courbure normale des côtes, l'agent qui comprime la cage thoracique offre généralement une large surface, c'est une roue de voiture, par exemple. On comprend dès lors pourquoi il est si rare d'observer une seule côte fracturée le plus souvent on en trouve plusieurs, et il faut s'attendre dans les autopsies a en trouver plus qu'on n'en avait soupçonné et reconnu pendant la vie. Les côtes sont en effet solidaires les unes des autres rattachées entre elles par les muscles intercostaux, elles forment en quelque sorte une paroi continue la première côte, protégée par la clavicule, les deux dernières, qui sont flottantes et fuient sous la pression, se fracturent très-rarement.

Lorsqu'on rapproche les deux extrémités d'un arc de cercle de façon a le briser, la brisure se fait en général au centre de courbure aussi avait-on dit que les fractures des côtes occupaient leur partie moyenne. Malgaigne a constaté que le siège était plus rapproché de l'extrémité antérieure. Du reste, il n'y a rien de fixe à cet égard on trouve des fractures sur tous les points de la côte on en rencontre souvent au niveau de l'angle, et il m'a semblé dans plusieurs cas que ces dernières avaient plus de tendance au déplacement que celles qui siègent en avant assez souvent, en effet, l'un des fragments fait saillie dans la cavité de la plèvre, et ce sont les fractures au niveau de l'angle des côtes qui m'ont paru produire le plus souvent les déchirures de la plèvre et du poumon. Je rappellerai la disposition des articulations costo-transversaires, si propre à faciliter les fractures indirectes par exagération de courbure la côte s'arcboute contre l'apophyse transverse de la vertèbre correspondante, qui lui offre un solide point d'appui, de telle sorte qu'elle ne peut en aucun cas se déplacer en arrière aussi n'observe-t-on pas de luxation de l'extrémité postérieure des côtes. Il n'est pas rare d'observer des fractures de côte incomplètes. Grâce a leur peu de résistance et à leur courbure, les côtes cèdent aisément à une pression directe un coup de pied, un coup de timon de voiture, une chute sur l'angle d'un meuble, etc. La courbure de la côte tend alors à se redresser, et la théorie avait fait admettre que les fragments se portaient dans ce cas vers la cavité des plèvres, et avaient de la tendance à blesser le poumon. Les faits n'ont pas répondu à la théorie. Les fractures directes non plus que les fractures indirectes ne s'accompagnent d'un déplacement notable en général, les fragments ne s'abandonnent pas et restent engrenés l'un avec l'autre. Il en résulte que les symptômes ordinaires des fractures font souvent défaut. La mobilité et la crépitation ne sont constantes que dans les fracas du thorax, lorsque la paroi thoracique, brisée presque tout entière, s'affaisse sous la main et craque bruyamment à chaque mouvement forcé d'expiration. Quelquefois la fracture isolée d'une côte peut se révéler par une légère crépitation au moment de la toux mais le meilleur symptôme est la douleur dans un point fixe et la gêne de la respiration.

Les cartilages des côtes peuvent aussi se fracturer, mais plus rarement. La réunion se fait chez les sujets jeunes à l'aide d'un tissu cartilagineux. Chez les sujets âgés, les deux fragments sont reliés par une bride fibreuse, ou môme restent libres au centre d'une virole osseuse.

Les côtes sont des os plats, composés d'une lame mince de tissu compacte et de tissu spongieux. Elles sont fréquemment atteintes de carie, et les abcès siègent en général au niveau du point carié. Le pus peut néanmoins fuser au loin sous les muscles larges qui s'insèrent au thorax.

On est rarement obligé de pratiquer une résection de côtes. Cependant, si la suppuration était très-abondante et avait résisté aux moyens ordinaires de traitement, si le pus menaçait de décoller la plèvre et de former un abcès intra-thoracique, si surtout il existait un séquestre, on serait autorisé à tenter une résection. L'opération ne présente d'ailleurs pas de grandes dif6cultés une incision aux téguments permet d'arriver sur la face externe de la côte, on en contourne ensuite rigoureusement les bords en décollant le périoste et la plèvre, puis on passe en arrière une sonde de Blandin et on résèque avec une scie à chaîne ou une petite scie à main.

Dans les empyèmes, la rétraction de la paroi costale est telle dans certains cas que, le bord des côtes se touchant, le pus ne trouve pas un libre écoulement à travers les espaces intercostaux. On serait encore autorisé dans ces cas à retrancher une portion de côte pour pouvoir donner issue au pus. La direction des côtes est oblique de haut en bas et d'arrière en avant, en sorte que leur extrémité postérieure est notablement plus élevée que l'antérieure. Il est souvent intéressant de connaître le rapport existant entre les côtes dans un plan horizontal.

  • A la 1ère côte en avant correspond en arrière la 4ème.
  • A la 2ème côte en avant correspond en arrière la 6ème.
  • A la 3ème côte en avant correspond en arrière la 7ème.
  • A la 4ème côte en avant correspond en arrière la 8ème.
  • A la 5ème côte en avant correspond en arrière la 9ème.
  • A la 6ème côte en avant correspond en arrière la 10ème.
  • A la 7ème côte en avant correspond en arrière la 11ème.

Par conséquent, une section horizontale du thorax passant en avant par la troisième côte, je suppose, aboutira en arrière a la septième, après avoir rencontré successivement la quatrième, la cinquième et la sixième. Nous comptons généralement les côtes en procédant de haut en bas sous les noms de première, deuxième, etc., et chacun sait qu'il est parfois malaisé de reconnaître exactement la côte fracturée, surtout si elle est recouverte par une certaine épaisseur de parties molles. On ne saurait avoir trop de points de repère pour s'orienter dans cette recherche en voici un l'angle inférieur de l'omoplate est en général facile à trouver, surtout en faisant porter les coudes du malade en arrière. Or, si, les bras étant appliqués le long du corps, on fait passer une ligne horizontale autour du thorax vis-à-vis de cet angle, la ligne correspond en avant au sternum entre l'insertion de la quatrième et de la cinquième côte, et à la cinquième côte au niveau du mamelon. A la cinquième côte en avant répond la neuvième en arrière par conséquent, une fracture siégeant sur le trajet d'une ligne horizontale passant par la pointe de l'omoplate occupera la cinquième, la sixième, la huitième ou la neuvième côte, suivant qu'elle sera plus ou moins rapprochée du sternum ou de la colonne vertébrale.

D'ailleurs, la détermination exacte de la côte fracturée n'a pas assez d'importance pour exiger une précision plus grande.

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