­L'agent pathogène est le Pneumocystis carinii. Sa classification est encore incertaine: (champignon ou protozoaire). C'est un opportuniste et ses infections ont souvent lieu chez les sidéens. Le Pneumocystis vit à l'intérieur des alvéoles pulmonaires où il se développe au niveau du surfactant. Il est donc extra cellulaire.

 

Cycle évolutif de ce parasite

 

La particule infestante est le trophosoïte. Elle est de très petite taille (1 micron) et présente de nombreuses villosités.

 

Au niveau des alvéoles, il va se multiplier et former un kyste entouré d'une épaisse paroi qui contient à l'intérieur huit corps intra kystiques.il y aura ensuite une rupture de la paroi et une libération de nouveaux trophosoïtes.

 

Réservoir

 

II est strictement humain.

 

Contamination

 

Par inhalation probablement inter humaine du trophozoïte. C'est un parasite très peu virulent. Il est observé lors de sévères dépressions immunitaires (pour le SIDA si les T4 < 200). C'est un parasite cosmopolite.

 

Mode d'action

 

Au niveau alvéolaire, le trophozoïte s'attache par ses tubules aux pneumocytes, dont la paroi va alors être détruite, ce gui va entraîner le déversement de son contenu cellulaire (alvéolite exsudative). De plus les échanges gazeux ne pourront plus se faire (hypoxie).

 

On ignore s'il existe des porteurs sains de pneumocystis. Son épidémiologie est mal connue.

 

Les cibles

 

Historiquement les premières pneumocystoses ont été décrites chez le nouveau né. Les cibles actuelles de ce parasite sont essentiellement les personnes :

 

.atteintes par le SIDA.

 

.atteintes par la maladie d'Hodgkin.

 

.ayant subit une Greffe (dû à l'action des immunosuppresseurs)

 

Sémiologie

 

Le tableau clinique est surtout pulmonaire. Chez les porteurs du HIV, l'infection est au début, très insidieuse. Elle commence par des essoufflements, une fébricule, une toux sèche. Son départ est anodin mais évolue en s'intensifiant, puis aboutira à une insuffisance respiratoire, et à la mort par étouffement.

 

A la radio, on observe une pneumopathie interstitielle.

 

Chez les autres immunodéprimés les signes sont plus bruyants, et l'apparition de l'insuffisance respiratoire est plus rapide. Plus rarement la pneumocystose peut s'implanter dans d'autres organes comme le tube digestif, le système nerveux central, mais seulement exceptionnellement et chez les porteurs du HIV.

 

Diagnostic

 

Devant des signes pulmonaires, notamment chez les porteurs du HIV, comme il n'existe pas de diagnostic sérologique (pas de recherche d'anti corps), il faut mettre en évidence le trophozoïte ou les kystes au niveau pulmonaire, soit par lavage broncho-pulmonaire, soit par expectoration induite.

 

Les différentes techniques ne mettent pas en évidence toutes les mêmes choses. La technique la plus utilisée met en évidence la paroi du kyste par coloration. Actuellement on utilise l'immunofluorescence grâce à l'utilisation d'anticorps monoclonaux spécifiques. Les techniques de mise en évidence des trophozoïtes par la coloration du May-Grünwald Giemsa sont difficiles à lire car les pneumocystis sont très petits. Le seul moyen de diagnostic est la mise en évidence du parasite.

 

Traitement

 

On utilise essentiellement le BACTRIM®. Mais les effets secondaires sont importants, et sont parfois mal tolérés. On pourra alors utiliser du PENTACARINAT® ou du FANSIDAR®.

 

C'est un traitement qui marche généralement bien et qui dure 21 jours. Le contrôle de la disparition est inutile, car on retrouvera pendant longtemps des kystes dans les alvéoles, alors que le patient est guéri (les kystes sont vides).

 

Il peut y avoir des récidives chez les immunodéprimés. On mettra alors en place un traitement d'entretient par une utilisation continue de BACTRIM® mais à plus faible dose. Si ce traitement est mal toléré, on utilise un aérosol de PENTACARINAT® (une fois par-mois). Mais ce dernier ne diffuse pas bien dans les poumons (douleur au niveau des apex).

 

Actuellement il y a beaucoup moins de pneumocystoses. Mais 70 à 80 % des porteurs du HIV pourraient faire une pneumocystose, d'où l'utilisation de traitements prophylactiques.

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