Les muscles striés, se composent chacun de deux parties bien distinctes : 1° une partie rouge, molle, contractile, constituant le muscle proprement dit ; 2° une partie blanchâtre, ferme et non contractile, formant le tendon.

Muscles striés

Le muscle proprement dit est constitué par des fibres, les fibres striées décomposables elles-mêmes en fibrilles. Les fibres de longueur variable en moyenne 4 à 6 centimètres) se groupent en faisceaux, les faisceaux primaires.

Ceux-ci s’ordonnent à leur tour en faisceaux secondaires, puis tertiaires et même quaternaires lorsque le muscle est volumineux. L’élément musculaire est toujours associé à l’élément conjonctif. Celui-ci, de constitution lamellaire, pénètre dans l’épaisseur même des faisceaux où on lui donne le nom d’endomysium et sépare les faisceaux les uns des autres en formant des cloisons, auxquelles on donne le nom de périmysium ou de tissu conjonctif interfasciculaire. Ce tissu est le chemin que parcourent les vaisseaux qui abordent ou viennent du muscle (artères, veines et lymphatiques). (Voy. Histologie.)

Mode d’agencement des fibres musculaires, vu sur une coupe transversale du muscle. (La figure ne nous montre qu’une partie de la coupe.)

1, faisceaux primitifs accolés les uns aux autres, pour former : 2, un faisceau secondaire ; 3, un faisceau tertiaire. — 4, périmysium externe, entourant le muscle. — 5, 5, 5, cloisons de premier ordre, délimitant le faisceau tertiaire 3 ; 6, 6, 6, diverses cloisons de second ordre délimitant les faisceaux secondaires. 

Tendons

Les tendons sont constitués par la réunion de fibres, les fibres tendineuses qui sont une modalité du tissu conjonctif. Ces fibres se groupent, en faisceaux primaires, secondaires, tertiaires. De même que les faisceaux musculaires, ils sont pénétrés et séparés les uns des autres par du tissu conjonctif lâche auquel on donne le nom de périténium interne et de périténium externe. Il arrive que le tendon subisse en certains endroits une transformation cartilagineuse, surtout au voisinage de son insertion osseuse. Chez le vieillard, on observe parfois l’ossification du tendon sur une certaine étendue.

Vaisseaux des muscles

Artères

Les muscles striés, comme tous les organes doués d’une grande activité, ont une vascularisation extrêmement riche. Elle a été bien étudiée par Hyrtl, par Ranvier et, plus récemment (1888), par Spalteholz. Chaque muscle reçoit ordinairement des branches artérielles multiples qui le pénètrent sur les points les plus divers et sous un angle d’inci-

Coupe transversale d’un tendon d’un homme adulte (d'après Stöhr)

 

1. gaine conjonctive du tendon ou périténonium externe. — 2, cloison de premier ordre se divisant en cloison du second ordre, constituant le périténonium. — 3, faisceaux tendineux ; les petits points noirs que l’on voit sur les faisceaux représentent des cellules conjonctives. — 4, vaisseaux sanguins.

dence fort variable. Arrivées dans l’épaisseur du corps musculaire (où elles occupent toujours les travées du périmysium interne), ces branches artérielles se divisent et se subdivisent en une multitude de rameaux et de ra- muscules, lesquels, en s’anastomosant entre eux, forment tout autour de chaque faisceau secondaire un riche réseau, que nous appellerons le réseau périfasciculaire. Ce réseau est fort irrégulier, mais la plus grande partie de ses rameaux se disposent en sens longitudinal, je veux dire parallèlement à l’axe* des faisceaux musculaires.

 

Faisceaux musculaires contractés de la langue de l'homme avec leur réseau capillaire (d’après Pouchet et Tourneux).

 

Du réseau périfasciculaire partent ensuite une multitude d’artérioles, artérioles terminales, qui s’engagent dans l’épaisseur même des faisceaux secondaires et s’y résolvent, dans 1 intervalle des faisceaux primitifs ou fibres musculaires, en un riche réseau de capillaires vrais, le réseau intrafasciculaire ou interfibrillaire. Ce réseau présente une disposition caractéristique, si caractéristique, dit Kölliker, qu’il suffit de l’avoir vu une fois pour le reconnaître toujours dans la suite. Il est formé par de longs capillaires, courant parallèlement aux fibres et réunis les uns aux autres de distance en distance par des anastomoses transversales fort courtes : c’est donc un réseau à mailles rectangulaires, orienté de telle façon que le grand côté de chaque maille répond à l’axe longitudinal de la fibre. Du reste, chaque fibre possède à elle seule plusieurs capillaires longitudinaux et, comme ces capillaires longitudinaux sont tous anastomosés entre eux, il en résulte que la fibre est comme contenue dans une sorte de filet vasculaire, qui l’enveloppe à la fois sur tout son pourtour et dans toute son étendue. Il convient d’ajouter que les vaisseaux longitudinaux, assez régulièrement rectilignes quand le muscle est à l’état de repos, deviennent plus ou moins flexueux lorsque le muscle s’est raccourci sou Lin fluence de la contraction.

Vaisseaux des muscles striés (d’après Spalteholz).

Les vaisseaux artériels sont représentés en traits pleins ; les vaisseaux veineux, en traits striés ou pointillés.

Veines

Du réseau capillaire interfibrillaire naissent des veinules, veinules 'primitives, qui se dirigent vers la surface des faisceaux secondaires et s’unissent ensuite, dans les cloisons du périmysium, avec des veinules similaires pour former des veines de plus en plus volumineuses.

Comme nous le montre la figure précédente, qui représente une préparation de Spalteholz, ces veinules primitives cheminent perpendiculairement aux fibres musculaires, comme le font du reste les artérioles terminales auxquelles elles correspondent. Cette même figure nous montre encore que les artérioles terminales et les veinules primitives, quoique suivant une direction analogue, sont indépendantes les unes des autres et alternent même assez régulièrement : on rencontre en effet, en parcourant la préparation de haut en bas, d’abord une artériole, puis une veinule, puis une artériole, de nouveau une veinule et ainsi de suite.

Plus loin, dans les cloisons conjonctives de second ordre et de premier ordre, les veines suivent au contraire le trajet des artères et chacune d’elles présente, suivant son volume, une ou deux veines satellites. Les branches artérielles qui pénètrent dans le muscle sont généralement accompagnées chacune de deux branches veineuses, lesquelles, après un trajet extra musculaire plus ou moins long, se jettent dans les veines du voisinage.

Dans les muscles rouges du lapin, Ranvier a constaté sur les capillaires veineux, notamment sur les anastomoses transversales du réseau interfibrillaire, des dilatations fusiformes, dans lesquelles s’amasse le sang. Ce sont autant de poches et de réservoirs où le muscle, au moment de sa contraction et alors que la circulation est momentanément suspendue, puiserait comme dans une sorte de réserve les matériaux nécessaires à son fonctionnement. Les muscles rouges ont pour attribut physiologique do se contracter lentement, mais avec persistance, et voilà pourquoi on rencontrerait chez lui les poches en question destinées à lui assurer l’oxygène dont il a besoin pour se maintenir contracté.

Lymphatiques

Kolliker, depuis longtemps déjà, a rencontré sur quelques muscles volumineux des vaisseaux lymphatiques, de 0 mm, 5, en moyenne, accompagnant les vaisseaux sanguins qui pénètrent dans leur épaisseur.

De son côté, Sappey a vu des vaisseaux lymphatiques s’échapper du grand pectoral, du grand fessier et du grand adducteur ; il a même pu, sur le diaphragme, les suivre jusque dans les interstices des principaux faisceaux, qu’ils enlacent de leurs anastomoses.

M. et Mme Hoggan (Journ. de l’Anatomie, 1879) ont décrit des réseaux lymphatiques dans le diaphragme, dans le triangulaire du sternum, dans les muscles larges de l’abdomen, etc.

L’existence des lymphatiques dans les muscles striés n’est donc pas douteuse, car il est rationnel d’admettre que, si on n’en a pas rencontré jusqu'ici sur tous les muscles, la cause en est, non pas dans leur absence, mais dans leur ténuité et surtout dans les difficultés que présente leur injection. Leur mode d’origine et leur trajet intra-musculaire sont encore à peu près inconnus. Dernièrement Aagard a repris cette étude. Il a montré que les lymphatiques des tendons et du tissu conjonctif musculaire communiquent (Aagard, Ueber die Lymphgefässe der Zunge, der Quergestrefen Muskelgewebes... Wiesbaden, Bergmann, éd., 1913).

Vaisseaux des tendons

Organes peu actifs, comme toutes les formations fibreuses, les tendons sont relativement pauvres en vaisseaux. Leur vascularisation est, en tout cas, beaucoup moins riche que celle des faisceaux musculaires auxquels ils font suite.

Réseau vasculaire du muscle demi-tendineux du lapin (d’après Ranvier).

On voit çà et là un système de renflements fusiformes allant d’un vaisseau à l’autre.

Artères

Les artères, nées des troncs les plus voisins, se ramifient dans le périténonium externe et forment, dans l’épaisseur de cette enveloppe commune, un premier réseau à mailles irrégulières. De ce réseau s’échappent une multitude d’artérioles qui, en suivant les travées interfasciculaires, gagnent l’intérieur du tendon. Chemin faisant, elles se divisent, se subdivisent et s’anastomosent pour donner naissance « à de longues séries d’arcades, disposées sur un simple, double ou triple rang, qui offrent les plus élégantes dispositions et des variétés presque infinies » (Sappey). Finalement ces vaisseaux se résolvent en un réseau capillaire, dont les mailles s’avancent entre les faisceaux primitifs, mais sans pénétrer jamais dans leur épaisseur. La nutrition dans le faisceau primitif, comme dans la fibre musculaire, s’opère donc à distance.

Veines

Du réseau capillaire naissent des veinules qui, suivant un trajet inverse à celui des artères, cheminent le long des cloisons conjonctives interfasciculaires, pour gagner l’enveloppe générale et se jeter de là dans les veines du voisinage.

Lymphatiques

La question des lymphatiques des tendons n’est pas encore nettement élucidée. Niés autrefois par Ch. Robin, par Sappey et par Kôlliker, ils ont été décrits depuis par de nombreux histologistes, parmi lesquels nous citerons Ludwig et Schweiger-Seidel (1872). Budge (1877), Lôwe (1878), Mays (1879), Schiefferdecker (1890). D’après ces derniers histologistes, il existerait dans les cloisons interfasciculaires de véritables canaux lymphatiques, formés par une simple couche endothéliale et disposés pour la plupart parallèlement aux faisceaux tendineux. Du reste, ces vaisseaux seraient unis les uns aux autres par des anastomoses transversales ou obliques, de façon à former un réseau, le réseau profond. Les troncs et troncules qui émanent de ce réseau profond se dirigent vers la surface extérieure du tendon et y forment un deuxième réseau, le réseau superficiel, constitué comme le premier, par des vaisseaux réduits à leur endothélium. Comment naissent ces canaux lymphatiques dans l’épaisseur du tendon ? Comment se terminent-ils en dehors de lui ? Ces deux questions, dans l’état actuel de nos connaissances, doivent rester sans réponse.

Nerfs des muscles striés et des tendons

Le muscle est abordé en un ou plusieurs points par des filets nerveux qui constituent un dispositif moteur et un dispositif sensitif.

Il est à remarquer que les filets nerveux dans l’intérieur du muscle strié, ne se répartissent pas en réseaux, mais qu’il existe des zones qui semblent particulièrement riches en nerfs, tandis que d’autres sont pauvres. L’histologie montre, d’ailleurs, que le dispositif moteur n’est pas réparti également dans tout le muscle. Cette constatation est sans doute en rapport avec le mode d’action du nerf sur le muscle lui-même.

Plaque terminale motrice chez le lézard (d'après Boeck).

1, muscle strié. —2, fibre à myéline (avec 2’, étranglement annulaire), se rendant à la plaque terminale. — 3, fibre accessoire amyélinique. — 4, réseau de fibrilles nerveuses. — 5, noyaux de la semelle.

La fibre nerveuse motrice, myélinique, s’arborise dans un protoplasma granuleux, riche en noyaux, formant une plaque, la plaque motrice, intermédiaire entre la fibre nerveuse et la substance musculaire proprement dite. Il n'y a donc pas continuité anatomique entre le tissu nerveux et le muscle ; mais seulement continuité physiologique. On donne le nom de synapse à cette zone de jonction fonctionnelle qui existe au niveau de toutes les terminaisons nerveuses, motrices, glandulaires ou interneuronales.

En dehors des fibres motrices qui appartiennent au système nerveux volontaire, le 

Fuseau neuro-musculaire (Policard).

1, fibre axiale du fuseau ; unie en 7 avec la capsule et d’aspect normal en 8. — 2, capsule lamelleuse. — 3, fibre nerveuse myélinique. — 4, gaine de Henle du nerf. — 5, expansions nerveuses spirales. — 6, expansions en arborisations. — 9, plaque motrice de la fibre du fuseau.

Mode de terminaisons nerveuses dans les corpuscules musculo-tendineux (d’après Golgi).

1, corpuscule musculo-tendineux. — 2, limite de son revêtement endothélial. — 3, tendon. — 4, fibres musculaires. — 5, fibre nerveuse à myéline, avec 5’, son entrée dans le corpuscule musculo tendineux. — 6, 6, ses ramifications myéliniques. — 7, point où la fibre nerveuse perd sa myéline pour devenir cylindraxile. — 8, 8, arborisations terminales.

muscle reçoit des fibres sympathiques qui semblent être particulièrement affectées au tonus musculaire, tandis que les premières semblent être intimement liées à la contraction proprement dite.

Le dispositif sensitif se présente sous des modalités diverses. Le muscle contient tout d’abord des formations morphologiques qui lui sont spéciales et qui sont sans doute spécialisées au point de vue fonctionnel : ces formations constituent les fuseaux neuromusculaires. Chaque fuseau neuro-musculaire est constitué par un axe de fibres musculaires striées, fines et groupées en faisceaux (faisceaux de Weissmann) qu’entoure à quelque distance une capsule de tissu conjonctif lâche. Un liquide analogue à la lymphe remplit cette capsule et baigne les éléments neuro-musculaires. La fibre nerveuse, sensitive, dernier élément du fuseau, traverse la capsule et s’enroule en anneaux ou en spirale, autour des fibres musculaires axiales qui perdent leur striation au niveau*de ce contact nerveux.

Les autres appareils sensitifs, plus banaux, en ce sens qu’on les rencontre aussi dans les ligaments articulaires, dans le périoste et dans les tendons, comprennent les corpuscules de Ruffini, de Pacini.

Les tendons présentent aussi, comme le muscle des formations spéciales, les corpuscules neurotendineux de Golgi. Cette richesse et cette variété des appareils sensitifs dans le muscle sent nécessaires pour donner a 1 individu le sens des attitudes, la coordination des actes automatiques et assurer la synergie des contractions volontaires. (Pour plus de détails, Voy. Traités d Histologie et de Physiologie.)

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