Les muscles se caractérisent par leurs formes, leurs insertions et leurs rapports. Ces caractéristiques sont parfois sujettes à variation.

Forme

Les muscles présentent, dans leur forme, une foule de variétés. Envisagés d’après le rapport respectif de leurs trois dimensions, ils se divisent, comme les os, en trois classes : les Muscles longs, les muscles larges et les muscles courts.

Muscles longs

Les muscles longs se rencontrent aux membres, où ils forment généralement plusieurs couches. — Les muscles superficiels sont toujours les plus longs et passent d’ordinaire au-devant de plusieurs articulations : tels sont le biceps au bras, le demi-tendineux à la cuisse, qui s’insèrent, d’une part, sur la ceinture, et vont s’attacher, d’autre part, sur l’avant-bras et sur la jambe. — Les muscles profonds, plus courts que les précédents, s’insèrent par leurs deux extrémités sur les deux segments squelettiques voisins et passent, par conséquent, au-devant d’une seule articulation : tels sont le brachial antérieur qui va de l’humérus au cubitus, le poplité qui s’étend du fémur au tibia, etc., etc.

Muscles larges

Les muscles larges sont ceux dans lesquels prédominent deux diamètres : la longueur et la largeur. Ils sont ordinairement aplatis et fort minces.

Les muscles larges occupent, pour la plupart, les parois des grandes cavités thoracique, abdominale et pelvienne, qu’ils contribuent à former. Ces muscles sont, du reste, très variables dans leur configuration extérieure : les uns sont triangulaires (grand pectoral, petit pectoral) ; les autres sont quadrilatères, rubanés comme le grand droit de l’abdomen, losangiques comme le rhomboïde, etc. Ceux-ci sont plans, comme le trapèze et le grand pectoral ; ceux-là s’incurvent de façon à être concaves d’un côté, convexes de l’autre et à former ainsi des segments de cylindres creux : les muscles larges de l’abdomen (grand oblique, petit oblique et transverse) appartiennent à ce dernier groupe. Quant à leurs bords, ils sont rectilignes, courbes ou dentelés ; il est même un groupe de muscles qui tirent leur nom de ce dernier caractère, les grands dentelés et les petits dentelés, ainsi appelés parce qu’ils s’insèrent sur les côtes par une série de digitations, dont l’ensemble forme des dentelures régulières.

On trouve encore des muscles larges à la tête (frontal et occipital), au cou (peaucier), autour du tube digestif (buccinateur, constricteurs du pharynx). Nous citerons enfin, parmi les muscles larges, le diaphragme, vaste cloison musculeuse jetée entre le thorax et l’abdomen.

Muscles courts

Les muscles courts se rencontrent autour des articulations, autour du rachis et en particulier dans les gouttières vertébrales, partout en un mot où les mouvements ont peu d’étendue et exigent beaucoup de force. Quant à leur forme, ils sont tout aussi variables que les muscles larges : ici triangulaires (surcostaux), là quadrilatères (carré crural), plus loin rubanés (intertransversaires), etc., etc. Au groupe des muscles courts, il convient de rattacher les muscles dits demi-orbiculaires. Ces muscles demi-orbiculaires se disposent sur le pourtour d’un orifice, l’orifice buccal ou l’orifice anal par exemple, sous la forme d’un demi-cercle ou d’un demi-anneau. Chaque demi- orbiculaire n’occupe, on le conçoit, qu’une moitié de l’orifice en question. Mais, en se réunissant à ses deux extrémités avec le demi-orbiculaire du côté opposé, il forme avec ce dernier un anneau complet, dont la contraction a pour effet de fermer l’orifice, d’où le nom de sphincter (du grec serrer) qui a été donné, en anatomie comme en physiologie, à ces muscles annulaires ou orbiculaires (orbiculaire des paupières, orbiculaire des lèvres).

Muscles mixtes

Les limites qui séparent les unes des antres les trois classes précitées ne sont pas toujours bien précises et nous devons reconnaître qu’il existe des muscles qui présentent des caractères mixtes et, par suite, sont très difficiles à classer. Tels sont les muscles sous-hyoïdiens qui sont à la fois longs et larges, les muscles moteurs de l’œil, qui, à la fois, sont courts et pourtant allongés ; le grand droit et le pyramidal de l’abdomen, qui sont en même temps larges et longs, etc.

Insertions des muscles

Libres à leur partie moyenne, les muscles se fixent par leurs extrémités sur des surfaces qui sont appelées leurs points d’attache, ou leurs points d’insertion.

Variabilité des surfaces d’insertion des muscles

Les surfaces d’insertion sont extrêmement variables. Il est des muscles qui s’attachent à la face profonde de la peau, ce sont les muscles peaucier s. D’autres, comme les muscles de la langue, comme les muscles des lèvres, se fixent à la face profonde des muqueuses. Un certain nombre, insérés d’une part sur des surfaces osseuses, s’insèrent d’autre part, sur un organe qu’ils sont destinés à mouvoir : tels sont les muscles de l’œil, qui se portent du fond de l’orbite sur le globe oculaire. Quelques muscles se terminent encore, soit sur des aponévroses, soit sur des synoviales, et sont appelés muscles tenseurs de ces aponévroses et de ces synoviales. De ce nombre sont : le tenseur du fascia lata et le tenseur de là synoviale du genou, qui occupent, l’un la face externe, l’autre la face antérieure de la cuisse.

Point fixe et point mobile

Mais la plupart des muscles de la vie de relation s’insèrent par leurs deux extrémités sur deux pièces du squelette, qu’ils rapprochent l’une de l’autre quand ils entrent en contraction. Chaque muscle possède au moins deux points d’insertion : de ces deux points, l’un est appelé point mobile, l’autre point fixe. Ces deux expressions se comprennent d’elles-mêmes : lorsque le muscle se raccourcit par la contraction, le point mobile se met en mouvement et se rapproche du point fixe, lequel ne bouge pas. Ainsi, dans la flexion de l’avant-bras sur le bras, le biceps qui détermine ce mouvement a pour point fixe l’omoplate et pour point mobile la tubérosité bicipitale du radius. Il n’est pas inutile de faire remarquer que, pour un même muscle, chacun de ses deux points d’insertion peut, suivant les cas, jouer le rôle de point fixe : le génio-hyoïdien, par exemple, qui s’étend de l’os hyoïde aux apophyses géni du maxillaire inférieur, abaissera le maxillaire si l’os hyoïde est préalablement fixé par les muscles sous-hyoïdiens, ou bien il élèvera l’os hyoïde, si le maxillaire est préalablement immobilisé par la contraction de ses muscles élévateurs. D’autre part, il est des muscles qui s’attachent par les deux extrémités sur deux points mobiles, lesquels marchent à la rencontre l’un de l’autre, toutes les fois que le muscle qui les unit entre en contraction : comme exemple de ce dernier mode d’insertion, nous rappellerons les fibres latérales du diaphragme, qui s’attachent par une de leurs extrémités au centre phrénique (point mobile) et par l’autre extrémité sur les côtes (point également mobile).

Modes d’insertion du muscle, tendons

L’insertion du muscle se fait suivant deux modalités différentes : directement ou par l’intermédiaire d’un tendon.

  1. Dans le premier cas, la fibre musculaire continue jusqu’à sa surface d’insertion et s’y termine en s’y fixant.
  2. Dans le second cas, l’enveloppe conjonctive qui entoure les fibres charnues du corps musculaire se jette sur un tendon, lequel tendon prolonge le muscle jusqu’à son point d’attache. Les tendons deviennent ainsi une partie importante, sinon essentielle, du muscle de la vie de relation. Leur forme est fort variable : les uns sont cylindriques, les autres sont aplatis ; quelques-uns, comme le tendon du plantaire grêle, sont remarquables par leur longueur ; d’autres sont, au contraire, très courts. Il en est, enfin, qui s’étalent sous la forme de larges membranes et que l’on a appelés improprement des aponévroses, aponévroses d’insertion : tels sont les larges tendons qui prolongent jusqu’à la ligne blanche les deux muscles obliques et le muscle transverse de l’abdomen. Mais, quelle que soit la forme des tendons, leur nature est toujours la même : ce sont des formations fibreuses, de coloration blanchâtre, très résistantes et à peu près inextensibles, ce qui fait que le muscle, en se contractant, agit sans retard et sans déperdition de force sur le levier qu’il est destiné à mettre en mouvement.

Insertion d’origine et insertion terminale

On distingue ordinairement les deux insertions du muscle en insertion d’origine (Ursprung des anatomistes allemands) et insertion terminale (Ansatz des anatomistes allemands). Ainsi le brachial antérieur a son insertion d’origine sur l’humérus et son insertion terminale sur le cubitus. On les distingue encore en insertion supérieure et insertion inférieure, insertion proximale et insertion distale.

Le muscle naît parfois par deux ou plusieurs corps musculaires ayant chacun son tendon propre. Il est appelé biceps, triceps ou quadriceps, selon qu’il a deux, trois ou quatre chefs d’origine : tels sont le biceps et le triceps brachial, le biceps et le quadriceps crural..

L’insertion terminale peut se faire de même par deux, trois ou même un plus grand nombre de tendons (muscle bicaudé ou tricaudé de W. Gruber) : les fléchisseurs communs des doigts, par exemple, se terminent chacun par quatre tendons, destinés aux quatre derniers doigts.

Le mode de continuité du tendon avec le corps musculaire, ainsi que son mode d’attache à l’os, seront indiqués ultérieurement.

Relations macroscopiques des muscles avec leurs tendons. Texture des muscles.

Envisagés dans leurs rapports réciproques ou, si l’on veut, dans leur mode d’agencement, les faisceaux musculaires et les tendons présentent une foule de variétés, que l’on peut ramener à deux types principaux : ou bien les faisceaux musculaires et leur tendon se continuent bout à bout, présentant exactement la même direction (insertion bout à bout ) ; ou bien les premiers s’implantent latéralement sur le second, en formant avec lui un angle plus ou moins ouvert (insertion latérale).

Insertion bout à bout

L’insertion bout à bout (A) du faisceau musculaire sur le faisceau tendineux est relativement rare. Elle ne s’observe d’ordinaire que pour les muscles larges, dont les insertions sont linéaires et se font sur une grande étendue : comme exemples nous citerons les muscles larges de l’abdomen, les intercostaux, le thyro-hyoïdien, le faisceau claviculaire du sterno-cléido-mastoïdien, etc.

Insertion latérale

Dans l’insertion latérale, les faisceaux musculaires s’implantent obliquement sur leur tendon comme les barbes d’une plume sur leur tige commune. Le muscle est dit penniforme (en forme de plume, de penna, plume), quand les faisceaux musculaires s’insèrent sur les deux côtés du tendon (B) ; il est dit semi-penniforme, quand les faisceaux musculaires s’implantent sur un côté seulement, l’autre côté restant libre (D et E). Comme variété du muscle semi-penniforme, nous signalerons ces muscles dont les faisceaux viennent se terminer sur un tendon aplati et plus ou moins enroulé en forme de cornet ou de demi- cornet (C).

 

Divers modes d’agencement des fibres musculaires sur leurs tendons : A, muscle large (les faisceaux tendineux ont la même direction que les fibres musculaires) ; B, muscle penniforme (les faisceaux musculaires tombent obliquement sur les deux côtés du tendon) ; G, muscle penniforme en haut, se terminant en bas sur un tendon configuré en cornet : D et E, deux types de muscles semi-penniformes.

1, corps musculaire. — 2, insertion supérieure ou proximale. — 3, insertion inférieure ou distale. — 4, tendon d’origine. — 5, tendon terminal.

Comme chaque muscle a deux extrémités et presque toujours aussi deux tendons, l’un tendon d’origine, l’autre tendon terminal ; comme, d’autre part, chacun de ces deux tendons peut avoir, par rapport aux faisceaux musculaires une disposition particulière, on voit immédiatement les innombrables variétés que présentent dans leur constitution les muscles striés : tel muscle qui, à son extrémité initiale, se continue bout à bout avec son tendon d’origine, se termine en son extrémité opposée par une insertion latérale ; tel autre, dont les faisceaux s'insèrent en haut sur le pourtour d’un tendon central (C) se termine en bas à l’intérieur d’un tendon configuré en cornet, etc., etc. Une disposition très fréquente, c’est la disposition semi-penniforme à l’une et à l’autre extrémité du muscle. Dans ce cas, les deux tendons sont en général larges et aplatis et, d’autre part, ils sont orientés en sens inverse, c’est-à-dire que si l’un d’eux, le tendon d’origine par exemple, est situé à la face superficielle du corps musculaire, l’autre, le tendon terminal, s’étale sur sa face profonde. Les faisceaux charnus se rendent obliquement de l’un à 1 autre et il est à remarquer que ces faisceaux charnus, pour deux corps musculaires d égalé longueur, sont d’autant plus courts et d’autant plus nombreux (Voy. comparativement les deux muscles D et E) que leurs lames tendineuses sont plus étendues.

Une pareille disposition a une influence énorme sur Faction mécanique des muscles. La physiologie, on le sait, nous enseigne, d’une part, que le degré de raccourcissement d ’un muscle, au moment de la contraction, dépend de la longueur de ses fibres, et, d'autre part, que son énergie est en rapport avec le nombre des fibres qui le constituent. Ceci posé, jetons les yeux sur les deux muscles D et E (fig. 723). Ces deux muscles ont exactement la même longueur, la même largeur, la même épaisseur, le même volume par conséquent. Mais, dans le muscle D, les fibres sont trois fois plus longues et trois fois moins nombreuses que dans le muscle E. De ce fait, sous l’influence de la contraction, le second se raccourcira trois fois moins que le premier, mais il développera une énergie trois fois supérieure, c’est-à-dire soulèvera un poids triple. D’où l’on peut conclure que, dans l’appréciation de l’action mécanique d’un muscle donné, il faudra tenir compte, non pas seulement de son volume, mais aussi des rapports de ses fibres avec les tendons sur les- quels elles naissent, ou se terminent.

Tendons intermédiaires

Outre leur tendon d’origine et leur tendon terminal quelques muscles présentent à leur partie moyenne, un troisième tendon, dit tendon intermédiaire.

Ce tendon intermédiaire divise naturellement le corps musculaire en deux portions ou ventres et, de ce fait, le muscle ainsi configuré prend le nom de muscle digastrique (de grec deux et ventre). Comme exemple de muscle digastrique, nous citerons le digastrique du cou et l’omohyoïdien.

La signification du tendon intermédiaire dans les muscles digastriques n’est pas toujours facile à dégager. Pour certains d’entre eux tout au moins, notamment pour l’omohyoïdien, ce tendon intermédiaire doit être considéré comme représentant, au même titre que les intersections aponévrotiques du grand droit de l’abdomen, des vestiges de la métamérisation du corps

Rapports des muscles

Les muscles présentent les rapports les plus divers. Ces rapports varient, du reste, pour chacun d’eux et, de ce fait, se prêtent difficilement à des considérations générales. Nous nous contenterons d’indiquer ici que les muscles sont en rapport plus ou moins intime :

Avec les os

Avec les os (parfois des cartilages), sur lesquels ils s’insèrent et qu’ils enveloppent plus ou moins en les séparant du tégument externe ;

Avec les articulations

Avec les articulations, qu’ils recouvrent, qu’ils croisent, qu’ils contournent ou même dans lesquelles ils pénètrent (tendon de la longue portion du biceps pénétrant dans l’articulation de l’épaule) ;

Avec les aponévroses

Avec les aponévroses, qui les enveloppent dans toute leur étendue ou sur une partie seulement de leur surface ;

Avec les vaisseaux

Avec les vaisseaux, qui s’accolent à eux et parfois même les traversent : tel est le grand adducteur de la cuisse, perforé par les vaisseaux fémoraux. Les artères un peu volumineuses sont toujours en rapport avec plusieurs muscles ; mais, parmi ces muscles, il en est un, généralement, qui suit plus exactement que tous les autres le trajet du vaisseau : on lui donne, en anatomie et plus particulièrement en médecine opératoire, le nom de muscle satellite de l’artère. C’est ainsi que le biceps brachial est le muscle satellite de l’artère humérale, que le couturier est le muscle satellite de l’artère fémorale, le sterno-cléido-mastoïdien le muscle satellite de la carotide primitive, etc.

Avec les nerfs

Avec les nerfs, qui, comme les vaisseaux, s’accolent intimement à eux et parfois même les traversent : tel est le sterno-cléido-mastoïdien, que perfore le nerf spinal ; tel est encore le coraco-brachial, qui est traversé de part en part par le nerf musculo-cutané du plexus brachial. Chaque muscle reçoit un ou plusieurs nerfs, qui lui apportent les incitations motrices volontaires ou réflexes. La présence de nerfs multiples pour un seul muscle s’explique, selon les cas, par l’un ou l’autre de ces deux faits : ou bien le muscle en question dérive de plusieurs métamères (comme c’est le cas pour le grand droit de l’abdomen, que les intersections aponévrotiques divisent en plusieurs segments, chacun de ses segments ayant son innervation propre) ; ou bien, c’est un muscle complexe résultant de la fusion, au cours du développement phylogénique, de deux ou trois muscles primitivement distincts. Comme exemple de ce dernier processus, je rappellerai notre jambier antérieur qui, malgré son unité apparente, représente en réalité deux muscles parfaitement distincts chez les singes inférieurs, le jambier antérieur proprement dit et le long abducteur du gros orteil (voy. Myologie) ; ce muscle, comme indice de sa duplicité primitive, nous présente encore une innervation multiple et une double insertion de son tendon inférieur.

Avec les muscles

Avec les muscles, enfin, je veux dire les muscles du voisinage, qui s’appliquent contre leurs faces ou contre leurs bords. Entre deux muscles contigus s’étale une aponévrose ou tout au moins une nappe celluleuse, qui les isole l’un de l’autre et assure leur indépendance réciproque tant au point de vue anatomique qu’au point de vue physiologique,

Anomalies musculaires

Tous les anatomistes qui se sont occupés des variations anatomiques du système musculaire chez l’homme, Wood, Macalister, Turner, Gruber, Humphry, Testut, Le Double, etc., s’accordent à dire que ces variations sont très fréquentes. Nous considérons, pour notre part, les muscles de l’homme comme tout aussi variables que ses vaisseaux, bien plus variables que ses os et ses nerfs. Il suffit, pour s’en convaincre, de connaître ces variations et de les chercher.

Classification

Les anomalies musculaires nous paraissent devoir être divisées, au point de vue purement morphologique, en deux grands groupes : 1° les muscles surnuméraires ; 2° les modifications apportées par l’anomalie aux muscles qui existent, normalement, dans la constitution du corps humain.

  1. Les muscles surnuméraires sont des formations entièrement nouvelles, qui apparaissent dans une région quelconque à un état de développement plus ou moins avancé. Tels sont le présternal à la face antérieure du thorax, le cléido-trachélien à la région du cou, l’épitrochléo-olécranien a la région du coude, le radio-carpien au poignet, le coccy-fémoral à la région fessière, etc.
  2. modifications apportées par l’anomalie aux muscles ordinaires se rattachent à leur forme, à leur constitution, à leurs insertions, à leurs rapports, avec les muscles voisins. De la une division de ces anomalies en quatre groupes : 1° anomalies de forme ; 2° anomalies de constitution ; 3° anomalies d’insertion ; 4° anomalies de rapports.

Chacun de ces groupes présente, à son tour, un certain nombre de variétés que nous résumons dans le tableau suivant :

Tableau indiquant les anomalies du système musculaire de l’homme

 

 

 

 

Exemples :

I. Muscles surnuméraires.

 

Cléido-trachélien. épitrochléo-cubital.

Muscles ordinaires modifiés :

 

A) Dans leur forme.

Petit palmaire fusiforme

B) Dans leur constitution

1° Dédoublement.

 

a) total

Sterno-cléido-mastoïdien, divisé en deux faisceaux distincts.

b) partiel.

Jambier antérieur, envoyant un faisceau distinct au premier métatarsien.

2° Fusion.

 

a) totale.

Sterno-cléido-mastoïdien à faisceau unique.

b) partielle

Les deux portions du biceps réunies plus haut que d'habitude.

 

3° Apparition de faisceaux nouveaux.

Troisième chef du biceps.

 

4° Disparition de quelques faisceaux.

 

Biceps réduit à sa portion coracoïdienne.

 

5° Transformation fibreuse du muscle.

Péronier antérieur transformé en tendon.

 

6° Disparition du muscle.

Absence du petit palmaire.

 

7° Intersections aponévrotiques

 

a) ajoutées

Sur le sterno-cléido-mastoïdien.

b) supprimées.

 

Disparition du tendon intermédiaire du digastrique.

 

8° Renversement du muscle

Petit palmaire renversé.

 

C) Dans leurs rapports AVEC LES MUSCLES VOISINS.

1° Isolement normal

Le faisceau interne du pédieux.

 

2° Fusion anormale

a) totale.

Les deux radicaux externes.

 

b) partielle

Mêmes muscles.

 

c) par anastomose

Fléchisseur superficiel et fléchisseur profond des doigts.

 

D) Dans leurs insertions

1° Surajoutées.

Faisceau sterno-maxillaire du muscle sterno-cléido-mastoïdien,

 

2° Déplacées.

 

Digastrique inséré à l'angle du maxillaire

3° Diminuées en étendue.

 

Scalène postérieur à la l re côte seulement.

4° Augmentées en étendue

Petit pectoral partant de 4 ou 5 côtes.

5° Supprimées.

Muscle se perdant dans le tissu cellulaire.

 

Signification morphologique

Les anomalies du système musculaire, longtemps négligées, ont pris aujourd’hui en anatomie humaine la place qui leur convient. Plusieurs anatomistes étrangers, notamment Henle et Quain, ont fait une large part, dans leur traité d’anatomie, aux anomalies des muscles. Nous suivrons leur exemple et, dans les différents chapitres de ce livre, nous ajouterons, à la suite de la description classique d’un muscle, une note en petit texte indiquant ses principales variations. Nous nous efforcerons toujours de rendre cette note aussi succincte que possible, mais elle nous paraît indispensable. Les anomalies musculaires, en effet, ne sont pas de simples produits du hasard, des jeux de la nature, comme on l’a cru pendant longtemps ; elles reproduisent accidentellement chez l’homme, la plupart du moins, des dispositions anatomiques qui sont constantes et typiques dans la série animale, et elles acquièrent ainsi, en anatomie anthropologique, une importance considérable (voy., à ce sujet, Testut, Les anomalies musculaires chez l’homme expliquées par l’anatomie comparée, leur importance en anthropologie, un vol. gr. in-8, Paris, 1884).

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