Nous comprenons sous ce titre d'annexes : 1° les aponévroses, qui recouvrent les muscles ou même les enveloppent entièrement

; 2° les gaines fibreuses, qui maintiennent leurs tendons contre les gouttières osseuses sur lesquelles ils glissent ; 3° les gaines synoviales et les bourses séreuses, qui facilitent le glissement soit des tendons, soit des corps musculaires eux-mêmes.

Aponévroses

On donne le nom d’aponévroses ou de fascias à un ensemble de membranes fibreuses qui enveloppent les muscles et qui ont pour effet de s’opposer à leur déplacement latéral, toutes les fois qu’ils se contractent. Par une extension abusive, on donne encore ce nom à ces tendons membraniformes par lesquels se terminent quelques muscles larges et minces, les muscles obliques de l’abdomen par exemple. Il existe donc deux ordres d’aponévroses : les aponévroses de contention, et les aponévroses d’insertion. Il ne saurait être ici question des dernières, qui sont de vrais tendons étalés en membrane (voy. Muscles de l’abdomen). Nous ne nous occuperons donc que des aponévroses de contention ou aponévroses d’enveloppe.

L’aponévrose du bras, vue sur une coupe transversale.

1, humérus. — 2, aponévrose brachiale. — 3, aponévrose intermusculaire interne. — 4, aponévrose intermusculaire externe. — 5, loge musculaire antérieure. — 6, loge musculaire postérieure. — 7, peau. — 8, tissu cellulaire sous-cutané. — 9, 9, veines superficielles. — 10, 10, nerfs superficiels. — 11, artère humérale et nerf médian. — 12, nerf cubital. — 13, humérale profonde et nerf radial

Disposition générale et rapports

On rencontre des aponévroses aux membranes, au tronc, au cou, à la tête, sur tous les points où un muscle est susceptible de se déplacer en se contractant et, par suite, a besoin d’être contenu.

Aponévroses des membres

Aux membres les aponévroses nous présentent un développement remarquable. Elles y affectent la forme de cylindres creux ou de manchons, enveloppant dans toute leur étendue les masses musculaires qui se groupent autour des leviers osseux. A chacune de ces aponévroses, on considère deux surfaces, l’une externe, l’autre interne. - La surface, externe est en rapport avec la peau qui glisse sur elle, grâce au tissu cellulaire sous cutané, connu sous le nom de fascia superficialis. C’est dans ce fascia superficialis, plus ou moins riche en cellules adipeuses, que cheminent les vaisseaux et les nerfs dits superficiels. La surface interne repose sur les muscles qui parfois s’insèrent sur elle, comme on le voit à l’avant-bras et à la jambe, mais qui se contentent le plus souvent de s’unira elle à l’aide d’un tissu conjonctif lâche. De cette surface profonde de l’aponévrose se détachent toujours une série de prolongements plus ou moins résistants qui se dirigent vers l’axe du membre : les uns se fixent à l’os, et, sous le nom de cloisons intermusculaires, partagent les muscles sous-jacents en groupes distincts ; les autres, sous le nom d’aponévroses profondes (les aponévroses d’enveloppe du membre étant les aponévroses superficielles), se jettent sur les muscles eux-mêmes et sur les gros vaisseaux, en leur constituant des enveloppes ou gaines ; telles sont : la gaine du biceps, celle du vaste interne, la gaine des vaisseaux du cou, la gaine des vaisseaux huméraux et fémoraux, etc. En passant au-dessus des saillies osseuses, l’aponévrose des membres se fixe d’ordinaire à ces saillies, comme on peut le constater au niveau de l’épitrochlée, de l’épicondyle et des deux malléoles.

Les loges aponévrotiques du bras. Coupe transversale du bras droit, segment inférieur de la coupe.

H, humérus, — H’, gouttière radiale.

I, 1’, aponévrose brachiale. — 2, cloison intermusculaire externe. — 3, cloison intermusculaire interne. — 4, loge du biceps. — 5, loge du brachial antérieur. — 6, loge du triceps. — 7, artère humérale. — 8, nerf médian. — 9, nerf cubital. — 9’, artère collatérale interne supérieure. — 10, nerf musculo-cutané. — 11, nerf radial. — 12, artère humérale profonde. — 13, veine basilique. — 14, nerf brachial cutané interne. — 15, nerf accessoire du brachial cutané interne. -- 16, veine céphalique.

Les aponévroses des membres ne se contentent pas de donner naissance, sur leur face profonde, à des faisceaux musculaires ; elles reçoivent parfois la terminaison, soit partielle, soit totale, de certains muscles qui, pour cette raison, sont appelés ses muscles tenseurs. 

L’expansion aponévrotique du biceps et le tenseur du fascia lata nous fournissent des exemples très nets d’une pareille disposition.

Enfin, les aponévroses d’enveloppe des membres présentent çà et là des orifices plus ou moins larges, à travers lesquels passent les différents organes, vaisseaux et nerfs, qui, de la couche sous-cutanée, descendent dans la couche sous-aponévrotique ou, vice versa, remontent de cette dernière couche dans le fascia superficialis. Nous signalerons, à ce sujet, la partie antérieure et supérieure de l’aponévrose fémorale qui, en raison de ses nombreux orifices, a été comparée à un crible et a reçu pour cela le nom de fascia cribriformis.

Aponévroses du tronc et du cou

Sur le tronc et sur le cou, les aponévroses présentent une disposition analogue à celle des membres ; mais elles sont beaucoup plus minces, à l’exception toutefois de l’aponévrose des gouttières vertébrales, laquelle aponévrose se rattache plutôt aux aponévroses d’insertion qu’aux aponévroses de contention.

Aponévroses de la tête

A la tête, les aponévroses ne forment pas une nappe continue. C’est qu’il existe ici un système musculaire spécial, les muscles peauciers, qui s’attachent à la peau, au moins par une de leurs extrémités. Aussi ne rencontre-t-on, entre ces muscles et la peau, aucune lame fibreuse. Des aponévroses isolées recouvrent le temporal, le masséter et même le buccinateur (voy. ces muscles).

Caractères physiques

Si nous considérons maintenant les aponévroses au point de vue de leurs caractères physiques, nous les voyons se présenter à nous sous la forme de membranes blanchâtres, revêtant parfois un aspect nacré. Quoique fort souples, elles sont très résistantes et à peu près inextensibles, ce qui s’accorde parfaitement avec les fonctions qui leur sont dévolues.

Épaisseur

Quant à leur développement, il varie, comme le fait judicieusement remarquer Cruveilhier, avec celui des muscles sous-jacents. « Les aponévroses, dit-il, ont une épaisseur et, par conséquent, une force, rigoureusement proportionnées à la force et à la résistance des muscles qu’elles engainent ou auxquels elles servent de moyen d’insertion : aussi l’aponévrose fémorale est-elle singulièrement plus forte que l’aponévrose brachiale ; aussi l’épaisseur des aponévroses va-t-elle en augmentant depuis la partie supérieure jusqu’à la partie inférieure des membres ; aussi le puissant muscle vaste externe est-il pourvu d’une aponévrose contentive plus forte que les muscles de la région postérieure et que ceux de la région interne de la cuisse. On peut donc considérer comme une loi sans exception que le système aponévrotique suit constamment, dans son développement, les mêmes phases que le système musculaire. »

Nous avons vu, en arthrologie qu’un certain nombre de formations fibreuses situées autour des articulations, et considérées comme des ligaments, n'étaient en réalité que des vestiges de muscles disparus. Il en est exactement de même de certaines lames fibreuses, que l’on range improprement parmi les aponévroses d’enveloppe : telles sont l’aponévrose cervicale moyenne, l’aponévrose intermédiaire des dentelés postérieurs, l’aponévrose clavi-pectorale, etc. Ce sont là des pseudo-aponévroses, représentant, au même titre que les pseudo-ligaments, des muscles ou des portions de muscles qui se sont atrophiés et réduits à l’état fibreux au cours du développement phylogénique. Ces pseudo-aponévroses, du reste, si on les examine chez l’embryon, nous présentent encore des éléments musculaires et, d’autre part, ces faisceaux musculaires persistent parfois chez l’adulte à l’état d’anomalie.

Envisagées au point de vue histologique, les aponévroses appartiennent aux formations conjonctives. Elles nous présentent, par conséquent, deux ordres d’éléments, des fibres et des cellules fixes, auxquelles viennent se joindre, à titre d’éléments accessoires, un certain nombre de fibres élastiques. (voir histologie du tissu musculaire

Vaisseaux et nerfs

Les aponévroses possèdent une vascularisation des plus riches, bien différente de celle que leur accordaient les anciens auteurs.

Artères

Des artères fort nombreuses, munies de leurs trois tuniques, se détachent des troncs sous-cutanés pour pénétrer, par leur face externe, les aponévroses d’enveloppe des membres et former, dans leur couche superficielle, un réseau à mailles très serrées, dans leur couche profonde un réseau à mailles plus déliées.

Veines

Les veines accompagnent les artères. Elles sont, pour la plupart, tributaires des veines sous-cutanées.

Lymphatiques

Des réseaux lymphatiques à mailles polygonales ont été signalés dans les aponévroses, en 1872, par Ludwig et Schweiger-Seidel. A leur tour, M. -et Mme Hoggan, en 1879, dans leur mémoire sur les lymphatiques des muscles striés, signalent des lymphatiques appartenant en propre aux aponévroses. Leur mode d’origine et de terminaison n’est pas encore élucidé.

Nerfs

L’existence des nerfs dans les aponévroses n’est pas contestable depuis les recherches de Sappey (1866) et le travail plus récent de Tschiriew (1879). Pour Sappey, les nerfs aponévrotiques émanent, pour la plupart, des nerfs sous-cutanés. Tschiriew s’est efforcé de démontrer, avant tout, que les aponévroses reçoivent leurs nerfs des rameaux sensitifs des muscles sous-jacents.

Gaines fibreuses des tendons

Nous donnerons ce nom à des formations fibreuses, qui se développent, à la manière de ponts ou d’arcades, au-dessus des gouttières osseuses dans lesquelles glissent les tendons. Elles forment ainsi, de concert avec ces gouttières osseuses, des canaux ostéo-fibreux d’une longueur variable, mais fermés de toutes parts. Ces gaines fibreuses, on le conçoit, ont pour effet de maintenir les tendons solidement appliqués contre leur gouttière, tout en leur permettant d’y glisser librement. Il en est quelques-unes qui, en raison de leur direction et dans certaines conditions données, deviennent de véritables poulies de réflexion.

Les gaines fibreuses des tendons occupent les extrémités des membres. Nous les retrouverons plus loin a la paume de la main, à la plante du pied, à la face palmaire des phalanges, où elles livrent passage aux tendons des muscles fléchisseurs. Nous les rencontrerons aussi autour du poignet et du coude-pied, sous la forme de rubans transversaux, dits ligaments annulaires (ligaments annulaires du carpe et du tarse).

Sappey les divise en gaines simples et gaines composées. Les gaines simples ne laissent passer qu’un seul tendon ou deux au plus intimement accolés ; à cette variété appartiennent les gaines de la face palmaire des phalanges. Les gaines composées sont communes à plusieurs tendons : de leur face profonde s’échappent des cloisons verticales, qui viennent se fixer d’autre part sur les os sous-jacents et divisent ainsi l’espace compris entre la formation fibreuse et le squelette en un nombre plus ou moins considérable de gaines secondaires, dans chacune desquelles se loge un tendon. Le ligament annulaire postérieur du carpe est le type parfait de cette seconde variété.

La gaine fibreuse des fléchisseurs, vue sur la coupe transversale d’un doigt.

1, phalange. — 2, périoste. — 3, tendons des fléchisseurs, entourés par le feuillet viscéral de la synoviale. — 4, gaine fibreuse des fléchisseurs, tapissée en dedans par le feuillet pariétal de cette même synoviale. — 5, tissu cellulaire sous-cutané. — 6, peau. — 7, nerf collatéral. — 8, artère collatérale. — 9, tendon de l’extenseur. 

Histologiquement, les gaines fibreuses des tendons appartiennent, comme les aponévroses et les tendons eux-mêmes, aux formations conjonctives. Elles ont pour éléments fondamentaux des faisceaux fibreux extrêmement denses, unis les uns aux autres par du tissu conjonctif lâche. Aux tissus fibreux se melent des cellules fixes du tissu conjonctif, un certain nombre de fibres élastiques et quelques cellules adipeuses. Il convient d’ajouter qu’aux faisceaux propres des gaines fibreuses s’ajoutent parfois des faisceaux tendineux provenant des muscles voisins : c’est ainsi que le ligament annulaire antérieur du carpe est renforcé a la fois par le tendon terminal du petit palmaire et par les tendons d’origine des muscles thénar et hypothénar.

Les gaines fibreuses des tendons possèdent des vaisseaux et des nerfs comme les aponévroses. Ils y affectent la même disposition que dans ces dernières.

Gaines synoviales des tendons

Les gaines synoviales des tendons ou synoviales tendineuses sont des membranes minces, difficilement isolables, appartenant au même titre que les synoviales articulaires à la classe des séreuses. Elles ont pour rôle de favoriser le glissement des tendons dans les coulisses ostéo- fibreuses qu’ils traversent.

Disposition générale

Pour se rendre un compte exact de la manière dont se comportent les synoviales tendineuses, il convient de pratiquer sur les tendons et leur gaine fibreuse deux ordres de coupes, les unes longitudinales, les autres transversales :

Coupes longitudinales

Sur des coupes longitudinales, nous voyons la synoviale envelopper le tendon dans toute la portion de celui-ci qui répond à sa gaine : puis, à l’une et à l’autre des extrémités de cette gaine, se réfléchir en dehors, gagner la face interne de la coulisse ostéo-fibreuse et la tapisser régulièrement dans toute son étendue.

La synoviale nous présente donc deux feuillets, tous les deux cylindriques, adossés et glissant l’un sur l’autre : un feuillet interne (4”), engainant le tendon, c’est le feuillet viscéral ; un feuillet externe (4’), tapissant intérieurement la coulisse ostéo- fibreuse, c’est le feuillet pariétal. Ces deux feuillets se continuent réciproquement en haut et en bas en formant dans leur ensemble une sorte de cul-de-sac annulaire, rappelant assez exactement le cul-de-sac également en forme d’anneau, que l’on voit, après une injection heureuse du coude, tout autour du col du radius. Entre le faisceau pariétal et le feuillet viscéral se trouve une cavité (4’”), close de toutes parts et à peu près virtuelle comme celle des séreuses : elle renferme une toute petite quantité d’un liquide onctueux et filant, qui présente les plus grandes analogies avec la synovie articulaire.

Coupes transversales

Si nous examinons maintenant une coupe transversale, nous reconnaissons successivement : 1° au centre, la coupe du tendon ; 2° à la périphérie la gouttière osseuse et l’arcade fibreuse qui, en la complétant, la transforme en canal ostéo-fibreux ; 3° entre le tendon et son conduit ostéo-fibreux, les deux feuillets viscéral et pariétal, l’un et l’autre circulaires, disposés concentriquement et interceptant entre eux la cavité de la synoviale.  

Schéma montrant la disposition des synoviales tendineuses, vues : A, en coupe longitudinale : B, C. D, en coupe transversale.

1, tendon. — 2, sa gaine fibreuse. — 3, os. — 4, synoviale tendineuse, avec 4’, son feuillet pariétal, 4”, son feuillet viscéral ; 4’”, sa cavité. — 5, mésotendon avec ses vaisseaux.

Mésotendons

Nous avons vu tout à l’heure que les deux feuillets synoviaux s’unissaient l’un à l’autre au niveau des culs-de-sac terminaux. Ils entrent encore en relation sur un ou plusieurs points intermédiaires et voici comment. Le tendon est uni à la coulisse ostéo-fibreuse, de préférence à la partie osseuse de la coulisse, par des tractus conjonctifs plus ou moins développés, affectant ici la forme de simples filaments, plus loin la forme de toutes petites membranes. Ces tractus conjonctifs, qu’ils soient membraniformes ou simplement filiformes, servent de soutien aux vaisseaux nourriciers du tendon : aux artérioles qui vont vers lui et aux veinules qui en reviennent (D, 5). Or, au niveau du point où ce paquet conjonctivo-vasculaire aborde le feuillet pariétal de la synoviale (B), celui-ci se réfléchit sur lui et l’enveloppe de toutes parts pour se continuer plus loin avec le feuillet viscéral. Ces replis synoviaux jetés sur les vaisseaux du tendon et allant du feuillet pariétal au feuillet viscéral ont reçu le nom de mésotendons : ils rappellent, en effet, par leur disposition, le repli péritonéal ou mésentère qui relie l’intestin grêle à la paroi postérieure de l’abdomen. Grâce à cette disposition, les vaisseaux tendineux et le tissu conjonctif qui les accompagnent gagnent le tendon sans traverser la cavité de la séreuse. Il en résulte que, au niveau des mésotendons, une partie du tendon, celle à laquelle aboutissent les vaisseaux, n’est pas revêtue de la synoviale. Cette partie de la surface tendineuse, ainsi dépourvue de synoviale, est ordinairement minime. Quelquefois, cependant, elle peut représenter le quart ou même la moitié de la circonférence du tendon. Dans ce dernier cas (B), la synoviale, au lieu de former un cylindre complet, revêt l’aspect d’un demi-cylindre ou, si l’on veut, d’une simple gouttière, recouvrant le tendon et l’appliquant contre l’os.

Rapports Des synoviales avec les synoviales articulaires

Les synoviales tendineuses sont primitivement indépendantes et la plupart d’entre elles conservent cette indépendance chez l’adulte : telles sont les synoviales des fléchisseurs et des extenseurs des doigts, qui, tout en étant très rapprochées de l’articulation du poignet, ne présentent avec elle que de simples rapports de contiguïté. Il en est quelques-unes cependant qui, au cours du développement, entrent en communication avec la synoviale de l’articulation voisine : de ce nombre sont la synoviale du poplité, qui communique avec l’articulation du genou et la gaine synoviale de la longue portion du biceps brachial, qui paraît être, chez l’adulte tout au moins, une simple expansion de la synoviale de l’épaule.

Structure

Envisagées au point de vue histologique, les synoviales tendineuses sont constituées sur le même type que les synoviales articulaires (voy. Arthrologie).

Tendons des-fléchisseurs avec leur gaine séreuse (d’après Farabeuf).

A, la séreuse passe à la face superficielle du tendon sans recouvrir sa face profonde. — B, la séreuse recouvre le tendon sur presque tout son pourtour et forme en arrière de lui un mésotendon

1, tendon. — 2, membrane séreuse. — 3, gaine fibreuse, qui a été incisée et érignée dans une partie de son étendue. — 4, branche artérielle provenant des branches collatérales des doigts. — o, 5, rameaux situés entre les deux feuillets du mésotendon. 

Elles nous présentent, comme ces dernières, deux couches superposées, lune externe, l’autre interne.

a) La couche externe est de nature conjonctive. Sur le feuillet viscéral, elle est extrêmement mince et se confond avec la gaine conjonctive du tendon ou périténonium externe. Sur le feuillet pariétal, elle est beaucoup plus développée ; elle présente même, dans certains cas, de petites excroissances plus ou moins chargées de graisse, faisant saillie dans la cavité de la synoviale et rappelant exactement, par leur nature comme par leur signification, les franges synoviales des cavités articulaires. Ici encore, elle se confond sans ligne de démarcation avec le tissu conjonctif du voisinage. 

b) La couche interne est formée par des cellules aplaties, d'origine conjonctive, se rapprochant plus ou moins des cellules endothéliales. 

Vaisseaux et nerfs

Les gaines synoviales des tendons possèdent des vaisseaux et des nerfs. -— Les artères proviennent, peur la plupart, de celles qui irriguent la gaine fibreuse. — Les veines accompagnent les artères. Elles sont toujours plus volumineuses que ces dernières. — Les nerfs ont été signalés par Sappey, à la fois sur le feuillet pariétal et sur le feuillet viscéral. Us émanent, en partie des rameaux nerveux qui se distribuent à la gaine fibreuse, en partie des nerfs du tendon lui-même.

Bourses séreuses annexées aux muscles

Indépendamment des synoviales que nous venons de décrire et qui entourent les tendons à la manière d’une double gaine, les muscles possèdent encore d’autres synoviales, que l’on désigne sous le nom de bourses séreuses. Celles-ci affectent une forme vésiculaire et, au lieu d’envelopper l’organe surtout son pourtour comme les précédentes, elles s’appliquent tout simplement sur une de ses faces, les séparant ainsi des parties avec lesquelles elles sont en rapport de contact.

Divisions et rapports 

On divise ordinairement les bourses séreuses en deux groupes, suivant qu’elles sont en rapport avec un tendon ou avec un muscle, elles prennent le nom de bourses tendineuses ou de bourses musculaires :

Bourses séreuses tendineuses.

Les bourses séreuses tendineuses sont placées le plus souvent entre un tendon et la surface osseuse sous-jacente. Telle est la bourse séreuse du tendon d’Achille, qui se développe entre ce tendon et la partie la plus élevée de la face postérieure du calcanéum. Telles sont encore : la bourse séreuse de l’obturateur interne, qui se trouve située entre le tendon de ce muscle et la petite échancrure sciatique ; la bourse inférieure du biceps, située entre le tendon distal de ce muscle et la tubérosité bicipitale du radius ; la bourse inférieure du psoas-iliaque, placée entre le tendon de ce muscle et le petit trochanter, etc. On peut rencontrer aussi des bourses tendineuses entre deux tendons voisins (bourses inter-tendineuses) : telle est la 

La bourse séreuse de l’obturateur interne.

1, ischion. — 2, petite épine sciatique. — 3, muscle obturateur interne, incisé et fortement érigné, pour laisser voir sa bourse séreuse (teintée en bleu), 3’, son tendon. — 4, crêtes transversales, répondant aux espaces interfasciculaires du tendon de l’obturateur. — 5, orifice supérieur du canal sous-pubien avec le paquet vasculo-nerveux qui s’y engage. — 6, épine du pubis. — 7, grand nerf sciatique. — 8, petit nerf sciatique. — 9, nerf honteux interne. — 10, artère ischiatique. — 11, artère honteuse interne. 

bourse séreuse qui sépare l’un de l’autre le tendon du grand dorsal et celui du grand rond.

Bourses séreuses musculaires

Les bourses séreuses musculaires ou intermusculaires se développent entre deux muscles qui glissent l’un sur l’autre : elles sont d’autant plus considérables que ces mouvements de glissement sont plus fréquents et plus étendus. On rencontre une bourse séreuse entre le sous-épineux et le deltoïde ; on en voit une autre entre le grand fessier et les muscles de la cuisse qui se fixent à l’ischion, etc.

Rapports des bourses séreuses avec les synoviales articulaires

Comme les synoviales tendineuses, les bourses séreuses musculaires sont primitivement distinctes des synoviales articulaires. Mais il en est toujours un certain nombre qui, par le fait de leur agrandissement progressif, se rapprochent des synoviales articulaires voisines, arrivent à leur contact et, finalement, se fusionnent avec elles. Nous rappellerons, à titre d’exemples : la bourse du sous-scapulaire, qui, chez l’adulte, entre en communication avec l’articulation scapulo-humérale ; la grande bourse du psoas-iliaque, qui se fusionne de même dans certains cas avec la synoviale coxo-fémorale, etc.

Structure

Les bourses séreuses annexées aux muscles sont analogues par leur structure, comme par leur signification, aux bourses séreuses sous-cutanées (voy. t. III).

Quant aux bourses séreuses annexées aux tendons, elles rappellent entièrement par la structure de leurs parois la disposition qu’on observe entre le ménisque interarticulaire et le condyle du temporal dans l’articulation temporo-maxillaire (Tourneux). Elles présentent, au niveau de leurs surfaces de glissement, une lame fibro-cartilagineuse coutume, épaisse de 60 p. à 400 g., reposant, d’une part, sur le tissu osseux, d’autre part, sur le tissu tendineux. Sur son pourtour, cette lame fibro-cartilagineuse se continue : 1° par sa couche superficielle, avec une synoviale nettement caractérisée ; 2° par sa couche profonde avec le périoste (sur l'os) et avec l’enveloppe conjonctive du tendon.

Les bourses séreuses, soit musculaires, soit tendineuses, renferment dans leur intérieur une petite quantité d’un liquide onctueux et filant, dont l’aspect rappelle la synovie des cavités articulaires.

Mode d’origine des cavités séreuses annexées aux muscles

On admet généralement que les cavités séreuses annexées aux muscles se développent sur tous les points où le muscle ou son tendon glisse sur le plan sous-jacent, et on admet aussi que leur apparition est la conséquence du glissement : sous l’influence de ce glissement, les travées conjonctives, fortement tiraillées, s’amincissent et disparaissent, laissant à leur lieu et place une cavité plus ou moins considérable, qui n’est autre que la bourse séreuse.

Couche superficielle du revêtement fibro-cartilagineux de la bourse du tendon d’Achille (Tourneux).

Les cellules cartilagineuses, plongées dans une matière amorphe homogène, sont pourvues d’une capsule réfringente et renferment une ou plusieurs gouttelettes graisseuses.

Mais cette théorie du glissement n’est pas applicable à toutes les bourses séreuses, à celles notamment que l’on voit se développer entre l’extrémité distale d’un tendon et l’os sur lequel il s’insère. Examinons par exemple la bourse séreuse du tendon d’Achille, laquelle, comme nous l’avons déjà dit plus haut, est située entre le tendon et la partie supérieure de la face postérieure du calcanéum. En aucun cas, les deux surfaces en présence, la surface tendineuse et la surface osseuse, ne glissent l’une sur l’autre : la bourse qui les sépare n’a donc pas pour cause un glissement, A l’état ordinaire, dans la station debout (A), le tendon d’Achille est directement appliqué contre l’os. Mais quand le pied se met en extension, et cela se produit dans la marche toutes les fois que le gastro- cnémien, en se contractant, soulève le talon, le tendon (B), tend à l’écarter de la surface osseuse et à s’en séparer par un espace angulaire à base supérieure, dont l’ouverture est proportionnelle au degré de l’extension du pied. Dans ces conditions, le tissu conjonctif lâche qui primitivement unit le tendon à la partie supérieure du calcanéum est fortement tiraillé d’avant en arrière : comme tout à l’heure, ses travées s’allongent, s’amincissent, disparaissent, et ainsi se trouve formée la bourse séreuse. La figure nous montre nettement, sur une coupe sagittale, qu’à l’état d’extension du pied, un paquet graisseux, de tous points, comparable à une frange synoviale (voy. Arthrologie), descend en arrière du calcanéum pour combler le vide résultant de l’écartement réciproque de la surface osseuse et du tendon. 

 

Coupe sagittale du talon ; À, le pied étant à l’état de repos (station verticale) ; B, le pied étant en extension (dans la marche).

1, calcanéum. — 2, tendon d’Achille. — 3, bourse séreuse. — 4, paquet adipeux (en B on voit, que ce paquet graisseux, dans l’extension du pied, se projette en arrière du calcanéum pour combler l’espace angulaire qui se produit à ce moment entre l’os et le tendon). — xx, plan horizontal. — yy, axe antéro-postérieur du calcanéum, horizontal dans la figure A, oblique dans la figure B.

Le même mécanisme s’applique au développement de la bourse du biceps brachial : quand le radius est en pronation et le tendon de ce muscle est comme enroulé autour de la tubérosité bicipitale ; mais si le biceps vient à se contracter, portant le radius en supination, son tendon se déroule et se sépare ainsi de l’os par un espace triangulaire à base antérieure. C’est cet écartement des deux surfaces en présence qui, fréquemment répété, détermine la résorption du tissu conjonctif intermédiaire et, par suite, l’apparition de la bourse séreuse. Ici encore, un paquet graisseux vient combler l’espace angulaire qui se produit entre le tendon et l’os.

La formation des cavités séreuses annexées aux muscles et aux tendons (bourses séreuses musculaires et synoviales tendineuses ) est donc la conséquence des tiraillements intermittents, mais fréquemment répétés, que subissent les travées du tissu conjonctif, que ces tiraillements se produisent par le fait du glisse vient de la surface musculaire ou tendineuse sur la surface sous-jacente, ou soient la conséquence de l’écartement réciproque de ces deux surfaces.

Les recherches embryologiques nous apprennent que les bourses musculaires et les synoviales tendineuses se développent pour la plupart bien avant la naissance., à une époque où l’action des muscles est vraiment trop peu importante pour qu’on puisse raisonnablement expliquer par elle le creusement de ces cavités. La théorie mécanique invoquée plus haut n’en conserve pas moins toute sa valeur, mais il faut l’envisager en phylogénie et non en ontogénie : les déplacements du muscle et de son tendon dans les conditions indiquées ci-dessus ont été la cause réelle de la production des bourses musculaires et tendineuses chez ceux de nos ancêtres qui ne les possédaient pas encore. Actuellement, ces bourses font partie intégrante de notre constitution, soit fœtale, soit adulte : ce sont, comme les muscles eux-mêmes auxquels elles sont annexées, des formations à la fois héritées et héréditaires.

Coupe horizontale de la partie postérieure du pied d'un fœtus de lapin au vingt- troisième jour de l'incubation (d’après Retterer).

1, calcanéum. — 2, astragale. — 3, plantaire grêle, avec ses expansions fibreuses 3’. — 4, tendon d’Achille, avec ses expansions fibreuses 4’. — 5, bourse séreuse, placée en avant du tendon d’Achille. — 6, bourse séreuse, placée entre le tendon d’Achille et le tendon du plantaire grêle. — 7, tendon du fléchisseur profond avec 7’, sa cavité séreuse. 

Retterer, qui a soigneusement étudié chez le lapin le mode de développement des bourses tendineuses, a établi en principe que, primitivement, chaque tendon est entouré, dans toute' sa longueur et sur tout son pourtour, par du tissu conjonctif réticulé, c’est-à-dire par des amas de cellules conjonctives, dont le protoplasma se trouve différencié : 1° on réseau fibrillaire; 2° en hyaloplasma parfaitement homogène. Sur les points où existera plus tard la bourse péritendineuse, ce tissu réticulaire subit une série de transformations, que l’on peut résumer comme suit : tout d'abord, le hyaloplasma s’accroît et prend peu à peu les caractères de la substance muqueuse; puis la substance muqueuse se fluidifie, en sorte qu’il se produit de larges aréoles vides ou vacuoles; enfin, les fibrilles du réticulum et, avec elles, les noyaux des cellules conjonctives subissent une atrophie progressive qui aboutit à leur disparition complète. Ainsi s’établit la cavité définitive. Cette cavité une fois formée, les cellules conjonctives qui s’étalent sur ses parois s'allongent et s’ordonnent en séries plus ou moins régulières. En même temps, elles s'aplatissent parallèlement à la paroi elle-même et revêtent peu à peu les caractères des cellules épithélioïdes, caractères suffisamment nets parfois pour que bon nombre d'auteurs aient décrit la question comme de véritables cellules endothéliales (Voy. Arthrologie).

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complexe articulaire de l'épaule
bonsoir, pourquoi parle t'on de complexe articulaire pour l'épaule? Je ne co...
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Posté le mardi 16 décembre 2014
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ligament
Bonjour un ligament peut-il être intra capsulaire ?...
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Dans Anatomie
Posté le mardi 14 octobre 2014
Pierre
Pas de rang
Pacchioni
Où se trouve le foramen de Pacchioni?...
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Dans Anatomie
Posté le lundi 13 avril 2020
christophe
New Member
indice de Hirtz
Bonjour, je sais que l'indice de Hirtz sert à mesurer la mobilité thoracique mai...
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Dans Anatomie
Posté le samedi 14 mars 2015
  • #médecine
  • #Anatomie
sylvain
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rugine
quelqu'un sait ce que "ruginer" peut dire? et dans quel cas la "r...
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Dans Anatomie
Posté le dimanche 15 mars 2015
  • #médecine

QCM d'anatomie

Le cubitus ou ulna
Questionnaires à propos du cubitus.
L'humérus
Questions à propos de l'humérus.
QCM Anatomie de l'estomac
5 QCM concernant l'anatomie de l'estomac.
Ostéologie de l'épaule 3, la scapula 1
Chaque QCM a au moins une proposition juste, et au moins une fausse. (y compris la proposition E) Chaque QCM n'a qu'une seule et unique combinaison correcte.
ostéologie de l'épaule 4, scapula 2
Chaque QCM a au moins une proposition juste, et au moins une fausse. (y compris la proposition E) Chaque QCM n'a qu'une seule et unique combinaison correcte.
Ostéologie de l'épaule 2, la clavicule
Chaque QCM a au moins une proposition juste, et au moins une fausse. (y compris la proposition E) Chaque QCM n'a qu'une seule et unique combinaison correcte.
La scapula (omoplate)
Questionnaire à propos de la scapula (omoplate)

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