A l’exception des muscles peauciers qui, par l’une de leurs extrémités tout au moins, s’attachent à la face profonde du tégument externe, la plupart des muscles striés s’insèrent par leurs deux extrémités sur des pièces squelettiques, qu’ils sont destinés à mouvoir.

Ils deviennent ainsi, comme nous l’avons dit plus haut, les agents actifs de la locomotion. Soit A (fig. I) une pièce osseuse sur laquelle s’insère, en a, l’extrémité proximale du muscle C ; soit B, une deuxième pièce osseuse, sur laquelle s’insère, en b, l’extrémité distale de ce même muscle. La contraction d’un muscle ayant pour premier effet le raccourcissement de celui-ci, il faut de toute nécessité, lorsque le muscle C se contractera (fig. II) : 1° ou bien (fig. II, 1) que le point b (point mobile) se rapproche du point a (point fixe) ; 2° ou bien (fig. II, 2) que le point a (point mobile) se rapproche du point b (devenu point fixe), 3° ou bien encore (fig. II, 3) que les deux points a et b, tous les deux mobiles, se rapprochent réciproquement l’un de l’autre.

Dans les divers déplacements qu’elles subissent sous l’influence de la contraction musculaire, les pièces squelettiques sont de tous points comparables à cette machine simple qui, en mécanique, porte le nom de levier et chacune d’elles, comme le levier, nous présente un point d’appui, une puissance et une résistance. — Le 'point d'appui est le point immobile autour duquel tourne le levier. Il répond, naturellement, à une articulation. — La puissance est la force qui sollicite le levier à se déplacer. Elle est représentée par le muscle ou les muscles qui prennent insertion sur lui. — La résistance, enfin, est la force à vaincre. xinsi, dans le mouvement de flexion de l’avant- bras sur le bras, le levier est représenté par le cubitus et le point d’appui répond à cette extrémité du levier osseux qui s’articule avec l’humérus ; la puissance est représentée par les deux muscles biceps et brachial antérieur; la résistance est l’avant-bras et la main.

Suivant la situation respective du point d’appui et des points d’application-de la puissance et de la résistance, on distingue en mécanique trois genres de levier : 1 ° le levier du 'premier genre est celui dans lequel le point d’appui (a) est placé entre le point d’application de la puissance (p) et le point d’application de la résistance (r) ; 2 ° le levier du second genre est celui dans lequel le point d’application de la résistance (r) se trouve situe entre le point d’appui ( a ) et le point d’application de la puissance (p) ; on rappelle encore, pour cette raison, levier inter-résistant ; 8 ° le levier du troisième genre ou levier inter-puissant est celui dans lequel le point d’application de la puissance (p) est situé entre le point d’appui (a) et le point d’application de la résistance (r).

Schéma destiné à montrer l’action mécanique des muscles.

I, Muscle a l’état de repos. — A, B, deux leviers osseux réunis par une articulation ; C, muscle, avec : a son insertion d’origine ; b, son insertion terminale.

II, Muscle a l état de contraction. — 1, le levier B (mobile) s'est incliné vers le levier A (fixe). — 2, le levier A mobile) s est incliné vers le levier B (fixe). — 3, les deux leviers A et B (tous les deux mobiles) se sont inclinés réciproquement 1 un vers l’autre.

Ces trois ordres de levier se retrouvent clans la mécanique animale, mais dans des proportions très différentes. — Le levier du premier genre est relativement fréquent. La tête, dans son maintien en équilibre sur la colonne vertébrale (fig. A), nous en offre un excellent exemple. Le point d’appui (a) répond à l’articulation des condyles occipitaux avec l’atlas. La résistance est représentée par le poids de la tête (r), qui tend à tomber en avant. La puissance est représentée par les muscles de la nuque (p), qui vont de la colonne vertébrale à l’occipital et qui, par leur tonicité, font équilibre à la résistance. C’est encore suivant un levier du premier genre que le bassin et la colonne vertébrale reposent sur les têtes des fémurs. —Le levier du second genre est très rare dans la mécanique animale. On ne le rencontre chez l’homme que dans un seul cas : c’est, lorsqu’il élève le talon et le corps tout entier en se soulevant sur la pointe des pieds (fig. B). Dans ce mouvement, le point d’appui sur le sol (a) répond à la tête des métatarsiens. La puissance, représentée par le muscle gastrocnémien (p), a son point d’application sur l’extrémité postérieure du calcanéum. La résistance, enfin, est représentée par le poids du corps (r ), et son point d’application se trouve situé au niveau de l’articulation tibio-tarsienne, entre le point d’appui, qui est en avant, et le point d’application de la puissance, qui est en arrière. — Le levier du troisième genre est de beaucoup le plus répandu dans l’organisme. On retrouve dans la plupart des mouvements des membres, notamment dans les mouvements de flexion et d’extension. La flexion de l’avant-bras sur le bras nous en offre un exemple très net. Comme nous l’avons déjà dit plus haut, et comme nous le montre la figure (C), le point d’appui (a) répond à l’articulation du coude ; la résistance (r) est représentée par l’avant-bras et la main, que celle-ci soit vide ou supporte un poids ; la puissance (p) est représentée par les deux muscles biceps et brachial antérieur, et son point d’application se trouve placé à l’insertion même de ces muscles, entre le point d’appui, qui est au-dessus, et le point d’application de la résistance, qui est au-dessous. C’est donc un levier interpuissant.

Schéma représentant les différentes espèces de levier dans leurs rapports avec Faction mécanique des muscles : A, levier du premier genre ; B, levier du second genre ; C, levier du troisième genre.

(Au-dessous de chacun des trois schémas, se trouve figuré le levier mathématique correspondant.)

a, point d’appui. — p, puissance, avec p’, point d’application de la puissance. — r, résistance, avec r’ point d’application de la résistance.

 

Ces notions sommaires de mécanique animale (le lecteur voudra bien se reporter pour plus de détails aux traites de physiologie et de physique biologique) nous permettront, dans la suite, d’interpréter comme il convient l’action de chaque muscle sur les différents leviers osseux avec lesquels il est en rapport par ses insertions. Il nous suffira, pour déterminer cette action, de bien connaître la situation du muscle, sa direction et avant tout ses deux insertions proximale et distale. Nous verrons que, suivant leur action, les muscles sont dits fléchisseurs, extenseurs, rotateurs en dedans, rotateurs en dehors, adducteurs, abducteurs, etc.

On appelle muscles congénères des muscles qui concourent au même mouvement : tels sont le biceps brachial et le brachial antérieur qui, tons les deux, fléchissent l’avant- bras sur le bras ; tels sont encore le temporal et le ptérygoïdien interne qui, tous les deux, sont élévateurs du maxillaire inférieur. Par contre, les muscles sont dits muscles antagonistes quand ils produisent sur un même levier des mouvements opposés : c’est ainsi que les fléchisseurs sont antagonistes des extenseurs ; que le grand pectoral, qui porte le bras en dedans (adduction), a pour antagoniste le deltoïde, qui le porte en dehors (abduction), etc.

 

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