Le Long fléchisseur propre du gros orteil (anglais : flexor hallucis longus muscle; latin : M. flexor hallucis longus) est le muscle le plus externe des muscles de la région postérieure et profonde de la jambe, ce muscle, d'abord charnu puis tendineux, s'étend du péroné à la dernière phalange du gros orteil.

 

Il naît :

  • 1° des deux tiers inférieurs de la face postérieure du péroné ;
  • 2° du bord postérieur et du bord Interne de cet os ;
  • 3° de la cloison qui le sépare du jambier postérieur et de l'aponévrose qui recouvre la partie supérieure de ce muscle, et qui se rattache à l'arcade que j'ai décrite avec le long fléchisseur commun ;
  • 4°' d'une petite arcade aponévrotique sous laquelle passent les vaisseaux péroniers.

Les fibres charnues forment deux groupes, l'un externe, l'autre interne, dont les fibres vont aboutir à une lame aponévrotique incluse dans l'épaisseur du muscle; elles s'ordonnent donc de façon à constituer un muscle bipenne. Cette lame aponévrotique s'épaissit peu à peu et se transforme en lui tendon, qui ne se dégage complètement des fibres musculaires qu'au niveau de l'interligne tibio-tarsien. Là , il croise obliquement le bord postérieur de la mortaise tibiale, glisse dans la gouttière de la face postérieure de l'astragale, se réfléchit sur celle-ci, et court horizontalement dans la gouttière de la face interne du calcanéum pour gagner la loge plantaire moyenne. A son entrée dans cette dernière, il croise, au niveau du troisième cunéiforme, le tendon du long fléchisseur commun, passant au-dessous de lui et lui envoyant une expansion qui sera étudiée plus loin. De là , il gagne directement le gros orteil, s'engage dans la coulisse ostéo-fibreuse de celui-ci, et s'attache à la partie inférieure de la base de sa deuxième phalange (fig. 193, 194, 200).

Rapports

A la jambe, le long fléchisseur propre est recouvert par le soléaire, puis par le tendon d'Achille. Il recouvre le péroné, le jambier postérieur, la partie inférieure de l'aponévrose interosseuse et le tibia. Il est traversé par l'artère péronière qui, située d'abord sur sa face postérieure, atteint ensuite sa face antérieure. En dehors, il répond au long et au court péronier latéral; on dedans, au fléchisseur commun. - Au niveau du cou-de-pied son tendon est profondément situé, au-dessous et en dehors de celui du fléchisseur commun. Il passe obliquement en bas et en dedans sur la face postérieure de l'astragale, dans une gouttière propre limitée en dehors par i"os trigone. Puis il descend dans la gouttière calcanéenne, sous la petite apophyse. - A la plante, il suit un sillon limité par les deux chefs du court fléchisseur. Il est recouvert par le court fléchisseur commun et l'aponévrose plantaire.

Action

Le long fléchisseur du gros orteil fléchit énergiquement la deuxième phalange sur la première et faiblement la première sur le premier métatarsien. Son action sur la tibio-tarsienne est à peu près nulle (Duchenne). On ne peut donc le regarder avec quelques auteurs comme extenseur du pied.

Innervation

Long et verticalement descendant, le nerf du fléchisseur propre du gros orteil vient du tibial postérieur; il s'applique à la face postérieure du muscle dans lequel il envoie de nombreux rameaux à mesure qu'il descend.

Variations et anomalies du système long fléchisseur des orteils

Nous étudierons uniquement ici les variations du système fléchisseur, laissant de côté celles de ses accessoires normaux et anormaux. - Le système long fléchisseur des orteils est constitué par deux muscles normalement indépendants : le long fléchisseur commun des orteils et le long fléchisseur propre du gros orteil.
Les variations de ce système, très fréquentes, sont de deux ordres bien différents : dans un premier groupe de faits, s'accentue la tendance à la différenciation. C'est ainsi que Banhsen a vu un fléchisseur propre du deuxième orteil, Bartholin un fléchisseur propre du cinquième. Dans un deuxième groupe de faits, de beaucoup les plus nombreux et les plus fréquents, se manifeste au contraire un retour plus ou moins complet à la masse primitivement indivise, à insertion péronéo-tibiale, de la marmotte, du lapin, du kangourou, dette tendance à la fusion se manifeste d'ailleurs do façons diverses, tantôt sous forme d'anastomoses entre les deux chefs tibial et péronier, tantôt par l'adjonction à chacun d'eux d'un chef surnuméraire. L'anastomose que le fléchisseur propre du pouce envoie au fléchisseur commun présente d'assez grandes variétés, décrites par Wood, Macalister et surtout bien étudiées chez l'homme par Schultze (Zeitsch. für wissensch. Zool., XVII, 1) et Turner (Transact of the roy. Soc. of Edimb., vol. XXIV, p. 1 ; p. 181), par Duvernoy, Champneys, Bischoff chez les singes. Ordinairement l'expansion, égale sinon supérieure en volume au tendon dont elle émane, se rend aux tendons du deuxième et du troisième orteil (38 p. 100. Schultze; 40 p. 100, Turner). Assez souvent, elle ne se distribue qu'au tendon du 2° orteil (32 p. 100. Schultze: 20 p. 100, Turner). Pour Schultze, elle fournirait assez rarement des fibres aux tendons du deuxième, du troisième et du quatrième orteil (20 p. 100). Pour Turner, cette disposition serait au contraire assez fréquente (36 p. 100). Schultze n'a jamais vu l'expansion prendre part à la constitution du tendon du cinquième orteil. - Dans un cas de Turner, l'expansion se divisait en quatre languettes distinctes, aboutissant chacune à une des divisions du tendon principal du long fléchisseur commun. - Dans tous les cas, le nombre des fibres envoyées par l'expansion à chaque tendon secondaire va toujours en décroissant de dedans en dehors. - Il n'est pas rare, d'après Schultze, de voir l'expansion tendineuse envoyer quelques fibres aux lombricaux. Dans 29 p. 100 des cas (Schultze), 10 pour 100 (Turner), on voit se détacher du long fléchisseur commun une expansion qui va renforcer le tendon du long fléchisseur propre. - Ce faisceau anormal se rencontre surtout dans les cas où l'expansion du long fléchisseur du gros orteil présente un volume considérable.
Ces anastomoses entre les deux fléchisseurs sont de véritables tendons supplémentaires, envoyés parle fléchisseur propre du premier aux tendons des deuxième, troisième, quatrième. - Ce fléchisseur propre est donc en réalité un fléchisseur commun, au même titre que le fléchisseur commun classique. - C'est pourquoi Chudzinski (Rev. d'Anthtopologie, 1873), insistant sur l'incorrection de la terminologie classique, propose de désigner les fléchisseurs communs et propre du premier sous les noms de fléchisseur tibial et fléchisseur péronier, empruntés à leurs insertions. - Lorsqu'il existe un chef surnuméraire, celui du fléchisseur tibial est toujours péronier (Chudzinski), celui du fléchisseur péronier est tibial (Bankart, Pye-Smith et Philipps). - De plus, on a noté l'insertion du chef péronier du fléchisseur tibial à l'aponévrose jambière (Macalister), à l'aponévrose interosseuse (Chudzinski). - Shepherd a vu un sésamoïde dans le tendon du long fléchisseur propre du gros orteil, la où ce tendon glisse sur l'astragale et le calcanéum.

D'après traité d'anatomie par P. Poirier.

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