Le muscle extenseur propre du petit doigt (M. extensor digiti quinti proprius), a un ventre charnu, grêle, fusiforme, très allongé, interposé à l'extenseur commun et au cubital antérieur, naît surtout de la cloison fibreuse qui le sépare de l'extenseur commun dont il paraît être un appendice; quelques fibres seulement naissent de la cloison fibreuse qui le sépare du cubital; d'autres naissent de l'aponévrose antibrachiale qui complète la pyramide triangulaire fibreuse de l'extenseur propre du petit doigt. Son sommet effilé commence seulement à la hauteur du col radial; ce n'est que par un artifice de dissection que l'on peut faire remonter quelques-unes des fibres d'origine jusqu'au tendon commun épicondylien.

Il descend sur la face postérieure de l'avant-bras, entre l'extenseur commun et le cubital postérieur, répondant par sa face postérieure à l'aponévrose anti-brachiale, par sa face antérieure aux long et court extenseurs du pouce. Les fibres charnues se rendent sur un tendon qui suit le bord cubital du muscle; les dernières l'abordent très bas, presque au niveau du poignet. Là, le tendon grêle et cylindrique, s'engage dans un canal fibreux particulier, répondant à l'interstice du radius et du cubitus, et formé par les fibres superficielles et profondes du ligament carpien dorsal. Au sortir de cette gouttière dans laquelle il s'est dédoublé, le tendon dévie légèrement vers le cinquième méta- carpien qu'il suit pour se teminer ainsi que nous le dirons plus loin.

Variations et anomalies

L'extenseur propre du petit doigt a parfois une origine supplémentaire sur la face dorsale du cubitus (Taylor et Dalton). Il peut se terminer par deux, trois et même quatre tendons (Chudzinski). - Ou l'a vu s'unir à la masse commune de l'extenseur commun ou même manquer complètement (Meckel), cinq fois sur cent deux cas (Henle).

Tendons extenseurs des doigts

Sur la face dorsale de la main, les tendons de l'extenseur commun, à la sortie de leur canal ostéo-fibreux carpien, se placent sur le même plan, s'élargissent (on voit parfois le tendon de l'annulaire atteindre une largeur de 1 à 2 cm), et divergent , se rendant vers leurs doigts respectifs. Les tendons moyens III et IV, longent le plan dorsal des métacarpiens correspondants : les tendons extrêmes, II et V, croisent obliquement les deuxième et quatrième espaces interosseux, pour arriver sur la tête du métacarpien du doigt auquel ils se rendent.

Au niveau de l'articulation métacarpo-phalangienne, les tendons extenseurs se rétrécissent en s'arrondissant un peu. Au niveau de la tête métacarpienne, se détache de la face profonde de chaque tendon extenseur une large expansion fibreuse qui, passant par-dessus la capsule articulaire à laquelle elle adhère, va s'insérer à la base de la première phalange. J'insiste sur cette languette allant à la base de la première phalange, parce qu'en général, elle est peu ou mal décrite, le plus souvent même omise; j'insiste en raison de son importance physiologique sur laquelle Duchenne de Boulogne a appelé l'attention.

De plus, au niveau de l'interligne articulaire, les tendons extenseurs s'unissent par une large expansion latérale aux fibres perforantes de l'aponévrose palmaire dont l'entrecroisement constitue les ligaments inter-métacarpiens : j'ai déjà donné une représentation de ces expansions aponévrotiques qu'il importe de distinguer des expansions aponévrotiques venues des interosseux. Ces expansions contournent les parties latérales de l'articulation.

Après avoir franchi l'articulation. chaque tendon extenseur s'élargit sur la face dorsale de la première phalange. Là , il reçoit par ses parties latérales les expansions aponévrotiques des interosseux, renforcées par les tendons des lombricaux et se divise en trois languettes. La languette moyenne, mince et large, descend directement et va s'insérer à la hase de la phalange II, les languettes latérales s'écartent à angle aigu, descendent sur les côtés de l'articulation phalango-phalanginienne, se rapprochent sur la face dorsale de la deuxième phalange et se réunissent pour se fixer à la base de la phalange unguéale.

Au pouce, les tendons des deux extenseurs du pouce se placent côte à côte, au niveau de l'articulation métacarpo-phalangienne et reçoivent les mêmes expansions de l'aponévrose palmaire et des interosseux représentés ici par le court abducteur du pouce et le premier interosseux.

Sur la face dorsale de la main, les tendons de l'extenseur commun sont fasciculés. Parfois même divisés en deux ou dois bandelettes juxtaposées; cette division est surtout fréquente pour les tendons de l'annulaire et du petit doigt qui s'unissent au tendon voisin ou à la languette tendineuse de l'extenseur propre du petit doigt. De plus, ces tendons sont réunis par des anastomoses tendineuses qu'il importe d'étudier car elles se présentent sous des formes diverses.

Notons d'abord que ces tendons sont réunis par un plan cellulo-adipeux résistant. Tantôt les anastomoses se présentent réelle- ment sous la forme d'expansions tendineuses se détachant à angle aigu d'un tendon pour gagner le bord du tendon voisin. C'est ce qu'on volt généralement entre les tendons de l'annulaire ri du petit doigt; souvent même cette expansion se bifurque au milieu de l'espace interosseux et la moitié de ses fibres revient au tendon dont elle est partie (Voy. fig. 108). Tantôt on trouve un pont aponévrotique se détachant de la face superficielle d'un tendon extenseur et allant au bord correspondant du tendon voisin. Ces ponts fibro-aponévrotiques naissent, je le répète, de la face superficielle d'un tendon extenseur sur lequel leurs fibres s'implantent transversalement, sans que l'on puisse saisir leur continuité avec les libres longitudinales du tendon; par contre, à l'autre extrémité du pont, on saisit nettement la continuité de ces fibres avec les fibres latérales du tendon sur lequel il se termine. De tels ponts aponévrotiques s'observent ordinairement entre les tendons de l'annulaire et du médius, qu'ils unissent obliquement; on les voit aussi entre ceux de l'index et du médius, qu'ils unissent transversalement.

Ces formations aponévrotiques, naissant de la face superficielle des tendons, comme les lombricaux naissent de la face antérieure des tendons fléchisseurs, sont-elles des faisceaux de renforcement de cette lame fibreuse qui unit entre eux les tendons extenseurs, dans leurs portions métacarpiennes, lame fibreuse que Morrel et Mathias Duval décrivent sous le nom d'aponévrose dorsale moyenne du carpe ?

Action de l'extenseur propre du petit doigt

Il agit comme le faisceau correspondant de l'extenseur commun. Mais, grâce à lui, l'extension isolée du petit doigt est possible.

D'après Traité d'Anatomie par P.Poirier.

 

 

 

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