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Les muscles contenus dans l'orbite se partagent en deux catégories Les muscles intrinsèques de l'œil muscle ciliaire et muscle de l'Iris, a fibres lisses. Ces muscles seront étudiés au chapitre de l'anatomie de l'œil. Les muscles extrinsèques au nombre de six quatre : quatre muscles droits et deux muscles  obliques, auxquels nous joindrons, dans son trajet orbitaire, le muscle releveur de la paupière. Ces sept muscles sont à fibres striées.

 


Muscles droits

Nombre, Définition.

Chez l'homme, comme chez tous les vertébrés, les muscles droits sont au nombre de quatre.

On les désigne sous le nom de muscles droits, parce qu'ils se rapprochent du parallélisme avec l'axe antéro-postérieur du globe. Cette dénomination, consacrée par l'usage; n'est rigoureusement exacte ni au point de vue anatomique, comme un simple coup d'œil permet de le constater, ni au point de vue physiologique, les muscles dits droits étant tous, par leur insertion orbitaire antérieure, des muscles réfléchis. Elle est cependant acceptable, sous ces réserves, chez l'homme et les mammifères.

Mais, dans un grand nombre de vertébrés (poissons, reptiles), les muscles qu'on appelle toujours muscles droits forment avec l'axe du globe un angle très ouvert, parfois obtus, en sorte qu'ils sont, en réalité, autant ou plus obliques que les muscles obliques proprement dits.

Forme

Le corps musculaire est aplati et rubané en forme de triangle isocèle dont la base est en avant. Il se termine en arrière par des fibres tendineuses courtes et serrées, en avant par un tendon allongé, mince, plus large que le muscle.

Volume et longueur

La section du corps du muscle donne les surfaces suivantes (Volkmann)

Muscle droit interne. 17,4mm

Muscle droit externe. 16,7

Muscle droit inférieur. 15,9

Muscle droit supérieur. 11,3

D'après le même auteur, tous les muscles droits présentent à peu près une longueur égale ils atteignent, en moyenne, 40 millimètres.

On remarquera que les muscles les plus volumineux sont le muscle droit interne, chargé de la double fonction de convergence et d'adduction, et le muscle droit externe qui lui fait équilibre.

Insertion orbitaire ou postérieure

Tous les muscles droits accompagnas du muscle oblique supérieur et du muscle releveur de la paupière groupent leurs insertions orbitaires dans un cercle très resserré entourant le trou optique, Ils se fixent sur la gaine du nerf optique et sur le tendon ou ligament de Zinn.

Le tendon de Zinn est une lame fibreuse, très résistante, qui s'insère dans une fossette transformée parfois en un petit tubercule rugueux du corps du sphénoïde et se divise en trois languettes destinées à trois des muscles droits

Le muscle droit interne (DIN) s'insère 1° sur la branche interne du ligament de Zinn ; 2° sur la partie interne de la gaine du nerf optique.

Le muscle droit externe (DE) s'insère : 1° sur la branche externe du ligament de Zinn ; 2° sur l'anneau fibreux du nerf moteur oculaire externe.

Le muscle droit supérieur (DS) s'insère 1° sur la gaine du nerf optique, au-dessous du muscle releveur de la paupière ; 2° sur la partie interne de la fente sphénoïdale, entre cette fente et le trou optique, faisant suite à l'insertion du muscle droit externe.

Le muscle droit inférieur (DI) s'insère à la branche moyenne la plus large du ligament de Zinn.

Le muscle releveur de paupières (MR), que nous mentionnons ici à cause de ses rapports avec le muscle droit supérieur sur lesquels nous aurons à revenir, s'insère sur la gaine du nerf optique, au-devant du trou optique, au-dessus de l'insertion du muscle droit supérieur.

Direction et rapports

De leur insertion orbitaire, les quatre muscles droits se portent en avant, en divergeant, jusqu'à l'Equateur du globe. De l'équateur jusqu'à l'insertion scléroticale, ils s'enroulent, en convergeant, sur l'hémisphère antérieur. Ils forment donc un cône dont le sommet est en arrière, la base ouverte en avant et la partie la plus large au niveau de l'équateur de l'œil.

Dans leur trajet, les muscles droits présentent deux parties dont les rapports sont distincts.

Une partie postérieure ou orbitaire située dans la loge orbitaire, en arrière de l’aileron.

Une partie antérieure ou oculaire, située sous la conjonctive et sur la cavité de Ténon, en avant de l’aileron.

Portion orbitaire

Elle est tendue de l'insertion postérieure à la naissance de l'aileron elle est la plus longue, mais variable suivant la position de l'aileron. Dans la loge orbitaire, la face profonde des muscles droits repose sur une masse graisseuse qui la sépare du nerf optique, des vaisseaux et nerfs ciliaires. Cette couche adipeuse se prolonge en avant, sur l'hémisphère postérieur de l’œil, jusqu'au point ou la gaine musculaire profonde se replie en arrière sur cet hémisphère.

La face superficielle de la portion orbitaire, recouverte de sa gaine, est en rapport avec le périoste de la cavité orbitaire auquel l'unissent des trabécules celluleux plus ou moins nombreux et résistants.

Dans toute cette région, c'est-à-dire du fond de l'orbite à la naissance de l'aileron, la face superficielle du muscle apparait en effet à peu près à nu, recouverte seulement, en des points variables, de quelques lobules adipeux isolés, du moins chez les sujets maigres ou d'un embonpoint moyen. L'étendue de cette surface à peu près dénudée dépend naturellement du point d'origine de l'aileron.

Pour les muscles droits interne et externe, elle est de 20 à 22 millimètres pour le muscle droit inférieur, de 22 à 24 millimètres; pour le muscle releveur, de 27 à 28 millimètres.

Par leurs bords, les muscles droits sont en rapport avec leurs voisins dont ils sont séparés par des bourrelets adipeux. En outre de cette disposition générale, quelques rapports particuliers à certains muscles sont à signaler.

Le ganglion ophtalmique s'applique sur le nerf optique, en regard de la face profonde du muscle droit externe, à 5 millimètres environ du trou optique. Entre les deux branches du tendon postérieur du muscle droit externe existe une boutonnière fibreuse dans laquelle passent les nerfs, moteur oculaire externe et nasal. A sa sortie du trou optique, l'artère ophtalmique se place entre le nerf optique et la face profonde du muscle droit externe.

La face superficielle du muscle droit supérieur offre des rapports qui lui i sont propres. Elle est recouverte, dans ses deux tiers internes en arrière, et complètement en avant, par le muscle releveur de la paupière. Les deux muscles, issus du même point de départ, se superposent, suivent exactement le même trajet, décrivent la même courbe, jusqu'à leur partie antérieure où des connexions aponévrotiques assez denses les unissent encore plus intimement.

Signalons encore la direction du muscle droit supérieur légèrement inclinée d'arrière en avant et de dedans en dehors. Le muscle droit inférieur s'incline dans le même sens.

Portion oculaire

Etendue de l'aileron à l'Insertion bulbaire. Cette portion est la plus courte; elle varie dans son étendue, comme la portion orbitaire, mais en sens inverse, suivant la position de l'aileron. Elle apparait très nettement après dissection de la conjonctive et de la capsule antérieure. Formée de l'extrémité antérieure du muscle et de son tendon, elle offre les longueurs suivantes (moyennes de 14 mensurations)

Muscle droit supérieur. 13mm

Muscle droit inférieur. 9

Muscle droit interne. 16

Muscle droit externe. 19

En avant de l'implantation de l'aileron, la face superficielle du muscle, doublée de la capsule antérieure, se trouve dans le cul-de-sac conjonctival. L'aileron, près de son point de départ, se couche sur elle, puis s'en écarte pour gagner le rebord orbitaire. La conjonctive lui succède et recouvre la capsule antérieure étant toujours interposée l'extrémité antérieure du muscle et le tendon jusqu'à l'insertion scléroticale. Les 9/10 de la portion antérieure du muscle sont donc situés sous la conjonctive. La profondeur des culs-de-sac conjonctivaux est limitée par la longueur de la partie oculaire du muscle, ou, ce qui est équivalent, par le point de départ de l'aileron.

Face profonde

La face profonde de la portion oculaire est en rapport avec la séreuse oculaire et la cavité de Ténon et forme à ce niveau la paroi externe de cette cavité.

Bords

A la lèvre superficielle des bords des muscles et des tendons s'insère la capsule antérieure à la lèvre profonde, la séreuse oculaire.

 

Insertion scléroticale des muscles droits

L'étude anatomique du tendon antérieur et de l'insertion scléroticale des muscles droits prend un grand intérêt des opérations fréquentes qui s'y pratiquent (strabotomies par avancement, strabotomies par avancement, opération de Motais, etc.) Nous avons mesuré avec soin les tendons et les insertions bulbaires de 19 sujets.

Les mesures déjà prises par les auteurs s'accordent à peu près avec les nôtres, mais nous les avons complétées sur plusieurs points importants.

Structure des tendons

Les tendons sont formés de fascicules fibreux parallèles, rectilignes, sans anastomoses. Une seule couche fibreuse existe près des bords toujours plus minces; vers le centre, deux et parfois trois couches (muscle droit interne) sont superposées.

Les fascicules sont réunis par du tissu conjonctif assez résistant. Cependant ces lamelles conjonctives que n'entrecroise aucune anastomose fibreuse se laissent assez facilement couper par une suture. On a proposé divers artifices opératoires pour parer à cet accident. Dans tous les cas, il est rationnel, non seulement de comprendre dans la suture la capsule antérieure, mais de passer l'aiguille dans la partie épaisse du tendon, à 3 ou 4 millimètres du bord. Cette précaution est encore plus Indiquée dans les yeux myopes dont les tendons s'amincissent par l'allongement.

En outre des faisceaux réguliers qui forment le corps du tendon, nous avons souvent rencontré près des bords et surtout au centre, des fibrilles détachées de la face profond et s'implantant sur la sclérotique de i à 5 millimètres en arrière de l'insertion principale. Nous avons constaté ce fait, non seulement dans les vieux strabismes, mais à l'état normal. Dans toute strabotomie, d'ailleurs correcte, dont l'effet demeure à peu près nul, il sera donc prudent de passer le crochet à quelques millimètres en arrière de l'insertion.

Longueur des fibres tendineuses

(Mesures prises sur la face superficielle).

Muscle droit supérieur

Centre 8mm

Bords 8mm

Muscle droit inférieur

Centre 7 mm

Bords 3 à 4 mm

Muscle droit interne

Centre 7 mm

Bords 7 mm

Muscle droit externe

Centre 8 mm

Bords 11 mm

Largeur des  tendons

(Mesures prises à 5mm au-dessus de l'insertion).

Muscle droit supérieur 8 mm

Muscle droit inférieur 6,5 mm

Muscle droit interne 7 mm

Muscle droit externe 6 mm

Largeur de l’insertion

Droit supérieur

FUCHS 10,6 mm

MOTAIS 11 mm

Droit inférieur

FUCHS 9,8 mm

MOTAIS 9,5 mm

Droit interne

FUCHS 10,3 mm

MOTAIS 10,5 mm

Droit externe

FUCHS 9,2 mm

MOTAIS 9 mm

Position des insertions par rapport aux méridiens de la cornée

Le milieu des tendons et des insertions bulbaires n'est jamais en regard du méridien correspondant de la cornée. Les chiffres suivants sont pris du point de l'insertion situé sur le prolongement du méridien aux deux extrémités de J'attache tendineuse.

 

Doit supérieur

Extrémité externe 7mm.

Extrémité interne 4mm.

Droit inférieur

Extrémité externe 4,25 mm.

Extrémité interne 5 ,25 mm.

Doit interne

Extrémité inférieure 5,5 mm.

Extrémité supérieure 4,5 mm.

Droit externe

Extrémité inférieure 5,5 mm.

Extrémité supérieure 3,5 mm.

 

L'étendue de l'insertion excède donc :

Muscle droit interne. 1 mm en haut.

Muscle droit inférieur 1 mm en dedans.

Muscle droit externe 2 mm en haut.

Muscle droit supérieur 3 mm en dehors.

 

Il est indispensable de noter ces chiffres

1° Dans les strabotomies, pour prolonger le coup de ciseaux dans le sens indiqué. Dans la strabotomie du muscle droit supérieur en particulier, si la situation très excentrique et la direction fuyante en arrière de l'extrémité externe n'était pas présente à l'esprit, on laisserait facilement échapper quelques libres tendineuses.

2° Dans notre opération de ptosis, nous tenons à prendre la languette au milieu même du tendon pour ne pas modifier l'action complexe du muscle. On se souviendra donc que la boutonnière doit être pratiquée et la languette taillée un peu en dehors (2 à 3 millimètres) du méridien de la cornée.

Directions de la ligne d’insertion

Pour toutes les parties du tendon qui ne sont pas situées en face des méridiens de la cornée, nous prenons nos mesures sur une tangente passant par l'extrémité de ce méridien. Si nous disons pour simplifier « distance à la cornée », il s'agira donc en réalité de la distance à la tangente.

 

Muscle droit supérieur

L'extrémité externe est à 11 millimètres de la cornée. Partant de ce point, l'insertion se porte, dans un coude brusque de 3 millimètres, en avant et un peu en dedans. Le sommet du coude est à 9 millimètres de la cornée. De là, la ligne devient régulièrement oblique en dedans et en avant jusqu'à 3 millimètres de l'extrémité Interne. En ce point, la distance à la cornée est de 6,5 mm (milieu, 8 millimètres). Puis l'insertion s’infléchit assez fortement en arrière et légèrement en dedans jusqu'à l'extrémité Interne située à 7,3 mm de la cornée.

Dans la ténotomie du muscle droit supérieur, il est donc formellement Indiqué d'introduire le crochet par le bord interne et de pousser l'instrument en dehors et en arrière.

Muscle droit inférieur

L'extrémité externe est à 8 millimètres de la cornée. La ligne d'insertion se dirige de dehors en dedans et d'arrière en avant, jusqu'à 6 millimètres, point le plus saillant, situé à 5,5 mm de la cornée (milieu, 6 millimètres). Puis elle s'Infléchit de dehors en dedans et d'avant en arrière sur une longueur de 3,5 mm 5 à 4 millimètres jusqu'à l'extrémité interne située à 7 millimètres de la cornée. L'Insertion du muscle droit inférieur décrit donc une courbe Irrégulière, à convexité antérieure, dont le sommet est plus rapproché de l'extrémité interne. Sa direction générale est oblique d'arrière en avant et de dehors en dedans.

Dans la ténotomie du muscle droit inférieur, comme dans celle du muscle droit supérieur, on introduira le crochet par le bord interne ; on poussera le crochet de dedans en dehors et d'avant en arrière, comme dans la ténotomie du muscle droit supérieur, mais dans une direction moins oblique.

Muscle droit interne

L'insertion du muscle droit interne n'est pas exactement rectiligne, comme on l'enseigne habituellement. Elle décrit une courbe légère, à convexité antérieure. La partie la plus saillante est au centre (à 5,5 mm de la cornée).

Son extrémité supérieure est à millimètres de la cornée; son extrémité inférieure à 7 millimètres. On pourrait déduire de cette différence que la ligne d'insertion se dirige obliquement, dans son ensemble, de haut en bas et d'avant en arrière. Il n'en est rien. L'extrémité inférieure seule forme brusquement un petit coude de 1 millimètre en arrière comme l'extrémité externe du muscle droit supérieur. Ce retour n'est du reste pas assez prononcé pour mettre obstacle à l'introduction du crochet par le bord inférieur.

Muscle droit externe

La courbe, à convexité antérieure, existe encore, mais à peine sensible. Entre son point saillant et les extrémités, la distance à la cornée ne varie que de 1/4 et 1/2 mm.

Fuchs signale une légère obliquité de l'insertion. Une obliquité existe, en effet, de haut en bas et d'avant en arrière ; l’extrémité inférieure s’éloignant, de ¼ de mm en plus de la cornée.

Cette minime mais très constante différence ne s'explique pas, comme dans l'insertion du muscle droit interne, par une inflexion brusque de l'extrémité seule. La ligne d'insertion du muscle droit externe est très légèrement, mais bien réellement oblique dans son ensemble.

L'insertion du muscle droit externe dépasse le méridien de la cornée de 3,5 mm en haut et de 5,5 mm en bas. Dans une ténotomie de ce muscle, on prolongera dune la section dans cette dernière direction.

Distance des insertions à la cornée

Tous les auteurs ont mesuré cette distance en prenant comme unique point de repère le milieu du tendon :

 

Muscle droit interne

Merkel 6,5 mm.

Sappey 5,5 mm.

Tillaux 6 mm.

Fuchs 5,5 mm.

Testut 5,8 mm.

Motais 5,5 mm.

Muscle droit inférieur

Merkel 6,8 mm.

Sappey 6,7 mm.

Tillaux 6 mm.

Fuchs 6,5 mm.

Testut 6,5 mm.

Motais 6 mm.

Muscle droit externe

Merkel  7,2 mm.

Sappey 7,2 mm.

Tillaux 7 mm.

Fuchs 6,9 mm.

Testut  7,1 mm.

Motais 6,8 mm.

Muscle droit supérieur

Merkel 8 mm.

Sappey 8,5 mm.

Tillaux 8 mm.

Fuchs 7,7 mm.

Testut 8 mm.

Motais 8 mm.

 

Les écarts, peu importants du reste, dans ces résultats, sont attribuables aux différences individuelles et, principalement, au volume des yeux examinés.

 

On peut admettre en pratique que le milieu de l'insertion du

Muscle droit interne est à la distance de 5 à 6 mm de la cornée.

Muscle droit inférieur 6 à 6,5 mm de la cornée.

Muscle droit interne 7 mm de la cornée.

Muscle droit supérieur 8 mm de la cornée.

 

D'après cette méthode de mensuration, il apparaît donc que les insertions des muscles droits forment autour de la cornée, non pas un cercle, mais une spirale régulière dont la ligne est de plus en plus distante du muscle droit interne au muscle droit supérieur.

Mais cette figure est tout à fait artificielle et de convention. En effet, le milieu du tendon n'est en même temps le point le plus rapproché de la cornée que dans le seul muscle droit interne. II ne peut jamais être considéré comme une moyenne entre le point le plus avance et le point le plus reculé de l'insertion; enfin il n'est jamais situé en face du méridien correspondant de la cornée.

Ce point de repère est donc mal choisi à tous égards et, en fait, la spirale classique ne donne aucune Idée exacte de la véritable ligne d'insertion des muscles droits.

 

Au lieu du point de repère purement conventionnel du milieu du tendon, prenons les distances cornéennes des points les plus rapprochés et les plus éloignés des insertions. Nous aurons les chiffres suivants :

 

Distance à la cornée  d ka partie  la plus avancée du tendon

Muscle droit interne 5,5 mm.

Muscle droit inférieur. 5,5 mm.

 Muscle droit externe. 6,7 mm.

Muscle droit supérieur. 6,5 mm.

Distance à la cornée du point le plus reculé du tendon

Muscle droit interne. 7 mm.

Muscle droit inférieur. 8,0 mm.

Muscle droit externe. 7 mm.

Muscle droit supérieur. 11,0 mm.

 

Fixons tous ces points de repère dessinons la ligne de jonction de toutes les extrémités tendineuses cette ligne forme en même temps la ligne d'insertion de la capsule antérieure et la limite de la cavité de Ténon;–nous obtiendrons ainsi une figure qui aura le mérite d'exprimer une vérité anatomique.

 

Variétés des muscles droits

Ces variétés sont assez rares. Le muscle droit interne et le muscle droit intérieur peuvent être réunis dans tout le tiers postérieur de l'orbite (Macalister). Les deux faisceaux d'origine du muscle droit externe peuvent être plus ou moins fusionnes. Zakorski et Albinus ont noté la complète indépendance des deux faisceaux. Macalister a signalé ['absence du faisceau externe sur deux cadavres. Curnow a vu le muscle droit externe envoyer deux faisceaux sur le tarse de la paupière inférieure. Schlemm a signalé un faisceau anastomotique entre le muscle droit externe et le muscle droit intérieur. Nous-même, nous avons disséqué sur les deux yeux d'un sujet, un faisceau volumineux émanant du bord externe du muscle droit inférieur, se dirigeant vers le muscle droit externe et se perdant en éventait dans la ~'aine de ce dernier muscle. Cette anomalie rappelle une disposition normale de certains ruminants et solipèdes. Les muscles droits interne ou externe peuvent faire défaut dans des cas de strabisme (Testut). Tous les muscles de l'œil étaient absents dans un cas de Kleiscosh.

Muscles droits des vertébrés

Les muscles droits sont au nombre de quatre chez tous les vertèbres dont l'œil n'est pas atrophié.

Nous avons établi (Anatomie et physiologie de l'appareil moteur de l'œil de l'homme et des vertébrés. Encyclopédie française d’ophtalmologie t.I et t.III) que le développement des muscles oculaires est principalement régi par la loi suivante

 

Plus l'animal a besoin d'étendre son champ du regard, plus ces muscles oculaires se développent.

Et inversement.

Par suite, les muscles droits sont extrêmement grêles chez les ophidiens, les chéloniens et les batraciens. Chez ces derniers. Cuvier n'avait vu qu'un seul muscle droit nous les avons tous isolés et dessinés: mais leur gracilité rendait excusable cette erreur du scalpel. Les muscles droits des oiseaux sont courts et minces relativement aux dimensions du globe, l'extrême mobilité du cou suppléant au peu de mobilité de l'œil. Au contraire, les muscles droits sont bien développés chez les poissons et la plupart des mammifères.

Les insertions orbitaires ou postérieures des muscles droits présentent des variations très importantes dans la série des vertébrés. Groupées autour du nerf optique, dans l'angle postéro-interne de la cavité orbitaire chez les mammifères et les oiseaux, elles se placent chez d'autres (sauriens, crocodiliens, nombreux téléostéens), en arrière du nerf optique, dans un canal spécial (canal sphénoïdal) avec lequel elles peuvent arriver jusqu'à l'articulation occipito-vertébrale (Scomber).

 

Une disposition inverse se produit chez les squales et les rajides, etc. Leurs muscles droits s'insèrent non plus au fond de l'orbite, autour ou en arrière du nerf optique, mais sur une ligne cartilagineuse implantée au milieu du septum interorbitaire, en avant du nerf optique. Les variations des insertions scléroticales ne sont pas moins intéressantes. Leur distance à la cornée varie suivant une loi que nous avons établie dans toute la série des vertébrés. Plus l’angle formé par l’axe du muscle  et l’angle antéro-postérieur du globe est ouvert, plus l’insertion bulbaire du muscle recule vers l’hémisphère postérieur.

Et inversement.

 

Nous n'avons pas trouvé d'exception à cette règle. Le muscle droit postérieur du scömber, presque parallèle à l’axe du globe à partir de son point de réflexion sur l'orifice du canal sphénoïdal, s'insère tout près de la cornée. Au contraire, le muscle droit antérieur, presque perpendiculaire l'axe du globe, recule son insertion jusqu'au voisinage du pôle postérieur. Chez l'homme, le muscle droit interne dont la direction se rapproche le plus du parallélisme avec l'axe antéro-postérieur de l'œil, possède l'insertion la moins distante de la cornée. La raison de cette loi est facile à saisir ; nous l'avons longuement discutée ailleurs (in Encyclopédie française d’ophtalmologie, t.I)

A propos des muscles droits des vertébrés, nous devons mentionner le muscle choanoïde, inconnu chez l'homme et les singes élevés. Nous l'avons trouvé chez quelques cétacés, chez tes batraciens anoures, les sauriens, les crocodiliens, les chéloniens) la plupart des mammifères.

Il affecte la figure d'un cône assez régulier, à sommet postérieur, inclus dans le cône formé par les quatre muscles droits.

L'insertion scléroticale a lieu en arrière de celle des muscles droits, sur hémisphère postérieur du globe; elle ne dépasse que très rarement l'équateur sur quelques points t'carnivores). Le cône musculaire est fermé chez les rongeurs; il présente un ou deux interstices celluleux chez les ruminants et les solipèdes; chez les carnivores il se divise en quatre faisceaux tout aussi nettement séparés que les quatre muscles droits. Chez les singes inférieurs, il s’atrophie et se réduit à une seule bandelette musculaire (macaques).

Le muscle choanoïde est rétracteur et suspenseur du globe. En outre, il est chargé déployer la paupière clignotante lorsqu'elle n'est pas pourvue d'un appareil moteur spécial.


 

Muscles obliques

Muscle oblique supérieur ou grand oblique

Insertion orbitaire ou postérieure

Le muscle grand oblique s'insère au fond de l'orbite, sur la gaine du nerf optique, entre les muscles droits supérieur et interne.

Direction, rapports

II se dirige en avant et en haut, en se planant dans l'angle supéro-interne de la cavité de l'orbite, entre le muscle droit interne <'n dedans, les muscles droit supérieur et releveur de la paupière en haut. Il occupe un plan plus élevé que ces muscles, et sa face superficielle émerge du tissu adipeux à peu près dans toute son étendue.

A l'angle supéro-interne du rebord orbitaire, à 3 ou 4 millimètres en arrière de ce rebord, il traverse la poulie du muscle grand oblique

Cette poulie est formée par un demi-anneau fibro-cartilagineux s'insérant sur les bords d'une fossette frontale: l'anneau tout entier est donc ostéo-fibro-cartilagineux.

En s'engageant dans la poulie, le corps musculaire fait place à un tendon épais, un peu aplati, a fibres nacrées et brillantes qui lui donnent l'aspect d'un ligament articulaire, d'une largeur de 3,5 mm et d'une longueur de 22 mm.

Sa direction est tout autre que celle du muscle; il se porte d'avant en arrière, de haut en bas et de dedans en dehors; passe sous le muscle droit supérieur et s'insère sur la partie supérieure, postérieure et externe du globe, entre les muscles droits supérieur et externe. Des brides fibreuses, en nombre variable, relient habituellement le tendon à sa gaine.

Insertion scléroticale

En arrivant à son Insertion, le tendon s’élargit brusquement en éventail.

L'insertion mesure 11 millimètres de largeur. Elle forme une courbe très accentuée, à convexité tournée en dehors, vers le muscle droit externe. Son extrémité postérieure est à 10 millimètres du nerf optique. Son extrémité antérieure est à 14 ou 15 millimètres du bord de la cornée. Cette extrémité antérieure atteint et dépasse même souvent d'un millimètre l’équateur de l'œil.

Muscle oblique inférieur ou petit oblique

Insertion orbitaire ou antérieure

Le muscle petit oblique s'insère à la partie inférieure et interne de la circonférence de l'orbite, a 2 millimètres en dehors du sac lacrymal, par de courtes fibres tendineuses.

Direction, rapports

De ce point, il se dirige obliquement de dedans en dehors et d'avant en arrière, passe sous le muscle droit Inférieur avec lequel il contracte une adhérence aponévrotique très intime s'applique et s'enroule sur la sclérotique dans tout l'espace situé entre les muscles droits Inférieur et externe.

Insertion scléroticale

Le tendon sclérotical est large et aplati. Les fibres tendineuses sont mélangées de faisceaux charnus jusqu'à l'insertion.

Il s'insère à la partie postérieure, inférieure et externe du globe sous le muscle droit externe, mais obliquement par rapport à ce muscle; l'extrémité antérieure de l'insertion étant située sous le bord inférieur du muscle droit externe et l'extrémité postérieure arrivant près du bord supérieur du même muscle.

La largeur de l'insertion est de 12 millimètres; elle se dirige d'avant en arrière et de bas en haut en formant une légère courbe a concavité supérieure. Toutefois, l'extrémité postérieure s'infléchit brusquement en bas sur une longueur de 4 millimètres.

L'extrémité postérieure est à 7 millimètres du nerf optique; elle est plus rapprochée de ce nerf que l'extrémité postérieure de l'Insertion du muscle grand oblique. L'extrémité antérieure est à 19 millimètres du bord de la cornée.

Les insertions scléroticales des deux muscles obliques ne sont donc ni parallèles ni linéaires, comme l'indiquent la plupart des auteurs. Nous venons de voir, en effet, qu'elles décrivent une courbe très accentuée pour le muscle grand oblique, irrégulière pour le muscle petit oblique. Quant au parallélisme, les deux insertions se placent en regard l'une de l'autre, mais suivant deux lignes obliques qui s'éloignent d'arrière en avant; en sorte que les extrémités postérieures des insertions s'écartent de 11 millimètres; les extrémités antérieures de 14 millimètres.

Variétés des muscles obliques

Ledouble, dans le cours de ses remarquables travaux sur les variations du système musculaire, signale deux anomalies fort rares du muscle oblique supérieur.

Dans le premier cas, remarquable en outre par sa bilatéralité, toute la portion orbitaire du muscle était supprimée. La poulie cartilagineuse n'existait pas. Le muscle grand oblique, réduit à sa portion réfléchie, s'insérait directement dans la fossette destinée à la poulie. Il s'insérait d'autre part à la sclérotique dans la région habituelle et par un tendon en éventail, mais la partie comprise entre ses deux insertions était charnue.

Dans le second cas, une grêle bandelette musculaire accompagnait le bord supérieur du tendon du muscle grand oblique et s'insérait à la sclérotique près du tendon. Ledouble croit pouvoir faire remonter ces anomalies à un retour atavique vers les vertébrés inférieurs. Pour de multiples raisons, nous croyons à un simple phénomène tératologique. A rapprocher des cas de Ledouble sous le nom de gracillimus orbitis, Albinus et après lui Bachdaleck, ont signalé un faisceau surnuméraire qui longeait le bord supérieur du grand oblique et venait s'attacher sur sa poulie de réflexion (Testut). L'insertion scléroticale du muscle oblique inférieur est habituellement telle que nous l'avons décrite, mais elle présente des variations fréquentes quant à la position qu'elle occupe sur l'hémisphère postérieur, Nous avons observé un sujet chez lequel l’extrémité postérieure de l’insertion touchait le nerf optique.

Muscles obliques des vertébrés

Une comparaison rapide des muscles obliques des vertèbres avec les mêmes muscles de l'homme ne sera pas sans intérêt.

Insertion orbitaire

Chez tous les vertébrés, sauf les mammifères, les deux muscles obliques s'insèrent sur deux points très rapprochés, à l'angle antéro-interne de l'orbite. Chez les mammifères, à l'exception des cétacés, le muscle oblique supérieur s'insère au fond de la cavité orbitaire.

Direction

Les muscles obliques des poissons, des batraciens, des reptiles et des oiseaux se dirigent de dedans en dehors. Étant donnée la situation latérale des orbites, cette expression de dedans en dehors équivaut à celle d'arrière en avant chez l'homme. La direction des muscles obliques des vertèbres inférieurs est donc opposée à celle des muscles obliques de l’homme. Chez les ruminants et les solipèdes, l'insertion orbitaire du muscle grand oblique (nous n'envisageons en ce moment que l'insertion physiologique, c'est-à-dire la poulie) et celte muscle petit oblique sont très éloignées du rebord orbitaire; l'insertion scléroticale s'avance nu contraire vers la cornée. Il en résulte que la direction est presque transversale. Chez les carnivores, l'insertion orbitaire s'avance; l’insertion scléroticale reste à peu près au même point : direction un peu oblique en arrière.

Chez les singes et l'homme, l'insertion orbitaire s'avance encore et l'insertion scléroticale se fait tout entière sur l’hémisphère postérieur : direction très oblique d'avant en arrière.

L’étude comparée des muscles obliques présente un grand nombre d'autres points intéressants: mais nous signalons particulièrement cette transformation dans la direction de ces muscles, parce que la régularité de la progression avec laquelle elle est établie des vertébrés inférieurs aux vertébrés supérieurs et à l'homme, constitue un fait exceptionnel dans l'anatomie comparée de l'appareil moteur de l'œil.

D'après traité d'anatomie par P. Poirier.

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