Les dents, sont des dérivés de la muqueuse buccale. Nous renvoyons aux traités d’embryologie pour étudier les phases diverses que suivent les éléments histologiques de la muqueuse pour constituer les parties essentielles de la dent. Nous ne nous occuperons ici que de l’éruption dentaire et des lois qui président a ce phénomène.

 1° Première dentition

Chez le fœtus à terme, toutes les dents sont encore emprisonnées dans leurs alvéoles au-dessous de la muqueuse. On a bien vu des enfants apporter en naissant une ou plusieurs dents, mais ces faits sont tout à fait exceptionnels. Peu après la naissance, du sixième au septième mois, les dents, se développant en dehors, soulèvent la muqueuse, l’usent peu à peu au point de contact, la traversent et s’élèvent progressivement sur le bord alvéolaire. Quant à la muqueuse, elle descend peu à peu le long de la couronne et s’arrête sur le collet, avec lequel elle contracte une étroite union.

Cette éruption des dents n’a pas lieu simultanément. Elle est successive et l’ordre suivant lequel elle s’effectue est assujetti a des lois qui sont à peu près constantes :

1 ° les dents homonymes apparaissent par paire sur chaque mâchoire. L’une à droite l’autre à gauche ;

2° les dents de la mâchoire inférieure précèdent dans leur apparition les dents correspondantes de la mâchoire supérieure, mais celles-ci suivent de très près ; on voit apparaître successivement sur le rebord alvéolaire les incisives moyennes puis les incisives latérales, les premières molaires, les canines et, enfin, les deuxièmes molaires.

Les époques diverses auxquelles les premières dents font leur apparition se trouvent indiquées dans le tableau synoptique suivant :

Du 6° au 8e mois

Incisives moyennes inférieures.

Du 7e au 10e mois

Incisives moyennes supérieures.

Du 8e au 10e mois

Incisives latérales inférieures.

Du 10e au 18e mois

Incisives latérales supérieures.

 

Du 22e au 24e mois

Premières molaires inférieures.

Du 24e au 26e mois

Premières molaires supérieures.

Du 28e au 30e mois

Canines inférieures.

Du 30e au 34e mois

Canines supérieures.

Du 32e au 36e mois

 

Deuxièmes molaires inférieures. Deuxièmes molaires supérieures.

 

A l’âge de deux ans et demi ou trois ans, l’enfant est donc pourvu des vingt dents, qui constituent la première dentition. Ces dents, dents primitives, dents temporaires, dents de lait, se distinguent des dents de la deuxième dentition, ou dents permanentes, par leur petitesse d’abord et puis par leur coloration, qui est d'un blanc bleuâtre.

Les incisives et les canines ont à peu près le même aspect que leurs homologues de la deuxième dentition. Quant aux molaires, qui leur font suite, elles sont toujours multicuspidées et à racines multiples : elles présentent par conséquent tous les attributs, non pas des prémolaires, mais des grosses molaires.

Le travail d’éruption une fois terminé, les racines des dents temporaires continuent à s’accroître au sein de l’alvéole et n’atteignent guère leur complet développement que vers la fin

Schéma montrant les dents temporaires et les dents permanentes chez un enfant de cinq ans (côté droit).

(Les dents temporaires sont teintées en bleu ; les dents de remplacement en rose ; la 1e et la 2e grosse molaire sont en blanc.)

1, les cinq dents temporaires droites de la mâchoire supérieure. —  2, les cinq dents temporaires droites de la mâchoire inférieure. — 3, 3’, incisives médianes de remplacement. — 4, 4', incisives latérales de remplacement. — 5, 5', canines de remplacement. — 6, 6', les quatre prémolaires de remplacement. — 7, 7’, première grosse molaire. — 8, la deuxième grosse molaire inférieure dans son alvéole (en haut la deuxième, n’est pas encore formée). — 9, canal dentaire inférieur. — 10, orifice de ce canal.

 

de la cinquième année. A ce moment, les dents de la deuxième dentition, qui sont placées au-dessous d’elles et qui jusque-là sc sont contentées d’évoluer sur place suffisamment développées maintenant, vont commencer le mouvement de translation qui doit les conduire, elles aussi, sur le rebord alvéolaire. Elles se portent donc du côté de la muqueuse et rencontrent bientôt sur leur chemin les dents de la première dentition. A ce contact, qui est comme le signal de leur déchéance, les dents de lait, dont le rôle est maintenant fini, vont rapidement s’atrophier. Un travail de résorption, encore mal défini, détruit peu à peu les alvéoles et leurs racines. La dent se trouve alors réduite à sa couronne et n’a d’autre moyen de fixité que son adhérence a 1 anneau gingival qui lui a livré passage. Elle devient vacillante et finit par tomber, débarrassée le plus souvent de son dernier lien par la simple pression de la langue ou des lèvres.

La chute des dents temporaires s’effectue suivant le même ordre que leur apparition sur le rebord alvéolaire. Les premières venues disparaissent les premières C’est ainsi que les incisives moyennes tombent de sept ans à sept ans et demi ; puis les incisives latérales, dans le cours de la huitième année ; les premières molaires, de dix ans à dix ans et demi ; et enfin, les deuxièmes molaires et les canines, de la dixième a la douzième année.

Plusieurs hypothèses ont été émises pour expliquer ce phénomène de résorption qui détruit les racines des dents temporaires et détermine leur chute.

Les uns font intervenir la compression elle-même qu’exerce la dent de remplacement sur la dent temporaire qui lui barre le chemin, compression, entraînant, pour cette dernière, une atrophie que l’on pourrait appeler mécanique. Cette théorie mécanique a pour elle ce fait bien connu que lorsqu’une dent de remplacement est déviée, la dent de lait qu’elle est destinée à remplacer persiste à l’état de dent surnuméraire. Mais elle n’est pas conciliable avec cet autre fait, observé quelques fois qu’une dent de lait perd ses racines et tombe, alors même qu’il n’existe au-dessous d’elle aucune dent de remplacement.

D’autres auteurs rattachent l’atrophie de la racine à un arrêt de la circulation sanguine. Mais ce n’est là que reculer la question : l’hypothèse ci-dessus ne nous explique nullement, en effet par quel mécanisme se sont rétrécies et oblitérées, les artères nourricières des racines des dents temporaires.

Redier (en 1883) et Albarran (en 1887) ont considéré cette destruction comme la conséquence d’une ostéite raréfiante. « Le processus, dit Redier, qui accompagne la chute des dents temporaires par résorption de leurs racines est analogue au processus de l’ostéite simple, qui se traduit constamment par des phénomènes alternatifs de résorption et de production osseuse avec prédominance définitive de l’un ou de l’autre. Ce processus a pour point de départ l’irritation physiologique déterminée par l’éruption, l’évolution et le développement du germe ossifié de la dent permanente. Le périoste de la dent caduque et les éléments conjonctifs de la cloison folliculaire deviennent le siège d’une prolifération très active, aboutissant à la formation d’un tissu semblable à la moelle embryonnaire (papille absorbante, corps fongiforme). Ce nouveau tissu sera agent de formation suivant le degré de l’irritation : mais quand les choses se passent d’une façon normale, il y a évidemment prédominance du processus destructif. La cloison alvéolaire est d’abord atteinte, puis le cément de la racine de la dent caduque, enfin l’ivoire, même l’émail. »

Deuxième dentition

La deuxième dentition comprend trente-deux dents De ces trente-deux dents, les vingt premières, en procédant d’avant en arrière, prennent la place des vingt dents de lait : on les désigne, pour cette raison, sous le nom de dents de remplacement. Les douze dernières, ou grosses molaires, sont des dents nouvelles, qui n’ont pas leurs représentants dans la première dentition et qui apparaissent sur la partie la plus reculée des maxillaires, dans un espace jusque-là inoccupé

Les premières dents permanentes qui se montrent sur le rebord alvéolaire premières grosses molaires : leur éruption s’effectue ordinairement de six à sept ans, d’où le nom de dent de six ans ou dents de sept ans qu’on donne vulgairement a la première grosse molaire. Viennent ensuite, les vingt dents de remplacement, dans le même ordre que les dents de lait, et, enfin, les secondes et les troisièmes grosses molaires. La chronologie de l’éruption des dents permanentes est résumée dans le tableau synoptique suivant :

De 5 à 7 ans.

Les quatre premières molaires.

De 6 à 8 ans.

Les quatre incisives moyennes.

De 8 à 9 ans.

Les quatre incisives latérales.

De 10 à 12 ans.

Les quatre canines.

De 11 à 12 ans.

Les quatre secondes prémolaires.

De 12 à 14 ans.

Les quatre deuxièmes molaires.

De 19 à 30 ans.

Les quatre troisièmes molaires.

 

Nous remarquons, dans ce tableau, l’apparition bien des sujets, ne sc montre sur le rebord alvéolaire que vers la trentième année. Il est fréquent de voir l’éruption de la dent de sagesse marquée par des accidents divers, relevant soit de l’infection développée autour du capuchon muqueux, soit d’une croissance mal orientée qui fait buter la dent de sagesse contre la deuxième grosse molaire. Dans bien des cas encore, elle ne se montre pas du tout et reste, durant toute la vie, emprisonnée dans son alvéole.

Usure et chute des dents

Les dents s’usent peu à peu sous l’influence des frottements incessants que subit leur surface triturante au moment de la mastication. Cette usure porte naturellement sur le bord libre de la dent.

Elle fait disparaître, tout d’abord, les trois dentelures que nous avons signalées sur le bord tranchant des jeunes incisives. Elle émousse ensuite le tranchant lui-même des incisives, la pointe des canines et les cuspides des petites et des grosses molaires.

Au début, l’émail seul est entamé. Mais, plus tard, les progrès de l'usure ont mis à nu l’ivoire lui-même, et la surface masticatrice de la dent se trouve alors constituée par deux zones bien distinctes : une zone centrale, de coloration jaunâtre, répondant à l’ivoire ; une zone périphérique, blanche et brillante, formée par l’émail et disposée tout autour de la précédente à la manière d'une couronne.

Les deux mâchoires d’un enfant de sept ans et demi, évidées pour montrer l’état de la deuxième dentition.

(Les dents temporaires sont teintées en bleu ; les dents de remplacement sont teintées en rose.)

Sur ce sujet, les quatre incisives médianes temporaires ont disparu et fait place aux dents permanentes. A droite et en haut, l’incisive latérale de la première dentition est tombée ; on voit la dent de remplacement qui commence saillir hors de l’alvéole. En bas, la dent primitive existe encore. Il en est de même des deux canines et des quatre prémolaires de ce côté. L'éruption des premières grosses molaires est accomplie. Les secondes sont toujours emprisonnées dans l’alvéole.

A, maxillaire supérieur, avec : A', son apophyse pyramidale. — B, maxillaire inférieur. — C, palatin. — D, os propres du nez.

1,1', incisives de remplacement moyennes. — 2, 2, premières grosses molaires {dents de sept ans). — 3,3, canines de remplacement. — 4, canal dentaire inférieur.

 

En même temps que la couronne de la dent perd extérieurement des portions de son émail et de son ivoire, son canal central se rétrécit peu à peu par l’apposition incessante sur ses parois de nouvelles couches d’ivoire. La pulpe, à son tour, perd ses vaisseaux et ses nerfs et dégénère peu à peu en une simple formation conjonctive. Ainsi privées de l’apport de leur liquide nourricier, les dents deviennent de véritables corps étrangers : à ce titre, elles dépérissent, s’ébranlent et tombent. Leurs alvéoles se résorbent ensuite et, sur le’ rebord du maxillaire ainsi modifié, s’étale la muqueuse des gencives, lisse, unie et continue comme dans la période fœtale.

La chute des dents permanentes, en dehors de toute atteinte pathologique, n’est assujettie à aucune règle fixe. L’époque à laquelle elle se produit varie beaucoup suivant-les individus : à côté de jeunes sujets, qui sont édentés d’une façon plus ou moins complète, se voient des vieillards de soixante-dix et même de quatre-vingts ans qui sont encore en possession de toutes leurs dents. Elle varie aussi certainement suivant les races, et, à ce sujet, les anthropologistes s’accordent à admettre que les blancs perdent leurs dents plus tôt que les nègres.

 

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