Nous examinerons successivement : le nombre des dents ; leur situation ; leur direction ; leurs moyens de fixité.

Nombre

Dans la première enfance, jusqu’à l’âge de six ou sept ans, les dents sont au nombre de 20, dont 10 pour la mâchoire supérieure, 10 pour la mâchoire inférieure ; ces dents tombent après un certain temps et sont appelées, pour cette raison, dents temporaires, dents de la première dentition.

Chez l’adulte, le nombre des dents s’élève à 32, soit 16 pour chacune des deux mâchoires : ce sont les dents permanentes, ou dents de la deuxième dentition.

Comme nous le verrons dans un instant, les dents se divisent, d’après leur situation et leur forme, en incisives, canines, prémolaires et molaires. Le nombre de chacpn de ces groupes varie suivant les espèces animales que Ton considère ; mais il est fixe pour chacune d’elles et se représente par un tableau sommaire que l’on désigne en zoologie sous le nom de formule dentaire. La formule dentaire dans l’espèce humaine est la suivante, pour l’une et l’autre des deux dentitions :

FORMULE DENTAIRE DE L’ENFANT (DENTS TEMPORAIRES)

 

Mâchoire supérieure

Molaires

2

Canines

1

Incisives

2

=5

10X2=20

Mâchoire inferieure

2

1

2

=5

 

FORMULE DENTAIRE DE L’ADULTE (DENTS PERMANENTES)

Mâchoire supérieure

Molaires

3

Canines

2

Incisives

2

=8

16X2=32

Mâchoire inferieure

3

2

2

=8

 

Situation

Les dents, qu’elles soient temporaires ou permanentes, s’implantent dans les alvéoles des maxillaires. Ces alvéoles, qui sont uniloculaires pour les dents

Voûte palatine et surface occlusale des dents supérieures.

à racine unique et multiloculaires pour les dents à racines multiples, sont exactement égaux, comme forme et comme dimensions, à la partie de la dent qu’ils sont destinés à recevoir. Nous verrons plus loin (p. 75) que les dents se disposent régulièrement à la suite les unes des autres pour former deux arcades (arcades dentaires ), et nous indiquerons alors quels sont les rapports réciproques des deux arcades dentaires supérieure et inférieure.

Direction

Les dents s’implantent verticalement dans leurs alvéoles. Telle est la formule. Mais elle n’est pas rigoureusement exacte. Il en est un certain nombre, en effet, qui s’inclinent plus ou moins sur la verticale. C’est ainsi que les grosses molaires se déjettent un peu en dedans pour la mâchoire supérieure, un peu en dehors pour la mâchoire inférieure. Nous voyons, de même, les incisives, soit supérieures, soit inférieures, s’incliner légèrement en avant, inclinaison généralement peu apparente dans nos races européennes, mais très marquée chez certains sujets et dans certains groupes ethniques. On sait que, chez la plupart des races nègres notamment, cette projection des incisives en avant est à peu près constante, constituant une sorte de 'prognathisme alvéolo-dentaire.

 

Surface occlusale des dents de la mâchoire inférieure.

 Quant aux canines, il n’est pas rare de les voir s’incliner, elles aussi, d’une quantité variable et dans divers sens.

Moyens de fixité, ligament alvéolo-dentaire

Nous avons dit plus haut que les cavités alvéolaires sont toujours exactement égales, et comme forme et comme dimensions, à la partie de la dent qu’elles sont destinées à recevoir. Une pareille adaptation entre le contenant et le contenu constitue déjà, pour la dent, un excellent moyen de fixité : on connaît les difficultés qu’on éprouve parfois à arracher une dent, même sur le squelette. La fixation de la dent à son alvéole est complétée par les gencives.

Les gencives, tout d’abord, en adhérant intimement au collet des dents, forment à chacune d’elles une sorte d’anneau, qui l’enserre solidement et la maintient appliquée contre le maxillaire. Mais ce n’est pas tout. La fibro-muqueuse gingivale envoie dans l’alvéole un prolongement fibreux qui, sous le nom de périoste alvéolo-dentaire, descend jusqu’au fond de la cavité et contribue ainsi à rendre plus complète l’adaptation de l’alvéole à la racine dentaire. Vu sur des coupes transversales ou longitudinales, le prolongement en question nous apparaît comme formé par de solides faisceaux fibreux, les uns franchement transversaux, les autres plus ou moins obliques, qui vont de la paroi alvéolaire à la surface de la dent et qui pénètrent, sous forme de fibres de Sharpey, d’une part dans l’os de l’alvéole, d’autre part dans le cernent de la dent. Ces faisceaux fibreux, faisant corps à la fois avec la paroi alvéolaire et avec la dent, constituent, pour ces deux formations, un puissant moyen d’union : en effet, on ne saurait enlever la dent sans les rompre, soit à leur partie moyenne, soit à l’une ou l’autre de leurs extrémités.

Ainsi constituée, la lame fibreuse intra-alvéolaire ne présente avec le périoste que des analogies fort lointaines et si l’on songe à la part importante qu’elle prend à la fixation de la dent, on comprendra sans peine que

 

La voûte palatine, dépouillée de ses parties molles et de ses dents, pour montrer les alvéoles dentaires.

1, apophyse palatine du maxillaire supérieur. — 2, apophyse palatine du palatin. — 3 3' sutures médianes intermaxillaire et interpalatine. — 4, suture palato-maxillaire. — 5, canal palatin antérieur. — 6, canal palatin postérieur. — 7, canaux palatins postérieurs accessoires. — 8, orifice postérieur des fosses nasales. — 9, apophyse ptérygoïde. — a, alvéoles des incisives médianes. — b, alvéoles des incisives latérales. —c, alvéole de la canine. — d, alvéole de la première prémolaire — e, alvéole de la deuxième prémolaire. — f, alvéole de la première grosse molaire. — g, alvéole de la deuxième grosse molaire. — h, alvéole de la dent de sagesse...

 

Figure schématique montrant la disposition du ligament alvéolo-dentaire sur une coupe transversale (d’après Collaud).

1, os alvéolaire. — 2, cément de la racine dentaire. — 3, faisceau fibreux du ligament alvéolo-dentaire ; on voit que à leurs extrémités, les faisceaux fibreux pénètrent, d’une part, dans l'os alvéolaire, d'autre part, dans le cément, où ils deviennent fibres de Sharpey.

Malassez, dont les conclusions sur ce point ont été confirmées en 1890 par Collaud, ait substitué à la dénomination classique de 'périoste alvéolo-dentaire celle, à la fois plus juste et autrement significative, de ligament alvéolo-dentaire. Nous nous trouvons ainsi ramenés à l’opinion des anciens anatomistes, qui voyaient dans le mode d’union des dents avec leurs alvéolés une véritable articulation, une variété particulière de synarthrose qu’ils désignaient sous le nom de gomphose (du grec clou, la dent s’implantant dans l’alvéole comme un clou dans un trou). (Voy., à ce sujet, le travail de Beltrami, De l’articulation alvéolo-dentaire chez l'homme, Thèse de Paris, 1895.)

Outre les faisceaux fibreux sus-indiqués, qui constituent la plus grande partie de sa masse, le ligament alvéolo-dentaire nous présente encore des cellules conjonctives, des vaisseaux et des nerfs. — Les cellules conjonctives sont de deux ordres : les unes sont des cellules conjonctives ordinaires, se rencontrant dans les interstices des faisceaux fibreux en même temps qu’une petite quantité de tissu conjonctif lâche ; les autres sont des cellules plates, avec crêtes d’empreinte, situées dans l’épaisseur même des tissus fibreux et rappelant exactement, par leur signification morphologique comme par leurs caractères extérieurs, les cellules des tendons. — Les vaisseaux sanguins proviennent do trois sources : des vaisseaux dentaires, du réseau gingival, du tissu osseux de l’alvéole. Tous ces vaisseaux, quelle que soit leur provenance, s’anastomosent entre eux pour former un réseau unique. D’après Collaud, ils auraient une tendance à se disposer en deux plans : l’un superficiel, constitué par des vaisseaux de gros calibre ; l’autre profond, formant un réseau de fins capillaires qui se distribuent tout près du cément. — Les vaisseaux lymphatiques, si tant est qu’ils existent, ne nous sont pas encore connus. — Les nerfs, qui sont très nombreux, cheminent, avec les vaisseaux, dans les interstices des faisceaux conjonctifs.

Malassez a encore signalé l’existence, sur divers points du ligament alvéolo-dentaire, do petites masses épithéliales, qui, selon les cas, sont sphériques, ovoïdes, cylindriques, etc. On en rencontre parfois qui sont ramifiées à la façon des glandes en grappe. Quelle que soit leur forme, ces masses sont toujours pleines : il n’en est aucune qui présente à son centre une cavité nettement accusée. On doit les considérer morphologiquement comme des restes de l’invagination épithéliale qui, chez l’embryon, donne lieu à la formation des dents : de là le nom de débris épithéliaux para-dentaires que leur a donné Malassez. Ces débris épithéliaux ont, en pathologie, une grande importance, eu ce sens qu’ils peuvent être l’origine de certaines néoformations épithéliales développées dans l’épaisseur des maxillaires.

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