Les os de la voûte du crâne appartiennent au type des os de membrane.

Bien qu’on fasse une classe particulière des os de membrane, ceux-ci ne se développent pas autrement que les os formés en milieu conjonctif ; mais, ici, les milieux fibreux présentent des fibres orientées, ce qui imprime une allure particulière à l’ossification.

Coupe perpendiculaire à la surface delà calotte crânienne d’un embryon de mouton de 28 millimètres. Région pariétale (d’après Dubreuil).

1, épiderme. — 2, derme. — 3, tissu conjonctif embryonnaire. — 4, lamelle fibreuse de préossification avec 5 la région interne qui constituera la dure-mère. — 6, vaisseau sanguin de la dure-mère. — 7, paroi de l'hémisphère cérébral.

 

La voûte membraneuse du crâne embryonnaire et fœtal comporte une zone fibreuse à direction tangentielle dans laquelle se différencient en dedans la dure-mère et en dehors une lame homogène de préossification. C’est dans cette dernière qu’apparaissent le ou les points d’ossification propres à chaque os. Les parties cartilagineuses qui existent en certains endroits (toit synotique, écaille de l’occipital), disparaissent par chondrolyse ou forment de l’os enchondral (occipital).

Ossification primaire

Des ostéoblastes apparaissent dans la lame homogène de préossification, et bientôt on voit apparaître l’osséine : le point d’ossification primaire est formé. Il s’étend ensuite’ de proche en proche par fines travées anastomosées toutes dans le même plan, dont l’ensemble constitue une véritable dentelle d’osséine qui se calcifie progressivement. Les travées osseuses de la première lame s’épaississent, les mailles de la dentelle se cornant progressivement, tandis qu’apparaît une nouvelle lame externe. Ce processus s’étend sur le bord du jeune os, jusqu’aux pièces osseuses voisines en laissant subsister sur tout son pourtour une marge fibreuse parfois étroite (suture) ou un espace large fontanelle). Ces espaces se comblent après la naissance.

En somme le processus d’ossification est le même que dans l’os périostique diaphysaire.

Coupes perpendiculaires à la surface de pariétaux de fœtus humain (A. fœtus de 110 millimètres ; B. fœtus à la naissance). Très faible grossissement. Ces figures montrent le développement progressif des lamelles osseuses primaires dans les os de la voûte du crâne (d après Dubreuil)

1, épiderme. — 2, derme avec follicules pileux embryonnaires. — 3, muscle temporal. — 4, périoste externe. — 5, lamelles osseuses. — 6, vaisseaux sanguins. — 7, dure-mère jouant le rôle de périoste interne. — 8, tissu conjonctif.

 

Ossification secondaire

Pendant que l’os s’accroît par sa périphérie, les phénomènes d’ossification secondaire apparaissent dans les régions centrale et para-centrales. Ce sont d’abord des phénols de résorption sur les deux faces : externe ou interne suivant les points, pour le redressement progressif de la courbure de l’os. C’est ensuite la destruction de travées d’os primitif, résorbées et remplacées par des lamelles diversement orientées d’os formé par la moelle osseuse qui a envahi les espaces interlamellaire . Vers la fin du processus de développement, les périostes externe et interne, ce dernier sondé à la dure-mère, forment les tables externe et interne, d’os périostique, tandis que l’os spongieux du diploë a la valeur d’un os secondaire d’origine médullaire, haversien.

Résumé

Si nous résumons les processus d’ossification en employant un langage finaliste, nous dirons :

Le tissu conjonctif jeune est toujours l’agent ossificateur essentiel grâce à une flexion qui fait de lui la moelle ostéogène ou la couche ostéogène sous-périostique.

Le cartilage n’est qu’un moyen d’accroissement pour les pièces squelettiques qui doivent avoir une résistance suffisante. L’ossification enchondrale ne fournit qu’un os transitoire, détruit a mesure de sa formation. Seul l’os périostique vaut et dure, sous forme d’un os primaire, encore imparfait.

Les remaniements de l’os périostique par la moelle osseuse ostéogène donnent un os définitif, encore remanié longtemps après la fin de la croissance.

La difficulté d’étudier les phénomènes d’ossification réside dans le fait que ces phénomènes chevauchent dans le temps et dans l’espace. L’ossification primaire se poursuit, comme nous l’avons vu, aux deux extrémités de l’os, longtemps après que l’ossification secondaire a débuté vers le milieu de celui-ci. Afin de ne pas compliquer et allonger cette étude nous avons éliminé les points de détail, nous n’avons pas envisagé l’intrication des phénomènes pas plus que les phénomènes secondaires de modelage qui donnent à l’os la forme précise qu’il a chez l’adulte.

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