Les différents segments du squelette s’ossifient suivant des modalités fort diverses.

Ces modalités varient pour ainsi dire avec chacun d’eux, et, de ce fait, se prêtent mal à des formules générales.

Os se développant par un seul point d’ossification

Tout d’abord, certains os se développent par un seul point d’ossification, qui apparaît à son centre et qui, de la, rayonne vers la périphérie. De ce nombre sont les sésamoïdes et la plupart des os courts qui constituent le carpe et le tarse. De ce nombre encore sont, parmi les os plats, les deux pariétaux.

Os se développant par des points d’ossification multiples

D’autres et, c’est le plus grand nombre, se développent par des points d’ossification multiples, et dans ce cas, il est rare que, pour une pièce osseuse déterminée, tous les points osseux aient la même valeur. A ce sujet, il y a lieu de distinguer deux ordres de points osseux : les uns ont pour caractères d’apparaître de bonne heure, de se montrer au centre de l’os et de former la plus grande partie de celui-ci, ce sont les 'points primitifs ou points principaux ; les autres apparaissent plus tard, se montrant, non plus au centre comme les précédents, mais à la périphérie, sur les bords pour les os plats, sur les extrémités pour les os longs, ce sont les points secondaires ou complémentaires (2 et 3). Sur les os longs qui, comme nous l’avons vu, se composent d’un corps ou diaphyse et de deux extrémités ou épiphyses, les points osseux primitifs et secondaires sont encore désignés sous les noms, très significatifs du reste, de points diaphysaires et points épiphysaires.

Considérés dans leur évolution respective sur un même os, les points principaux et complémentaires aux dépens desquels se développe cet os, rayonnent dans tous les sens 

Et envahissent peu à peu la substance de l’os primitifs. Ils se rapprochent ainsi les uns des autres, arrivent au contact de finalement, comme nous l'avons vu, se soudent entre eux pour ne plus former qu'une seule pièce osseuse : c'est l’os arrivé à son complet développement, l’os de l'adulte.

Lois de Serres

Dans un travail déjà ancien, puisqu’il date, de 18 19 Serres a cru pouvoir dégager de l’étude analytique de l’ostéogenèse les trois lois suivantes, qu'il désigne sous les noms de de symétrie, loi des éminences et loi des cavités :

  1. D’après la loi de symétrie, tout os médian est primitivement double c'est-à-dire composé de deux moitiés latérales, qui se rapprochent au cours du développement et finissent par se confondre sur la ligne médiane. Cela est vrai pour le frontal, pour le maxillaire inférieur, pour le sphénoïde, pour l’ethmoïde et d’autres encore. Mais la colonne vertébrale, pour sa partie antérieure tout au moins, fait exception à cette règle. Nous verrons plus tard en effet, que les corps vertébraux ne possèdent chacun qu’un seul point primitif placé à son centre et sur la ligne médiane.
  2. D’après la loi des éminences, toute saillie osseuse se développerait aux dépens d’un point d’ossification particulier. C’est ainsi que nous verrons des points d’ossification spéciaux formelle grand et le petit trochanter, le trochin et le trochiter, l’acromion, l’apophyse coracoïde, etc. Des faits nombreux paraissent donc confirmer cette deuxième loi.
  3. D’après la loi des cavités, toute cavité serait formée par la réunion de plusieurs pièces osseuses, deux au moins. Il en serait de même des trous : chacun d’eux résulterait delà conjugaison de deux ou plusieurs os. Ici encore des faits tort nombreux déposent en faveur de cette loi : tels sont la cavité glénoïde, la cavité cotyloïde, la fosse ptérygoïde, le trou vertébral, le trou occipital, le trou optique etc., à la constitution de quel concours toujours des pièces multiples. Mais nous avons aussi comme précédemment, à enregistrer quelques exceptions : le canal dentaire inférieur et le conduit auditif interne, pour n’en citer que deux, se trouvent creusés dans une seule et même pièce osseuse, et il en est de même de tous les conduits nourriciers. 

 

Ossification du tibia (schématique ).

1, point primitif pour le corps. — 2, point complémentaire pour l’extrémité supérieure. -- 3, point épiphysaire pour l’extrémité supérieure. —4, point complémentaire pour la tubérosité antérieure. — 5, ligne de soudure pour l’épiphyse supérieure. — 6, ligne de soudure pour l’épiphyse inférieure.

Mais, comme la première, elle présente aussi de nombreuses exceptions et, pour n’en citer que quelques-unes, nous rappellerons l’apophyse mastoïde, l’apophyse coronoïde du cubitus, la protubérance occipitale externe, les apophyses zygomatiques, les apophyses articulaires des vertèbres, qui, maigre leurs grandes dimensions, ne sont jamais, que) que soit le stade évolutif auquel on les considéré, que de simples dépendances de la pièce squelettique qui les supporte.

Les formules ostéogéniques énoncées par Serres nous présentent, comme on le voit avec de nombreux faits confirmatifs, un grand nombre de faits contradictoires et’ par conséquent, n’ont pas ce caractère de généralité qui fait les lois en sciences

Quelques formules générales relatives au mode d’évolution des points épiphysaires des os longs.

En ce qui concerne le mode d’ossification spécial qui préside à la formation de chaque os, nous ne saurions formuler ici aucune règle générale, tant l’ossification est différente, non seulement pour chacun des trois groupes (os longs, os plats et os courts), mais, dans chaque groupe, pour chaque pièce osseuse. Nous traiterons cette question isolément dans les différents chapitres qui suivent. A propos de chaque os, nous résumerons en petit texte, sous la rubrique développement, tout ce qui a trait à sa disposition. Autrement dit, nous indiquerons brièvement le nombre des points osseux, primitifs ou complémentaires, aux dépens desquels il se développe, le siège et l’ordre d’apparition de ces points osseux, leur mode d’évolution réciproque,’ et enfin, l’époque à laquelle s’effectue leur soudure. Nous nous contenterons ici de rappeler quelques formules générales relatives au mode d’évolution des points épiphysaires des os longs.

  1. Formule de Bérard. C’est d’abord la formule énoncée par Béraud au sujet de la soudure des points épiphysaires, dans les os des membres. Elle peut se résumer comme suit : dans les os diépiphysaires, celle des deux épiphyses vers laquelle se dirige le conduit nourricier de l’os est justement celle qui se soude la première. Cette formule est exacte. Ainsi, pour le membre supérieur, où les conduits nourriciers de l’humérus, du radius' et du cubitus se dirigent vers le coude, c’est, pour chacun de ces trois os, l’épiphyse qui avoisine le coude qui se soude la première à la diaphyse. De même, pour le membre inférieur, où les conduits nourriciers du fémur, du tibia et du péroné fuient le genou c’est l’extrémité supérieure du fémur et l’extrémité inférieure du tibia et du péroné qui, les premières, se soudent à la diaphyse. Bérard a encore établi que, pour les os mono-épiphysaires, l’extrémité vers laquelle se dirige le conduit nourricier est justement celle qui se développe aux dépéris du point d’ossification du corps sans apparition de point complémentaire. Cette formule est parfaitement applicable aux métacarpiens, aux métatarsiens, aux phalanges et même à la clavicule.
  2. Formule de Sappey. — La formule précitée de Bérard au sujet de l’ordre de soudure des épiphyses dans les os longs diépiphysaires ne s’applique malheureusement pas à l’ordre d’apparition des points osseux dans les épiphyses. Sur ce point, Sappey a cru pouvoir admettre comme formule générale que les points épiphysaires sont d’autant plus précoces qu’ils sont destinés à acquérir un volume plus considérable ; en d’autres termes que dans les os qui ont deux épiphyses, celle-là s’ossifie la première qui deviendra la plus volumineuse. Une pareille formule est assez exacte pour les os longs des membres. Mais elle présente au moins une exception : l’extrémité supérieure du cubitus, en effet, quoique étant beaucoup plus volumineuse que l’extrémité inférieure, ne commence à s’ossifier que quelque temps après cette dernière.
  3. Formule de Picqué. — Picqué, en 1892, a fait remarquer que, dans les os longs mono-épiphysaires, le point d’ossification complémentaire apparaît sur celle des deux extrémités qui est la plus mobile. A l’appui de cette assertion, il rappelle le mode d’ossification des côtes, de la clavicule, des phalanges, du premier métacarpien et du premier métatarsien. Tous ces os, en effet, n’ont qu’un seul point épiphysaire, et ce point correspond comme nous le verrons plus tard à l'extrémité interne des côtes, à l'extrémité interne de la clavicule, à l'extrémité supérieure des phalanges, à l'extrémité supérieure du premier métacarpien et du premier métatarsien, extrémités qui, pour chacun de ces os, sont plus mobile que les extrémités opposées.
  4. Formule d’A. Julien — La même année Alexis Julien, considérant lui aussi, le côté fonctionnel des extrémités articulaires des os longs, nous a donnée, quant à l'ordre d'apparition des points épiphysaires, une formule beaucoup plus générale que celle énoncée par piqué et que vous résumons dans les propositions suivantes : dans les os longs, le premier point épiphysaire pour les os qui en ont deux, le point épiphysaire pour les os qui n’en n’ont qu’un apparaît toujours sur celle des deux extrémité qui est la plus importante au point de vue fonctionnel. Cette formule est exacte pour tous les os longs du corps humain. Reste à savoir si chez les animaux où la valeur fonctionnelle des membres est parfois si différente de celle que nous observons chez l'homme, l’ordre d'apparition des points épiphysaires subit, dans tel ou tel corps déterminé, les modifications qu’exigerait la loi précitée

Quelques formules générales relative à la croissance du squelette et à la taille

La croissance générale de l’individu paraît se produire sous l’impulsion de forces biologiques déjà contenues en puissance dans l’œuf fécondé. Ces forces toujours identiques dans leur marche générale et en quelque sort spécifiques de l’espèce où on les étudie peuvent être réunies ou mieux condensées dans des formules assez simples à retenir.

Godin qui a étudié particulièrement la croissance des enfants pendant l’âge scolaire et les proportions du corps pendant la croissance, a classé les lois de développement en quatre groupes : les lois pubertaires, les lois des alternances, les lois des proportions et les lois des symétries.

Lois pubertaires.

  1. La taille doit la plus grande part de son développement avant la puberté au membre inférieur, après la puberté au buste.
  2. Le processus d’allongement prime avant la puberté ; le processus osseux de grossissement prime pendant et après elle.
  3. La croissance est surtout osseuse avant la puberté et surtout musculaire après elle.

Lois des alternances.

  1. L’os long grossit et s’allonge alternativement et non simultanément. Les repos d’allongement sont utilisés pour le grossissement.
  2. Les périodes d’activité et de repos qui se succèdent semestriellement dans l’accroissement en longueur d’un os long sont contrariées pour les deux os longs consécutifs d’un même membre.

Ces lois des alternances, qu’on peut appeler aussi loi de bascule, comme le dit le Dr Gillet, sont basées sur ces faits que la croissance évolue non pas sur toutes les parties d’un membre en même temps mais seulement sur un segment de ce membre ; Lorsque la croissance de ce segment est survenue, le segment suivant se développe à son tour.

Dally, qui avait déjà remarqué la croissance irrégulière de certaines parties du corps, avait formulé ainsi cette règle : « La croissance est d’intensité inégale pour les différents os et pas suite pour les différentes régions. D’où il suit que les proportions du corps humain varient selon les âges ».

Lois des proportions

  1. Il existe trois phases dans l’évolution des variations présentées par les proportions de longueur et de largeur du corps, au cours de l’ontogénie : la première phase s’étend de la naissance à six ans, la deuxième de six à quinze ans, la troisième de quinze ans à l’âge adulte.
  2. De l’enfant naissant à l’homme chaque segment à sa manière propre de se comporter vis-à-vis de la taille.
  3. Si l’accroissement proportionnel est supérieur à celui de la stature pour un segment du corps, il lui est inférieur pour le segment situé immédiatement au-dessous ou au- dessus.

Lois des asymétries.

  1. Il règne entre les organes binaires une asymétrie corrélative due à 1 hyperfonction : chez le droitier le membre supérieur droit est plus long et plus gros, 1 épaule droite plus basse, etc., caractères qui passent à gauche chez le gaucher.
  2. L'évolution des asymétries normales des organes binaires et du tronc progresse à travers l’âge en sens inverse de la croissance, mais dans le sens même de la fonction.
  3. Chez le droitier, la supériorité de longueur et de grosseur qui est à droite pour le membre supérieur siégé souvent à gauche pour le membre inférieur, ce qui détermine une suractivité fonctionnelle croisée.

Développement de la taille et des différentes parties du corps

Développement de la taille

 

Rythme de l'accroissement de la taille (d'après P. Godin)

La taille est la longueur du corps mesurée de la plante des pieds au vertex.

Si nous examinons la croissance de la taille en général après la naissance, nous cons- tâtons que celle-ci, continuant la rapidité de croissance de la vie fœtale, augmente de 20 centimètres à la première année, tandis qu’elle n’est que de 9 centimètres pour la deuxième année. Dans les années qui suivent Tentant croît de 4 à 6 centimètres jusqu’à la période pubertaire, c’est-à-dire vers l’âge de treize ans chez les garçons et de douze ans chez les filles. A cette époque la taille augmente de 7 à 10 centimètres suivant les individus pendant un an, quelquefois deux ans. Puis l’augmentation diminue et la taille finit de croître réellement vers l’âge de quinze à seize ans chez les filles, vers l'âge de seize à dix-huit ans chez les garçons. La figure ci-jointe montre - rythme de l’accroissement de la taille.

Développement des différentes parties du corps

Les segments du corps ne s accrois- --r pas de façon égale et régulière et l’adulte au point de vue des proportions ne représente pas l’image agrandie de l’enfant. Étudions successivement l’allongement des différents segments.

La tête est la partie la plus développée du nouveau-né. Pour Richer, à un an, la taille

Les âges d’évolution rapportés à l’âge adulte (d’après P. Godin).

 

est égale à 4 fois la hauteur de la tête, à quatre ans à 5 fois, et à neuf ans à -O fois. A partir de cinq ans l’accroissement est beaucoup plus lent et c’est a quinze ans que le crâne acquiert son volume définitif. Chez l’adulte la tête est comprise 7 fois et demie : : la hauteur du corps. C’est cette hauteur de la tête d’ailleurs qui a servi d’étalon de mesure pour établir les proportions du corps humain dans beaucoup de canons utilises

Le cou paraît court chez le nouveau-né par suite de l’élévation relative du sternum de la graisse qui double les téguments. Son développement pendant la période de naissance est à peu près régulier sauf à la puberté pendant laquelle il augmente davantage.

Le tronc mesuré du sternum au pubis, est très développé chez le nouveau-né dans son segment inférieur ou abdominal. L’enfant, comme l’a dit Charpy, est tout ventre et tout cerveau. Par contre le thorax est relativement peu développé, il est aplati ; les gouttières vertébrales ne sont pas constituées. L’accroissement en hauteur du tronc n’est pas parallèle à celle des membres supérieurs. La taille après la puberté doit la plus grande part de son accroissement au buste tandis qu’avant cette période elle le doit aux membres inférieurs.

Les membres inférieurs, courts à la naissance par rapport au tronc, atteignent en général 20 centimètres. A trois ans et demi, ils mesurent 50 centimètres. Ils doublent en un mot leur longueur avant la troisième année. C’est surtout le tibia qui s’allonge proportionnellement le plus entre la naissance et la puberté.

Le membre supérieur croît proportionnellement moins vite que le membre inférieur. On observe sur lui le même phénomène qu’au membre inférieur, c’est-à-dire que l’avant- bras (radius et cubitus) croît plus rapidement. Le tableau ci-joint montre de façon évidente les différents accroissements que nous venons de résumer très brièvement.

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