Glande parotide

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Glande parotide

Caractères extérieurs


La parotide a une coloration gris jaunâtre sur le cadavre. Sur le vivant, elle présente une teinte légèrement rosée qui s'accentue pendant les périodes de sécrétion. - Sa consistance est ferme, sa sur- face légèrement lobulée.
Le volume de la parotide est extrêmement variable. « En comparant entre elles les dimensions de différentes parotides, on remarque que les parotides les plus petites sont aux plus volumineuses dans le rapport de 1 : 5. » (Sappey). Le poids moyen varie de 23 à 30 grammes (Sappey, Henle). Son volume oscille entre 2S et 38 centimètres cubes (G. Krause).

Rapports

Nous étudierons successivement les rapports que présente la parotide : 1° avec les parties voisines (rapports extrinsèques) ; 2° avec les organes qui sont contenus dans son épaisseur (rapports intrinsèques).

Rapports extrinsèques

La description que nous avons donnée de la loge parotidienne nous permettra d'abréger l'étude des rapports extrinsèques de la glande. Nous pourrions même nous contenter de dire que la parotide se moule sur l'excavation qui la contient, si la glande, comme à l'étroit dans sa loge, ne profitait des points faibles de celle-ci pour v pousser des prolongements, dont il nous faut préciser la fréquence, la forme et les rapports la forme générale de la parotide n'en demeure pas moins calquée sur celle de la loge et, comme à celle-ci, nous lui décrirons trois faces, deux bases et une arête. La face externe ou cutanée est légèrement convexe. Elle est recouverte par les plans suivants : la peau ; une couche de tissu cellulaire, plus ou moins chargée de graisse suivant les sujets, et dans laquelle on rencontre des filets de la branche auriculaire du plexus cervical et, un peu au-dessus de l'angle de la mâchoire, quelques fibres du risorius de Santorini et du peaucier; enfin un feuillet aponévrotique, dépendance de la capsule parotidienne que nous décrirons plus loin. Cette face externe de la glande est notablement plus étendue que l'orifice d'entrée de la loge ; aussi déborde-t-elle celui-ci en plusieurs points. En arrière elle empiète de quelques millimètres sur la face externe du sterno-mastoïdien et de la mastoïde en affleurant par son contour au ganglion rétro-auriculaire. Mais l'empiétement est bien plus marqué en avant, où la glande s'avance sur la face externe du masséter, sous forme d'un prolongement de forme triangulaire qui accompagne le canal de Sténon. Ce prolongement aplati, parfois double, fait rarement défaut; ses dimensions sont ordinairement en raison directe du volume de la glande ; mais il n'en est pas toujours ainsi et le prolongement massétérin ou génien de la parotide peut présenter un développement considérable, alors que la partie principale de la glande est fortement atrophiée (Desault). Ce n'est là que le premier degré d'une disposition anormale où la glande est réduite à sa portion massétérine (Voy. Anomalies).

La face postérieure de la parotide répond aux parois de sa loge : apophyse mastoïde engainée par le sterno-mastoïdien, contournée par le rameau auriculaire du pneumogastrique ; muscle digastrique, apophyse styloïde et muscle stylo-hyoïdien limitant un triangle à sommet inférieur dans lequel la glande se moule en un prolongement très court, c'est la zone stylo-digastrique décrite par J.-L. Faure, où émerge le facial qui vient de contourner la styloïde et envoie à chacun de ces deux muscles un rameau s'épanouissant sur leur face antérieure ; muscle stylo-pharyngien dont le bord antérieur est longé par le rameau lingual du facial et la face externe couverte par le plexus anastomotique des rameaux stylo-pharyngiens du glosso-pharyngien et du facial; muscle stylo-glosse oblique en bas et en avant vers la base de la langue qu'il atteint après avoir croisé superficiellement la zone amygdalienne qu'il affleure.

Par l'intermédiaire des parois de sa loge, la face postérieure de la parotide répond à l'espace latéro-pharyngé. En effet, l'espace sous-parotidien postérieur est constitué de la façon suivante :
En avant, l'aileron stylo-pharyngien. En arrière, la forte saillie des niasses latérales de l'atlas, les apophyses transverses de l'axis, les muscles com- plexus, droits antérieurs et obliques de la tête tapissés par l'aponévrose pré- vertébrale.
En dedans, la paroi pharyngée. En dehors, la paroi postérieure de la loge parotidienne oblique d'arrière en avant de la mastoïde vers le pharynx antérieur qu'elle atteint au niveau de sa zone amygdalienne.

A cet espace appartiennent :

La veine jugulaire interne séparée seulement de la glande par le mince feuillet cellulaire qui comble le triangle stylo-digastrique ; sur la face parotidienne de la jugulaire, la branche externe du spinal descend obliquement en arrière et en dehors vers le sterno-mastoïdien, on trouve souvent aussi un ou deux ganglions lymphatiques appartenant au nombreux groupe des latéro-pharyngiens; en avant de la veine, le pneumogastrique qui les sépare de la carotide; en avant et en dedans, l'artère carotide interne, entourée de son plexus carotidien et séparée de la glande par le plan continu des muscles stylo-glosse et stylo-pharyngien, le nerf glosso-pharyngien qui, d'abord placé en dedans du pneumogastrique, ne tarde pas à l'abandonner et à croiser la face externe de la carotide interne, puis du stylo-pharyngien.
Plus lointains sont les rapports de la parotide avec le ganglion sympathique cervical supérieur appliqué sur l'aponévrose pré-vertébrale ; avec le grand hypoglosse qui, d'abord placé en arrière et en dedans de la carotide interne et de la dixième paire, croise ensuite successivement leur face postérieure pour gagner, en devenant de plus en plus superficiel, la région sus-hyoïdienne ; avec l'artère pharyngée postérieure appliquée contre le pharynx.
La face antérieure, fortement concave, répond au bord postérieur de la mâchoire doublée du masséter en dehors et du ptérygoïdien interne en dedans, et au ligament sphéno-maxillaire. Entre le bord postérieur du maxillaire et la glande on trouve une couche de tissu cellulaire lâche, rudiment de synoviale, créé par les frottements de l'os sur la masse glandulaire pendant les mouvements de mastication. Cette face antérieure envoie dans quelques cas, assez rares, un prolongement entre le ptérygoïdien interne et la branche montante du maxillaire ; ce prolongement, toujours très court, accompagne les vaisseaux maxillaires internes dont l'issue hors de la loge crée un point faible à ce niveau.
Je dirai peu de chose des bases ou extrémités, supérieure et inférieure, de la glande qui se moulent sur les parois correspondantes de la loge : l'extrémité supérieure, qui confine à l'articulation temporo-maxillaire entourée de son plexus veineux et à la partie inférieure du conduit auditif externe, est légèrement effilée ; l'inférieure, arrondie, est reçue dans une sorte de nid fibreux constitué par la bandelette maxillaire qui la sépare de la glande sous- maxillaire en montant obliquement du sterno-mastoïdien vers l'angle du maxillaire. La limite inférieure de la glande variable peut descendre jusqu'à 4 centimètres au-dessous de l'angle.

Il importe d'insister davantage sur la façon dont se comporte la glande dans le fond de l'excavation.
Prolongement pharyngien. - Dans certains cas, la glande affleure par son arête interne le plan de l'orifice profond de la loge, répondant à l'intervalle qui sépare les ligaments stylo- et sphéno-maxillaire, mais ne le dépasse pas Le plus souvent, elle pousse à travers cet orifice un prolongement important, le prolongement pharyngien. La fréquence de ce prolongement est diversement appréciée par les auteurs. Richet l'a rencontré 7 fois sur 12. Sans pouvoir donner de chiffres précis, je dirai qu'il m'a paru fréquent. De forme conique, à sommet interne, il se rapproche de la paroi latérale du pharynx avec laquelle il prend souvent contact. Ce prolongement présente des rapports importants : en dehors, il s'applique sur la paroi externe de l'espace maxillo-pharyngien et répond : à l'aponévrose inter-ptérygoïdienne qui tapisse les deux ptérygoïdiens, à son renforcement le ligament sphéno-maxillaire et par son intermédiaire aux organes suivants : le nerf maxillaire inférieur auquel est appendu le ganglion otique et dont les deux branches terminales linguale et dentaire inférieure descendent entre les deux ptérygoïdiens; la corde du tympan qui gagne le lingual en croisant la face interne du dentaire inférieur; l'artère méningée moyenne; le nerf auriculo-temporal qui naît du nerf maxillaire inférieur par deux racines se rejoignant en encerclant l'artère méningée moyenne, et reçoit du ganglion otique deux racines accessoires lui apportant pour la glande les fibres interférées du petit pétreux superficiel (branche du facial) ; le ligament latéral interne de l'articulation temporo-maxillaire et ses nerfs articulaires; le riche plexus veineux ptérygoïdien. En haut : ce prolongement répond à l'épine du sphénoïde, à la trompe d'Eustache et aux deux nerfs petits pétreux se rendant au ganglion otique. En dedans : ce prolongement répond de haut en bas au muscle péristaphylin externe qu'il n'atteint pas, à la zone amygdalienne du pharynx dont le sépare le muscle stylo-glosse, à l'artère palatine ascendante appliquée par ce muscle sur la paroi pharyngée, à l'artère carotide externe qui se moule sur la glande avant de la pénétrer. En avant, le prolongement se perd dans un amas graisseux blanchâtre qui, au-dessous de l'aponévrose interptérygoïdienne, se continue avec la houle graisseuse de Bichat.

Rapports intrinsèques

La parotide entre en rapports avec de nombreux organes (artères, veines, nerfs, ganglions lymphatiques) contenus avec elle dans la loge parotidienne.


Les nerfs du ptérygoïdien interne du péristaphylin externe et du muscle interne du marteau sont représentés à tort comme naissant du ganglion otique.

I. - La carotide externe est le plus important des vaisseaux qui traversent la parotide. Cette artère chemine d'abord sous la glande; elle ne pénètre dans la loge qu'à la jonction du tiers inférieur et des deux tiers supérieurs de celle-ci et quelquefois plus haut encore. Elle passe entre le stylo-hyoïdien et le ligament stylo-maxillaire et pénètre dans la glande au niveau de la face postérieure de celle-ci.

Très profonde à son entrée dans la parotide, elle devient progressivement de plus en plus superficielle. Légèrement flexueuse, elle adhère au parenchyme glandulaire auquel elle est unie par de nombreux tractus fibreux et par les fins vaisseaux qu'elle lui fournit. Dans son trajet intraparotidien, la carotide fournit l'auriculaire postérieure. L'occipitale naît presque toujours hors de la loge ; elle peut cependant cheminer dans cette dernière; mais, même dans ce cas, il est rare qu'elle soit intra-glandulaire, étant placée d'ordinaire entre la parotide et la paroi postérieure de l'excavation.
C'est, en général, dans l'épaisseur même de la glande que la carotide se divise en ses deux branches terminales : temporale superficielle et maxillaire interne ; ces dernières sont donc intra-parotidiennes dans leur partie initiale; elles fournissent certaines de leurs branches au cours de leur traversée glandulaire, comme l'artère tympanique pour la maxillaire interne, la transverse de la face pour la temporale superficielle. Plus rarement la bifurcation peut se faire en dehors de la glande comme on le peut observer sur la coupe.
Dans certains cas, la carotide externe ne pénètre point dans la parotide et chemine dans une gouttière que lui forme la partie interne de la glande; au dire de Triquet (Nouvelles recherches d'anatomie et de pathologie sur la région parotidienne. Archives de médecine, 1852, t. XXXIX, p. 164) elle pourrait même rester complètement indépendante de la glande. Avec Sappey et Richet je regarde ces deux dispositions comme plus rares, et j'estime que, dans la majorité des cas, la carotide externe présente un segment intraparotidien, de longueur variable.

II - La carotide externe est accompagnée d'une ou deux veinules très grêles que je ne signalerais point si, récemment, Launay n'avait voulu les élever à la dignité de veines carotides externes. - Il existe dans la parotide un tronc veineux beaucoup plus important, la veine jugulaire externe. Celle-ci naît au niveau du col du condyle par la confluence des deux veines temporale superficielle et maxillaire interne. Elle se porte ensuite on bas et on dehors, présentant ainsi une obliquité inverse de celle de la carotide externe dont elle s'éloigne de plus en plus ; elle sort ordinairement de la loge par la partie profonde do sa paroi inférieure et, engainée par un dédoublement de l'aponévrose cervicale superficielle, gagne la face externe du sterno-mastoïdien. Dans sa traversée parotidienne, la jugulaire externe reçoit la veine auriculaire postérieure et des veinules parotidiennes et massétérines. Un peu avant de sortir de la logo, elle émet une forte anastomose qui traverse la bandelette maxillaire et va se jeter dans la veine faciale.

III. - Deux nerfs traversent la parotide : le facial et l'auriculo-temporal. - Le facial pénètre dans l'épaisseur de la parotide presque dès sa sortie du trou stylo- mastoïdien. Au moment où il s'engage dans la glande, il est très profondément placé et accompagné par l'artère stylo-mastoïdienne. A ce niveau, la carotide et la jugulaire sont plus superficielles que le facial. Mais, très oblique en bas et en dehors, le nerf devient rapidement de plus en plus superficiel et croise la face externe de la jugulaire. Là , en pleine parotide et ordinairement au niveau même du point où il croise la veine, le facial se divise en ses deux branches terminales. La branche temporo-faciale se ramifie également à l'intérieur de la glande et ses nombreux rameaux terminaux clivent la partie antérieure ou massétérine de la parotide en deux plans parfois assez distincts. La branche cervico-faciale descend en arrière du bord postérieur de la branche montante. Elle ne fournit aucun rameau dans son trajet parotidien. Elle sort de la loge au niveau de l'angle de la mâchoire en perforant la bandelette maxillaire. C'est dans l'épaisseur de la parotide que les deux branches terminales s'anastomosent l'une avec l'auriculo-temporal, l'autre avec le rameau auriculaire du plexus cervical.
D'après Triquet (loc. cit.) le facial pourrait cheminer sous la parotide, sans pénétrer dans son épaisseur. Cette disposition est absolument exceptionnelle. - Le spinal peut dans quelques cas très rares traverser la parotide. (Chrétien, article «Parotide » du Dic. Dechambre.)

L'auriculo-temporal, branche du maxillaire inférieur, pénètre dans la parotide par sa face antérieure au niveau du col du condyle. II se porte en haut, en arrière et en dehors, et émerge de la parotide près de la partie postérieure de l'arcade zygomatique qu'il croise en arrière des vaisseaux temporaux superficiels pour gagner avec eux la région temporale. Pendant sa traversée parotidienne, ce nerf émet, outre son anastomose avec la branche temporo-faciale, quelques filets articulaires, un rameau pour le conduit auditif externe, un rameau vasculaire pour l'artère temporale superficielle et enfin plusieurs rameaux glandulaires ordinairement assez volumineux.

IV. - La parotide est traversée par des vaisseaux lymphatiques qui aboutissent à des ganglions nombreux et petits. D'après Sappey. tous ces ganglions seraient sous-aponévrotiques. Merkel a vu des ganglions sus-aponévrotiques et je suis, pour ma part, très porté à admettre leur existence.
Il est néanmoins certain qu'ils sont moins nombreux et moins importants que les ganglions sous-aponévrotiques. On divise ceux-ci, suivant leur situation, en ganglions superficiels et en ganglions profonds. Les ganglions intra-parotidiens superficiels sont immédiatement placés au-dessous de l'aponévrose; quelques-uns, cependant, sont recouverts par quelques lobules glandulaires ; ils sont extrêmement petits et presque impossibles à découvrir lorsqu'on n'a pas injecté leurs vaisseaux afférents. Le plus constamment rencontré est le ganglion pré-auriculaire, situé en avant du tragus. Les ganglions superficiels reçoivent les lymphatiques : 1° de la moitié antérieure du cuir chevelu; 2° du sourcil et de la partie externe des paupières ; 3° des téguments de la pommette et de la région parotidienne; 4° du' pavillon de l'oreille (Sappey). Les ganglions profonds sont placés le long de la carotide externe et de la jugulaire, ils sont ordinairement au nombre de deux ou trois. Poulsen en a signalé un à l'insertion de la bandelette maxillaire sur le gognon. Ils reçoivent quelques troncs lymphatiques venant de la caisse du tympan et des fosses nasales.

Certains faits pathologiques tendraient à faire admettre qu'ils reçoivent également des lymphatiques de la partie postérieure des bords alvéolaires des maxillaires.

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