Les branches postérieures ou dorsales des nerfs mixtes sont destinées à la peau et à la musculature de toute la région postérieure du corps depuis l'occipital jusqu'à la pointe du coccyx. Leur nombre est égal à celui des nerfs rachidiens, on en compte donc 31 paires ; à part trois ou quatre exceptions, ces branches sont d'un diamètre très notablement inférieur à celui des branches antérieures ou ventrales. En général, elles tirent leur origine, au niveau de l'orifice externe du trou de conjugaison, du nerf mixte résultant de la fusion des racines antérieures et postérieures. Dans certains cas, qui ne sont pas rares d'ailleurs, on peut voir la branche postérieure, de même que la branche antérieure, se constituer par l’accolement de quelques faisceaux de fibres issus des deux racines ; il n'existe pas alors un véritable tronc radiculaire, puisque celui-ci se trouve décomposé en un nombre variable de petits troncs distincts.

Dans notre description, nous prendrons comme type la branche postérieure d'un nerf de la région thoracique. Cette branche, aussitôt après sa formation, se dirige en arrière, et passe entre les deux apophyses transverses des vertèbres qui limitent le trou de conjugaison par lequel sort le nerf rachidien qui lui a donné naissance. Dans cet espace, la branche postérieure se place contre la gouttière creusée à la base du pédicule qui supporte l'apophyse articulaire supérieure ; elle répond en dehors au ligament intertransversaire ou au ligament transverso-costal supérieur, et au muscle intertransversaire postérieur. L'orifice ainsi délimité, et par lequel la branche dorsale accompagnée de quelques vaisseaux très grêles pénètre dans la région postérieure du corps, est désigné par Cruveilhier sous le nom de trou de conjugaison postérieur. La branche postérieure arrive ensuite au contact des muscles qui remplissent les gouttières vertébrales, et chemine entre les cloisons celluleuses intermusculaires. Là, elle ne tarde pas à se diviser en deux rameaux contenant l'un et l'autre des fibres motrices et sensitives ; l'un, plus rapprochéde la ligne médiane, prend le nom de rameau interne, et l'autre, situé plus en dehors, celui de rameau externe. Le premier nerf cervical, le quatrième et le cinquième nerf sacré, et le nerf coccygien font exception et ne se partagent jamais en deux branches. Tandis que le rameau interne gagne le sommet des apophyses épineuses et se distribue en filets cutanés qui atteignent et dépassent même la ligne médiane dorsale, le rameau externe se dirige en dehors et donne ses branches terminales dans le prolongement des apophyses transverses. Parmi les filets cutanés fcMiniis par le rameau interne, il en est un plus volumineux que les autres, qui déerit une courbe concave en avant et en dehors, et qui va se perdre, par un trajet récurrent, dans la peau qui recouvre le territoire musculaire innervé par le rameau interne ; on le désigne sous le nom de filet récurrent du rameau interne ou simplement de rameau récurrent, cette disposition est particulièrement nette dans la région dorsale.

Le territoire de distribution sensitive des branches postérieures, étendu sans interruption du vertex au coccyx, peut, d'après Schwalbe, être circonscrit latéralement de la façon suivante par une ligne brisée assez régulière. Partie du vertex, cette ligne coupe en son milieu la ligne courbe occipitale supérieure, et suit le bord externedu trapèze juscprà l'acromion, d'où elle s'incline en dedans vers l'angle inférieur de la scapula. Elle descend alors, à peu près verticalement, jusqu'au grand trochanter, pour se diriger enfin vers la pointe du coccyx en décrivant, dans la région fessière, une courbe dont la concavité regarde en bas et en dehors. Ce territoire de distribution sensitive, superposé au territoire d'innervation musculaire, le déborde à l'origine des membres et au niveau de la région occipitale. À la racine du membre supérieui', les branches cutanées dorsales s'étendent en effet jusqu'à l'acromion, tandis que les muscles de la portion sous-jacente de la ceinture scapulaire sont innervés par des rameaux du |dcxus cervical et du plexus brachial. De même, à la naissance du membre inférieur, la partie supéro-interne delà fesse reçoit son innervation sensitive des branches postérieures, tandis que la musculature de cette région est tributaire du plexus sacré. Enfin, la zone cutanée comprise entre le vertex et la protubérance occipitale externe est innervée par les deuxième et troisième branches postérieures, et le muscle occipital, qu'elle recouvre, reçoit ses fibres motrices du facial.

Dans son ensemble, ce long territoire musculaire et cutané présente une disposition segmentaire assez nette (Head), troublée, il est vrai, dans la portion supérieure de la nuque, où les fibres du troisième nerf cervical se distribuent en dedans de celles du deuxième qui, elles, remontent jusqu'au sommet de la tète. Contrairement à la disposition ascendante des trois premières, les branches postérieures, à partir du septième nerf cervical, se dirigent nettement en bas et en dehors, de sorte que les fibres sensitives de la région dorsale supérieure proviennent des deux dernières paires cervicales. De même, les nerfs dorsaux inférieurs et les nerfs lombaires, très fortement inclinés j)ar rapport à la ligne médiane, vont se terminer bien au-dessous de leur point d'émergence, et débordent en dehors les nerfs sacrés dont les rameaux externes sont excessivement grêles.

C'est principalement sur le trajet des branches postérieures que l'on peut constater la présence de ganglions aberrants ; ceux-ci sont situés à des distances très variables du ganglion rachidien. Hyrtl, dès 1836, avait signalé leur existence sur les trois premières branches cervicales ; Cruveilhier en avait retrouvé sur les rameaux cutanés dans toute la région de la nuque, Hirschfeld, dans son atlas, en a également figuré quelques-uns sur les branches cutanées dorsales, au point où elles perforent le trapèze, mais il n'y fait aucune allusion dans le texte.

Description systématique des branches postérieures

Nous allons étudier successivent les branches postérieures des nerfs rachidiens en les groupant suivant les quatre régions de la face postérieure du corps, c'est-à-dire que nous les décrirons,

dans la région cervicale,

dans la région dorsale,

dans la région lombaire,

4° dans la région sacrée.

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