La paroi supérieure de la bouche est formée dans ses deux tiers antérieurs par la voûte palatine, dans son tiers postérieur par une portion du voile du palais. Nous ne nous occuperons ici que de la voûte palatine, le voile du palais devant être décrit plus loin à propos de la paroi postérieure.

Conformation extérieure.

La voûte palatine présente, sur le sujet revêtu de ses parties molles, la même configuration que sur le squelette (Ostéologie) : c’est une région en forme de fer à cheval, circonscrite en avant et sur les côtés par le rebord alvéolaire des deux maxillaires supérieurs.

Sur la ligne médiane, elle nous offre à considérer un raphé fibreux (10), dirigé d’avant en arrière et partageant la région en deux moitiés exactement symétriques. Ce raphé médian, plus ou moins marqué suivant les sujets, est tantôt en saillie, tantôt en creux. Quelquefois encore, il est sur le même plan que les parties qui l’avoisinent et ne se distingue alors de ces dernières que par sa coloration plus blanche. Il se termine à la partie antérieure par un petit tubercule, le tubercule palatin, arrondi ou ovalaire, qui répond à l’orifice inférieur du conduit palatin antérieur (11). Un même sillon, vestige du canal embryonnaire, cerne à droite et à gauche le tubercule palatin.

A droite et à gauche du raphé précité, la voûte palatine diffère d’aspect dans son tiers antérieur et dans ses deux tiers postérieurs. — Dans son tiers antérieur, elle est fort irrégulière : elle nous présente, en effet, tout un système de crêtes rugueuses transversales plus ou moins obliques, rectilignes ou arciformes, les crêtes palatines (12). — Dans ses deux tiers postérieurs, la voûte palatine est plus lisse, plus unie. On y observe, à l’aide d’une loupe, ou même à l’œil nu, des saillies ou papilles et, entre ces papilles, des orifices glandulaires, qui sont tantôt isolés, tantôt réunis par groupes.

La voûte palatine et l’arcade dentaire supérieure du côté droit.

1, incisives médianes. — 2, incisives latérales. — 3, canine. — 4, première prémolaire. — 5, deuxième prémolaire. — 6, première grosse molaire. — 7, deuxième grosse molaire. — 8, dent de sagesse. — 9, muqueuse de la voûte palatine, se continuant en arrière avec celle du voile du palais. — 10, son raphé médian. — 11, fossettes situées de chaque côté du raphé et criblées d’orifices glandulaires. — 12, crêtes palatines.

A sa partie postérieure, la voûte palatine se continue, sans ligne de démarcation extérieure bien tranchée, avec le voile du palais. Cependant la limite est tangible, perceptible avec le doigt ; à la consistance osseuse fait suite une consistance fibreuse, bien différente au doigt qui explore la voûte.

La longueur médiane, mesurée du collet de l’incisive médiane au bord tranchant de la voûte, est d’environ 50 millimètres. La largeur normale maxima, répondant aux dernières grosses molaires, est d’environ 45 millimètres. Il existe d’ailleurs de nombreuses variations au point de vue de la hauteur et de la largeur. Ces variations sont en relation

Voûte palatine de forme normale (coupe frontale demi-schématique, (T.-J.).

1, sinus maxillaire droit. — 2, sinus maxillaire gauche présentant un prolongement dans l’épaisseur de la voûte palatine ; la flèche mont re comment un empyème maxillaire peut, en pareil cas, s’ouvrir à la voûte du palais. — 3, fosse nasale droite. — 4, cloison des fosses nasales.

Voûte palatine ogivale (coupe frontale demi-schématique) (T.-J.).

1, sinus maxillaire. — 2, fosse nasale gauche. — 3, cloison des fosses nasales déviée et présentant un éperon.

avec la constitution des fosses nasales. Aux fosses nasales étroites correspond une voûte rétrécie et très cintrée, la voûte ogivale. Cette forme correspond à un nez aplati transversalement. L’arcade dentaire forme alors un fer à cheval à courbe serrée.

On sait aussi que la voûte palatine, formée chez l’embryon par deux lames, droite et gauche, distinctes, est souvent le siège de fissurations ou de divisions (bec-de- lièvre complexe).

Constitution anatomique.

La voûte palatine se compose de trois couches, qui sont, en allant de haut en bas : une couche osseuse, une couche glanduleuse et une couche muqueuse.

Couche osseuse

La charpente de la voûte palatine, lisse du côté nasal, où elle est revêtue par la muqueuse nasale, est rugueuse du côté buccal. Nous l’avons décrite en Ostéo- logie. Rappelons qu’elle est constituée par les apophyses horizontales du maxillaire supérieur, soudées aux lames horizontales des deux palatins. Au niveau des angles postéro-latéraux de la voûte s’ouvrent les trous palatins postérieurs, sur la ligne médiane et en avant le trou palatin antérieur. Rappelons encore que la portion de la voûte qui répond à la suture médiane se soulève souvent en un bourrelet antéro-postérieur, le torus palatinus (4).

 

Voûte palatine, torus palatinus (d’après Stieda).

1, trou palatin antérieur. — 2, trou palatin postérieur. — 3, épine nasale postérieure. — 4, torus palatinus.

Rappelons encore que le sinus maxillaire envoie parfois un prolongement dans les parties latérales do la voûte osseuse.

Région palatine (T.-J.).

La muqueuse palatine a été sectionnée sur la ligne médiane et rabattue à droite et à gauche en deux volets. On n’a conservé que celui du côté gauche. Celui du côté droit a été réséqué. Sur ce même côté, on a enlevé la couche glanduleuse pour bien dégager le plan profond avec les vaisseaux et les nerfs.

1 muqueuse rabattue en dehors. — 2, couche glanduleuse. — 3, voûte palatine. — 4, crochet de 1 apophyse ptérygoïde. — 5, muscle glosso-staphylin. — 6, amygdale palatine. — 7, luette. — 8, voile du palais. 9, artère palatine supérieure. — 10, nerf palatin supérieur. — 11, trou palatin antérieur, par où sort la portion terminale des vaisseaux et nerfs sphéno-palatins pour venir s’anastomoser avec les vaisseaux et nerfs palatins supérieurs. — 12, palatine ascendante. — 13, joue. — 14, masséter. — 15, langue.

Le périoste qui revêt cette voûte se détache assez facilement en dehors des sutures. Par contre, la muqueuse, que nous allons étudier dans un instant, y adhère solidement.

Couche muqueuse

La muqueuse palatine, d’une coloration blanchâtre ou blanc rosé, recouvre la région dans toute son étendue. Elle est très épaisse, surtout en avant. Elle est remarquable à la fois par sa résistance et par son adhérence au périoste sous-jacent, là où les deux membranes sont en contact immédiat. Cette adhérence est tellement intime qu’on ne peut séparer les deux membranes l’une de l’autre que par une dissection tout à fait artificielle. Mais, en incisant ensemble muqueuse et périoste, et en séparant celui-ci du plan osseux à l’aide de la rugine, on obtient un plan solide et résistant, sur lequel peuvent s’appuyer les points de suture destinés à combler une brèche congénitale de la voûte.

Couche glanduleuse

La couche glanduleuse est formée par deux amas de glandes, les glandes 'palatines, qui se trouvent situées de chaque côté de la ligne médiane, entre la muqueuse palatine et le périoste sus-jacent (2). Ce sont des glandes en grappe dont le canal excréteur vient s’ouvrir, après un trajet vertical ou plus ou moins oblique, à la surface libre de la muqueuse.

Ces glandes présentent leur maximum de développement à la partie postérieure de la région, où on les voit superposées en plusieurs couches. Elles deviennent de moins en moins nombreuses au fur et à mesure qu’on se porte en avant et disparaissent ordinairement au niveau d’une ligne horizontale passant par les deux canines. La portion antérieure de la voûte palatine, celle qui répond aux incisives, en est donc dépourvue.

Vaisseaux et nerfs.

Artères

Les artères de la voûte palatine proviennent de la sphéno-palatine et surtout de la palatine supérieure ou descendante, branches de la maxillaire interne.

La palatine supérieure, la plus importante des deux, descend dans le conduit palatin postérieur, en compagnie du nerf palatin antérieur. Arrivée à la voûte palatine, elle se divise en deux ordres de rameaux : les uns se dirigent en arrière et sont peu volumineux, tandis que les autres, plus importants, s’acheminent à la partie antérieure de la voûte. L’un de ces rameaux, souvent assez développé, mérite alors le nom d 'artère palatine antérieure. Ce vaisseau court, à quelques millimètres en dedans au bord alvéolaire, au contact même du squelette, dans la couche profonde de la muqueuse. Lorsque le chirurgien détache les lambeaux muqueux destinés à combler une perforation du voile, il doit avoir soin d’inciser la muqueuse le plus près possible du bord gingival, afin de respecter ce vaisseau nourricier du lambeau décollé.

La seconde artère, la sphéno-palatine, est beaucoup moins importante ; elle arrive à la voûte palatine par le conduit palatin antérieur et se termine dans la partie antérieure de la région en s’anastomosant avec les rameaux de la palatine supérieure.

Veines

Les veines suivent le même trajet que les artères, mais en sens inverse : les unes, s’engageant dans le conduit palatin postérieur, remontent dans la fosse ptérygo- maxillaire, pour aboutir ensuite au plexus ptérygoïdien ; les autres traversent de bas en haut le conduit palatin antérieur et viennent se réunir aux veines antérieures de la muqueuse nasale.

Lymphatiques

Les lymphatiques forment sur la muqueuse un riche réseau, qui se continue, d’une part, avec le réseau des gencives, d’autre part, avec celui du voile du palais. Les canaux qui en naissent se dirigent en arrière, passent entre l’amygdale et le pilier postérieur du voile du palais et, finalement, viennent se jeter dans les ganglions qui sont placés sur la jugulaire interne {chaîne jugulaire interne ), un peu au-dessous du ventre postérieur du digastrique.

Nerfs

Les nerfs, exclusivement sensitifs et vasculaires, sont fournis par le palatin antérieur et par le sphéno-palatin interne, deux branches du ganglion sphéno-palatin (voy. Névrologie). Le premier arrive à la voûte palatine parle conduit palatin postérieur, le second par le conduit palatin antérieur (voy. Voile du palais).

Ils s’anastomosent entre eux dans le tiers antérieur de la région et se distribuent à la fois aux éléments propres de la muqueuse (filets sensitifs) et aux glandes (filets sécréteurs).

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