A l’étude de la conformation extérieure des artères se rapportent leur forme et leur calibre, leur direction, leur situation et leurs rapports, leurs anastomoses, leurs anomalies, leur mode de terminaison.

Forme et calibre

Toutes les artères, les plus grêles comme les plus volumineuses, sont cylindriques, et leur diamètre ne varie pas pour un segment quelconque compris entre deux collatérales voisines. Par contre, ce même diamètre diminue immédiatement après le départ d’une collatérale et, de nouveau, il reste fixe jusqu’à l’émergence d’une nouvelle branche.

Les artères, considérées isolément, diminuent donc de calibre au fur et à mesure qu’elles s’éloignent de leur point d’origine. Mais on ne saurait dire, toutefois, que chacune d’elles ressemble à un cône tronqué. Les artères se composent, comme l’a écrit Bichat, d’une série de cylindres placés à la suite les uns des autres et allant en décroissant du cœur vers les capillaires. Le point d’union de ces différents cylindres correspond toujours, on le conçoit, à l’émergence d’une ou de plusieurs collatérales.

Au point de vue de leur calibre, nous diviserons, avec Henlé, les artères en six groupes, savoir :

1er GROUPE

Artères de 8 mm de diamètre.

Ex. : Carotide primitive.

2e GROUPE

Artères de 6 mm de diamètre.

Ex. : Humérale.

3e GROUPE

Artères de 5 mm de diamètre.

Ex. : Cubitale.

4e GROUPE

Artères de 3,5 mm de diamètre.

Ex. : Linguale.

5e GROUPE

Artères de 2 mm de diamètre.

Ex. : Auriculaire postérieure.

6e GROUPE

Artères de 1,5 mm de diamètre.

Ex. : Sus-orbitaire.

 

Direction

On peut établir en principe que les artères volumineuses suivent d’ordinaire un trajet parallèle au grand diamètre des régions qu’elles traversent et auxquelles elles sont destinées. Les artères des membres, celles du cou, celles des espaces intercostaux nous en offrent des exemples très nets. Quant aux petites artères, elles affectent des directions plus irrégulières, variables pour ainsi dire avec chacune d’elles.

Les artères sont généralement rectilignes : elles suivent ainsi le chemin le plus court pour atteindre les territoires organiques auxquels elles se distribuent. Il en est un certain nombre cependant qui, au cours de leur trajet, présentent une ou plusieurs courbures : telles sont la thyroïdienne inférieure, la carotide interne et la vertébrale.

On rencontre, enfin, des artères qui sont flexueuses dans toute l’étendue de leur trajet : ce sont celles qui se rendent à des organes susceptibles de se déplacer, comme la rate, ou de subir des alternatives de dilatation et de resserrement, comme l’estomac, les intestins, le cœur, l’utérus, etc.

A côté de ces flexuosités, que l’on pourrait appeler 'physiologiques, il convient de placer les flexuosités acquises ou séniles, que l’on rencontre chez les vieillards et qui sont la conséquence d’une altération histologique des artères. A l’état normal, toutes les fois que le ventricule gauche se contracte et chasse brusquement son contenu dans l’arbre aortique, les artères se dilatent pour recevoir l’ondée sanguine : puis elles reviennent peu à peu sur elles-mêmes par le fait de leur élasticité, qui écoule leur contenu vers les réseaux capillaires. Mais il n’en est pas de même chez le vieillard : à cet âge, les tuniques artérielles s’altèrent et leur élasticité, comme conséquence de cette altération, s’atténue ou même disparaît complètement. Dès lors, les modifications de calibre imprimées à l’artère par la systole cardiaque tendent peu à peu à devenir persistantes. En même temps qu’elle se dilate, cette artère s’allonge et, comme la distance est toujours la même entre son point d’origine et son point de terminaison, elle est bien forcée de s’infléchir, de se courber alternativement dans un sens ou dans l’autre. Tel est le mécanisme en vertu duquel se produisent les flexuosités séniles des canaux artériels. Ces flexuosités séniles se remarquent de préférence sur la temporale superficielle et ses branches, sur l’humérale, sur la radiale, etc.

Situation générale

Les artères s’abritent profondément, soit dans les cavités viscérales, soit dans l’épaisseur des parties molles.

Quelques-unes seulement, dites superficielles ou sous-cutanées, cheminent au-dessous des téguments, telles les artères frontale, pariétale et occipitale qui se ramifient au-dessous du cuir chevelu ; la sous-cutanée abdominale qui, de la fémorale, remonte sur l’abdomen en cheminant dans le tissu cellulaire sous-cutané ; l’artère honteuse externe supérieure, autre branche de la fémorale, qui se rend au scrotum chez l’homme et aux grandes lèvres chez la femme, etc.

Anormalement, certaines artères, qui sont situées d’ordinaire au-dessous de l’aponévrose, abandonnent ces régions profondes pour suivre un trajet superficiel. Telle est la cubitale, qui, au lieu de passer au-dessous des muscles sus-épitrochléens, passe parfois (cubitale superficielle) au-dessus de ces muscles, immédiatement au-dessous de la peau. Comme exemple d’artère superficielle anormale, nous citerons encore Y artère saphène interne, qui, quand elle existe, naît de la fémorale et descend sur le côté interne de la jambe jusqu’à la malléole interne.

Rapports

Les artères, au niveau de leur origine ou au cours de leur trajet, présentent des rapports importants avec les os, les muscles, les articulations, la peau, les veines et les nerfs : 

  1. Avec les os. — Les artères se rapprochent plus ou moins des os. Tantôt elles en restent séparées par un plan musculaire plus ou moins mince : telle est l’humérale, qui descend sur le brachial antérieur. Tantôt elles reposent immédiatement sur l’os et lui impriment des traces de leur passage (empreintes artérielles) : telle est l’aorte, qui détermine la gouttière latérale de la colonne vertébrale ; telle est la sous-clavière, qui se creuse un sillon sur la face supérieure de la première côte, etc. Dans d’autres cas, les artères traversent les pièces du squelette, en se creusant en pleine substance osseuse un simple orifice ou un canal plus ou moins long ; telle la méningée moyenne, qui passe par le trou grand rond ; la carotide interne, qui traverse le rocher.
  2. Avec les articulations. — Sur les membres, l’artère principale se trouve sur la surface de flexion et se détourne même parfois de sa direction première pour venir occuper cette surface. C’est ainsi que nous voyons l’humérale, qui chemine sur le côté interne du bras, s’infléchir en dehors pour gagner le milieu du pli du coude ; au membre inférieur, nous voyons encore la fémorale contourner le fémur, pour venir s’abriter dans le creux poplité. De la surface de flexion qu’elle occupe, l’artère envoie d’ordinaire vers la surface d’extension de nombreuses branches, transversales ou obliques, qui se ramifient et s’anastomosent : tels sont les réseaux que forment T humérale et la poplitée, la première à la face postérieure du coude, la seconde à la face antérieure du genou.
  3. Avec les muscles. — Les artères, cheminant dans les interstices des différents groupes musculaires, sont pour ainsi dire entourées de muscles sur tout leur pourtour. Parmi ces muscles, il en est un généralement qui présente avec le vaisseau des rapports plus immédiats ou plus étendus : on l’appelle son muscle satellite, tel le sterno-cléido-mastoïdien, muscle satellite de la carotide primitive ; tel le biceps, satellite de l’humérale, etc. Les muscles satellites sont superficiels et forment à la surface cutanée un relief toujours facile à délimiter. Ils fournissent, en médecine opératoire, des indications précieuses sur la situation des vaisseaux et servent ainsi de point de repère dans la pratique des opérations de ligature.

Il est des cas où les artères sont obligées, pour passer d’une région dans une autre, de traverser des muscles. Le passage du vaisseau en plein tissu musculaire pourrait avoir, en mécanique circulatoire, des inconvénients graves : à chaque contraction du muscle, en effet, le vaisseau serait fatalement comprimé et, par suite, la circulation gênée ou même interrompue. Aussi trouvons-nous, en pareil cas, une disposition anatomique toute spéciale que l’on peut schématiser comme suit : une bandelette fibreuse, en forme d’arcade, s’attache par ses deux extrémités sur une surface soit osseuse, soit aponévrotique ; par son bord concave, cette bandelette répond à l’artère, à laquelle elle s’unit par de simples tractus conjonctifs ; par son bord convexe, elle donne naissance aux faisceaux du muscle. Ainsi, l’artère se trouve soustraite à l’influence de la contraction musculaire.

  1. Avec la peau. — Les artères superficielles cheminant dans le tissu cellulaire sous- cutané sont placées immédiatement au-dessous de la peau, qu’elles soulèvent à leur niveau, se traduisant ainsi à l’extérieur sous forme de reliefs plus ou moins visibles (ex. les artères frontale et pariétale).
  2. Avec les veines. — Les artères s’accolent aux veines correspondantes. A l’exception des gros troncs artériels (aorte, sous-clavière, axillaire, fémorale), qu’accompagne une seule veine, chaque artère chemine généralement en compagnie de deux veines qui sont dites ses veines satellites. De ces deux veines satellites, l’une est interne ou antérieure, l’autre externe ou postérieure ; l’artère est toujours placée entre les deux.
  3. Avec les nerfs. — A l’artère et à ses veines satellites vient s’ajouter très fréquemment un cordon nerveux. Il en résulte ce qu’en anatomie topographique on appelle un paquet vasculo-nerveux : tel est le paquet vasculo-nerveux du bras, qui longe 

le bord interne du biceps et que constituent l’artère humérale, les deux veines humérales et le nerf médian, tous organes qui, jusqu’au coude, suivent exactement le même trajet; tel est le paquet vasculo-nerveux situé à la face postérieure de la jambe, constitué par l’artère, les veines et le nerf tibiaux postérieurs. Un tissu cellulaire plus ou moins dense unit l’un à l’autre les différents éléments qui entrent dans la constitution du paquet vasculo-nerveux ; quant au paquet lui-même, il est souvent entouré par une enveloppe ou gaine fibreuse qui se confond avec les aponévroses voisines. Rappelons, comme exemples d’une pareille disposition : la gaine des vaisseaux du cou, qui renferme la carotide primitive, la jugulaire interne et le pneumogastrique ; la gaine des vaisseaux fémoraux, dans laquelle cheminent côte à côte l’artère fémorale, la veine homonyme et le nerf saphène interne. C’est une loi générale que les vaisseaux densifient autour d’eux le tissu cellulaire qui les entoure, le soulèvent, ou l’organisent en cloisons plus ou moins faciles à individualiser ; ces formations sont évidentes dans les régions où le tissu cellulaire est abondant, où les vaisseaux sont nombreux et développés.

La gaine hypogastrique, développée autour des branches pelviennes de l’artère iliaque interne, est un exemple typique de cette loi générale.

Un certain nombre de cordons nerveux servent de support à des branches artérielles, qui les accompagnent sur une partie plus ou moins grande de leur parcours et se distribuent à leurs divers éléments. De ces artères nourricières des nerfs, les plus importantes sont l’artère du nerf médian et l’artère du nerf sciatique, que nous décrirons plus loin

Par contre, les artères, au cours de leur trajet, reçoivent des cordons nerveux périphériques un certain nombre de rameaux, ordinairement très grêles, qui se distribuent à leurs différentes tuniques. Ces nerfs vasculaires (nervi vasorum), à peine mentionnés par les classiques anciens, sont pourtant fort nombreux. Il est facile de les constater sur toutes les artères de gros et de moyen calibre.

Anastomoses artério-artérielles

Au cours de leur trajet, les artères communiquent fréquemment entre elles : ces communications ont reçu le nom d’anastomoses. Par extension, on donne encore le nom d’anastomoses ou de branche anastomotique au vaisseau qui relie ainsi l’une à l’autre deux artères voisines.

Différentes variétés d'anastomoses. — On décrit habituellement trois variétés d’anastomoses, savoir : l’anastomose par inosculation, l’anastomose transversale et l’anastomose par convergence. — JJ anastomose par inosculation est celle dans laquelle deux branches s’infléchissent l’une vers l’autre et se réunissent à plein canal, en constituant une arcade. Les deux gastro-épiploïques, droite et gauche, s’anastomosent par inosculation le long de la grande courbure de l’estomac (A). C’est encore par inosculation

 

L’anneau du soléaire, vue postérieure (côté droit).

1, muscle poplité, revêtu de son aponévrose. — 2, muscle soléaire. — 3, arcade du soléaire. — 4, 4', artères et veines poplitées (sur ce sujet, la veine poplitée, à sa partie inférieure, était double). — 5, artère et veines tibiales postérieures. — 6, artère et veines péronières (sur ce sujet, le tronc tibio-péronier était extrêmement court). — 7, nerf sciatique poplité interne. — 8, nerf tibial postérieur.

que s’anastomosent ensemble la faciale et la nasale, la cubitale et la radio-palmaire, la cubito-palmaire et la radiale, les coronaires des lèvres, etc. — L 'anastomose transversale est constituée par un vaisseau généralement très court, réunissant deux artères à peu près parallèles et s’implantant perpendiculairement sur chacune d’elles. Un exemple de cette variété d’anastomoses nous est fourni par la communicante antérieure, qui unit

 Coupe transversale du bras au tiers inférieur (bras droit, segment supérieur de la coupe).

H, humérus. —1,1% aponévrose brachiale. — 2, cloison inter musculaire externe. — 3, cloison intermusculaire interne. — 4, biceps. — 5, brachial antérieur. — 6, triceps. — 7, artère humérale et ses deux veines. — 8, nerf médian. — 9, nerf cubital. — 9% artère collatérale interne supérieure. — 10, nerf musculo-cutané. — 11, nerf radial. — 12, artère humérale profonde. — 13, veine basilique. — 14, nerf brachial cutané interne. — 15, nerf accessoire du brachial cutané interne. — 10, veine céphalique.

l’une à l’autre, sous le genou du corps calleux, les deux artères cérébrales antérieures (B). On rencontre encore des anastomoses transversales entre la radiale et la cubitale au niveau du poignet, entre la tibiale postérieure et la péronière à la face postérieure de la jambe. — l'anastomose 'par convergence est celle dans laquelle deux artères marchent obliquement l’une vers l’autre et se réunissent pour donner naissance à un seul tronc. C’est ainsi que les deux artères vertébrales se fusionnent en entrant dans le crâne, pour former le tronc basilaire (C).

A ces trois variétés, il convient d’en ajouter une quatrième, que l’on pourrait appeler anastomose longitudinale et qui est constituée comme suit : une artère se divise, au cours de son trajet, en deux branches ; ces deux branches suivent pendant quelque temps une direction à peu près parallèle, cheminant même quelquefois côte à côte ; puis, brusquement, elles se réunissent de nouveau pour reconstituer le tronc dont elles émanent, interceptant entre elles un espace elliptique ou ovalaire (D). Dans ce cas de division et de reconstitution d’un tronc, l’une des branches de bifurcation est parfois beaucoup plus petite que l’autre ; on lui donne alors le nom de vas aberrans (artère aberrante) et on peut la considérer comme une simple collatérale qui, au lieu de se distribuer à un territoire organique déterminé, rejoint après un certain temps, le tronc générateur ou l’une de ses branches : sur la figure, (E) nous représente un vas aberrans qui part de l’humérale et vient se jeter dans la radiale.

Plexus artériels. — Les anastomoses artérielles, relativement rares entre les troncs, 

Variétés d’anastomoses artérielles.

A, anastomoses par inosculation. — B. anastomose transversale. — C, anastomose par convergence. — D, anastomose longitudinale. — E, anastomose par vas aberrans.

 

se multiplient au fur et à mesure qu’on se rapproche des capillaires : elles constituent ainsi de véritables réseaux ou 'plexus, dont les mailles, plus ou moins larges et toujours irrégulières, ne sauraient se prêter à une description générale.

Pôle des anastomoses. — Toutes ces anastomoses ont pour effet, on le conçoit, d’associer plusieurs artères dans l’irrigation d’un même territoire : d’où cette conséquence que ces artères peuvent se suppléer mutuellement et que l’une d’elles peut cesser alors d’être perméable sans que le territoire en question ait à en souffrir. C’est ce qui justifie l’opération de la ligature pratiquée par des chirurgiens, soit comme moyen d’hémostase, soit comme méthode thérapeutique. 

Réseaux admirables. — Dans certains cas, on voit quelques artères se résoudre brusquement en une multitude de fines artérioles, lesquelles se groupent et s’anastomosent d’une façon toujours fort complexe, puis se réunissent de nouveau pour reconstituer le tronc générateur. Une pareille disposition est connue, en anatomie comparée, sous le nom de réseau admirable. C’est ainsi que, dans quelques espèces animales, la carotide interne et l’ophtalmique, forment chacune un réseau admirable : ces deux réseaux admirables carotidien et ophtalmique, absents chez l’homme et chez les singes, sont très développés chez les ruminants, notamment chez le veau et chez le mouton.

Anastomoses artérioveineuses

Ces anastomoses sont de deux ordres : les unes, de fort calibre, macroscopiques ; les autres, de fin calibre, microscopiques.

Anastomoses artérioveineuses macroscopiques. — Ces anastomoses, trouvées par Debierre et Girard (1895), sont assez exceptionnelles. Testut a pu cependant les constater en étudiant la circulation cérébrale.

Anastomoses artérioveineuses microscopiques. — Découvertes par Sucquet (1862) (canaux dérivatifs de Sucquet), étudiées par Hoyer, par Bourceret, elles ont fait l’objet de travaux récents de Masson (1924-1935), qui leur donne le nom de glomus neuro-vasculaire, de Grant et Bland, de Clarke, auteurs qui démontrent qu’on peut les voir in vivo sur l’oreille du lapin, de Havlicek et de Spanner (1934-1935), qui les découvrent hors des téguments (rein, intestin, etc...), enfin de Et. Curtillet (1939).

Ces anastomoses artérioveineuses sont nombreuses dans les téguments (en moyenne 40 sur une lucarne de 17 millimètres de diamètre). L’anastomose est contournée en boucle, en anse. Elle comprend trois segments : artériel, intermédiaire ou anastomotique, veineux. Les dimensions du vaisseau artériel sont variables ; son calibre peut varier de 30 a à 200 µ, celui de l’anastomose de 30 µ à 35 µ, celui de la veine est plus régulier, de 100 µ à 120 µ.

Ces formations ont le 'pouvoir de se contracter jusqu'à fermeture complète et de s'ouvrir alternativement avec une rapidité déconcertante (Curtillet). Ces anastomoses sont des « organites » fonctionnellement autonomes, vis-à-vis des artérioles et des veinules. Sans nul doute, elles jouent des rôles importants : régulateurs thermiques, régulateurs de la circulation au niveau des corpuscules tactiles où ils sont très abondants (Masson), régulateurs de la circulation veineuse périphérique (Schumaker), enfin rôle d’une « soupape de sûreté » (Tourmade et Curtillet) quand se produisent des à-coups hypertensifs.

Anomalies artérielles

Comme les muscles, les artères s’écartent très souvent des descriptions classiques. Elles peuvent varier dans leur origine, dans leur volume, dans leur trajet, dans leurs rapports, dans leur mode de ramescence et même dans leur mode de terminaison ; car nous ne pouvons admettre cette assertion, émise par Cruveilhier et reproduite plus tard par Sappey, à savoir : que les variétés des artères c n’ont jamais trait à leur terminaison ». L’artère radiale, qui descend d’ordinaire jusqu’à la main, s’arrête sur un sujet à la partie moyenne de l’avant-bras ; la fémorale, qui contourne le fémur pour former l’artère poplitée, s’arrête dans un cas à la face antérieure de la cuisse sans présenter avec la poplitée aucune relation ; ne sont-ce pas là des anomalies de terminaison ? Ne nous offre-t-elle pas encore une anomalie de terminaison, cette carotide primitive qui, au lieu de se diviser à la hauteur du cartilage thyroïde en carotide interne et carotide externe, ne subit aucune bifurcation et abandonne successivement dans son trajet les différentes branches qui naissent d’ordinaire de la carotide externe ? Les anomalies de terminaison, pour les artères, existent donc bien réellement.

A quelque variété morphologique qu’elles appartiennent, les anomalies artérielles seraient dues, d’après Sappey, à deux causes principales :

1° à un excès ou à un défaut de convergence ;

2° à un renversement de volume. Ces termes sont suffisamment explicites par eux-mêmes pour n’avoir pas besoin de définition ; nous nous contenterons de les éclairer par quelques exemples. — Les artères radiale et cubitale se réunissent d’ordinaire au pli du coude pour former un tronc unique, l’artère humérale. Mais cette disposition, qui est pour ainsi dire la règle, souffre quelques exceptions : on a vu les deux vaisseaux en question se rejoindre à la partie moyenne de l’avant-bras ; comme aussi l’on voit cette réunion s’effectuer au-dessus du coude, soit à la partie moyenne du bras, soit dans l’aisselle. Dans le premier cas, les deux artères convergent l’une vers l’autre plus tôt que d’habitude : elles constituent une anomalie par défaut de convergence. Dans le second cas, elles convergent plus tard : il y a anomalie par excès de convergence. On pourrait substituer avantageusement à ces dénominations celles d’anomalies par division tardive et d’anomalies par division prématurée, qui sont à la fois tout aussi simples et beaucoup plus expressives. — L’anomalie par renversement de volume repose sur ce fait que, la masse de sang qui se rend à une partie du corps étant toujours la même, l’une des artères qui se rend à cette partie ne peut augmenter de volume, sans que l’autre no subisse une diminution proportionnelle, et vice versa.

Quelle est la signification exacte des anomalies artérielles ? Il est difficile de se prononcer. Quoi qu’il en soit, les anomalies artérielles comme celles des muscles ne sont pas en nombre infini. Il existe pour chaque artère des variétés d’anomalies en nombre restreint et que l’on peut classer ou sérier. C’est ainsi que la division précoce de l’artère humérale a son origine en deux artères, dont l’une, nouvelle, la brachiale superficielle, et dont l’autre, l 'humérale proprement dite, est la variété la plus extrême d’une série qui aboutit d’autre part au type normal de la division de l’humérale au pli du coude, en radiale et cubitale. L’espèce brachiale superficielle comprendra donc un certain nombre de variétés en nombre limité, et rentrant dans le même cadre. — Il en sera de même pour l’espèce a cubitale superficielle », etc. En un mot, l’anomalie artérielle n’apparaît jamais comme une sorte de caprice inattendu. Aussi estimons-nous que la cause des anomalies artérielles doit être surtout recherchée dans les phénomènes hydromécaniques du développement embryonnaire. On peut concevoir que tel capillaire du réseau primitif, pour des questions d’angulation, de situation, par rapport à l’impulsion sanguine venant du cœur, deviendra prépondérant plutôt que tel autre. On peut concevoir aussi un trouble dans le synchronisme normal du développement des organes, de telle sorte qu’un vaisseau se développera particulièrement pour irriguer un organe développé plus tôt que d’habitude, ou inversement qu’un organe plus tardivement différencié entraînera un trouble dans le dispositif habituel de la vascularisation.

Mais ce sont là des hypothèses qui ne sont pas encore résolues. 

Terminaison des artères

Les artères, avons-nous dit plus haut, se résolvent, au fur et à mesure qu’elles s’éloignent de leur point d’origine, en des rameaux de plus en plus nombreux et de plus en plus grêles. Ces rameaux de terminaison présentent dans leur trajet, dans leurs anastomoses, dans leur mode de ramescence et de groupement, des dispositions souvent fort dissemblables, depuis les réseaux si variés des circulations viscérales, jusqu’au glomérule du rein, aux artères terminales des centres nerveux, aux artères hélicines de l’utérus, etc. Finalement, les artères aboutissent aux capillaires, qui les relient au système veineux et auxquels nous consacrerons un chapitre spécial (voir Capillaires).

 

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Chaque QCM a au moins une proposition juste, et au moins une fausse. (y compris la proposition E) Chaque QCM n'a qu'une seule et unique combinaison correcte.
Ostéologie de l'épaule 2, la clavicule
Chaque QCM a au moins une proposition juste, et au moins une fausse. (y compris la proposition E) Chaque QCM n'a qu'une seule et unique combinaison correcte.
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