L'artère épigastrique (Syn. A. epigastrica inf. s. int. Untere Bauchdeckenpulsader ; Anglais : Epigastric artery) naît sur le côté antéro-interne de l'artère iliaque externe, a 8 ou 10 mm au-dessus de l'arcade crurale. Elle se dirige d'abord en bas et en dedans, parallèlement à l'arcade crurale, se recourbe de bas en haut et d'arrière en avant, pour monter sur la face postérieure du muscle grand droit de l'abdomen elle pénètre ensuite dans la gaine de ce muscle, au niveau de l'arcade de Douglas, entre dans l'épaisseur du muscle lui-même et se termine au niveau de l'ombilic en s'anastomosant avec l'artère mammaire interne.

 

Rapports

Au point de vue de ses rapports, on peut décrire à l'épigastrique deux portions, une portion initiale, curviligne, et une portion ascendante. Dans sa portion initiale, l'artère épigastrique décrit une courbe dont la concavité regarde en haut et en dehors. Cette concavité encadre en bas et en dedans l'orifice péritonéal du canal inguinal, embrassant le canal déférent, chez l'homme, le ligament rond chez la femme. La convexité de la courbe artérielle répond à la face supérieure de la veine iliaque externe en arrière et à l'arcade crurale en avant; elle reste toujours à 2 à 3 mm au-dessus de l'arcade. Le rayon de courbure est d'autant plus court que l'artère naît plus bas.

Dans sa portion ascendante, l'épigastrique croise d'abord la face postérieure du trajet inguinal. A ce niveau, elle répond en arrière au péritoine qu'elle soulève en une légère saillie, qui indique la limite entre la fossette inguinale moyenne et la fossette inguinale externe.

En avant, elle répond au fascia transversalis qui ferme en arrière le trajet inguinal. Sa situation exacte est d'ailleurs discutée. En France, on admet généralement que l'artère est immédiatement située en dedans de l'orifice péritonéal du canal inguinal. Pour d'autres au contraire, comme His (Archiv f. Anat and Phys., 1895), l'artère cheminerait notablement en dedans de cet orifice, à égale distance des ligaments de Henle et d'Hesselbach. Elle répondrait par conséquent au point faible de la paroi postérieure du canal inguinal. La limite des fossettes inguinales moyenne et externe serait formée par la saillie du ligament d'Hesselbach et l'artère occuperait la partie médiane de la fossette moyenne (fossa inter fovealis de His). La vérité est que l'épigastrique répond, le plus souvent, à l'orifice péritonéal du trajet inguinal, et limite la partie interne du pourtour de cet orifice; exceptionnellement, l'artère est plus en dedans et répond alors à la face postérieure du trajet inguinal.

Au-dessus, l'artère, toujours sous-péritonéale, est appliquée sur le bord externe puis la face postérieure du muscle droit; enfin, elle se porte de plus en plus en dedans, s'engage sous l'arcade de Douglas et pénètre dans la gaine du muscle droit. Dois-je rappeler ici que les anatomistes amateurs des causes finales, si commodes, font de ces arcades un appareil de protection pour les vaisseaux épigastriques, assertion sans ombre de fondement. Parvenue dans la gaine, l'artère chemine pendant un certain temps entre cette dernière et le corps charnu, puis pénètre dans l'épaisseur de ce dernier. L'épigastrique est accompagnée de deux veines.

Artère épigastrique.

Branches collatérales.

Dans son trajet, l'artère épigastrique fournit plusieurs collatérales.

 

L'artère funiculaire (Acussere Samenplsader ; A. cremasteria de Cooper ; spermatica externa)

L'artère funiculaire naît de la crosse épigastrique, pénètre dans le canal inguinal, le plus souvent par un petit orifice particulier, et chemine sur la paroi postérieure de ce canal, en arrière du ligament rond et des éléments du cordon spermatique. Elle est placée en dehors de l'enveloppe fibreuse de ce dernier. Chez l'homme, l'artère funiculaire se distribue au crémaster et aux enveloppes du cordon, elle s'anastomose avec l'artère spermatique et l'artère déférentielle. Chez la femme, l'artère, très réduite, se perd dans l'épaisseur des grandes lèvres, où elle' s'anastomose avec les terminaisons de l'artère honteuse interne.

Le rameau anastomotique avec l'obturatrice

Il se détache à quelques millimètres en dedans de l'origine de l'artère funiculaire quelquefois par un tronc commun avec le rameau rétro-pubien, et se porte en bas et en dedans, appliqué d'abord sur la paroi postérieure du canal inguinal et le ligament de Gimbernat, puis sur la branche horizontale du pubis, sur la face postérieure de laquelle il se ramifie et s'anastomose avec un rameau ascendant émané de l'artère obturatrice.

Un rameau rétro-pubien

Il se détache de l'artère dans sa portion ascendante, se dirige en dedans et en bas en suivant l'arcade de Fallope, puis chemine au-dessus et le long de la branche horizontale du pubis il distribue au périoste ses ramuscules terminaux qui n'arrivent pas jusqu'à la symphyse et ne s'anastomosent pas avec ceux du côté opposé (Farabeuf). Le rameau rétro-pubien a un trajet parallèle au rameau rétro-pubien de l'obturatrice, mais il est placé bien au-dessus de ce dernier.

Branches musculaires

En nombre variable, elles se portent en dehors, cheminent quelque temps sur le muscle transverse, puis pénètre dans son épaisseur.

Branches terminales

Elles se perdent dans le muscle grand droit de l'abdomen, où elles s'anastomosent avec les branches terminales des artères lombaires et des artères intercostales inférieures et avec la branche terminale interne de l'artère mammaire interne. Quelques rameaux perforent le muscle grand droit et se perdent dans le tissu cellulaire sous-cutané et la peau, comme les rameaux perforants de l'artère mammaire interne. D'autres, au niveau de l'ombilic, se divisent en rameau ascendants qui suivent la grande faux du péritoine et remontent jusqu'au foie, et rameaux descendants qui, le long de l'ouraque, vont jusqu'à la vessie. De Lignerolles a étudié ces rameaux (Thèse Paris) et a signalé des anastomoses, d'ailleurs inconstantes, entre ces rameaux, autour de l'ombilic. «  Il existe constamment un rameau qui se détache du tronc à une hauteur variable, en général à la partie moyenne de la région ombilicale et se porte obliquement vers l'anneau fibreux de l'ombilic. Là, il se divise ordinairement en rameaux ascendants qui s'anastomosent avec les rameaux venus de l'artère hépatique, en rameaux transversaux qui s'anastomosent avec ceux du côté opposé et en rameaux descendants, destinés aux artères ombilicales sur lesquelles ils se ramifient, en y formant, avec d'autres radicules artériels venues des artères vésicales, un plexus très riche et très serré. De ces rameaux il n'y a que les transversaux qui fassent parfois défaut; sur plusieurs pièces je les ai cependant trouvés de la façon la plus manifeste. »

Variétés

Elles sont relativement fréquentes et des plus intéressantes au point de vue chirurgical. L'artère épigastrique peut naitre plus haut que d'habitude, à 6 cm. au-dessus de l'arcade crurale. Dans ce cas, elle chemine sur un trajet plus ou moins long' en avant de ('artère iliaque externe pour s'appliquer ensuite à la face profonde de la paroi abdominale.

Elle peut naitre, au contraire, au-dessous de l'arcade crurale, et elle a alors un trajet récurrent plus ou moins long'. Elle peut cheminer plus en dedans que de coutume, au niveau du ligament vésical latéral (méso de l'artère ombilicale). Au lieu de naitre de l'iliaque externe, l'E. naît de l'artère obturatrice dans ces conditions elle monte verticalement, en passant ordinairement en dedans de l'anneau crural. Cette anomalie a exactement les mêmes conséquences au point de vue opératoire, et ta même interprétation que cette dans laquelle on voit l'obturatrice naitre anormalement de l'épigastrique. Elle s'explique par le développement anormal de l'anastomose entre l'obturatrice et l'épigastrique, anastomose dont nous avons parlé.

(voy. pour plus de détails sur cette anomalie les Anomalies de l'obturatrice.)

Branches surnuméraires

L'artère épigastrique peut donner naissance à une branche qui plonge dans le petit bassin, en passant derrière la symphyse, et qui arrivée sur le bord inférieur de celle-ci se divise en deux branches, l'artère dorsale du pénis et l'artère caverneuse (Hyrtl).

Quain (loc. cit., p. 460) l'a vue donner une artère clitoridienne suivant le même trajet. L'artère épigastrique, peut encore donner l'artère circonflexe iliaque, une branche musculaire volumineuse qui pourrait être blessée dans la ponction abdominale (BÉRARD, Dictionn. de médecine I, 128, 1832) l'artère circonflexe fémorale interne (Fischer, Michelet, Quain, 1 fois sur 391 observations) une artère honteuse externe accessoire signalée par Dubrueil. Le rameau pubien peut manquer; il vient alors du rameau anastomotique avec l'artère obturatrice; de même, l'artère funiculaire, qui se détache normalement de l'épigastrique, peut être fournie par une des artères vésicales.

 

 

 

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