Index de l'article

Configuration extérieure du larynx

La surface du larynx peut être partagée en deux régions: l'une, antérieure ou cervicale; l'autre, postérieure ou pharyngienne. Pour étudier la première il suffit de disséquer successivement les divers plans : cutané, musculaires et aponévrotiques, de la face antérieure du cou qui la masquent; pour examiner la seconde il faut, après avoir enlevé le larynx en conservant ses connexions avec la langue et le pharynx, inciser la paroi postérieure de ce dernier sur la ligne médiane. On a alors sous les veux dans sa totalité la face pharyngienne et l'orifice pharyngien du larynx.

Surface antérieure

La surface antérieure du larynx comprend trois zones Inférieure, moyenne et supérieure. Les deux premières seules sont superficielles et facilement accessibles à la vue et au toucher.

La zone inférieure, régulièrement convexe dans le sens transversal, est formée par un cartilage, le cartilage cricoïde, recouvert directement à droite et il gauche de la ligne médiane par un muscle, le muscle crico-thyroïdien. Un Interstice, comblé par une lame fibre-élastique, la sépare de la zone moyenne.

Cet interstice crico-thyroïdien est plus élevé dans sa partie moyenne que sur les côtés; il peut atteindre, grâce à l'extensibilité de la lame qui le ferme, une hauteur de 8 à 10 millimètres, et constitue un chemin commode pour pénétrer, sans difficulté et sans crainte de léser quelque organe important, dans la cavité du larynx.

La zone moyenne, au lieu d'être cylindrique comme la précédente, est anguleuse, et fait sous la peau une saillie plus ou moins prononcée suivant les sujets (pomme d'Adam). Elle répond à l'un des cartilages les plus importants du larynx, au cartilage formé, ainsi que nous le verrons plus loin, par la réunion sous un angle variable de deux lames qui divergent, à partir de la ligne médiane, en dehors et en arrière.

Ces deux zones dans toute la hauteur de leur partie moyenne ne sont recouvertes que par une lame aponévrotique épaisse et résistante (ligne blanche cervicale), assez solidement unie au cartilage thyroïde, et par la peau. Celle-ci peut facilement glisser en tous sens sur les plans sous-jacents; parfois même elle est séparée de l'angle saillant du cartilage thyroïde, lorsqu'il est très accentué, par une véritable bourse séreuse.

Il est à remarquer en passant que la zone Inférieure est située un peu plus profondément que la zone moyenne. Sur les parties latérales les rapports sont moins simples. Nous rencontrons successivement de chaque côté au-dessous de la peau la zone la plus interne du muscle peaucier, les muscles sternohyoïdien et omohyoïdien, puis la partie supérieure du muscle sternothyroïdien et le muscle thyro-hyoïdien. Enfin, appliqué directement sur le cartilage cricoïde, le muscle crico-thyroïdien. Lorsque tous ces plans musculaires ont été enlevés, on aperçoit en outre les lobes latéraux du corps thyroïde qui remontent le long des faces latérales du cartilage thyroïde jusqu'à une hauteur variable.

A partir des limites supérieures de la zone moyenne, déterminées par les bords supérieurs des lames du cartilage thyroïde, rien n'est visible à l'extérieur.

Au-dessous des muscles de la région on trouve une membrane qui unit le cartilage thyroïde à l'os hyoïde, et en haut l'os hyoïde lui-même. Il faut poursuivre plus profondément la dissection ou pratiquer une coupe médiane sagittale, et alors on constate que le larynx se prolonge vers le haut, en arrière de la membrane en question et de l'os hyoïde. Sa paroi propre est représentée dans toute cette étendue par une lame cartilagineuse, le cartilage épiglottique, qui s'incline obliquement en arrière et en haut, par suite s'éloigne de plus en plus de la surface antérieure du cou.

La face postérieure de cette lame est revêtue entièrement par la muqueuse laryngée. Sa face antérieure, au contraire, profonde et masquée par des parties moites dans sa moitié inférieure environ, n'est libre et recouverte d'une muqueuse que dans sa partie supérieure. Le nom d'épiglotte a été spécialement réservé à cette partie qui fait saillie à la limite postérieure de la cavité buccale, en arrière de la base de la langue. Nous la décrirons en même temps que la surface postérieure du larynx.

Surface postérieure

La surface postérieure du larynx limite en avant la cavité du pharynx, et la muqueuse qui la recouvre appartient à ce dernier organe. Elle se divise en trois régions, une médiane saillante et deux latérales symétriques, creusées en gouttières.

Région médiane

La région médiane offre à considérer successivement de haut en bas l'épiglotte; l'orifice pharyngien du larynx; une surface correspondant a deux cartilages, les cartilages aryténoïdes; une surface correspondant au cartilage cricoïde.

L'épiglotte se présente sous l'aspect d'une lame haute de 10 à 13 millimètres sur la ligne médiane, Inclinée obliquement en haut et en arrière. Son orientation varie d'ailleurs selon les déplacements de la langue et du larynx.

Pendant l'acte de la déglutition elle s'abaisse en arrière pour venir, comme un couvercle, fermer l'orifice du larynx.

Elle possède deux faces, l'une antérieure ou buccale, l'autre postérieure ou laryngée, et un bord libre. La face antérieure est généralement concave de haut en bas et convexe de droite à gauche; la face postérieure est au contraire convexe de haut en bas et concave dans l'autre sens. Ces courbures sont plus ou moins accentuées. Parfois l'épiglotte est comme pliée en deux dans le sens de sa largeur, de façon que sa face postérieure forme une gouttière verticale.

La face antérieure, revêtue par la muqueuse buccale, est rattachée à la langue et au pharynx par des replis dont il sera question plus loin. La face postérieure, recouverte par la muqueuse laryngée, répond à la partie antéro-supérieure de la cavité du larynx.

Le bord libre, arrondi, ordinairement échancré dans sa partie médiane, se renverse plus ou moins vers la cavité buccale. Il limite en avant l'orifice laryngé et se continue de chaque côté avec le bord libre des replis aryténo-épiglottiques.

L'orifice pharyngien du larynx est orienté très obliquement de haut en bas et d'avant en arrière. Sa forme est celle d'un ovale allongé dans le sens antéro-postérieur dont l'extrémité postérieure se prolonge en une fente verticale, l'incisure ou fente inter-aryténoïdienne encore appelée rimule qui descend sur la ligne médiane de la paroi postérieure du larynx.

En avant et en haut cet orifice est circonscrit par le bord libre de l'épiglotte ; sur les côtés, par des replis de la muqueuse qui unissent les extrémités latérales de l'épiglotte aux bords de la rimule. Ces replis aryténo-épiglottiques présentent adroite et à gauche deux saillies dues à la présence de nodules cartilagineux qui soulèvent la muqueuse. L'une, située à peu près à l'union des trois quarts antérieurs avec le quart postérieur de leur bord libre, a reçu le nom de tubercule de Morgagni (Voy. la description du cartilage de ce nom); l'autre se voit tout à fait en arrière à l'union du repli aryténo-épiglottique avec la lèvre de l'incisure inter-aryténoïdienne; c'est le tubercule de Santorini.

L'incisure inter-aryténoïdienne est comprise, comme son nom l'indique, entre les extrémités supérieures des deux cartilages aryténoïdes.

Les dimensions et la forme de l'orifice pharyngien du larynx varient non seulement suivant les sujets, l'âge et le sexe, mais encore chez un même individu suivant les mouvements qu'effectuent, pendant la respiration, la phonation ou la déglutition, les cartilages aryténoïdes et l'épiglotte. Lors d'une forte inspiration sa longueur atteint de 3 à 4 centimètres, sa largeur 1,5 à 2 cm, tandis que pendant l'émission de sons aigus, par exemple, toutes ses dimensions se réduisent considérablement.

L'incisure inter-aryténoïdienne présente également des différences notables d'aspect, selon que les cartilages qui la limitent sont rapprochés ou écartes l'un de l'autre.

La région située au-dessous et en arrière de l'orifice du larynx répond à la face postérieure des cartilages aryténoïdes et du muscle qui les recouvre. Elle a la forme d'un triangle à base inférieure quand, ces cartilages étant rapprochés, les lèvres de la rimule, se touchent, et devient quadrilatère dans le cas contraire. Sa surface est Inclinée obliquement en arrière et en bas. Ses bords latéraux se continuent avec la paroi Interne des gouttières pharyngolaryngées. Toute cette région est revêtue par la muqueuse pharyngienne séparée du muscle sous-jacent par une couche épaisse d'un tissu cellulaire très lâche, presque diffluent, qui lui permet de glisser facilement et de se plisser en tous sens. Cette couche sous-muqueuse s'œdématie avec la plus grande facilité. Dans son épaisseur on rencontre, sur la ligne médiane, un groupe important de glandes muqueuses.

La surface cricoïdienne se présente sous l'aspect d'une saillie cylindroïde. Verticale, fortement proéminente dans la cavité du pharynx. Son bord supérieur forme, en se réunissant à la surface aryténoïdienne, une sorte de bourrelet transversal. En bas elle se continue sans ligne de démarcation bien tranchée avec la paroi antérieure de l'œsophage.

La muqueuse de cette région, comme celle de la précédente, est unie au cartilage et aux muscles qu'elle recouvre par du tissu cellulaire lâche, qui s'infiltre et se gonfle aisément, aussi n'est-elle bien unie qu'à l'état frais et chez des sujets munis d'un larynx parfaitement sain.

Régions latérales

Les régions latérales de la surface postérieure du larynx, connues sous les noms de sinus ou gouttières pharyngolaryngées, sinus piriformes, sillons latéraux du pharynx, sont situées symétriquement de part et d'autre de la région médiane. D'abord larges et déprimées en fossettes profondes, elles atteignent en haut un plan horizontal qui passerait un peu au-dessus des tubercules de Morgagni ; en bas elles deviennent peu à peu moins larges et moins profondes et se perdent finalement sur les parois latérales de l'extrémité inférieure du pharynx.

Les gouttières pharyngolaryngées sont limitées en haut par le repli pharyngo-épiglottique; en dehors sur toute leur hauteur, par la face interne des plaques latérales du cartilage thyroïde en dedans et successivement de haut en bas, par la face externe des replis aryténo-épiglottiques, par les parties latérales des cartilages aryténoïdes et par le bord externe de la plaque du cartilage cricoïde.

La muqueuse qui tapisse ces gouttières glisse facilement sur les couches sous-jacentes. Parfois elle est soulevée par le nerf laryngé supérieur et forme alors un petit repli oblique en bas et en dedans, qui partage la zone supérieure excavée de la gouttière en deux fossettes superposées.

Commentaires (0)

Il n'y a pas encore de commentaire posté.

Ajouter vos commentaires

  1. Poster un commentaire en tant qu'invité. S'inscrire ou se connecter à votre compte.
Pièces jointes (0 / 3)
Partager votre localisation

Ce site internet met des documents à votre disposition seulement et uniquement à titre d'information. Ils ne peuvent en aucun cas remplacer la consultation d'un médecin ou les soins prodigués par un praticien qualifié et ne doivent par conséquent jamais être interprétés comme pouvant le faire.

Connexion