Index de l'article

 

Mode d'encadrement de la membrane du tympan et de son inclinaison sur l'horizon.

La portion osseuse du conduit auditif externe se développe, avons-nous vu, aux dépens d'un anneau osseux qui s'allonge graduellement après la naissance.

Cet anneau, représenté avec ses dimensions normales sur la figure 31, est indépendant du reste du temporal; il est incomplet et manque en haut d'une portion que l'on peut évaluer à un huitième de la totalité. C'est dans cet anneau osseux creusé à sa circonférence d'un sillon (sulcus tympanicus) qu'est encadrée la membrane du tympan, comme une toile dans son cadre; elle y est fixée par un petit anneau fibreux circulaire.

L'anneau tympanique étant incomplet, on doit se demander comment la membrane du tympan est encadrée à sa partie supérieure. En ce point elle se continue directement avec la couche cutanéo-périostique du conduit auditif, et nous avons vu que cette couche est extrêmement mince. II en résulte que la partie la moins résistante du tympan est sa partie supérieure, où se trouve la brisure de l'anneau osseux. Aussi, lorsque la membrane du tympan cède, sous l'influence d'une trop forte douche d'air, par exemple, est-ce en ce point que se produit le décollement.

Cette disposition permet également de comprendre comment une collection sanguine ou purulente peut passer de la caisse dans le conduit, et réciproquement, sans qu'il existe une perforation appréciable de la membrane c'est là un fait dont le chirurgien doit tenir grand compte quand il s'agit de déterminer la valeur diagnostique d'une otorragie traumatique aussi la proposition émise dans sa thèse par M. Le Bail, à savoir, que l'intégrité bien constatée de la membrane du tympan prouve que l'hémorragie auriculaire ne peut avoir sa source dans l'oreille moyenne, et ne saurait venir que du conduit auditif externe, cette proposition, dis-je, vraie en général, ne doit-elle pas être considérée comme absolue.

Jusqu'à la naissance, la membrane du tympan présente une direction horizontale et répond à la base du crâne. A mesure que le crâne se développe, elle se redresse, devient de plus en plus oblique et peut même atteindre la direction verticale. Dans la période fœtale, la direction fait avec l'horizon un angle de 10°. A partir de ce moment, elle se redresse peu à peu et remonte, ce qui représente l'inclinaison ordinaire du tympan, c'est-à-dire qu'elle forme un angle d'environ 45° ouvert en dehors. On conçoit que dans cette évolution la membrane du tympan puisse occuper tous les degrés intermédiaires entre la direction horizontale et la direction verticale, et c'est ce qui a lieu en effet. Le redressement du tympan est lié au développement du crâne et par conséquent à celui de l'intelligence Virchow a trouvé le tympan presque horizontal sur des crétins. On a dit aussi que chez les personnes douées d'un grand sens musical l'angle du tympan avec l'horizon se rapprochait de l'angle droit, mais cela est loin d'être démontré, et j'ai observé pour mon compte de nombreux faits contraires.

Quoi qu'il en soit, de l'inclinaison de la membrane du tympan il résulte que celle-ci forme avec la paroi supérieure du conduit auditif externe un angle obtus, et avec la paroi inférieure un angle aigu les angles varient avec le degré d'inclinaison. Nous avons vu que chez l'enfant nouveau-né la membrane du tympan paraît se continuer avec la paroi supérieure du conduit, tant elle est inclinée à cet âge de la vie.

Le degré de l'inclinaison détermine la différence de longueur des parois du conduit l'inférieure est plus longue que la supérieure d'environ 6 millimètres. De la rencontre à angle aigu de la paroi inférieure du conduit auditif avec la membrane du tympan résulte la formation d'une sorte de petit sinus plus ou moins profond. Si le conduit est incurvé, le sinus sera profond il le sera d'autant moins que le conduit sera plus rectiligne. Dans ce sinus vont se loger les corps étrangers d'un petit volume, tels que grains de plomb, perles, têtes de poupée, petits cailloux, etc., etc., surtout lorsque des tentatives infructueuses ont été faites pour les retirer. On conçoit qu'ils puissent t s'y dissimuler, même aux yeux du médecin pour les découvrir, il faudra reporter fortement en haut le pavillon de l'oreille et faire basculer le speculum de bas en haut.

L'extraction des corps étrangers de l'oreille constitue une opération délicate que l'on a souvent occasion d'exécuter. Lorsqu'ils sont volumineux et faciles à saisir, comme un haricot, par exemple, il n'y a nul embarras la première pince à griffe venue, une épingle recourbée en crochet, suffiront pour l'extraire mais, si le corps étranger est petit, s'il est dur, comme un caillou, une dent, si surtout il est fragile, comme une perle de verre, s'il est enfoncé dans le sinus, l'extraction pourra présenter de réelles difficultés.

Il faut bien dire que les tentatives d'extraction des corps étrangers de l'oreille ont été dans bon nombre de cas plus nuisibles qu'utiles au malade. Quel chirurgien n'a pas vu des lésions graves du tympan et de la caisse succéder a la recherche infructueuse d'un corps étranger? Il faut d'ailleurs savoir que des corps étrangers peuvent séjourner dans le conduit auditif externe pendant de longues années, toute la vie même, sans provoquer le moindre désordre. Les accidents sont dus le plus souvent à une mauvaise méthode d'extraction. En effet, voici ce qui se passe d'habitude: un malade se présente avec un corps étranger de l'oreille que des personnes dépourvues de connaissances médicales ont déjà souvent refoulé en tentant de l'enlever. Le médecin expose l'oreille à la lumière directe, écarte le pavillon, et le plus souvent ne voit rien prenant alors un stylet, une curette, une pince, il va à tâtons rechercher le corps étranger, et le résultat est souvent la déchirure du conduit auditif, de la membrane du tympan, et quelquefois le refoulement dans la caisse du corps à extraire.

La première chose à faire est de voir le corps étranger. Pour cela il faut mettre l'oreille du malade à contre-jour, introduire un spéculum, et diriger au fond du conduit un jet de lumière naturelle ou artificielle avec le miroir de Trœltsch, ou à la rigueur avec un miroir d’ophtalmoscope. Le corps étranger est alors généralement aperçu. On en reconnaîtra ainsi la forme, le siège, l'angle sous lequel il se présente, et par conséquent l'instrument qu'il convient d'employer pour l'extraction. S'armant alors du miroir frontal pour éclairer le conduit, le chirurgien immobilisera le speculum de la main gauche pendant que (le la droite il manœuvrera avec discernement l'instrument approprié sans pouvoir occasionner le moindre dégât. S'il est nécessaire de passer une curette derrière le corps étranger, on suivra de préférence la paroi supérieure du conduit, puisqu'elle se continue presque avec la membrane du tympan.

Lorsque le corps étranger est dur, lisse, arrondi, que la pince glisse à sa surface lorsqu'il est fragile, logé dans un sinus profond, et qu'on ne possède pas de curette assez recourbée pour passer derrière, on doit recourir à l'injection forcée, excellent moyen d'extraction, le liquide faisant en arrière du corps étranger une sorte de remous qui l'entraîne au dehors.

Une faut donc jamais faire pénétrer dans l'oreille un instrument quelconque sans que le conduit soit éclairé, le chirurgien ne devant pas perdre de vue l'extrémité de son instrument. La meilleure méthode d'extraction des corps étrangers est l'extraction avec des pinces appropriées si la forme ou la consistance du corps étranger n'en permettent pas l'emploi, ou si le praticien n'a pas les instruments nécessaires pour l'éclairage du conduit auditif, on fera plusieurs injections consécutives et vigoureuses avec une seringue à hydrocèle. Enfin il est mille fois préférable pour le malade d'abandonner le corps étranger à lui-même plutôt que d'en tenter aveuglément l'extraction.

Si le corps est assez profond ou assez enclavé pour qu'on ne puisse l'extraire sans danger, même en usant du chloroforme si, d'autre part, apparaissent des accidents suffisamment graves pour compromettre la vie du malade, le chirurgien doit alors, comme dernière ressource, détacher avec le bistouri la portion cartilagineuse de la portion osseuse du conduit par une incision postéro-supérieure rasant la face externe de l'apophyse mastoïde, renverser le pavillon en avant et en bas, et mettre à découvert directement la membrane du tympan et la caisse.

L'injection forcée est un excellent moyen d'extraction des corps étrangers, à la condition que le conduit ne soit pas encore tuméfié, que le corps étranger ne soit pas en quelque sorte enkysté dans les parois enflammées, et que sa forme permette au liquide de passer en arrière, afin de le chasser à l'aide d'un courant rétrograde. S'il s'agit d'un enfant, l'agitation et les cris sont tels que toute manœuvre dans l'oreille devient fort difficile et que l'emploi du chloroforme est indiqué. Or, il faut savoir que les injections forcées faites dans l'oreille, sans présenter de gravité, peuvent cependant amener une syncope. Je pense en conséquence qu'il n'est pas prudent de pratiquer ces injections sur un sujet endormi au chloroforme.

Forum anatomie

Super User
New Member
complexe articulaire de l'épaule
bonsoir, pourquoi parle t'on de complexe articulaire pour l'épaule? Je ne co...
32189 Vues
0 Votes
réponses
Dans Anatomie
Posté le mardi 16 décembre 2014
Super User
New Member
ligament
Bonjour un ligament peut-il être intra capsulaire ?...
22362 Vues
0 Votes
réponses
Dans Anatomie
Posté le mardi 14 octobre 2014
Pierre
Pas de rang
Pacchioni
Où se trouve le foramen de Pacchioni?...
919 Vues
0 Votes
réponses
Dans Anatomie
Posté le lundi 13 avril 2020
christophe
New Member
indice de Hirtz
Bonjour, je sais que l'indice de Hirtz sert à mesurer la mobilité thoracique mai...
11320 Vues
0 Votes
réponses
Dans Anatomie
Posté le samedi 14 mars 2015
  • #médecine
  • #Anatomie
sylvain
New Member
rugine
quelqu'un sait ce que "ruginer" peut dire? et dans quel cas la "r...
7748 Vues
0 Votes
réponses
Dans Anatomie
Posté le dimanche 15 mars 2015
  • #médecine

QCM d'anatomie

Le cubitus ou ulna
Questionnaires à propos du cubitus.
L'humérus
Questions à propos de l'humérus.
QCM Anatomie de l'estomac
5 QCM concernant l'anatomie de l'estomac.
Ostéologie de l'épaule 3, la scapula 1
Chaque QCM a au moins une proposition juste, et au moins une fausse. (y compris la proposition E) Chaque QCM n'a qu'une seule et unique combinaison correcte.
ostéologie de l'épaule 4, scapula 2
Chaque QCM a au moins une proposition juste, et au moins une fausse. (y compris la proposition E) Chaque QCM n'a qu'une seule et unique combinaison correcte.
Ostéologie de l'épaule 2, la clavicule
Chaque QCM a au moins une proposition juste, et au moins une fausse. (y compris la proposition E) Chaque QCM n'a qu'une seule et unique combinaison correcte.
La scapula (omoplate)
Questionnaire à propos de la scapula (omoplate)

Ce site internet met des documents à votre disposition seulement et uniquement à titre d'information. Ils ne peuvent en aucun cas remplacer la consultation d'un médecin ou les soins prodigués par un praticien qualifié et ne doivent par conséquent jamais être interprétés comme pouvant le faire.

Connexion