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Du pavillon de l'oreille

Le pavillon de l'oreille est constitué, au point de vue de la charpente, par un cartilage unique que divisent des fentes ou incisures comblées elles-mêmes par du tissu fibreux et des muscles intrinsèques. Ce cartilage présente une forme très irrégulière ; il se compose de plusieurs replis que nous ne ferons que mentionner, leur description n'offrant aucun intérêt au chirurgien. La plus périphérique de ces saillies porte le nom d'hélix, puis vient l'anthélix qui se bifurque en haut pour donner naissance à la fosse naviculaire après l'anthélix existe une large excavation appelée conque, sur le pourtour de laquelle on observe en arrière une légère saillie, l'antitragus. En face de l'antitragus, de l'autre côté du conduit, se trouve un cartilage mobile qui en recouvre en partie l'entrée, c'est le tragus. Enfin le pavillon est terminé en bas par une partie charnue non cartilagineuse, le lobule de l'oreille. Le pavillon de l'oreille est solidement attaché aux parois du crâne, assez pour supporter le poids du corps. Il présente d'infinies variétés de forme même d'un côté à l'autre et influe notablement sur l'ensemble de la physionomie. L'oreille peut être longue ou courte, large ou étroite, épaisse ou mince, rouge ou blanche, rapprochée ou écartée des parois crâniennes quelques auteurs ont voulu mesurer à l'angle qu'elle forme avec les parois du crâne le degré d'intelligence de l'individu. L'oreille est même l'une des parties du corps dont la forme se transmettrait le plus fidèlement par hérédité, d'après A. Joux. Une oreille très plate, très-peu ourlée, comme parcheminée, anguleuse et privée de lobule, coïncide souvent avec l'otite scléreuse, et je suis porté à croire qu'il y a là plus qu'une coïncidence. Le cartilage de l'oreille est enveloppé par la peau, qui est assez fine pour permettre de voir par transparence à travers l'organe. La peau adhère intimement au cartilage sous-jacent; à cette adhérence est due la forme particulière que prennent les hématomes et les abcès du pavillon ils y constituent une tumeur saillante, bien limitée, et dont la guérison est rendue plus difficile qu'ailleurs par l'écartement des parois de la poche, qu'il est difficile de maintenir rapprochées. Les hématomes de l'oreille ont été rencontrés de préférence, chez les aliénés sans qu'on en connaisse, je pense, bien exactement la raison. La structure cartilagineuse de l'oreille est la cause du peu de succès des sutures qu'on y pratique lorsqu'un fragment en a été détaché, dans un engrenage, par exemple, ou, ce qui est plus fréquent, par morsure dans une rixe. On devra toujours néanmoins tenter la réunion immédiate. Le lobule, absolument dépourvu de cartilage, est constitué par deux feuillets cutanés entre lesquels se trouvent du tissu cellulaire et de la graisse. Ses usages sont peu importants, et le principal me paraît être de permettre l'application des boucles d'oreilles. Le plus ordinairement, le lobule supporte très-bien la présence de ce corps étranger, mais quelquefois le trajet s'ulcère, s'agrandit, descend vers l'extrémité du lobule et divise finalement celui-ci en deux parties. Si l'on fait un second trou au niveau du premier, le même résultat peut se produire, et il en résulte trois dentelures fort disgracieuses. Direction du conduit auditif externe. Le conduit auditif externe proprement dit succède au pavillon de l'oreille sans ligne de démarcation bien tranchée on le fait généralement commencer au niveau du rebord qui en arrière le sépare de la conque, et nous suivrons cet exemple; je ferai toutefois remarquer qu'on doit tenir grand compte, pour l'examen du conduit, de la saillie du tragus, et qu'il serait peut-être plus chirurgical de le mesurer à partir du sommet de ce dernier cartilage. Le conduit auditif externe est fermé en dedans par la membrane du tympan, qui en est une dépendance manifeste. L'axe de ce conduit est oblique d'arrière en avant et de dehors en dedans. Je rappellerai comme moyen mnémotechnique que c'est aussi la direction du rocher. La longueur totale du conduit auditif chez l'adulte est variable comme toutes ses autres dimensions. Elle oscille entre 2 centimètres et demi et 3 centimètres. La direction des parois est l'un des points les plus importants de son étude. On en distingue quatre, qui sont supérieure, inférieure, antérieure et postérieure. Les parois supérieure et inférieure ne peuvent être bien vues que sur une coupe verticale. Elles se portent d'abord obliquement en haut, puis en bas, de façon à décrire une courbure à concavité inférieure. Il en résulte que l'axe de l'orifice externe du conduit prolongé irait toucher la paroi supérieure, ou tout au plus, chez quelques sujets, le pôle supérieur de la membrane du tympan. L'exploration de cette membrane et de la deuxième moitié du conduit est donc impossible, si on ne redresse préalablement ce dernier en portant le pavillon directement en haut, ce qui se peut faire grâce à sa mobilité. On voit aussi sur cette coupe que-la paroi supérieure est plus courte que l'inférieure. Si du point de jonction de la paroi supérieure avec la membrane du tympan on abaisse une perpendiculaire sur la paroi inférieure, on trouve que celle-ci dépasse la première en dedans de 6 millimètres environ. La paroi supérieure forme avec la membrane du tympan un angle obtus, que ces deux parties paraissent même se continuer l'une avec l'autre, tandis que la paroi inférieure forme avec la même membrane un angle aigu. Je reviendrai plus loin sur cet important détail à propos de l'inclinaison du tympan sur l'horizon. La direction des parois antérieure et postérieure ne se peut bien voir que sur une coupe horizontale du conduit. Ces parois comme les précédentes sont loin d'être rectilignes. De plus, le tragus recouvre en partie l'orifice du conduit: d'où la nécessité de le reporter en avant pour dégager cet orifice. Quant aux deux parois, elles se dirigent d'abord obliquement en avant, puis en arrière, de façon à former une concavité qui regarde en arrière, en sorte que l'axe de l'orifice externe prolongé aboutirait non pas au fond du conduit, mais sur un point de la paroi antérieure variable suivant le degré de la courbure. En résumé, le conduit auditif externe n'est pas rectiligne ses parois sont incurvées sur elles-mêmes elles présentent une courbure générale dont la concavité regarde en bas et en arrière : en conséquence, il faut le redresser pour en faire l'exploration, et ce redressement s'opérera en portant le pavillon de l'oreille en haut et le tragus en avant.

Telle est la direction, que l'on pourrait appeler normale, du conduit auditif externe cependant il faut savoir qu'elle est très-variable suivant les sujets, bien que chez tous il soit permis d'explorer la membrane du tympan avec un speculum droit, celui de Toynbee, par exempte. H est des sujets chez lesquels la courbure est si prononcée, qu'on aperçoit à peine la partie supérieure de la membrane et que, pour en examiner la portion sous-ombilicale, il faut faire basculer fortement l'instrument en en portant en haut !e pavillon. Chez d'autres, au contraire, un très-léger mouvement imprimé à l'instrument permet d'explorer tous les points de la membrane il en est enfin dont le conduit est suffisamment rectiligne pour que l'axe du speculum corresponde a peu près exactement au centre de la membrane, circonstance qui facilite singulièrement l'examen). L'introduction du spéculum est assez difficile dans un conduit très recourbé l'extrémité de l'instrument vient buter contre la paroi supérieure et antérieure et détermine une douleur très-vive, si le chirurgien n'agit pas avec une grande douceur, en sorte que le malade se soustrait aussitôt à l'examen, surtout s'il s'agit d'un enfant. Il convient donc d'introduire le speculum avec ménagement, de ne jamais forcer: si l'on rencontre la moindre résistance, il sera préférable de rétrograder, de prendre au besoin un speculum plus petit on inclinera le pavillon de l'instrument en haut et en avant de façon a en diriger l'extrémité antérieure en sens contraire et pour qu'il pénètre de lui-même dans le conduit. En un mot, à moins d'otite externe, l'exploration ne doit jamais causer de douleur. Il est des personnes chez lesquelles l'introduction du speculum détermine immédiatement une quinte de toux qui ne s’arrête que par la sortie de l'instrument. Un de mes élever présentait eh même temps une raucité particulière de la voix. Ces phénomènes singuliers, d'ordre réflexe, sont dus sans doute à l'action exercée par l'instrument sur le rameau auriculaire du nerf pneumogastrique. Forme et dimensions du conduit auditif externe. Si la longueur et la direction du conduit auditif externe sont variables, la forme et les dimensions ne le sont pas moins.

J'ai remarqué bien des fois la facilité extrême que présente l'examen du tympan sur les malades atteints d'otite moyenne chronique forme sèche, appelée encore otite scléreuse le conduit auditif m'a paru ordinairement, dans ce cas, plus large, moins recourbé, quelquefois tout à fait rectiligne, et je suis disposé à attribuer a la forme anormale du conduit auditif une influence considérable sur la production de cette maladie si commune, si grave, absolument incurable, et dont la cause nous échappe. L’action directe du froid sur la membrane du tympan et sur la caisse, que ne protègent plus à la manière d'un écran les courbures du conduit auditif, doit jouer un rote important; et, si cette maladie est héréditaire, c'est que la forme du conduit auditif qui y prédispose est elle-même héréditaire et de de formes variables presque avec chaque sujet. D'une manière générale, la forme du conduit auditif externe se rapproche plus de celle de l'ellipse que de celle du cercle, et son grand diamètre est vertical. Sa forme n'est pas la même dans les divers points de son étendue: ainsi, chez l'un des sujets le conduit était triangulaire dans la portion cartilagineuse Toynbee, par exemple, mais qu'il serait préférable de lui donner une forme très légèrement elliptique.

Les dimensions du conduit auditif externe chez l'adulte diffèrent en quelque sorte avec chaque sujet et dans des proportions considérables, ainsi qu'on peut s'en assurer par l'examen des coupes précédentes c'est ainsi que le diamètre vertical mesurait sur l'un des sujets environ 11 millimètres, tandis qu'il n'en présentait que 8 chez l'autre. Quant aux dimensions relatives de chaque portion du conduit, il m'a semblé que la partie la plus large correspondait à l'union de la portion cartilagineuse avec la portion osseuse, et encore ceci est-il loin d'être constant. Je considère d'ailleurs qu'au point de vue pratique une précision plus grande dans la détermination de la direction, de la forme et des dimensions du conduit auditif externe, est inutile. Structure du conduit auditif externe. Le conduit auditif externe est formé de deux parties distinctes: l'une, externe, cartilagineuse l'autre, interne, osseuse. La portion osseuse, généralement la plus longue des deux, représenterait, d'après les auteurs, environ les deux tiers de la longueur totale du conduit, mais ce rapport n'est pas plus constant que la longueur elle-même du canal. La portion cartilagineuse du conduit auditif est un prolongement du cartilage du pavillon, en sorte que tous les mouvements imprimés à celui-ci sont transmis au cartilage du conduit. Or les portions osseuse et cartilagineuse ne sont pas soudées bout à bout, ainsi que cela a lieu, par exemple, entre les deux pièces dont se compose la trompe d'Eustache elles sont reliées par un faisceau fibreux qui permet des mouvements de l'une sur l'autre. C'est grâce à cette disposition que l'on peut redresser le canal auditif. Le cartilage ne forme pas un anneau complet autour du conduit auditif il n'occupe que les deux tiers environ de sa circonférence et manque constamment en haut et en arrière. On s'est plu à comparer cette disposition avec celle que présente la trachée-artère, mais un simple examen des montrera le peu de ressemblance qui existe entre ces deux organes. On a décrit ici comme à la trachée un faisceau fibreux reliant les deux extrémités de cet anneau cartilagineux brisé, mais j'ai toujours trouvé les deux extrémités du cartilage, sans qu'aucune lame fibreuse les réunisse directement l'une à l'autre. Entre elles existe au contraire une quantité considérable de glandes cérumineuses. Le cartilage qui entoure les deux tiers du conduit est constitué tantôt par une seule pièce, tantôt par deux pièces, que réunit un petit ligament fibreux. Il existe à cet égard un certain nombre de variétés dont nous retrouverons des exemples bien plus frappants encore en étudiant la portion cartilagineuse de la trompe d'Eustache. Elles offrent du reste peu d'intérêt; ce qu'il importe surtout de savoir, c'est que la paroi postérieure, ou mastoïdienne, est complètement privée de cartilage, et protège beaucoup moins que les autres parois les parties voisines contre les diverses inflammations du conduit. Le cartilage présente en outre dans sa continuité une ou plusieurs interruptions désignées sous le nom d'incisures. L'incisure est comblée par la réunion des deux feuillets du périchondre. Ces incisures ou brisures facilitent les mouvements partiels de la portion cartilagineuse, mais aussi la propagation du pus en dehors du conduit et en particulier dans la région parotidienne.

En procédant de l'intérieur à l'extérieur, nous trouvons successivement dans la structure du conduit auditif : 1° la peau et ses accessoires poils et glandes sébacées ; 2° une couche glandulaire ; 3° une couche fibro-cartilagineuse.

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