Index de l'article

Pavillon de la trompe d'Eustache

Des diverses parties dont se compose la trompe d'Eustache, celle qui intéresse le plus le chirurgien est le pavillon, puisque c'est par là que pénètre la sonde dans le cathétérisme et que, la vue faisant défaut, on a seulement pour guide les notions anatomiques. Nous allons en conséquence étudier avec tout le soin nécessaire ses rapports avec les parties voisines.

Le pavillon de la trompe d'Eustache est situé dans l'arrière-cavité des fosses nasales au-dessus du voile du palais, immédiatement en arrière de l'orifice postérieur des fosses nasales, et sur la paroi latérale du pharynx.

Il est accessible par deux voies la voie nasale et la voie buccale, mais sa présence au-dessus du voile du palais rend le cathétérisme par la voie nasale beaucoup plus facile. On voit en effet que, pour cathétériser la trompe par la bouche, il faut passer par-dessous le voile du palais et remonter au-dessus avec un instrument recourbé en conséquence. C'est cependant la méthode primitive, telle qu'elle fut inventée pour lui-même par Guyot, le maître de poste de Versailles. La voie nasale est au contraire directe, dépendant, si l'on juge nécessaire de voir le pavillon, de l'éclairer l'aide du miroir laryngien, c'est la voie buccale qu'il faudra choisir on devra saisir le voile du palais avec une pince et le ramener en avant pour pouvoir engager le miroir au-devant de la paroi pharyngienne. La rhinoscopie appliquée à l'examen du pavillon de la trompe d'Eustache n'a pas jusqu'ici donné de résultats sérieux, et je ne la crois pas appelée à un grand avenir.

L'ouverture du pavillon regarde en bas, en dedans et en avant: aussi la courbure de l'instrument et la manœuvre opératoire dans le cathétérisme sont-elles calculées dans le but de porter le bec de la sonde en haut, en dehors et en arrière. Elle présente la forme d'une ellipse à grand diamètre vertical, dont nous avons indiqué déjà les dimensions. Très-bien circonscrite en avant, en haut et en arrière, elle ne l'est pas en bas, où elle se continue insensiblement avec la paroi pharyngienne il est aisé de voir d'après cela que la charpente du pavillon n'est pas complète.

L'orifice est limité, en arrière surtout, par un gros bourrelet qui proémine toujours, sauf chez l'enfant, dans la cavité pharyngienne, bourrelet très-variable du reste suivant les sujets et constitué quelquefois par un cartilage indépendant, ainsi que je l'ai représenté.

C'est au relief formé par ce bourrelet sur la paroi latérale, et à 1 centimètre environ en avant de la paroi postérieure du pharynx, qu'est, due la formation d'une dépression constante connue sous le nom de fossette de Rosenmüller.

Répondant à la face externe et postérieure du cartilage, cette fossette est évidemment d'autant plus profonde que le cartilage est plus saillant.

L'existence de cette fossette constitue la principale cause d'erreur dans le cathétérisme de la trompe d'Eustache elle présente en effet une direction identique à celle de la trompe, et la sonde s'y engage même plus facilement.

Or un des moyens de constater si le cathéter a suivi une bonne voie, c'est d'exercer sur lui une légère traction s'il est fixé, .on en conclut généralement qu'il est bien dans la trompe. Il est aisé toutefois de comprendre que l'introduction du bec du cathéter dans la fossette de Rosenmüller donnera lieu à une sensation analogue, surtout si la cavité est profonde; le chirurgien aura senti la sonde obéir au mouvement de rotation, pénétrer dans une cavité et résister à de légères tractions, et il en conclura légitimement qu'il est dans la trompe, tandis qu'il sera en arrière. J'indiquerai plus loin le meilleur moyen à mon avis d'éviter cette erreur, qui est extrêmement commune.

Il est important de savoir à quelle distance se trouve l'orifice de la trompe des quatre points suivants de la paroi postérieure du pharynx L, du voile du palais P, de la voûte palatine O et du cornet inférieur E. Je dois dire que, si ces distances sont variables suivant les sujets, les rapports réciproques n'en restent pas moins les mêmes.

L'ouverture de la trompe se trouve à 1 centimètre environ en avant de la paroi postérieure du pharynx et à 12 ou 15 millimètres en arrière du cornet inférieur. Le bord supérieur de l'orifice tubaire se trouve précisément sur le prolongement de la ligne d'insertion du cornet inférieur, et en suivant cette ligne d'insertion, c'est-à-dire la partie la plus élevée du méat inférieur, l'instrument pénètre tout droit dans la trompe. Il y pénètre d'autant mieux que la muqueuse pituitaire forme toujours à l'extrémité postérieure du cornet un bourrelet qui est quelquefois assez développé pour prolonger le méat en arrière jusqu'au pavillon, en sorte que l'orifice tubaire parait être le prolongement du méat inférieur. C’est sur le rapport précis et constant du méat inférieur avec l’embouchure pharyngienne de la trompe d’Eustache que Triquet avait fondé son procédé de cathétérisme, qui consistait à porter d’emblée le cathéter au sommet du méat inférieur et à le pousser directement en arrière, manœuvre qui doit d’autant mieux réussir que l'orifice regarde en avant.

Quoique très-simple et très-logique, le procédé de triquet ne doit pas, à mon avis, être adopté, parce qu`il est en réalité plus difficile que d’autres qui sont moins simples en apparence. La principale raison en est dans la disposition du cornet, dont le bord inférieur est parfois tellement recourbé que l'instrument ne pourrait pénétrer dans in méat |p1`m*eu effraction ou en causant de vives douleurs.

Remarquons en passant que le prolongement du bourrelet de la pituitaire jusqu`à la trompe est une condition désavantageuse qui prédispose aux obstructions de l'orifice tubaire à la suite du coryza.

Le pavillon se trouve également situé à 12 ou 15 millimètres au-dessus du voile du palais et il une distance à peu près égale en arrière du bord postérieur de la voûte palatine.

On s'écartera donc peu de la vérité en disant que l’orifice pharyngien de la trompe d'Eustache (nous entendons le bord supérieur de cet orifice) est situé au-dessous de l'apophyse basilaire, en avant de la paroi postérieure du pharynx, (en arrière du cornet inférieur, au-dessus du voile du palais, en arrière et au-dessus du bord postérieur de la voute palatine, à une distance de 12 à 15 millimètres sensiblement égale pour chacun de ces points, c'est-à-dire que l’orifice tubaire occupe à peu près le centre de la paroi latérale du pharynx dans l’arrière cavité des fosses nasales.

Il est un détail sur lequel je désire insister, car il est très-important pour le cathétérisme et n'a pas encore, je pense, été signalé. Le toucher de la voûte palatine pratiqué soit avec le doigt, soit avec un instrument, donne lieu à une véritable illusion que chacun vérifiera aisément. Il semble au toucher que la portion osseuse de la voûte palatine se continue à un bon centimètre de plus on arrière que cela n'a lieu en réalité, si bien que, si l`on ne s'en rapportait qu'à cet examen superficiel, on dirait avec raison que l`orifice tubaire se trouve situé au-dessus du voile du palais et correspond exactement à l'union de la voûte et du voile. Or, c’est une erreur. J'ai recherché la cause de cette illusion, et il m`a été facile de constater qu`elle était due à la présence de l'aponévrose palatine ; celle-ci, fortement tendue d'une apophyse ptérygoïde à l'autre, continue le plan osseux et se termine en arrière par un rebord net et tranchant sur lequel le doigt trouve un petit ressaut absolument comme sur un rebord osseux. Cette aponévrose reçoit le tendon du muscle péristaphylin externe, dont elle peut à la rigueur être considérée comme l’épanouissement.

Il résulte de cette disposition, qu’au toucher, le voile du palais ne se distingue de la voûte qu'à 1 centimètre et demi à peu près en arrière de son origine. Réelle : or, c’est précisément à ce niveau, c`est-à-dire au bord postérieur que l'aponévrose palatine, que correspond le pavillon de la trompe d'Eustache.

Me basant sur les dispositions anatomiques précédentes, j`ai adopté le procédé de cathétérisme suivant, qui peut se décomposer en quatre temps: 1° porter le cathéter directement et rapidement jusqu'à la rencontre de la paroi postérieure du pharynx, la concavité de l'instrument regardant en bas 2° ramener le cathéter jusque sur la portion dure du palais 3° reporter très-doucement le cathéter en arrière, de façon à percevoir avec le bec de l'instrument le bord postérieur de l'aponévrose palatine, qui, je le répète, donne une sensation de résistance osseuse à laquelle succède immédiatement une sensation de mollesse très-facile  percevoir 4° faire exécuter en ce point au cathéter un mouvement de rotation qui dirige le bec en dehors en même temps qu'en arrière et en haut.

Ce procédé me parait avoir sur les autres l'avantage de ne rien laisser au hasard, de fournir des points de repère anatomiques précis, de permettre au chirurgien de mieux s'orienter et surtout d'éviter plus facilement la fossette de Rosenmüller.

Le pavillon de la trompe d'Eustache répond, avons-nous dit, à l'orifice postérieur des fosses nasales; ce rapport est très-intime et permet d'expliquer certains phénomènes pathologiques. On ne le voit bien que sur une coupe du pharynx. La face postérieure du pavillon, fait un relief considérable sur la lumière des deux orifices. Il est aisé de concevoir la solidarité qui unit, au point de vue pathologique, ces deux parties par suite de leur intime voisinage.

Ce rapport met en lumière un fait dont j'avais été frappé sans le bien comprendre tout d'abord. Un malade ayant subi un tamponnement des fosses nasales pour une épistaxis garda plusieurs jours le tampon. Trois semaines après, survint un phlegmon de la région mastoïdienne. La filiation des accidents avait été la suivante inflammation de la muqueuse tubaire à la suite du tamponnement, propagation à la caisse, au conduit auditif externe, sous forme d'ostéo-périostite, et production d'un phlegmon mastoïdien d'après le mécanisme que j'ai signalé plus haut. J'ouvris un abcès du conduit auditif externe, et le phlegmon se termina par résolution.

Il est possible, quand on ne peut faire pénétrer la sonde par la fosse nasale correspondante, de cathétériser la trompe par l'autre fosse nasale avec un instrument approprié.

Forum anatomie

Super User
New Member
complexe articulaire de l'épaule
bonsoir, pourquoi parle t'on de complexe articulaire pour l'épaule? Je ne co...
32430 Vues
0 Votes
réponses
Dans Anatomie
Posté le mardi 16 décembre 2014
Super User
New Member
ligament
Bonjour un ligament peut-il être intra capsulaire ?...
22565 Vues
0 Votes
réponses
Dans Anatomie
Posté le mardi 14 octobre 2014
Pierre
Pas de rang
Pacchioni
Où se trouve le foramen de Pacchioni?...
1079 Vues
0 Votes
réponses
Dans Anatomie
Posté le lundi 13 avril 2020
christophe
New Member
indice de Hirtz
Bonjour, je sais que l'indice de Hirtz sert à mesurer la mobilité thoracique mai...
11571 Vues
0 Votes
réponses
Dans Anatomie
Posté le samedi 14 mars 2015
  • #médecine
  • #Anatomie
sylvain
New Member
rugine
quelqu'un sait ce que "ruginer" peut dire? et dans quel cas la "r...
7973 Vues
0 Votes
réponses
Dans Anatomie
Posté le dimanche 15 mars 2015
  • #médecine

QCM d'anatomie

Le cubitus ou ulna
Questionnaires à propos du cubitus.
L'humérus
Questions à propos de l'humérus.
QCM Anatomie de l'estomac
5 QCM concernant l'anatomie de l'estomac.
Ostéologie de l'épaule 3, la scapula 1
Chaque QCM a au moins une proposition juste, et au moins une fausse. (y compris la proposition E) Chaque QCM n'a qu'une seule et unique combinaison correcte.
ostéologie de l'épaule 4, scapula 2
Chaque QCM a au moins une proposition juste, et au moins une fausse. (y compris la proposition E) Chaque QCM n'a qu'une seule et unique combinaison correcte.
Ostéologie de l'épaule 2, la clavicule
Chaque QCM a au moins une proposition juste, et au moins une fausse. (y compris la proposition E) Chaque QCM n'a qu'une seule et unique combinaison correcte.
La scapula (omoplate)
Questionnaire à propos de la scapula (omoplate)

Ce site internet met des documents à votre disposition seulement et uniquement à titre d'information. Ils ne peuvent en aucun cas remplacer la consultation d'un médecin ou les soins prodigués par un praticien qualifié et ne doivent par conséquent jamais être interprétés comme pouvant le faire.

Connexion