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La trompe d’Eustache est un conduit ostéo-cartilagineux faisant communiquer la caisse du tympan avec l'arrière-cavité des fosses nasales; elle est située dans l'angle compris entre la portion écailleuse et la portion pierreuse du temporal, au-dessous du canal osseux occupé par le muscle interne du marteau.

Nous avons vu que le conduit auditif externe, la caisse et le conduit auditif interne, se trouvent situés sur le prolongement d'une même ligne, dirigée a peu près dans l'axe du rocher, c'est-à-dire obliquement en avant et en dedans ; la trompe d'Eustache ne se trouve pas dans la direction de cette ligne. Elle constitue une sorte d'ajutage qui se détache de la caisse et se porte légèrement en bas en avant et en dedans, de façon à former avec le conduit auditif externe un angle obtus ouvert en bas et en avant, et avec le conduit interne un angle aigu ouvert en avant.

Comme le conduit auditif externe, avec lequel elle présente une grande analogie tant au point de vue anatomique qu'au point de vue physiologique, la trompe d'Eustache se compose de deux portions : l’une cartilagineuse, l’autre osseuse. Mais, tandis que dans le conduit auditif les deux portions ont une longueur sensiblement égale, que la portion osseuse l'emporte même souvent un peu sur l'autre, la portion cartilagineuse de la trompe constitue un peu plus des 2/3 de la longueur totale du canal.

Une autre différence fort importante est la suivante les deux portions du conduit auditif externe, reliées entre elles par un trousseau fibreux d'une certaine longueur, sont très-mobiles l'une sur l'autre, ce qui permet de redresser le conduit les portions cartilagineuse et osseuse de la trompe sont au contraire continues, en sorte qu'il ne saurait s'exécuter entre elles le plus léger mouvement.


Direction de la trompe d'Eustache

La trompe d'Eustache peut être considérée comme rectiligne au point de vue pratique, c'est-à-dire qu'il est possible d'y introduire jusque dans la caisse des bougies droites. Cependant les deux portions sont légèrement inclinées l'une sur l'autre et forment a leur point d'union un angle très-obtus ouvert en bas et en avant. Or cet angle correspond précisément à la partie la plus étroite de la trompe, ce qui constitue un obstacle au cathétérisme complet (J'appelle cathétérisme complet de la trompe d'Eustache l'opération dans laquelle on fait pénétrer un instrument jusque dans la caisse, par opposition au cathétérisme simple, qui consiste à introduire l’extrémité du cathéter ordinaire seulement dans le pavillon pour faire pénétrer des gaz ou des liquides.) et en même temps un danger; on ne peut employer en effet que des bougies rigides d'où la possibilité de pénétrera travers la muqueuse aussi faut-il user d'une grande douceur dans l'exécution de cette manœuvre.


 

Forme et dimensions de la trompe d'Eustache

La longueur totale de la trompe d'Eustache est de 35 à 40 millimètres. Elle varie avec les sujets et aussi avec la manière de mesurer; si la trompe mesure réellement 37 millimètres, et, si l'on applique les branches du compas, d'une part au bord supérieur de l'orifice tympanique et d'autre part au bord inférieur du pavillon, on trouve 43 millimètres. Sur les 37 millimètres, 27 appartiennent à la portion cartilagineuse, et 10 à la portion osseuse.

Il importe au chirurgien de connaître exactement ces dimensions, car c'est pour lui le seul moyen d'orientation quand il introduit un instrument dans la trompe. Il sait ainsi à quelle distance il se trouve de la caisse, à quelle distance il doit rencontrer la partie rétrécie de la trompe et quand il a dépassé cette partie. Si l'on tient compte de la portion de cathéter introduite dans le pavillon, on voit qu'il suffira en général d'engager la bougie de 3 centimètres pour que son extrémité affleure la caisse.

La trompe d'Eustache est loin de présenter des dimensions qui soient partout les mêmes. Il existe à l'union de ses deux portions un rétrécissement qu'on désigne sous le nom d'isthme ce point les deux portions se portent en divergeant l'une vers la caisse, l'autre vers le pharynx, s'élargissent sous forme d'entonnoir, en sorte que la trompe peut être considérée comme formée de deux cônes tronqués réunis bout à bout par leur petite section.

L'extrémité qui s'ouvre dans la caisse porte le nom d'orifice tympanique ; l'extrémité opposée est appelée pavillon, à cause de la ressemblance, grossière, il est vrai, qu'elle présente avec le pavillon d'une trompette.

La trompe d'Eustache n'est pas cylindrique, mais aplatie de dedans en dehors.

Il en résulte que son diamètre vertical est plus grand que son diamètre horizontal. Au niveau de l'isthme, la cavité de la trompe ne mesure que 2 millimètres de hauteur sur 1 millimètre de largeur; l'orifice tympanique présente 5 à 6 millimètres de hauteur et 3 à 4 de largeur -la hauteur est de 8 à 10 millimètres et la largeur de 5 à 6 au niveau du pavillon.

L'étroitesse de la trompe au niveau de l'isthme rend compte des obstructions qui surviennent si fréquemment à la suite du coryza ou de la pharyngite, quand on songe qu'un gonflement d'un t/2 millimètre de la muqueuse à son pourtour suffit à les produire. On sait avec quelle facilité la pituitaire s'enflamme chez certains sujets à la moindre exposition au froid et combien vite aussi elle revient a l'état normal il en est de même de la muqueuse de la trompe d'Eustache. Quelques personnes, qu'on me passe l'expression, s'enrhument de la trompe d'Eustache très-facilement et guérissent de même, d'où les alternatives de surdité et d'audition qui surprennent tant les malades et constituent le symptôme pathognomonique de l'obstruction de la trompe par cause catarrhale (Le frère d'un de mes élevés, étudiant en pharmacie, me vint trouver pour une surdité très-singulière. Tous les jours depuis son arrivée à Paris il dévouait sourd à trois heures de l'après-midi et restait sourd pendant quelques heures, il ne pouvait être question que d'une obstruction de la trompe d'Eustache, ce que l'examen me prouva d'ailleurs, et j'en trouvai aisément l'explication ce jeune homme était tous les jours a la même heure soumis à un courant d'air froid pendant quelques instants dans l'officine où il travaillait quelques douches d’air et surtout la suppression de la cause tirent disparaitre tout de suite cette surdité intermittente.).


Orifice tympanique de la trompe d'Eustache

La trompe ne s'ouvre pas dans la caisse du tympan sur un point déclive, comme on serait tenté de le croire, si on la considérait uniquement comme un canal d'excrétion elle s'ouvre au contraire à la partie la plus élevée de la paroi antérieure de la caisse, ce qui prouve bien que son usage principal est de renouveler l'air de la caisse et d'entretenir ainsi une égale pression sur les faces opposées de la membrane du tympan, ce que démontrent encore mieux les effets de son obstruction.

L'orifice tympanique de la trompe se trouve en outre situé sur le prolongement de la paroi interne ou labyrinthique de la caisse, en sorte que, si l’on y introduit une bougie, celle-ci, longeant la paroi, passe en dedans de la membrane et de la corde du tympan, en dedans du manche du marteau, et ne peut atteindre ces diverses parties; poussée un peu plus loin, elle pourrait rencontrer l'articulation de l'enclume avec l'étrier et occasionner des accidents sérieux.

Plus loin encore, la bougie s'engagerait dans les cellules mastoïdiennes, puisque l'orifice de la trompe est précisément en regard de celui qui fait communiquer la caisse avec ces cellules.


Pavillon de la trompe d'Eustache

Des diverses parties dont se compose la trompe d'Eustache, celle qui intéresse le plus le chirurgien est le pavillon, puisque c'est par là que pénètre la sonde dans le cathétérisme et que, la vue faisant défaut, on a seulement pour guide les notions anatomiques. Nous allons en conséquence étudier avec tout le soin nécessaire ses rapports avec les parties voisines.

Le pavillon de la trompe d'Eustache est situé dans l'arrière-cavité des fosses nasales au-dessus du voile du palais, immédiatement en arrière de l'orifice postérieur des fosses nasales, et sur la paroi latérale du pharynx.

Il est accessible par deux voies la voie nasale et la voie buccale, mais sa présence au-dessus du voile du palais rend le cathétérisme par la voie nasale beaucoup plus facile. On voit en effet que, pour cathétériser la trompe par la bouche, il faut passer par-dessous le voile du palais et remonter au-dessus avec un instrument recourbé en conséquence. C'est cependant la méthode primitive, telle qu'elle fut inventée pour lui-même par Guyot, le maître de poste de Versailles. La voie nasale est au contraire directe, dépendant, si l'on juge nécessaire de voir le pavillon, de l'éclairer l'aide du miroir laryngien, c'est la voie buccale qu'il faudra choisir on devra saisir le voile du palais avec une pince et le ramener en avant pour pouvoir engager le miroir au-devant de la paroi pharyngienne. La rhinoscopie appliquée à l'examen du pavillon de la trompe d'Eustache n'a pas jusqu'ici donné de résultats sérieux, et je ne la crois pas appelée à un grand avenir.

L'ouverture du pavillon regarde en bas, en dedans et en avant: aussi la courbure de l'instrument et la manœuvre opératoire dans le cathétérisme sont-elles calculées dans le but de porter le bec de la sonde en haut, en dehors et en arrière. Elle présente la forme d'une ellipse à grand diamètre vertical, dont nous avons indiqué déjà les dimensions. Très-bien circonscrite en avant, en haut et en arrière, elle ne l'est pas en bas, où elle se continue insensiblement avec la paroi pharyngienne il est aisé de voir d'après cela que la charpente du pavillon n'est pas complète.

L'orifice est limité, en arrière surtout, par un gros bourrelet qui proémine toujours, sauf chez l'enfant, dans la cavité pharyngienne, bourrelet très-variable du reste suivant les sujets et constitué quelquefois par un cartilage indépendant, ainsi que je l'ai représenté.

C'est au relief formé par ce bourrelet sur la paroi latérale, et à 1 centimètre environ en avant de la paroi postérieure du pharynx, qu'est, due la formation d'une dépression constante connue sous le nom de fossette de Rosenmüller.

Répondant à la face externe et postérieure du cartilage, cette fossette est évidemment d'autant plus profonde que le cartilage est plus saillant.

L'existence de cette fossette constitue la principale cause d'erreur dans le cathétérisme de la trompe d'Eustache elle présente en effet une direction identique à celle de la trompe, et la sonde s'y engage même plus facilement.

Or un des moyens de constater si le cathéter a suivi une bonne voie, c'est d'exercer sur lui une légère traction s'il est fixé, .on en conclut généralement qu'il est bien dans la trompe. Il est aisé toutefois de comprendre que l'introduction du bec du cathéter dans la fossette de Rosenmüller donnera lieu à une sensation analogue, surtout si la cavité est profonde; le chirurgien aura senti la sonde obéir au mouvement de rotation, pénétrer dans une cavité et résister à de légères tractions, et il en conclura légitimement qu'il est dans la trompe, tandis qu'il sera en arrière. J'indiquerai plus loin le meilleur moyen à mon avis d'éviter cette erreur, qui est extrêmement commune.

Il est important de savoir à quelle distance se trouve l'orifice de la trompe des quatre points suivants de la paroi postérieure du pharynx L, du voile du palais P, de la voûte palatine O et du cornet inférieur E. Je dois dire que, si ces distances sont variables suivant les sujets, les rapports réciproques n'en restent pas moins les mêmes.

L'ouverture de la trompe se trouve à 1 centimètre environ en avant de la paroi postérieure du pharynx et à 12 ou 15 millimètres en arrière du cornet inférieur. Le bord supérieur de l'orifice tubaire se trouve précisément sur le prolongement de la ligne d'insertion du cornet inférieur, et en suivant cette ligne d'insertion, c'est-à-dire la partie la plus élevée du méat inférieur, l'instrument pénètre tout droit dans la trompe. Il y pénètre d'autant mieux que la muqueuse pituitaire forme toujours à l'extrémité postérieure du cornet un bourrelet qui est quelquefois assez développé pour prolonger le méat en arrière jusqu'au pavillon, en sorte que l'orifice tubaire parait être le prolongement du méat inférieur. C’est sur le rapport précis et constant du méat inférieur avec l’embouchure pharyngienne de la trompe d’Eustache que Triquet avait fondé son procédé de cathétérisme, qui consistait à porter d’emblée le cathéter au sommet du méat inférieur et à le pousser directement en arrière, manœuvre qui doit d’autant mieux réussir que l'orifice regarde en avant.

Quoique très-simple et très-logique, le procédé de triquet ne doit pas, à mon avis, être adopté, parce qu`il est en réalité plus difficile que d’autres qui sont moins simples en apparence. La principale raison en est dans la disposition du cornet, dont le bord inférieur est parfois tellement recourbé que l'instrument ne pourrait pénétrer dans in méat |p1`m*eu effraction ou en causant de vives douleurs.

Remarquons en passant que le prolongement du bourrelet de la pituitaire jusqu`à la trompe est une condition désavantageuse qui prédispose aux obstructions de l'orifice tubaire à la suite du coryza.

Le pavillon se trouve également situé à 12 ou 15 millimètres au-dessus du voile du palais et il une distance à peu près égale en arrière du bord postérieur de la voûte palatine.

On s'écartera donc peu de la vérité en disant que l’orifice pharyngien de la trompe d'Eustache (nous entendons le bord supérieur de cet orifice) est situé au-dessous de l'apophyse basilaire, en avant de la paroi postérieure du pharynx, (en arrière du cornet inférieur, au-dessus du voile du palais, en arrière et au-dessus du bord postérieur de la voute palatine, à une distance de 12 à 15 millimètres sensiblement égale pour chacun de ces points, c'est-à-dire que l’orifice tubaire occupe à peu près le centre de la paroi latérale du pharynx dans l’arrière cavité des fosses nasales.

Il est un détail sur lequel je désire insister, car il est très-important pour le cathétérisme et n'a pas encore, je pense, été signalé. Le toucher de la voûte palatine pratiqué soit avec le doigt, soit avec un instrument, donne lieu à une véritable illusion que chacun vérifiera aisément. Il semble au toucher que la portion osseuse de la voûte palatine se continue à un bon centimètre de plus on arrière que cela n'a lieu en réalité, si bien que, si l`on ne s'en rapportait qu'à cet examen superficiel, on dirait avec raison que l`orifice tubaire se trouve situé au-dessus du voile du palais et correspond exactement à l'union de la voûte et du voile. Or, c’est une erreur. J'ai recherché la cause de cette illusion, et il m`a été facile de constater qu`elle était due à la présence de l'aponévrose palatine ; celle-ci, fortement tendue d'une apophyse ptérygoïde à l'autre, continue le plan osseux et se termine en arrière par un rebord net et tranchant sur lequel le doigt trouve un petit ressaut absolument comme sur un rebord osseux. Cette aponévrose reçoit le tendon du muscle péristaphylin externe, dont elle peut à la rigueur être considérée comme l’épanouissement.

Il résulte de cette disposition, qu’au toucher, le voile du palais ne se distingue de la voûte qu'à 1 centimètre et demi à peu près en arrière de son origine. Réelle : or, c’est précisément à ce niveau, c`est-à-dire au bord postérieur que l'aponévrose palatine, que correspond le pavillon de la trompe d'Eustache.

Me basant sur les dispositions anatomiques précédentes, j`ai adopté le procédé de cathétérisme suivant, qui peut se décomposer en quatre temps: 1° porter le cathéter directement et rapidement jusqu'à la rencontre de la paroi postérieure du pharynx, la concavité de l'instrument regardant en bas 2° ramener le cathéter jusque sur la portion dure du palais 3° reporter très-doucement le cathéter en arrière, de façon à percevoir avec le bec de l'instrument le bord postérieur de l'aponévrose palatine, qui, je le répète, donne une sensation de résistance osseuse à laquelle succède immédiatement une sensation de mollesse très-facile  percevoir 4° faire exécuter en ce point au cathéter un mouvement de rotation qui dirige le bec en dehors en même temps qu'en arrière et en haut.

Ce procédé me parait avoir sur les autres l'avantage de ne rien laisser au hasard, de fournir des points de repère anatomiques précis, de permettre au chirurgien de mieux s'orienter et surtout d'éviter plus facilement la fossette de Rosenmüller.

Le pavillon de la trompe d'Eustache répond, avons-nous dit, à l'orifice postérieur des fosses nasales; ce rapport est très-intime et permet d'expliquer certains phénomènes pathologiques. On ne le voit bien que sur une coupe du pharynx. La face postérieure du pavillon, fait un relief considérable sur la lumière des deux orifices. Il est aisé de concevoir la solidarité qui unit, au point de vue pathologique, ces deux parties par suite de leur intime voisinage.

Ce rapport met en lumière un fait dont j'avais été frappé sans le bien comprendre tout d'abord. Un malade ayant subi un tamponnement des fosses nasales pour une épistaxis garda plusieurs jours le tampon. Trois semaines après, survint un phlegmon de la région mastoïdienne. La filiation des accidents avait été la suivante inflammation de la muqueuse tubaire à la suite du tamponnement, propagation à la caisse, au conduit auditif externe, sous forme d'ostéo-périostite, et production d'un phlegmon mastoïdien d'après le mécanisme que j'ai signalé plus haut. J'ouvris un abcès du conduit auditif externe, et le phlegmon se termina par résolution.

Il est possible, quand on ne peut faire pénétrer la sonde par la fosse nasale correspondante, de cathétériser la trompe par l'autre fosse nasale avec un instrument approprié.


Structure de la trompe d'Eustache

La charpente de la trompe est essentiellement constituée par un cartilage qui, comme pour le conduit auditif externe, est interrompu dans une partie de la circonférence de l'organe et remplacé par une lame celluleuse.

La portion cartilagineuse de la trompe affecte des formes diverses dont on ne se peut faire une idée qu'en examinant des coupes perpendiculaires à sa direction.

Sur une coupe dont le type se rapproche le plus de l'état normal en offrant des dimensions rigoureusement exactes, à 5 millimètres de son embouchure pharyngienne, la trompe droite montre bien l'étendue et la disposition relatives des portions cartilagineuse et fibreuse du pavillon. La portion cartilagineuse occupe la partie supérieure, interne et postérieure la portion fibreuse répond à la partie inférieure, externe et antérieure. La portion cartilagineuse recourbée à ses deux extrémités présente donc la forme d'une gouttière ouverte en bas et en avant. Le rebord supérieur de cette gouttière est si prononcé, qu'il forme un véritable crochet, une sorte de bec; ce crochet peut être un prolongement du cartilage principal, mais il m'a paru ordinairement formé par un second cartilage uni avec le précédent à l'aide d'un ligament, en sorte qu'il s'exécute en ce point un véritable mouvement de charnière pour ouvrir ou fermer le pavillon.

Un ou deux cartilages, disposés sous forme d'une gouttière aux bords de laquelle se fixe la portion fibreuse ; un orifice elliptique a grand diamètre vertical, tapissé à sa face interne par une membrane muqueuse, telle est la disposition de la portion cartilagineuse à son état de plus grande simplicité. Une disposition anormale, qui n'est cependant pas très-rare,  retrouve la même forme générale la gouttière, le crochet supérieur, etc. Mais il existe quatre cartilages au lieu de deux. Je signalerai surtout cette espèce de cartilage surnuméraire inférieur, dont la présence est utile à noter au point de vue du cathétérisme.

La trompe est tapissée dans toute sa longueur par une membrane muqueuse, qui se continue d'une part avec celle de la caisse et des cellules mastoïdiennes, d'autre part avec celle du pharynx. Toutes les maladies de la muqueuse pharyngienne se propagent à la trompe d'Eustache avec la plus grande facilité, et telle est la cause de la plupart des obstructions de la trompe. Les plaques muqueuses, si fréquentes dans le pharynx, affectent souvent la muqueuse du pavillon, et ce fait mérite d'attirer toute l'attention du praticien. La syphilis peut être communiquée de cette façon, et l'on cita jadis tel spécialiste à la charge duquel existaient au moins quinze cas de ce genre. Aussi le cathéter sera-t-il tenu extrêmement propre, et, quand cela sera possible, chaque malade devra posséder le sien. La muqueuse forme au pourtour du pavillon un bourrelet considérable qui encombre en grande partie l'orifice à l'état normal, ce qui explique pourquoi cet orifice si large, circonscrit par des cartilages, est cependant toujours clos et ne s'ouvre qu'à chaque mouvement de déglutition ou dans un mouvement d'expiration forcée, les narines étant fermées. On rencontre en ce point une quantité considérable de glandes mucipares formant une couche de plusieurs millimètres, et dont les orifices excréteurs sont visibles à l'œil nu. Ces glandes diminuent à mesure que l'on s'approche de la portion osseuse, puis disparaissent complétement. Comparables par leur siège et leur usage aux glandes cérumineuses, elles en diffèrent essentiellement par le produit sécrété, qui est ici un liquide limpide absolument transparent. Une altération dans la sécrétion de ces glandes, leur développement pathologique, peuvent être le point de départ d'une obstruction de la trompe.

L'épithélium de la muqueuse est recouvert de cils vibratiles qui se meuvent de la caisse vers le pharynx.

Les artères de la trompe d'Eustache viennent des pharyngiennes pour la portion cartilagineuse et sont un prolongement de celles de la caisse pour la portion osseuse. Les lymphatiques constituent un riche réseau qui se confond avec celui du voile du palais et de la muqueuse du pharynx, pour aboutir aux ganglions situés à l'angle de la mâchoire.


Usages de la trompe d'Eustache

La trompe d'Eustache, chargée de porter au dehors les produits sécrétés par la muqueuse de la caisse, constitue surtout un canal de ventilation destiné à renouveler l'air qui y est contenu et à maintenir la membrane du tympan sous une égale pression. Lorsque la trompe est oblitérée par un simple gonflement de la muqueuse, une concrétion de mucus, une bride, une cicatrice, une déviation, une tumeur, etc., l'ouïe est abolie plus ou moins complétement de ce côté, et le plus souvent le malade éprouve des bourdonnements j'ai signalé déjà la cause de ces bourdonnements et les modifications que l'on constate à l'otoscope du côté de la membrane du tympan et de la caisse.

Étant donné un malade atteint de surdité, le chirurgien devra, pour s'assurer si la trompe en est le point de départ, procéder d'abord à l'interrogatoire comme pour toute autre affection l'absence de douleur vive, de suppuration, et l'examen direct du conduit auditif, feront immédiatement rejeter toute idée d'affection aiguë du conduit externe, de la membrane et de la caisse du tympan.

Si le malade répond que la surdité est récente (je ne parle pas ici des anciennes obstructions de la trompe), qu'elle est intermittente, s'il a été affecté peu de temps auparavant de coryza ou de pharyngite, il est extrêmement probable que la surdité est le résultat d'une obstruction de la trompe d'Eustache d'origine catarrhale.

Pour s'en assurer, on engagera le malade à faire une forte expiration, le nez et la bouche étant fermés (procédé de Valsalva). Si la trompe n'est pas obstruée, l'air passera dans la caisse, et le chirurgien en sera averti par le malade lui-même, qui sentira dans l'oreille un petit choc produit par le redressement de la membrane du tympan. Il en acquerra encore la preuve en auscultant l'oreille pendant que le malade fait l'expérience, ou bien en examinant à ce moment la membrane du tympan et en suivant la modification que le redressement imprime au marteau et au reflet lumineux.

Au lieu de refouler l'air dans la caisse, on peut y faire au contraire le vide, en exécutant un ou plusieurs mouvements de déglutition, la bouche et le nez étant fermés. Si la trompe est libre, le malade éprouve une sensation très-nette due à la dépression de la membrane vers le promontoire.

Si les deux expériences précédentes n'ont pas réussi, le chirurgien insufflera de l'air par la méthode de Politzer.

Pendant le deuxième temps de la déglutition, le voile du palais se redresse et se tend de façon à fermer complétement l'arrière-cavité des fosses nasales de plus, à ce moment, la trompe est ouverte par l'action du péristaphylin externe: il en résulte que, si, au moment de la déglutition, une certaine quantité d'air est projetée dans l'arrière-cavité des fosses nasales, les narines étant fermées, l'air ne trouvant qu'une seule issue, la trompe d'Eustache, s'y engagera forcément, à moins que celle-ci ne soit oblitérée. La méthode de Politzer n'est pas seulement un moyen de diagnostic, mais encore un moyen de traitement qui peut réussir dans les cas légers et rend tous les jours de véritables services. Si ces trois modes d'exploration n'ont pas suffi, on aura recours au cathétérisme la sonde introduite dans le pavillon servira à la projection d'une douche d'air. Si l'on n'obtient pas de résultat par ces divers moyens, ce qui n'aura lieu en général que dans les obstructions anciennes, on recourra au cathétérisme complet, c'est-à-dire à l'introduction d'une bougie rigide (je me sers de la baleine) dans la cavité de la trompe, comme on le fait pour l'urètre et en usant de la même prudence.

Il ne faudrait pas croire qu'il suffit de désobstruer la trompe pour ramener l'ouïe. Cela est vrai pour les cas d'obstruction récente, mais non pour les cas anciens, qui s'accompagnent toujours de lésions plus ou moins graves de la caisse. Cependant, il faut tenter la cure: c'est ainsi que j'ai pu, à la suite de trois séances de cathétérisme avec une bougie en baleine, obtenir un résultat complet sur un jeune homme atteint de surdité unilatérale par obstruction de la trompe depuis six années. Par contre, un malade âgé de 23 ans, et dont la surdité remontait à l'enfance, n'éprouva aucun bénéfice de l'opération, bien que j'aie pu rendre à la trompe d'Eustache sa perméabilité normale.

J'ai dit plus haut qu'il paraissait démontré que la trompe d'Eustache ne constituait pas un tube toujours béant, malgré sa structure cartilagineuse, et qu'elle ne s'ouvrait qu'à chaque mouvement de déglutition l'agent essentiel de l'ouverture de la trompe est, d'après Trœltsch, le muscle péristaphylin externe, qui s'attache principalement à la portion membraneuse de la trompe. D'après cet auteur, le muscle prend son point fixe sur le crochet de l'aile interne de l'apophyse ptérygoïde et aussi sur le voile du palais préalablement tendu son point t mobile est à la trompe, en sorte que, par sa contraction, le muscle attire la portion membraneuse en bas et en dehors et dilate ainsi le pavillon. J'accepte comme vraie cette manière de voir.

Pour terminer ce qui est relatif à la trompe d'Eustache, je dirai qu'elle présente quelques différences chez l'enfant. Nous avons déjà vu qu'à cet âge la caisse est plus large que chez l'adulte: il n'est donc pas étonnant que l'ouverture tympanique de la trompe soit aussi plus large, ce qui a lieu en effet; l'isthme est en même temps moins étroit: aussi est-il fréquent de voir des enfants atteints de perforation de la membrane du tympan chez lesquels l'injection pratiquée dans la caisse pénètre tout de suite dans le pharynx, ce qui est fort rare chez l'adulte. L'orifice pharyngien est au contraire plus étroit chez les enfants d'où la fréquence plus grande chez eux des obstructions catarrhales. Le cartilage étant très-peu développé, le pavillon ne fait pas saillie dans le pharynx et ne présente guère qu'une fente: aussi le cathétérisme est-il plus difficile chez l'enfant que chez l'adulte.

d'après anatomie topographique par P. Tillaux.

 

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