Index de l'article

La région de l’orbite, nettement délimitée par la cavité orbitaire, se divise naturellement en deux parties un contenant et un contenu.

Le contenant n'est autre que la cavité elle-même avec les parois qui la circonscrivent le contenu comprend les parties molles qui la remplissent, globe de l'œil, graisses, vaisseaux, etc.

 


Cavité et parois de l'orbite

Située immédiatement au-dessous de la fosse cérébrale antérieure, au-dessus du sinus maxillaire, en dehors des fosses nasales et en dedans de la fosse temporale, la cavité orbitaire présente à peu près la forme d'une pyramide quadrangulaire dont la base regarde en avant et en dehors, le sommet en arrière et en dedans. Cette comparaison classique de l'orbite avec une pyramide quadrangulaire n'est pas précisément exacte, en ce sens que la base, c'est-à-dire la partie la plus large, ne correspond pas au rebord de l'orbite. La partie la plus large de l'orbite est située à un centimètre environ en arrière de ce que l'on est convenu d'appeler la base de l'orbite. Supposons quatre lames osseuses partant du sommet de l'orbite d'abord très étroites, elles s'élargissent en se portant d'arrière en avant, divergent pendant les cinq sixièmes environ de leur trajet, puis convergent légèrement vers le centre de la cavité, comme une corolle dont les pétales commenceraient à se replier sur eux-mêmes telle est la forme générale de la cavité orbitaire. Les axes antéro-postérieurs des deux cavités, loin d'être parallèles, sont obliques d'avant en arrière et de dehors en dedans, en sorte que, prolongés, ils se rencontreraient environ au niveau de l'os occipital. Les dimensions de la cavité orbitaire sont variables suivant les âges, les individus, et aussi suivant les origines ethniques (Voir Essais de mensurations de l’orbite par J. Gayat, Anales d’oculistique, juillet-aout 1873). Je dois dire que, si la détermination très précise de ces dimensions fournit à l'anthropologiste d'importantes données, le chirurgien peut se contenter de moyennes: aussi acceptons-nous comme satisfaisantes les mensurations faites par M. de Wecker sur les crânes du musée de Clamart, et dont voici les résultats Du trou optique à l'angle interne 40 à 41 millimètres à l'angle externe 43 millimètres à la voûte de l'orbite 43 millimètres au plancher de l'orbite 46 millimètres Les mensurations de la base de l'orbite sont fournies au même auteur : Diamètre horizontal 39 millimètres Diamètre vertical 35 millimètres L'axe antéro-postérieur de l'orbite présente donc une longueur de 4 à 5 centimètres. Le chirurgien devra avoir présente à l'esprit la profondeur de l'orbite, lorsqu'il fera pénétrer des instruments dans cette cavité, soit pour extraire un corps étranger, soit pour ouvrir un phlegmon post-oculaire. Il devra aussi se rappeler un détail important, c'est que le nerf optique occupe à peu près la moitié postérieure de cet espace pour éviter de le couper, ainsi que je l'ai vu faire une fois, il sera bon, en ouvrant les abcès profonds, de ne pas s'écarter des parois. La cavité orbitaire offre à considérer quatre parois, quatre angles, une base et un sommet.

Les parois sont divisées en supérieure, inférieure, interne et externe.


Parois supérieure et inférieure de l'orbite

D'une façon générale elles sont concaves, et leur concavité regarde l'axe de l'orbite si on les examine de plus près, on s'aperçoit sur une coupe verticale antéro-postérieure qu'elles ne sont pas en réalité concaves dans toute leur longueur, mais que leur courbure a la forme d'un S italique très allongé rappelant celle de la clavicule. Ces parois répondent: la supérieure, aux fosses cérébrales antérieures l'inférieure, au sinus maxillaire. La paroi supérieure ou voûte de l'orbite, formée en avant par le frontal, en arrière par les petites ailes du sphénoïde, est extrêmement mince dans presque toute son étendue, sauf en avant vers la base de l'orbite, où elle offre, au contraire, une épaisseur considérable. Cette lame osseuse présente les caractères de la lame vitrée des os du crâne, c'est-à-dire qu'elle est cassante. On s'explique aisément les plaies pénétrantes du crâne à travers cette paroi; toutefois, la courbure de la voûte orbitaire rend ces dernières plus rares ; un instrument ne pénétrera dans la cavité crânienne qu'à la condition d'être conduit obliquement de bas en haut.

Le chirurgien ne devra pas oublier la minceur et la fragilité de la voûte orbitaire lorsqu'il fera l'extirpation des tumeurs de l'orbite, de celles surtout qui, comme le carcinome, adhèrent à la paroi.

La paroi inférieure, la plus longue des quatre, forme le plancher de l'orbite et la voûte du sinus maxillaire. Elle est constituée presque exclusivement par la face supérieure du maxillaire supérieur. Cette paroi est fort remarquable en ce qu'elle loge dans son épaisseur le nerf sous-orbitaire, terminaison du nerf maxillaire supérieur. Ce nerf est recouvert par une paroi osseuse si mince qu'on l'aperçoit nettement par transparence sous l'aspect d'une ligne blanchâtre dirigée obliquement d'arrière en avant et de dehors en dedans. Ce détail a une importance considérable en médecine opératoire, lorsqu'il s'agit de faire la résection du nerf maxillaire supérieur, puisque, avec un éclairage convenable, on pourra le voir. La paroi inférieure de l'orbite est moins résistante encore que la supérieure aussi les tumeurs la détruisent-elles rapidement pour envahir le sinus maxillaire, de même que les tumeurs de ce sinus se propagent facilement à la région orbitaire. Cet envahissement du sinus peut même être la source d'une illusion pour le chirurgien qui croira, après une première opération, par exemple, que la tumeur ne récidive pas, tandis qu'au contraire elle aura pris un développement considérable, grâce à la capacité du sinus, mais il sera averti, s'il considère que le nerf sous-orbitaire, traversant cette paroi, est toujours englobé, comprimé, détruit même par la tumeur, ce qu'annoncera d'abord une violente névralgie, et plus tard la paralysie de la portion de la face à laquelle se distribue ce nerf.

Dans la résection de l'os maxillaire supérieur, on doit, avant d'extraire l'os, couper le nerf sous-orbitaire pour en éviter l'arrachement. Quant à séparer le maxillaire à son union avec l'apophyse orbitaire du palatin, c'est un temps absolument inutile, la paroi inférieure de l'orbite cédant très-facilement à un simple mouvement de bascule exercé de haut en bas sur le maxillaire.


Parois latérales de l'œil

Elles sont l'une interne, l'autre externe.

Ces deux parois sont loin de présenter la même direction la paroi interne est presque rectiligne d'avant en arrière, tandis que la paroi externe est très oblique dans le même sens.

Constituée par l'os planum de l'ethmoïde en arrière, par l'unguis et l'apophyse montante du maxillaire supérieur en avant, la paroi interne n'est pas tout à fait rectiligne, comme on le dit généralement elle présente une légère convexité externe, ce qui augmente encore la difficulté qu'on éprouve à pénétrer dans l'orbite par le côté interne. Cette paroi, en rapport avec les fosses nasales et les cellules ethmoïdales, est d'une extrême minceur aussi les corps étrangers la traversent-ils avec la plus grande facilité. De même la perforation de l'unguis, proposée pour fournir aux larmes une voie directe dans les fosses nasales lorsque le canal nasal est oblitéré, peut se faire très-aisément. La paroi externe, la plus résistante des quatre, est constituée en arrière par le sphénoïde, en avant par l'os malaire et le frontal elle est remarquable par son obliquité, et forme un véritable plan incliné en arrière et en dedans aussi est-ce toujours en suivant cette paroi qu'il faut aller attaquer le nerf optique quand on veut pratiquer l'énucléation du globe de l'œil par le procédé que j'ai signalé, opération rendue ainsi l'une des plus simples de la chirurgie. Ajoutons à cela que la paroi interne est surplombée par la racine du nez, tandis que l'externe ne fait qu'une saillie très-légère à l'extérieur, et que le globe de l'œil est plus rapproché de la paroi interne que de l'externe. Bien que résistante, la paroi externe peut néanmoins être détruite par les tumeurs de l'orbite, qui viennent alors faire issue dans la région temporale au-dessous de l'aponévrose. Ces prolongements peuvent passer assez longtemps inaperçus, grâce à la profondeur où ils siègent, et tromper ainsi sur la marche du néoplasme. Il résulte de ce qui précède que les parois de l'orbite pourraient être utilement désignées sous les noms de: supérieure ou crânienne, inférieure ou maxillaire, interne ou nasale, externe ou dénominations qui auraient l'avantage d'indiquer tout de suite leur principal rapport.


Angles de l'orbite

Les angles correspondent à la rencontre des quatre plans qui composent la pyramide orbitaire et se divisent en supéro-interne, supéroexterne, inféro-interne etinféro-externe.

A l'angle supérieur et interne correspond la poulie de réflexion du muscle grand oblique, ainsi que les trous orbitaires internes ; à l'angle supérieur et externe se trouve la cavité destinée à loger la glande lacrymale a l’angle inférieur et interne siège l'orifice supérieur du canal nasal je n'insiste pas en ce moment sur la fossette lacrymale, ni sur le canal nasal, devant y revenir plus loin.

Le dernier des quatre angles de l'orbite, l'angle inférieur et externe, intéresse tout particulièrement le chirurgien. Dans la-résection du maxillaire supérieur, l'un des temps les plus difficiles, sinon le plus difficile de l'opération, consiste à passer la scie à chaine de l'orbite dans la fosse zygomatique, pour scier l'os malaire que la pince de Liston, même vigoureusement maniée, peut à grand peine entamer. Or, c'est la connaissance do cet angle inférieur et externe qui servira de guide. Bien qu'il soit mousse, on le sent aisément en explorant avec la pulpe du doigt les parois externe et inférieure. On constate alors l'existence d'une fente, fente sphéno maxillaire, que, bien que recouverte sur le vivant par le périoste orbitaire, est néanmoins appréciable au toucher.

Cette fente se dirige obliquement d'arrière en avant et de dedans en dehors très-étroite en arrière, elle s'élargit considérablement en avant, et peut acquérir jusqu'à un centimètre de largeur mais il faut noter que cette largeur, variable suivant les sujets, peut n'être que de 2 à 3 millimètres, ce qui en rend la recherche beaucoup plus difficile.

L'extrémité antérieure de la fente sphéno-maxillaire, c’est-à-dire le point où il faut faire pénétrer l'aiguille courbe, pour fa section do l'os malaire, est située à 15 millimètres en arrières du rebord de l’orbite, notion dont il est à peine utile de signaler l'importance pour la médecine opératoire.


Base de l'orbite

Un quadrilatère dont on aurait émoussé les angles représente assez exactement la base de l'orbite. Le diamètre horizontal est généralement un peu plus grand que le diamètre vertical, mais cela est variable. Ainsi la base que j'ai fait dessiner ici au hasard se trouve présenter ses deux diamètres égaux (35 millimètres). Je rappellerai que la base de l'orbite n'est pas la partie la plus large de la pyramide.

La base de l’orbite est obliquement coupée de dedans en dehors, d'avant en arrière, et aussi de haut en bas, en sorte que le bord interne dépasse en avant le bord externe, et que le bord supérieur dépasse dans le même sens, mais d'une moindre quantité, le bord inférieur.

Cette direction de la base de l'orbite augmente notablement le champ de la vision, mais le globe de l'œil en devient beaucoup plus accessible aux violences extérieures du côté externe. C'est pour cela du reste que le chirurgien doit choisir ce côté pour opérer la cataracte.

La base de l'orbite est circonscrite par quatre bords, qui sont supérieur, inférieur, interne et externe. Le bord supérieur, incliné sur l'horizon en bas et en dehors, est remarquable par l'échancrure située à l'union de son tiers interne avec ses deux tiers externes et qui sert à loger le nerf frontal. Les trois autres ne présentent rien qui doive être signalé.

J'ai fait remarquer toute la délicatesse des parois orbitaires, réduites qu'elles sont parfois à une lamelle papyracée; il n'est pas moins utile de montrer, par opposition, combien les rebords de l'orbite sont solides. Les deux rebords, surtout le supérieur, sont constitués par une colonne très-épaisse de tissu compacte. De plus, le bord libre est mince, presque tranchant, et l'on conçoit aisément que dans une chute la peau des paupières, puisse être coupée de dedans en dehors à ce niveau.


Sommet de l'orbite

Le sommet de l'orbite, fortement tronqué, correspond non pas au trou optique, qui occupe la paroi supérieure, mais à la fente sphénoïdale dans sa partie la plus large. L'orbite communique avec la cavité crânienne par cette ouverture.

Les parois de l'orbite peuvent être détruites par des tumeurs qui naissent de la cavité orbitaire pour envahir les parties voisines crâne, fosses nasales, tempe, sinus maxillaire, fosse zygomatique; par des néoplasmes provenant primitivement de ces diverses régions pour gagner ensuite l'orbite. Elles sont parfois elles-mêmes le point de départ de certaines exostoses à forme éburnée, dont il est aisé de comprendre l'action sur le globe de l'œil, qu'elles aplatissent ou chassent de sa cavité.


Parties molles contenues dans l'orbite

Les parties molles de l'orbite sont contenues dans deux loges distinctes, séparées l'une de l'autre par une cloison fibro-celluleuse qui porte le nom d'aponévrose. L'une de ces loges, la plus petite, est antérieure et réservée au globe de l'œil; l'autre, un peu plus grande, postérieure, contient les vaisseaux et nerfs destinés au globe, ainsi que les graisses de l'orbite. On a discuté et l'on discutera encore sur certains détails de l’aponévrose orbitaire, mais un fait acquis, c'est qu'il existe dans l'orbite deux loges indépendantes l'une de l'autre.

J'étudierai d'abord la cloison intermédiaire aux deux loges, c'est-à-dire l'aponévrose orbitaire, et ensuite le contenu de ces deux loges elles-mêmes, de la postérieure d'abord, de l'antérieure ensuite.


Aponévrose de l'orbite ou aponévrose de Ténon

Cette aponévrose a d'abord été étudiée par Ténon, sous le nom duquel elle est, à bon droit, souvent décrite. Elle a fait ensuite l'objectes recherches de Bonnet, d'Hélie, de Bogros, de M. Richet, et dans ces derniers temps de M. Sappey.

L'aponévrose de Ténon ne constitue pas un plan fibreux simple, plus ou moins résistant, analogue à l'aponévrose temporale, par exemple c'est une toile cellule-fibreuse, lâche, lamelleuse, grisâtre, semi-transparente comme le tissu conjonctif, entourant toute la portion scléroticale du globe de l'œil d'une part et allant se fixer au pourtour de l'orbite d'une autre part. C'est sans nul doute cet aspect, différent de celui des membranes aponévrotiques ordinaires, qui fait que certains auteurs n'en ont pas donné de description spéciale et en réalité ce n'est pas une aponévrose, au point de vue anatomique. Toutefois elle mérite ce nom, si l'on considère qu'elle constitue entre le globe oculaire et les graisses de l'orbite une cloison, peu résistante, il est vrai, sur certains points, mais très-forte sur d'autres et dans tous les cas complète. Ces réserves faites, voici comment il faut comprendre, a mon avis, l'aponévrose orbitaire.

Il existe deux manières d'en démontrer l'existence. La première consiste à énucléer complétement le globe de l'œil en rasant la sclérotique et en coupant le nerf optique à son entrée dans l'œil. C'est ce qu'a fait Bonnet de Lyon. On voit alors sa face antérieure, face concave, exactement moulée sur l'hémisphère postérieur du globe; cette face est unie et tellement lisse qu'on a décrit au-devant d'elle une véritable séreuse (Bogros). A sa surface se trouvent l'extrémité antérieure des muscles droits, légèrement rétractés après leur section sur la sclérotique et la section du nerf optique. Cette démonstration, si péremptoire, pourrait à la rigueur suffire au chirurgien, car il acquiert ainsi la preuve évidente que le globe de l’œil occupe dans l'orbite une cavité distincte, il comprend la possibilité d'en pratiquer l'ablation totale sans ouvrir la loge postérieure, circonstance qui rend singulièrement bénigne cette importante opération.

La seconde manière de découvrir cette aponévrose consiste à la préparer d'arrière en avant. La partie postérieure de l'orbite étant enlevée, j'ai extrait avec des pinces tout le tissu adipeux qui remplit la loge postérieure, de façon à parvenir jusqu'à la face postérieure du feuillet, dont la préparation précédente nous a montré la face antérieur. Ce feuillet, mince et lamelleux au niveau du pôle postérieur du globe, où il prend naissance, recouvre la sclérotique dans sa moitié postérieure environ; rencontrant les muscles droits de l’œil ainsi que la partie réfléchie du muscle grand oblique, il revêt alors les caractères d'une véritable aponévrose blanche et résistante, fournit à ces muscles des gaines qui seront étudiées dans un instant et va se fixer au pourtour de l'orbite par des prolongements dont quelques-uns, les latéraux principalement, offrent une grande résistance.

L'idée générale que l'on doit se faire de l'aponévrose orbitaire est donc, en définitive, celle d'un diaphragme peu résistant en arrière, plus résistant en avant, ou, si l'on veut; d'une sorte de cupule recevant dans sa concavité le globe de l'œil.

Cette cupule présente une face antérieure et une face postérieure. La face antérieure est concave, lisse, unie, moulée sur l'hémisphère postérieur du globe, qu'elle embrasse lâchement; la face postérieure, convexe, est en rapport avec les graisses de l'orbite, mais à l'encontre de la précédente, elle fournit des prolongements très résistants qui se portent les uns sur les muscles, les autres vers la base de l'orbite, et constituent en réalité la partie essentielle de l'aponévrose. Des deux extrémités, l'une, antérieure, très-évasée, s'insère au pourtour orbitaire; la postérieure, très-étroite, entoure le nerf optique à son entrée dans l'œil et se prolonge à sa surface en se confondant avec le névrilème.

Certains auteurs, M. Richet entre autres, ne considèrent pas l'aponévrose comme constituée par les seules parties que nous venons de décrire. Ils lui reconnaissent encore un feuillet dit orbitaire, par opposition au précèdent qu'ils appellent oculaire. Ce feuillet orbitaire, partant du trou optique et de la fente sphénoïdale, ou il se continue avec la dure mère, tapisse les parois osseuses, auxquelles il adhère faiblement, surtout en haut et en bas, et se rend directement à la base de l'orbite. Arrivée là, cette lame fibreuse se dédouble, suivant M. Richet, en deux feuillets: l'un qui se continue directement avec le périoste du frontal, l'autre qui se réfléchit d'abord en bas, puis en arrière, en s'adossant a la conjonctive qu'il renforce, et va précisément former le feuillet oculaire, de sorte que ces deux feuillets, orbitaire et oculaire, ne constitueraient qu'une seule et même membrane continue. M. Sappey s'est élevé énergiquement contre cette manière de voir. Pour lui, le feuillet orbitaire n'est pas une aponévrose, mais un vrai périoste qui ne se continue pas plus avec la dure-mère en arrière qu'avec le feuillet oculaire en avant. !i ne reconnaît comme aponévrose que ce dernier feuillet et rejette absolument la comparaison, ingénieuse du reste, qu'on a tenté de faire entre cette aponévrose et les deux lames d'un bonnet de coton.

M. Sappey a raison sans doute les deux feuillets orbitaire et oculaire ne sont t pas formés par une même membrane se repliant sur elle-même à la base de l'orbite, et la preuve, c'est que la texture de ces deux parties n'est pas la même. M est également vrai que le périoste de l'orbite ne se continue pas histologiquement avec la dure-mère. L'argumentation du savant anatomiste est irréfutable. Cependant, la dure-mère et le périoste de l'orbite s'unissent si intimement qu'ils paraissent se continuer l'un avec l'autre au sommet de l'orbite; d'autre part, le périoste, arrivé à la base de l'orbite, se continue manifestement avec la partie évasée du feuillet oculaire, désigné encore sous le nom de fascia sous-conjonctival, en sorte que, bien que ces différents plans fibreux ne forment pas une seule et même membrane, ils n'en constituent pas moins un revêtement continu ; les pièces qui le composent n'ont pas, il est vrai, une texture identique, mais sont en réalité réunies bout à bout.

Je dirai donc pour me résumer l'aponévrose de l'orbite est constituée par une lame cellulo-fibreuse ; étendue du pourtour de l'orbite au pôle postérieur du globe de l'œil. Les rapports qu'elle affecte dans ce trajet avec l'œil et avec les paupières permettent de lui reconnaître deux portions, une portion oculaire et une portion palpébrale. Elle partage l'orbite en deux loges, l'une antérieure, largement ouverte en avant, destinée au bulbe oculaire l'autre postérieure, contenant graisse, muscles, vaisseaux, nerfs; cette dernière est limitée en avant par la face postérieure de l'aponévrose précédente, en arrière et sur les côtés par le périoste de l'orbite, et fermée par la rencontre de ces divers plans fibreux aux deux extrémités de la pyramide orbitaire.


Prolongements de l'aponévrose de Ténon

Pour compléter l'histoire de l'aponévrose de Ténon, il nous faut en étudier maintenant la partie la plus importante, c'est-à-dire les prolongements nés de sa face externe. Ils sont de deux ordres les uns se rendent aux muscles, les autres aux parois de l'orbite ils sont donc musculaires et orbitaires.

Prolongements musculaires

Pour faire cette démonstration nous avons supposé une coupe verticale antéro-postérieure passant par le milieu du muscle droit supérieur.

Les muscles droits sont d'abord situés dans la loge postérieure de l'orbite arrivés au tiers antérieur environ de la sclérotique, ils s'engagent dans la loge antérieure pour aller prendre insertion au voisinage de la cornée ils doivent donc traverser la cloison fibreuse qui sépare ces deux loges or l'aponévrose n'offre pas de trou pour le passage du muscle, elle se laisse déprimer en doigt de gant, de façon qu'elle accompagne le tendon jusqu'à son insertion scléroticale. De plus, des bords de la dépression qu'a subie l'aponévrose se détache une gaine fibreuse qui enveloppe complétement le corps du muscle et l'accompagne jusque vers le milieu de l'orbite. Très-résistante a son point de départ, cette gaine adhère fortement au corps du muscle; elle ne tarde pas à s'amincir et à se transformer en une simple toile celluleuse. Tous les muscles de l'œil reçoivent une gaine analogue à celle que nous venons de décrire. Toutefois celle du grand oblique s'arrête à la poulie de réflexion de son tendon et ne se porte pas sur le corps du muscle. Ce n'est d'ailleurs qu'en étudiant les muscles de l'œil eux-mêmes qu'il nous sera possible de comprendre le but de cette remarquable disposition.

Prolongements orbitaires

M. Sappey a fait remarquer avec raison que les prolongements orbitaires, appelés encore ailerons ligamenteux, n'émanent pas directement des muscles de l’œil, ainsi que l'avait pensé Ténon, qui leur donnait le nom de tendons orbitaires, mais bien de la gaine fibreuse décès muscles. Des quatre gaines musculaires naissent autant d'ailerons ligamenteux. Le prolongement qui naît de la gaine du droit supérieur s'unit aussitôt avec celui de l'élévateur de la paupière, en sorte que la contraction de ces deux muscles ne saurait être absolument indépendante aussi le droit supérieur est-il légèrement élévateur de la paupière supérieure. Ce prolongement va ensuite se fixer au bord supérieur de l'orbite.

Le prolongement du muscle droit inférieur se fixe au bord inférieur de l'orbite en se confondant à ce niveau avec le ligament des tarses.

Les ailerons latéraux sont de beaucoup les plus importants par leur volume et leur résistance. Au nombre de deux, l'un externe, l'autre interne, ils naissent chacun de la gaine fibreuse du muscle droit correspondant à peu près au niveau de l'équateur de l'œil.

Ils se présentent sous la forme de deux trousseaux fibreux blanchâtres très solidement attachés aux parois correspondantes de l'orbite.

L'aileron externe est toujours plus volumineux que l'interne. Tons les deux se dirigent d'arrière en avant l'externe se porte de dedans en dehors et l'interne de dehors en dedans. Continus en arrière avec ta gaine fibreuse des droits, ces deux faisceaux se fixent en avant, l'externe à la paroi externe de l'orbite, immédiatement en arrière du ligament palpébral angulaire externe ; l’interne à la paroi interne de l'orbite à la crête de l'unguis, en arrière du sac lacrymal et du muscle de Horner. Suivant M. Sappey, ces prolongements, de nature fibreuse à leur insertion mobile ou postérieure, sont constitués, à leur insertion antérieure ou osseuse, par des faisceaux de fibres musculaires lisses auxquels il donne le nom de muscles orbitaires interne et externe.

L'aponévrose ne joue donc pas seulement le rôle d'un diaphragme ayant pour but de séparer en deux loges distinctes la cavité de l'orbite, elle affecte encore les connexions les plus intimes avec les muscles de l'œil, en sorte que son usage à ce point de vue ne peut se séparer de celui des muscles. 

d'après anatomie topographique par P. Tillaux. 

Forum anatomie

Super User
New Member
complexe articulaire de l'épaule
bonsoir, pourquoi parle t'on de complexe articulaire pour l'épaule? Je ne co...
32297 Vues
0 Votes
réponses
Dans Anatomie
Posté le mardi 16 décembre 2014
Super User
New Member
ligament
Bonjour un ligament peut-il être intra capsulaire ?...
22457 Vues
0 Votes
réponses
Dans Anatomie
Posté le mardi 14 octobre 2014
Pierre
Pas de rang
Pacchioni
Où se trouve le foramen de Pacchioni?...
988 Vues
0 Votes
réponses
Dans Anatomie
Posté le lundi 13 avril 2020
christophe
New Member
indice de Hirtz
Bonjour, je sais que l'indice de Hirtz sert à mesurer la mobilité thoracique mai...
11437 Vues
0 Votes
réponses
Dans Anatomie
Posté le samedi 14 mars 2015
  • #médecine
  • #Anatomie
sylvain
New Member
rugine
quelqu'un sait ce que "ruginer" peut dire? et dans quel cas la "r...
7836 Vues
0 Votes
réponses
Dans Anatomie
Posté le dimanche 15 mars 2015
  • #médecine

QCM d'anatomie

Le cubitus ou ulna
Questionnaires à propos du cubitus.
L'humérus
Questions à propos de l'humérus.
QCM Anatomie de l'estomac
5 QCM concernant l'anatomie de l'estomac.
Ostéologie de l'épaule 3, la scapula 1
Chaque QCM a au moins une proposition juste, et au moins une fausse. (y compris la proposition E) Chaque QCM n'a qu'une seule et unique combinaison correcte.
ostéologie de l'épaule 4, scapula 2
Chaque QCM a au moins une proposition juste, et au moins une fausse. (y compris la proposition E) Chaque QCM n'a qu'une seule et unique combinaison correcte.
Ostéologie de l'épaule 2, la clavicule
Chaque QCM a au moins une proposition juste, et au moins une fausse. (y compris la proposition E) Chaque QCM n'a qu'une seule et unique combinaison correcte.
La scapula (omoplate)
Questionnaire à propos de la scapula (omoplate)

Ce site internet met des documents à votre disposition seulement et uniquement à titre d'information. Ils ne peuvent en aucun cas remplacer la consultation d'un médecin ou les soins prodigués par un praticien qualifié et ne doivent par conséquent jamais être interprétés comme pouvant le faire.

Connexion