L'aponévrose postérieure du transverse continue jusqu'à la colonne vertébrale les faisceaux moyens de ce muscle.
 

Une et indivise a son origine sur le muscle, elle se partage, en atteignant le bord externe du carré des tombes, en deux lames, l'une qui passe en avant du carré, l'autre qui passe en arrière. Cette dernière lame, à son tour, en atteignant le bord externe des muscles spinaux, jette un feuillet en arrière de ces muscles. L'aponévrose postérieure du transverse se divise donc, en définitive, en trois feuillets, que l'on distingue en antérieur, moyen et postérieur

 

Aponévrose postérieure du muscle transverse.
LI, LII LIII, LIV, LV, première, deuxième, troisième, quatrième et cinquième vertèbres lombaires.
1, 1’, onzième et douzième côtes. - 2, crête iliaque. - 3, ligament ilio-Iombaire. - 4, muscle transverse de l'abdomen. - 5, son aponévrose postérieure, avec : 5' son feuillet moyen, allant s'insérer sur le sommet des apophyses transverses des vertèbres lombaires. - 6, aponévrose du grand dorsal érigné en dehors, à laquelle s'est intimement uni en 7, le feuillet superficiel de l'aponévrose du transverse. – 8, 8', deux faisceaux fibreux constituant dans leur ensemble le ligament lombo-costal de Henle. – 9, 9, autres faisceaux fibreux partant du sommet des apophyses transverses et allant renforcer l'aponévrose du transverse. - 10, muscles intertransversaires internes. - 11, muscles intertransversaircs externes.

Feuillet antérieur

 

Le feuillet antérieur n'est autre que l'aponévrose du carré des lombes de certains auteurs. Elle s'étale de dehors en dedans sur la face antérieure de ce muscle et vient se fixer, en dedans, sur la base des apophyses transverses des vertèbres lombaires. L'aponévrose du carré est ordinairement mince et peu résistante. Elle est renforcée à sa partie supérieure par un système de fibres à direction transversale, qui s'étendent du sommet de la douzième côte (quelquefois aussi de la partie moyenne de la onzième) à la face antérieure et au bord supérieur de l'apophyse transverse de la deuxième lombaire c'est une dépendance du ligament lombo-costal de Henle, que nous décrirons dans un instant. L'ensemble de ces fibres transversales, ainsi fusionnées avec les fibres de l'aponévrose du carré, constitue une sorte d'arcade, que l'on appelle indistinctement arcade du carré des lombes ou ligament cintre du diaphragme : c'est sur cette arcade, rappelons-le en passant, que viennent s'insérer les faisceaux correspondants du muscle diaphragme.

 

Feuillet Moyen

 

Le feuillet moyen, le plus important des trois, constitue à proprement parler l'aponévrose d'insertion postérieure du muscle transverse. Elle fait suite aux faisceaux charnus de ce muscle et vient se terminer sur le sommet des apophyses transverses des vertèbres lombaires. Elle occupe, en hauteur, tout l'espace compris entre la douzième cote et la crête iliaque, continuée en dedans par le ligament ilio-lombaire. Sa largeur, mesurée du bord postérieur du muscle aux apophyses transverses est de 10 ou 11 centimètres. Relativement mince en bas, le feuillet moyen de l'aponévrose du transverse s'épaissit peu à peu, au fur et à mesure qu'il se rapproche des cotes. Au point de vue de sa constitution anatomique, il est essentiellement formé par des fibres transversales franchement transversales pour sa partie inférieure, obliques en haut et en dedans (parallèles à la douzième côte) pour sa partie supérieure. Tout en haut, dans l'angle formé par la dernière côte et la colonne lombaire, il est renforce par le ligament lombo-costal de Henle, sorte d'expansion fibreuse, a la fois très épaissie et très résistante, qui s'étend du sommet des deux premières lombaires au bord inférieur de la douzième côte et quelquefois même a la onzième (quand la deuxième est courte).

 

Au-dessous du ligament lombo-costal, des expansions analogues, mais beaucoup moins importantes, souvent même peu visibles, s'échappent du sommet des apophyses transverses des trois dernières lombaires pour s'irradier sur la face postérieure de notre aponévrose et renforcer ainsi sa partie interne ou juxta-lombaire.

 

L'extrémité externe des apophyses transverses peut laisser échapper de véritables rubans fibreux, qui se dirigeaient obliquement en bas et en dehors parallèlement a la douzième côte ces faisceaux aponévrotiques, quand ils existent, ne sont vraisemblablement que des reliquats fibreux des cotes lombaires.

 

Feuillet postérieur

 

Le feuillet postérieur se détache, avons-nous dit plus haut, au niveau du bord externe des muscles spinaux. Il se porte en arrière et en dedans et se fusionne immédiatement après avec l'aponévrose du grand dorsal il contribue ainsi a former, avec quelques autres aponévroses moins importantes, notamment avec celles du petit oblique et du petit dorsal inférieur, l'aponévrose lombaire. Nous avons déjà décrit cette aponévrose à propos des muscles postérieurs du tronc. Nous n'y reviendrons pas ici.

 

Loges musculaires de la région lombaire

 

En s'écartant les uns des autres, les trois feuillets précités de l'aponévrose postérieure du transverse circonscrivent, de concert avec les parties correspondantes de la colonne vertébrale, deux loges ostéo-fibreuses importantes une loge antérieure, située entre le feuillet antérieur et le feuillet moyen une loge postérieure, comprise entre le feuillet moyen et le feuillet postérieur. La première de ces loges est occupée par le muscle carré des lombes. Dans la seconde prennent place les trois muscles des gouttières vertébrales le tong dorsal et le sacro-lombaire, sur un plan superficiel; le transversaire épineux, sur un plan profond.

 

Coupe horizontale de la colonne vertébrale au niveau de la deuxième vertèbre lombaire.
1, grand oblique de l'abdomen. - 2, pelit oblique. - 3, transverse. - 4, aponévrose de ce dernier muscle, se divisant en trois feuillets : 4', feuillet antérieur ; 4", feuillet moyen ; 4'", feuillet postérieur. - 5, loge du carré des lombes. – 6, loge des muscles spinaux. - 7, muscle grand dorsal. - 8, aponévrose du petit oldique. - 9, peau. - 10, tissu cellulaire sous-cutané. - 1 1, aponévrose superficielle. - 12. coupe du psoas. - 13, rein. - 14, pilier droit du diapliragme. - 15, aorte. - 16, veine cave inférieure. - 17, péritoine.

 

La description, qui précède de l'aponévrose abdominale postérieure est ce qu'on pourrait appeler la description classique, du moins en France.

La plupart des anatomistes étrangers tout en reproduisant des coupes analogues, l'interprètent d'une façon toute différente. Pour eux, l'aponévrose postérieure du transverse ne se divise pas en feuillets et, tout entière, se porte sur le sommet des apophyses transverses des vertèbres lombes le muscle transverse s'insérerait donc exclusivement sur les apophyses transverses. Quant aux deux autres lames, que nous avons décrites ci-dessus sous les noms de feuiller antérieur et de feuillet postérieur de l'aponévrose du transverse, elles seraient indépendantes de ce dernier muscle : la première serait une simple aponévrose d'enveloppe, revêtant la face antérieure du carré, des lombes la seconde serait constituée par l'aponévrose; du grand dorsal a laquelle viendraient se joindre les tendons postérieurs du petit oblique et du petit dentelé inférieur. Mais ils ajoutent que sur les points (au niveau externe du carre des lombes d abord, puis au niveau du bord externe des muscles spinaux) où elles entrent en contact avec l'aponévrose du transverse, les deux lames fibreuses en question se fusionnent intimement, se confondent, se suturent (on a employé tour a tour ces différentes expressions) avec cette dernière aponévrose.

 

D'après L. Testut Traité d'anatomie humaine

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