Herpesvîridae - βHerpes virînae

 

(spectre d’hôte très étroit - cycle infectieux long)

Structure - Morphologie des Herpesviridae

 

Génome :

 
 

230kb
2 segments de séquences non répétées: UL et US encadrés de séquences répétées : 4 isomères

 

Capside

 
 
 

162 capsomères
pUL86 ou Major capsid protein (155kd)
pUL46 (34kd): permet l’ancrage de l’ADN génomique

 

Tégument ou matrice

 
 
 

constitué de 7 protéines principales
ppUL32 (20 % des protéines totales)
ppUL83: pp65, dans les corps denses cytoplasmiques

 

Enveloppe

 
 

gpUL55 —> précurseur —> gB (épitope de neutralisation)
gpUL75 ou gH

 

Interactions virus-cellule

 

Culture

 

sur fibroblastes humains embryonnaires de poumons (MRC-5)

 

Schéma de multiplication

 
 
 
 
 
 
 
  • Fixation : (enveloppe)
  • Fusion enveloppe virale - membrane cellulaireLibération de la capside et migration vers le noyau (ADN viral détectable en 48 h dans le noyau).
  • Les protéines virales synthétisées dans le cytoplasme migrent vers le noyau : formation de capsides immatures.
  • Incorporation de l’ADN viral
  • Enveloppement dans le feuillet interne de la membrane nucléaire – migration dans le réticulum endoplasmique.
  • Libération de virions 12àh après le début de l’infection.
 

Effet cytopathique

 

Foyers de grandes cellules réfringentes.

 

Transcription séquentielle des gènes viraux : 3 phases

 

Phase très précoce : 0à 2h

 
  • Protéines de régulation de la réplication (IEA) sous contrôle de protéines virales provenant du virion
 

Phase précoce : 2 à 20 h

 

protéines précoces : enzymes de réplication

 
 
  • ADN polymerase UL54
  • UL97:      protéine kinase
 

Phase tardive : après 20 h

 

protéines de structure

 
 
 
  • UL86 : protéine
  • UL46 : protéine
  • UL8O : protéine
 

majeure du core mineure d’assemblage

 

Interactions virus-hôte

 

Peu pathogène chez l’immunocompétent, le CMV peut être responsable d’infection~ sévères chez le foetus et l’immunodéprimé.

 

Physiopathologie

 

Réservoir strictement humain

 

Contaminations

 
 

sexuelles (les plus fréquentes) congénitales : pendant la grossesse à l’accouchement, ou périnatales
iatrogènes (transfusions - greffes)

 

Dissémination virale par virémie

 

virus présent dans les monocytes-macrophages les polynucléaires (virions phagocytés)

 

Atteinte des organes cibles

 
 
 

moelle osseuse, placenta, glandes salivaires poumons, rein, foie, tube digestif, SNC, oreille interne, nerfs périphériques, œil, peau, endothélium capillaire.
Les lésions tissulaires sont dues à des destructions des cellules infectée par des cellules immunes.
Rôle dans les rejets de greffe

 

Latence

 
 

Dans les leucocytes – monocytes
Dans les tissus : rein, poumon – cellule endothéliales

 

Réactivations

 
 

Fréquentes chez les immunodéprimés
Réinfections possibles.

 

Clinique

 

Infection de l’adulte sain

 

Souvent inapparente

 

Forme habituelle (8% des syndromes mononucléosiques) fièvre, syndrome mononucléosique,cytolyse hépatique, myalgies.

 

Formes plus rares

 

Thrombopénie – Anémie hémolytique – Encéphalites – Colites – Guillain-Barré

 

Infections congénitales et périnatales

 

Infection maternelle le plus souvent inapparente ou syndrome infectieux banal.

 

Transmission maternofoetale fréquente (1 % des nouveaux-nés sont viruriques à la naissance).

 
 
  • Suspicion lors d’atteinte clinique de la mère, lors d’hypotrophie ou retard de croissance intrautérin visibles à l’échographie.
  • Maladie des inclusions cytomégaliques – atteinte généralisée – décès fréquents sinon retard psychomoteur – microcéphalies.
 

Infections de diagnostic tardif: retard mental, surdité (5 à 15% des enfants infectés in utero).

 

Infections périnatales: pneumopathie la plus fréquente

 

Infections des greffés

 
 
 

les infections les plus graves surviennent chez les greffés de moelle osseuse et coeur-poumon
manifestations : fièvre persistante, leucopénie et thrombopénie, ± élévation des transaminases vers la 8ème semaine après la greffe. souvent associées au rejet de greffe.
Linfection à CMV est une complication majeure après transplantation.

 

Infections chez les sidéens

 

les manifestations les plus fréquentes pneumopathies interstitielles, les choriorétinites qui surviennent chez 30% des patients et les colites.

 

Epidémiologie

 

L’infection à CMV est endémique dans le monde. La séroprévalence est inversement corrélée au niveau socio-économique. Elle est de 50 % en Europe chez les adultes et de 100 % dans les pays en voie de développement.

 

Chez les sujets infectés, le virus peut être détecté dans les urines, la salive, k pharynx, les larmes, le lait, le sperme et sur le col de l’utérus.

 

Après la primoinfection, l’excrétion est prolongée dans les urines mais peut être intermittente.

 

Les périodes habituelles de transmission sont :

 
 
 
  • La période des premiers rapports sexuels
  • La période périnatale ou la grossesse
  • Le virus peut être transmis lors de transfusions de produits sanguins syndrome post-transfusionnel), ou lors de transplantations. Des réactivations et des réinfections peuvent aussi survenir chez des receveurs séropositifs.
 

Diagnostic

 

Les prélèvements

 

Ils sont différents selon les circonstances cliniques.

  • Sang prélevé sur héparine : recherche d’une virémie par culture et d’une antigénémie.
  • Sang prélevé sur EDTA (recherche d’une ADNémie cellulaire
  • d’une ADNémie plasmatique)
  • Salive
  • Biopsie colique.
  • LBA (liquide lavage bronchoalvéolaire).
  • LCR (encéphalite — Guillain-Barré).
  • Urines: recherche d’une virurie.
 
 
 
 
 
 
 

Les techniques du diagnostic direct

 
 
 
 
  • Culture sur cellules MRC5 - ECP spécifique apparu tardivement, le plus souvent après 3 semaines.
  • Culture rapide : détection des antigènes IEA grâce à l’utilisation d’anticorps monoclonaux spécifiques, dès le 2ème jour de culture.
  • Antigénémie : détection de l’antigène pp65 dans les noyaux des polynucléaires: technique quantitative.
  • PCR (technique la plus sensible) — Recherche d’ADN viral, éventuellement d’ARNm viral quantification possible (charge virale) réalisée sur le plasma détection dans des leucocytes.
 

Les techniques du diagnostic indirect

 
 

Sérologies lgG, et lgM - technique ELISA
présence possible d’lgM lors des réactivations

 

Etude de la sensibilité des souches aux antiviraux

 

Tests phénotypiques et génotypiques

 

Situations cliniques particulières

 

Diagnostic d’une cytomegalovirose chez un nouveau-né

 
 

  • prélèvement usuel : urines
  • prélèvement pharyngé
 

Diagnostic d’une cytomégalovirose chez une femme enceinte

 

1er temps:

 
 
 
 
 
  • recherche d’une séroconversion
  • recherche d’lgM spécifiques
  • avidité des lgG
  • virémie
  • virurie
 

2ème temps:

 

·         le diagnostic prénatal ne peut être réalisé que si la mère n’est pas virémique

 

·         recherche de virus dans le liquide amniotique par culture et PCR (diagnostic effectué par un biologiste accrédité pour le diagnostic prénatal)

 

Traitement

 

Analogues nucléosidiques

 

Ganciclovir - analogue de la guanine (déhydroxy propoxyméthyl guanine): DHPG actif sous forme de GCV triphosphate existence de mutants résistants: mutations du gène de l’ADN pol = UL54 mutations de la phosphotransférase UL97

 

BHCG - analogue de la guanine

 

HPMPC - analogue de la cytosine - cidofovir

 

Analogue des pyrophosphates

 

Foscarnet - PFA - phosphonoformate

 

inhibition de l’ADN polymérase virale

 

En cours d’évaluation

 
 
  • Oligonucléotides antisens
  • Antiprotéases - inhibition de l’assemblage des virions
 

Indications:

 

Chez les greffés de moelle et les sidéens, le traitement préemptif de l’infection est initié dès l’apparition d’une antigénémie ou ADNémie leucocytaire.

 

L’efficacité virologique se traduit par la négativation de l’antigénémie ou de l’ADNémie en 7à 10 jours.

 

En pratique :

 
 
 
 
  • traitement d’attaque - lors d’une atteinte aigué
  • traitement préemptif dès l’apparition d’une antigénémie ou ADNémie leucocytaire
  • traitement d’entretien chez les greffés et les sidéens (doses réduites)
  • prophylaxie primaire en cours d’évaluation
 

Prévention

 
 
  • Utilisation de sang provenant de patients dépourvus d’anticorps CMV lors des transfusions aux patients séronégatifs (enfants,femmes enceintes, greffés, sidéens).
  • ACV et GCV peuvent être utilisés à titre prophylactique
Vaccins en cours d’évaluation

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