La veine cave supérieure ou descendante (cave dans le sens vaste, ample, et non de creux) est le tronc commun de toutes les veines de la moitié supérieure du corps. Son territoire, qui correspond à celui de l'aorte ascendante, embrasse la tête et le cou, les membres supérieurs et la poitrine.
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Situation de la veine cave supérieure

 

Elle est située dans la cavité thoracique, dans la portion supérieure du médiastin antérieur. Elle répond au bord droit du sternum qu'elle dépasse sensiblement en dehors et faiblement en dedans, à 25 millimètres environ de la ligne médiane. Comme la veine cave Inférieure, comme la veine elle appartient à la moitié droite du corps.

 

Origine de la veine cave supérieure

 

Son origine, qui est à son extrémité supérieure, résulte de l'union des deux troncs veineux brachio-céphaliques droit et gauche. Cette fusion a lieu du cartilage de la 1ère côte droite, ou, d'après Luschka, au milieu de ce cartilage.

 

Trajet de la veine cave supérieure

 

Son trajet est vertical. Toutefois la veine décrit une légère courbure à concavité droite qui se moule sur la saillie de l'aorte : elle est en même temps oblique en bas et en arrière, elle est plongeante, et son extrémité supérieure est plus superficielle que son extrémité Inférieure.

 

Terminaison de la veine cave supérieure

 

Sa terminaison a lieu à la partie supérieure de l'oreillette droite, derrière l'auricule; comme elle se fait sous une incidence oblique, la partie antérieure de la veine se fond plus tôt avec l'oreillette que sa partie postérieure qui semble se continuer avec la veine cave inférieure les anciens anatomistes, trompés par cette apparence, ne décrivaient qu'une seule veine cave. Ce point d'entrée répond en avant au milieu du 2ème espace intercostal, souvent un peu plus bas, à l'extrémité sternale du 3ème cartilage costal ; en arrière, à la 6ème ou à la 7ème vertèbre dorsale. Intérieurement c'est un orifice circulaire de 18 à 25 millimètres de diamètre, sans valvule, placé en avant de l'orifice de la veine cave inférieure dont il est séparé par un bourrelet.

 

Dimensions de la veine cave supérieure

 

La longueur de la veine cave est de 7 centimètres ; on trouve suivant les auteurs les chiffres de 10, 8, 7, 6 et même moins on conçoit que la longueur du thorax et la fusion plus ou moins précoce des deux troncs d'origine doivent faire varier la moyenne. Son diamètre, à sa terminaison, est de 33 millimètres, il est moindre que celui des deux troncs brachio-céphaliques réunis, moindre aussi que celui de la veine cave inférieure. L'épaisseur de sa paroi est de 666µ.

 

Rapports de la veine cave supérieure

 

II faut distinguer deux portions une portion supérieure, extra-péricardique ; une portion inférieure, intra-péricardique: elles se partagent la veine cave par moitié environ.

 

Dans sa portion extra-péricardique ou supérieure, en arrière du 1er espace intercostal et du 3ème cartilage costal, la veine cave répond en avant, au thymus ou au tissu adipeux qui le remplace, au bord droit du sternum et à la plèvre qui empiète sur son côté externe; en arrière, au pédicule pulmonaire, plus particulièrement à l'origine de la bronche droite, dont la séparent de nombreux ganglions lymphatiques, et au nerf pneumogastrique; à droite, à la face interne du poumon droit, mais médiatement, à cause de l'interposition de la lame droite de la plèvre médiastine elle est longée par le nerf phrénique et ses vaisseaux satellites; à gauche, a la crosse de l'aorte. Un diverticule du péricarde, corne supérieure droite, qui peut remonter jusqu'au milieu de la poignée sternale, s'insinue entre la veine et l'aorte. Luschka suppose que ce cul-de-sac distendu dans l'hydropisie du péricarde petit comprimer la veine cave.

 

La portion péricardique ou inférieure aune étendue très variable ; elle peut atteindre 40 millimètres; souvent elle ne comprend que le tiers inférieur de la veine, moins encore même et peut n'être que de quelques millimètres ; elle correspond au 2ème espace intercostal ou au 3ème cartilage costal. La veine entre dans le sac péricardique ou mieux s'y invagine. Libre sur son bord droit, elle est en contact, à gauche, avec l'aorte; en avant, avec l'auricule droite; en arrière, avec l'artère pulmonaire, la veine pulmonaire supérieure et la bronche droite.

 

Il suit de ces rapports qu'un instrument pénétrant dans la poitrine, par l'extrémité interne du 1er espace intercostal droit, le long du sternum et à une profondeur de 6 centimètres a partir de la surface cutanée, atteindrait en plein la veine cave supérieure: dans le même point du 2ème espace, il rencontrerait en haut le tronc veineux dans sa portion péricardique, en bas son embouchure dans l'oreillette droite; ou bien assez souvent le tronc veineux seul, l'embouchure étant alors située derrière le 3ème cartilage ou même dans le 3ème espace.

 

Branches collatérales de la veine cave supérieure

 

La seule collatérale régulière, constante est la veine azygos, qu'elle reçoit au-dessus de sa pénétration dans le péricarde et qui s'unit a son extrémité inférieure avec la veine cave ascendante : nous la décrirons avec celle-ci. Accidentellement elle peut recevoir la thyroïdienne inférieure droite, le groupe des veines thymiques, diaphragmatiques et péricardique ou encore la veine mammaire interne. Nous mentionnerons ces veines avec leurs troncs collecteurs normaux.

 

Anastomoses de la veine cave supérieure

 

La veine cave supérieure est unie à la veine cave inférieure par un gros canal anastomotique, la veine azygos, qui reçoit de son coté des veines du thorax et de la colonne vertébrale. Elle est en outre anastomosée par toutes ses racines thoraciques et vertébrales avec les racines vertébrales et abdominales de la veine cave ascendante, en sorte que la suppression d'un tronc aussi considérable que la veine cave supérieure n'est pas un obstacle absolu à la circulation veineuse de la partie supérieure du corps. Oulmont (Mem. de la soc. med. D'observ., 1956) a rassemblé 19 cas d'oblitération de la veine cave supérieure. Les symptômes fondamentaux étaient le gonflement des veines, l'œdème et la cyanose de la moitié supérieure du corps. Les malades ont eu une survie maximum de 6 mois; mais presque toujours la mort a été le fait, non de la gêne circulatoire, mais de la maladie qui avait détermine l'obstruction de la veine (cancer, anévrysmes). et les symptômes d'œdème et de cyanose ayant disparu dans la dernière période, on peut en conclure que la circulation s'était rétablie. Quand l'oblitération ne comprend que la partie sus-azygos de la veine cave inférieure, la circulation se fait par les intercostales supérieures et l'azygos. Si la veine cave est obstruée sur toute sa longueur et que l'embouchure de l'azygos soit imperméable, le sang passe autant qu'on peut en juger sur des autopsies imparfaites, par la partie restée perméable de l'azygos, elle-même en communication avec les veines intercostales supérieures, par la mammaire interne, les thoraciques superficielles et les plexus rachidiens. Le sang prend dans toutes ces veines un courant descendant anormal, en forçant les valvules, et arrive aux origines abdominales de la veine cave Inférieure.

 

« La grande veine azygos elle-même n'est point indispensable, vu la présence des plexus rachidiens antérieurs et postérieurs. C'est ainsi que j'ai vu tantôt la veine cave supérieure, tantôt la veine cave Inférieure oblitérée, sans augmentation visible de calibre de la veine azygos et, ce qui surprendra peut-être, sans œdème soit des membres supérieurs, soit des membres inférieurs » (Cruveilhier).

 

Structure de la veine cave supérieure

 

La veine cave descendante n'a pas de valvules le reflux s'y manifeste souvent. Elle ne possède chez l'homme aucune fibre musculaire, peut-être à cause de l'attitude verticale, car on trouve chez d'autres animaux, le bœuf, le mouton, une double couche de fibres lisses, longitudinale et circulaire (Eberth). Dans sa portion extra-péricardique, la gaine vasculaire lamelleuse qui fait suite à la gaine des troncs innominés est renforcée par le feuillet fibreux du péricarde, qui se perd insensiblement sur elle comme sur tous les gros vaisseaux, et par les expansions inférieures des aponévroses du cou, notamment par le ligament vertébro-péricardique droit. Sa portion péricardique possède d'abord une gaine musculaire striée, constituée par des fibres circulaires émanées de l'oreillette qui se prolongent jusqu'à 35 millimètres de son embouchure, puis extérieurement une gaine séreuse que lui fournit le feuillet viscéral du péricarde. Cette gaine, longue aussi de 25 millimètres en moyenne, n'est pas complète; elle tapisse sa face antérieure, son bord droit et sa face postérieure.

 

La veine cave supérieure reçoit des filets nerveux du plexus pulmonaire postérieur.

 

D'après P Poirier Traité d'anatomie humaine.

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