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Les lèvres

Les lèvres sont deux replis musculo-membraneux qui recouvrent la portion antérieure convexe des arcades alvéolo-dentaires et limitent, par leurs bords libres, l'orifice vestibulaire ou fente buccale. Elles présentent une direction générale curviligne transversalement à concavité postérieure appliquée sur la convexité des maxillaires. Presque verticales, elles montrent chez les individus d’origine africaine une certaine obliquité liée au prognathisme des mâchoires.

Leurs dimensions dans les deux sens, vertical (hauteur) et transversal (longueur), offrent de nombreuses variations individuelles. Ordinairement les deux lèvres ont une hauteur égale qui correspond à celle des arcades alvéolo-dentaires qu’elles doivent couvrir, il n'est pas rare pourtant de voir une lèvre supérieure peu élevée découvrant facilement, dans certains mouvements de la paroi vestibulaire l'arcade dentaire supérieure d'autres fois la lèvre Inférieure est trop haute et présente une tendance assez prononcée au renversement en avant.

Quand les deux lèvres sont également développées, et les arcades dentaires en contact, leurs bords libres se touchent par leur moitié postérieure. Transversalement, les lèvres présentent des dimensions très variables en généra), leur longueur est telle que leurs extrémités, qui s'unissent dans les commissures, répondent de chaque côté aux premières molaires (Merkel) ou aux dents canines (Zuckerkandl). L'épaisseur des lèvres présente aussi de grandes variations individuelles, et suivant l'âge et le sexe. Chez certaines personnes (les scrofuleux), les deux lèvres, mais surtout la supérieure, peuvent atteindre une épaisseur considérable. Les lèvres de l'homme sont en général plus fortes que celles de la femme (Merkel). Celles du nouveau-né, relativement grandes à cause de l'absence des dents et surtout épaisses, sont conformées pour la préhension du sein. Chez le vieillard, les lèvres, également trop hautes, sont repoussées en dedans vers la cavité vestibulaire, au lieu d'être renversées en dehors comme chez le nouveau-né.

Chaque lèvre présente à étudier une face externe ou cutanée; une face interne muqueuse; un bord fibre, limitant l'orifice vestibulaire cutanéomuqueux ; un bord adhérent, se fixant au maxillaire correspondant; et deux extrémités qui forment, en se continuant dans l'extrémité correspondante de l'autre lèvre, les commissures labiales ou angles des lèvres.

La face antérieure ou cutanée présente des caractères différents sur les deux lèvres. La lèvre supérieure montre sur sa partie médiane une gouttière verticale, sillon médian ou sous-nasal, gouttière labiale ou philtrum, qui part de la sous-cloison nasale et se termine au tubercule médian du bord libre. Triangulaire, à sommet supérieur, à base inférieure, le sillon sous-nasal est limité sur les côtés par deux bourrelets latéraux, légèrement obliques en bas et en dehors, dont le développement est proportionnel à la profondeur du sillon.

On a beaucoup discuté sur l'origine de la gouttière labiale, Bichat attribuait sa formation à l’adhérence  du muscle à la peau qui le recouvre. – D'après Cruveilhier, elle serait due à la saillie que forme de chaque côté la terminaison labiale du releveur profond. –Meckel. His. Merkel. L’expliquent par le mode de développement de la lèvre supérieure : la ligne de soudure des bourgeons incisifs constitue le philtrum ; quant aux bourrelets latéraux, ils marqueraient chez l'adulte le point de suture chez l'embryon des bourgeons frontal et maxillaire supérieur (Merkel). D'après Roy, les bourrelets qui bordent la gouttière seraient produits par la saillie que forme la superposition sur trois plans, de chaque côté de la ligne médiane, du muscle incisif, du faisceau nasal de l’orbiculaire avec les vaisseaux de la sous cloison, et du faisceau cutané de l’orbiculaire.

De chaque côté du sillon et au-delà  du bourrelet latéral, la lèvre présente une surface légèrement convexe, triangulaire à base interne, à sommet, recouverte d'un simple duvet chez l’enfant et chez la femme, de poils constituant la moustache chez l'homme adulte.

Elle est séparée de la joue par le sillon naso-labial.

La face cutanée de la lèvre inférieure, légèrement concave dans le sens vertical, montre à son milieu une dépression peu marquée, et de chaque côté une surface faiblement déprimée. Chez l'homme adulte, elle est recouverte des poils de la barbe, abondants sur la dépression médiane (mouche), rare sur les surfaces latérales. Le sillon mento-labial la sépare du menton.

La face postérieure ou muqueuse appliquée sur la face antérieure convexe des arcades alvéolo-dentaires, est lisse, humide, et présente de nombreuses saillies, dues aux reliefs des glandes labiales qui doublent et soulèvent la muqueuse.

Le bord adhérent des lèvres est limité : en avant, pour la lèvre supérieure, par la sous-cloison, et de chaque côté par le bord inférieur de la narine, l'aile du nez et un sillon curviligne, à concavité interne, qui va de l'aile du nez vers la commissure labiale correspondante, le sillon naso-labial. Celui de la lèvre inférieure est limité en avant par un sillon transversal, curviligne a convexité supérieure, le sillon mento-labial, qui embrasse dans sa concavité la saillie du menton.

En arrière du côté de la surface muqueuse, te bord adhèrent de-; lèvres est marqué par te point de réflexion de la muqueuse labiale sur la muqueuse gingivale.–En se réfléchissant sur la gencive, la muqueuse labiale est soulevée sur la ligne médiane en un pli muqueux, triangulaire, à bord libre concave, mince et tranchant : freins ou filets des lèvres, plus prononcé sur la lèvre supérieure que sur l'inférieure. De chaque côté du frein, la muqueuse labiale, passant sur la gencive correspondante, forme le fond des gouttières vestibulaires déjà décrites.

Le bord libre est rouge ou rosé; convexe dans le sens sagittal, il montre dans le sens frontal une disposition différente sur chaque lèvre. Sur la supérieure, il présente le tubercule médian, trace du bourgeon frontal médian qui forme avec les deux bourgeons incisifs latéraux la lèvre supérieure, et de chaque côté une surface légèrement déprimée. Sur la lèvre inférieure, une dépression médiane répond au tubercule, et de chaque côté une surface légèrement convexe s'adapte à la dépression de la lèvre supérieure. Sur les deux lèvres, la muqueuse du bord libre offre en outre de petits plis sagittaux produits par la contraction du sphincter labial sous-jacent. L'épaisseur du bord libre présente de nombreuses variations Individuelles et ethniques; en général, elle est de 8 à 10 mm (Sappey) sur la partie médiane et diminue vers les extrémités.

Les extrémités des lèvres se continuent sans limite appréciable dans tes joues: à leur niveau, les bords libres s'unissent en passant l'un dans l'autre, et constituent de chaque côté l'angle ou commissure labiale.

Les bords libres des lèvres et les commissures circonscrivent l'orifice du vestibule buccal ou fente buccale. Très dilatable, cet orifice présente de telles variations de dimensions que toute appréciation en chiffres nous paraît inutile, aussi faut-d se contenter de dire qu'on en considère trois types grand, moyen et petit. Simple fente transversale à l'état de repos, il peut prendre les formes les plus variées par la contraction des muscles de la face qui pénètrent dans l'épaisseur des lèvres et de tours commissures, et du sphincter labial. La contraction de ce dernier muscle peut rétrécir l'orifice : la contraction de l'appareil musculaire radié peut t'élargir ou simplement étirer une de ces deux commissures en arrière, et augmenter t'étendue de la fente d'un côté ou des deux à la fois. L’écartement des mâchoires ne peut atteindre un certain degré sans amener avec lui l'ouverture plus ou moins large de l'orifice vestibulaire et mettre ainsi la cavité buccale proprement dite en communication avec l'extérieur.

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