La région scapulaire a pour partie fondamentale l'omoplate et comprend les trois fosses que l'on décrit à cet os les fosses sus-épineuse, sous-épineuse et sous-scapulaire.

 

Les organes que l'on rencontre dans chacune de ces fosses sont les suivants, en procédant de la peau vers le squelette

Fosse sus-épineuse :

  • 1° la peau ;
  • 2° une couche cellulo-graisseuse sous-cutanée assez dense ;
  • 3° le muscle trapèze ;
  • 4° un peloton graisseux très-gros qui remplit tout l'espace laisse libre par le muscle, plus volumineux par conséquent en avant qu'en arrière; 5° l'aponévrose sus-épineuse, qui bride le muscle et lui forme une sorte de gaine ostéo-fibreuse ;
  • 6° le muscle sus-épineux ;
  • 7° le squelette.

Fosse sous-épineuse :

  • 1° la peau ;
  • 2° la couche cellule-graisseuse sous-cutanée ;
  • 3° une couche musculaire formée par le bord postérieur du deltoïde en avant, une très-petite portion du muscle trapèze en arrière, le muscle grand dorsal en bas ;
  • 4° l'aponévrose sous-épineuse ;
  • 5° les muscles sous-épineux, grand rond et petit rond ;
  • 6°le squelette.

La fosse sous-scapulaire est remplie par le muscle de ce nom recouvert lui-même par l'aponévrose sous-scapulaire. Entre l'aponévrose et le muscle existe une grande quantité de tissu cellulaire, lâche, comme infiltré, qui offre d'ailleurs des caractères identiques à celui de l'aisselle.

Les artères de la région scapulaire sont nombreuses. Elles sont remarquables en ce qu'elles forment une sorte de cercle artériel anastomotique entre l'artère sous-clavière et l'artère axillaire, ce qui permet le rétablissement de la circulation dans le membre supérieur après la ligature de la sous-clavière en dehors des scalènes ou celle de l'axillaire sous la clavicule.

Ces artères sont : lartère scapulaires supérieure, l'artère scapulaire postérieure et l'artère scapulaire inférieure. Nous avons déjà signalé l'origine des deux premières à l'artère sous-clavière et leurs rapports dans le creux sus-claviculaire.

La scapulaire supérieure pénètre dans la fosse sus-épineuse au niveau de l'échancrure coracoïdienne, convertie en trou par un ligament, et passe au-dessus de ce ligament, tandis que le nerf sus-épineux passe en dessous elle contourne ensuite le bord antérieur de l'épine de l'omoplate et se termine dans la fosse sous-épineuse, ou elle s'anastomose largement avec la scapulaire inférieure, branche de l'auxiliaire.

La scapulaire postérieure gagne l'angle supérieur et postérieur de l'omoplate, descend tout le long du bord spinal et s'anastomose dans la fosse sous-épineuse avec la scapulaire supérieure et la scapulaire inférieure.

L’artère scapulaire inférieure nait de l'artère axillaire, au niveau du bord inférieur du tendon du muscle sous-scapulaire, descend le long de ce bord après s'être distribuée dans les muscles de la région, et s'anastomose avec les deux autres scapulaires.

Les veines suivent le trajet des artères.

Les vaisseaux lymphatiques se rendent dans les ganglions du cou et de l'aisselle. Quant aux nerfs, ils proviennent du plexus brachial; ce sont le nerf sus-épineux et les branches sous-scapulaires.

La région scapulaire offre si peu d'intérêt chirurgical, que j'ai dû me contenter d'une simple énumération des organes qu'on y rencontre. Je signalerai spécialement les aponévroses, qui convertissent les fosses en véritables loges ostéo-fibreuses, en sorte que les collections purulentes y sont bien limitées des fibromes peuvent naître de ces tissus fibreux, et l'angle inférieur de l'omoplate paraît être privilégié à cet égard.

Les fibres musculaires s'insèrent non pas seulement à un point de l'omoplate, mais à toute la surface de cet os, aux crêtes qu'on y trouve. Aussi les fractures du corps de l'omoplate ne s'accompagnent-elles pas de déplacement; les fragments sont maintenus par les fibres musculaires qui les doublent en dedans et en dehors. Il résulte aussi de cette différence des muscles que les éclats d'os produits par une plaie d'arme ii feu ont moins de tendance à se nécroser et peuvent être abandonnés à eux-mêmes. Cependant, lorsque les plaies suppurent trop abondamment, il ne faut pas hésiter à pratiquer la résection de l'os, soit totale, soit partielle, ainsi que l'a fait trois fois avec grand succès le Dr Chipault, d'Orléans, pendant la dernière guerre. La résection de l'omoplate a été également pratiquée plusieurs fois pour des lésions organiques. M. Rigaud en a publié une très-belle observation. Une première incision parallèle à l'épine de l'omoplate et une seconde parallèle au bord spinal conviendraient pour dénuder l'os en procédant d'arrière en avant.

Les mouvements de l'omoplate sur le thorax peuvent déterminer à ce niveau la production de bourses séreuses accidentelles susceptibles de s'enflammer et de donner naissance aux symptômes propres à ces sortes d'affections. M. le Dr Terrillon a signalé l'existence de bruits de frottement dus à cette cause.

D'après traité d'anatomie topographique par P. Tillaux.

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