La pie-mère rachidienne forme au bulbe et à la moelle une gaine cylindrique, qui repose directement sur la substance nerveuse. On peut lui considérer, comme à la dure-mère rachidienne, deux surfaces, l’une interne, l’autre externe, et deux extrémités, une supérieure, l’autre inférieure.

Surface interne

La surface interne revêt immédiatement, comme nous l’avons dit plus haut, la substance nerveuse et lui adhère d’une façon intime. Nous avons vu que les septa et septula étaient de nature névroglique et dépendent, non de la pie-mère, mais de la névroglie corticale.

Au niveau du sillon médian antérieur, la pie-mère descend jusqu’au fond de ce sillon en tapissant, de chaque côté de la ligne médiane, le faisceau pyramidal direct correspondant. Arrivés dans le fond du sillon, le feuillet du côté gauche et celui du côté droit se fusionnent réciproquement.

Au niveau du sillon médian postérieur, la pie-mère tapisse de même ce sillon en passant

Coupe horizontale de la colonne vertébrale, pour montrer la disposition des méninges rachidiennes(schématique).

1, moelle épinière, avec: 1', sillon médian antérieur. — 2, racines antérieures, — 3, racines postérieures. — 4, pie-mère (en rouge). — 5, ligaments dentelés. — 6, septum posticumde Schwalbe. — 7, arachnoïde avec : a, b, limites de l’espace subdural, c. — 8, espace sous-arachnoïdien (en bleu). — 9, dure-mère (en jaune). — 10, espace épidural avec : 10', 10’ veines intrarachidiennes. — 11, ligament vertébral commun postérieur. — 12, coupe de la vertèbre.

d’un faisceau de Goll à l’autre. On a enseigné pendant longtemps que, au niveau du sillon médian postérieur, la pie-mère envoyait entre les deux faisceaux de Goll une cloison médiane qui se prolongeait en sens sagittal jusqu’à la commissure grise. On a reconnu aujourd’hui que cette cloison médiane postérieure était, au même titre que les septa et les septula, de nature névroglique.

Surface externe

La surface externe de la pie-mère baigne dans le liquide céphalorachidien. Cette surface est reliée à la dure-mère :

  1. en avant et en arrière, par de minces prolongements disposés en sens sagittal ;
  2. sur les côtés, par des prolongements plus résistants, les ligaments dentelés.

Prolongements antéro-postérieurs

Ce sont de simples trabécules conjonctives, qui s’implantent, d’une part sur la pie-mère, d’autre part sur la dure-mère.

Très rares et généralement filiformes à la partie antérieure de la moelle, elles sont, à la partie postérieure, beaucoup plus nombreuses et beaucoup plus résistantes. Sur la ligne médiane notamment, on les voit se condenser en une série de lamelles très rapprochées les unes des autres et formant par leur ensemble une véritable cloison (septum posticum de Schwalbe), qui divise à ce niveau l'espace sous-arachnoïdien en deux moitiés latérales, l’une droite, l’autre gauche.

Il est à remarquer que cette cloison médiane est toujours plus developpée à la région dorso-lombaire qu’à la région cervicale.

Prolongements latéraux ou ligaments dentelés.

Les ligaments dentelés sont deux rubans conjonctifs, placés transversalement de chaque cote de la moelle épinière, et s etendent en hauteur depuis le trou occipital jusqu’à l’origine du conus terminalis.

Ils ont donc, à peu de chose près, la même longueur que la moelle elle-même.

Pour Laux et Guerrier, le ligament dentelé n’est pas une formation pie-mérienne, mais épidurale. Le tissu épidural des fosses cérébelleuses se continuerait au niveau du canal vertébral par une émanation fibreuse qui constituerait la charpente du ligament. Ce serait donc une formation extraméningée.

Conformation extérieure

Chacun d’eux nous offre à considérer :

  1. deux faces, que l’on distingue en antérieure et postérieure ;
  2. deux bords, l’un interne, l’autre externe.
  • La face antérieure ou ventrale répond aux racines antérieures des nerfs rachidiens et aux différents vaisseaux, artériels ou veineux, qui longent ces racines.
  • La face postérieure ou dorsale, à son tour, est en rapport avec les racines postérieures et avec leurs vaisseaux. Elle répond, en outre, au niveau de la moelle cervicale, aux filets radiculaires du spinal.
  • Le bord interne, mince, rectiligne, répond à la partie moyenne du cordon latéra de la moelle et se confond, à ce niveau, avec la pie-mère rachidienne, dont le ligament dentelé, du reste, n’est qu’une dépendance.
  • Le bord externe diffère du précédent, tout d’abord en ce qu’il est un peu plus épais ; puis en ce que, au lieu d’être rectiligne, il est régulièrement festonné dans toute sa hauteur. Il nous présente ainsi une série d’arcades à concavité externe, qui sont séparées les unes des autres par des espèces de pointes plus ou moins saillantes, appelées dents

Le ligament dentelé à la région dorsale.

1 dure-mère. — 2, ligament dentelé. — 3, face postérieure de la moelle entourée de la pie-mère. — 4, une racine postérieure. — 5, une racine anterieure. — e, veine médiane postérieure.

 

 

Moelle cervicale, bulbe et cervelet, vus par la face postérieure. Le ligament dentelé à la région cervicale.

M, moelle revêtue de la pie-mère. — B. bulbe. — L.C.G., lobe gauche du cervelet. — L.C.D., lobe droit du cervelet. — V, vernis. — IVe V., quatrième ventricule. — S.L., sinus latéral. — D.M., dure-mère rachidienne. — Lig. dent., ligament dentelé. — A. vert., artère vertébrale. — C, racines postérieures des six premières cervicales. — IX, glosso-pharyngien. — X, pneumogastrique. — XI, spinal. — XII, grand hypoglosse.

Les arcades du ligament dentelé sont toujours situées en regard des trous par lesquels la dure-mère livre passage aux nerfs rachidiens. — Quant aux dents, elles répondent à l’intervalle compris entre les trous précités : elles se fixent par leur sommet sur la partie correspondante de la dure-mère, et il est à remarquer que cette insertion, pour chacune des dents, est ordinairement placée à une égale distance du trou qui est au-dessus et du trou qui est au-dessous. La première dent s’insère à la hauteur de masses latérales de l’atlas, en envoyant une languette (Trolard) à la partie latérale du trou occipital ; la dernière se fixe à la dure-mère, entre le douzième nerf dorsal et le premier nerf lombaire. Il en résulte que chaque ligament dentelé devrait avoir vingt et une dents. Mais on observe rarement ce nombre : le plus souvent, on n’en compte que dix-sept ou dix-huit. Cela tient à ce que, à côté des arcades ordinaires, qui s’insèrent régulièrement au-dessus et au-dessous d’un même trou de conjugaison, il existe une ou deux arcades, plus étendues que les autres, qui comprennent dans leur intervalle deux trous de conjugaison au lieu d’un seul.

Structure du ligament dentelé

Les ligamonts dentelés ne sont nullement homogènes au point de vue de leur constitution anatomique et, à cet effet, il y a lieu de leur distinguer deux portions : l’une interne, l’autre externe.

a. La portion externe, relativement épaisse, est formée par des faisceaux fibreux longitudinaux suivant assez exactement la direction du bord libre. Leur ensemble constitue, le long de ce bord libre, une sorte de ruban compact, blanchâtre ou même d’aspect nacré.

b. La portion interne, beaucoup plus mince, transparente, est représentée par une sorte de tissu réticulé. On y trouve encore des faisceaux fibreux, mais ces faisceaux fibreux y sont à la fois beaucoup plus minces et beaucoup plus rares. Quelques-uns suivent une direction transversale, mais la plupart d’entre eux sont obliques, obliques ascendants ou obliques descendants.

c. Rapports avec les racines rachidiennes. — Envisagés dans leur ensemble , les ligaments dentelés divisent l’espace compris entre la duremère et la pie-mère, en deux loges, l’une antérieure, l’autre postérieure, qui, nettement séparées au niveau des dents précitées, communiquent largement entre elles au niveau des arcades interdentaires. De ces deux loges, l’antérieure est occupée, comme nous l’avons vu, par les racines antérieures ou motrices des nerfs rachidiens ; la postérieure, par les racines postérieures ou sensitives. Les deux groupes de racines, ainsi séparés dans la, plus grande partie de leur étendue, se rejoignent deux à deux au niveau de l’arcade correspondante et s’engagent alors dans le conduit fibreux que lui offre la dure-mère pour traverser le trou de conjugaison.

Signalons qu’à la partie supérieure le ligament dentelé n’est pas dans un plan frontal : sa face postérieure regarde en dedans, sa face anterieure en dehors, l’insertion médullaire se rapprochant de la face antérieure de la moelle. Il en résulte que la face postérieure du ligament est en rapport très intime avec 1 artère vertébrale, une petite dent ligamentaire s’insérant parfois sur le vaisseau. Le nerf spinal est place soit en dedans du bord externe et de la première dent, soit juste en arrière, soit croisant ce bord de dehors en dedans et de haut en bas. La racine anterieure de la première paire cervicale est en rapport avec la face antéro-externe du ligament (Laux et Guerrier).

Extrémité supérieure

A son extrémité supérieure, la pie-mère spinale se continue avec celle qui revet le bulbe, laquelle se continue a son tour avec celle qui recouvre la protubérance.

Extrémité inférieure

A son extrémité inférieure, elle passe de la moelle sur le filum terminale, qu’elle enveloppe sur tout son pourtour. Il nous paraît rationnel d’admettre que la pie-mère rachidienne, en tant que méninge, se termine exactement là où disparaissent, dans le filum, les éléments nerveux, à moins qu on ne considéré comme une dépendance de cette membrane la lame celluleuse qui, au-dessous du poin précité, entoure des vaisseaux très fins, continuation de ceux de la moelle.

Structure du ligament dentelé.

1, moelle épinière. — 2, dure-mère. — 3, ligament dentelé, avec : 3', sa portion externe ou fibreuse ; 3', sa portion interne ou réticulaire. — 4, 4', orifices duraux pour les racines rachidiennes.

 

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