Elle est la plus importante sur le plan digestif car elle contient un très grand nombre d'enzymes agissant sur presque tous les substrats. Elle est très riche en bicarbonates qui contrôle l'acidité du chyme.

Bases structurales

La sécrétion exocrine représente 86% de la glande.

L'organisation est de type tabulaire avec des canaux excréteurs (comme les glandes salivaires). Il y a des canaux et des acini. Les acini s'occupent de la sécrétion des enzymes, et les canaux de la sécrétion hydrocarbonate (hydroélectrolytique). Ce système canalaire se draine dans le canal pancréatique (Wirsung) qui s'abouche dans l'ampoule hépatopancréatique (l'abouchement avec le duodénum est fermé par le sphincter d'Oddi).

L'innervation du pancréas est constitué par le parasympathique (qui est sécrétoire) et l'orthosympathique.

Le suc pancréatique

II est difficile à obtenir, il existe deux techniques. Par voie endoscopique à l'aide de cathéter, on préleve le suc dans le canal pancréatique. Par tubage duodénal on provoque la sécrétion pancréatique. Le suc est prélevé dans le duodénum, ce dernier est modifié donc impur.

Propriétés chimiques

Si le débit est élevé, le suc est liquide, incolore et limpide. Si le débit est bas, le suc est épais et filant. Ce liquide est isotonique au plasma avec un pH franchement alcalin (7,5 à 9 en fonction du débit).

Composition chimique

II contient de l'eau ,des électrolytes,des substances organiques.

Parmi le électrolytes, les plus important sont Na+, K+, Cl- et HCO3-. Pour leNa+ et K+ la concentration ne dépend pas du débit ; pour HCO3- la concentration dépend du débit (elle augmente avec lui). Pour le Cl- la concentration augmente lorsque le débit baisse.

Les HCO3- dépendent du débit car dans la sécrétion primitive au niveau des acini et des premiers canaux, il y a une retouche le long du système canalaire. Si le débit est rapide les bicarbonates restent concentrés (les échanges n'ont pas le temps de se faire, et la concentration reste élevée). Si le débit est bas, les échanges ont le temps de se faire et la concentration baisse(échanges le long des canaux avec Cl-).

Les bicarbonates peuvent être produits par les cellules de manière endogène, ou provenir des vaisseaux sanguins.

La sécrétion pancréatique est responsable d'une vague acide postprandiale.

En ce qui concerne les substances organiques la sécrétion de mucus est responsable de l'aspect filant. Il y a un très grand nombre de protéines enzymatiques, qui ont la caractéristique d'agir à pH neutre ou alcalin. La majorité sont libérées sous forme de zymogène (proenzymes inactives), à l'exception des lipases et collagénases.

Ces enzymes vont pouvoir agir au niveau pancréatique sur la quasi totalité des substrats :

Glucides

L'amylase pancréatique qui finit le travail de l'amylase salivaire (même composition chimique). Elle clive les liaisons α1-4 à pH neutre et faiblement alcalin (L'organisme n'a pas de substance clivant les liaisons β1-4 de la cellulose).

Les lipides

La lipase pancréatique a un rôle essentiel dans la dégradation des graisses, elle agit à pH alcalin (8-9). Elle dégrade les triglycérides en monoglycérides et acides gras. Elle ne pourra agir efficacement qu'en présence des sels biliaires. (Les lipides ont une extrémité hydrophobe et hydrophile. Les sels biliaires sont capables de créer un émulsion de lipides dans l'eau. C'est un agent tensioactif qui créé des micelles en agissant à l'interface. Les micelles sont des gouttes de lipides avec un pôle hydrophile extérieur et un pôle hydrophobe intérieur (les lipases absorbent sur ces micelles en phase aqueuse).

Les sels biliaires sont des acides, ils diminuent le pH du milieu et vont l'éloigner du pH d'action des lipases. Les sels biliaires s'absorbent à la surface des micelles. Les colipases (coezyme) s'absorbent sur les micelles préférentiellement aux sels biliaires et attirent les lipases en lui permettant d'agir. La colipase est capable de modifier l'activité de la lipase de manière à ce qu'elle fonctionne à des pH plus bas (7-8).

La phospholipase A2 pour les lécithine et isolécithine.

La cholestérol estérase : s'occupe du cholestérol et des vitamines liposolubles.

Les protides

Deux sortes d'enzymes :

Les endopeptidases qui clivent les liaisons au milieu des chaînes.

Les exopeptidases qui détachent les acides aminés en bout de chaîne.

II y a 4 endopeptidases :

La trypsine est la plus importante. Elle est délivré sous forme de trypsinogène. L'enzyme duodénale entérokinase la transforme en trypsine. La trypsine est autocatalytique sur sa formation (rétrocontrôle positif) après action de l'entérokinase. Elle clive les liaisons peptidiques des acides aminés basiques.

La chymotrypsine sécrétée sous forme de chymotrypsinogène est activé par la trypsine en chymotrypsine. Elle clive les acides aminés aromatiques comme la pepsine gastrique.

L'élastase délivrée sous forme de proélastase devient l'élastase grâce à la trypsine. Elle agit sur les acide aminés neutres ou hydroxylés.

La collagénase (forme active) a une très faible action (elle agit sur 3 à 4% du collagène) au niveau de la proline et de l'hydroxyproline.

II y a 2 exopeptidases :

Les carboxypeptidases A et B sont libérés sous forme de proenzyme. Ce passage est toujours catalysé par la trypsine. La carboxypeptidase A finit le travail de la chymotrypsine et la B finit le travail de la trypsine.

Les acides nucléiques (ADN - ARN)

Les enzymes capables de les dégrader sont les ribonucléases et les désoxyribonucléases.

Contrôle de la sécrétion pancréatique

Eléments du contrôle

Agents hormonaux

II y a 7 à 8 hormones, mais deux sont très importantes.

La sécrétine, libérées par les cellules S du duodénum sous l'action de l'acidité du chyme (quand pH < 4.5 et est optimum à pH = 3). La sécrétine passe dans le sang et va agir sur le pancréas au niveau de la sécrétion des bicarbonates (action au niveau de la sécrétion hydroélectrolytique) pour contrer l'acidité.

La cholécystokinine (CCK), libérée par les cellule I et lors de la présence d'acides gras et d'acides aminés essentiels. Elle va favoriser la sécrétion de l'enzyme pour dégrader le substrat.

Les deux se potentialisent l’une et l'autre.

Facteurs nerveux

C'est le parasympathique qui agit sur le pancréas surtout au niveau des acini pour libérer les enzymes (le suc).

L'orthosympathique a une action faible et aurait tendance à baisser la sécrétion hydroélectrolytique par l'effet vasoconstricteur sur la circulation de la glande (effet indirect).

Normalement l'action du parasympathique dépasse celle de l'orthosympathique.

Mise en jeu

En dehors des repas

II y a une sécrétion des sucs pancréatiques qui est en phase avec le complexe moteur migrant (CMM) et est maximum en phase 3 (mais est inférieur au tiers d'après repas).

Au moment du repas

La sécrétion évolue en trois phase comme la sécrétion gastrique :

La phase céphalique : comme pour la sécrétion gastrique (réflexes innés et conditionnés).

La phase gastrique : il y a une distension par les aliments : réflexe gastropancréatique excitateur. Elle est cependant négligeable.

La phase duodénale : c'est la plus importante, elle est purement hormonale et met enjeu la sécrétine et la CCK qui passe dans le sang puis dans pancréas.

Rôle de la sécrétion pancréatique exocrine

Elle est fondamentale de par les deux éléments suivants: les bicarbonates et les enzymes. Les bicarbonates qui ont deux rôles directs (neutralisation acidité et création d'un pH optimal pour l'enzyme). Ils ont deux rôles indirects : motricité (évacuation gastrique...) et sécrétion de la sécrétine (qui diminue).

Les enzymes qui à l'issu de l'action du suc pancréatique, on a des glucides et des protides bien dégradés, et la nouvelle forme des lipides permet une meilleure absorption.

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