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Distribution

Le nerf grand hypoglosse fournit deux ordres de branches : des branches collatérales et des branches terminales.

I Branches collatérales

Les branches collatérales sont au nombre de sept : l'une nait dans l'intérieur même du canal condylien, c'est le rameau méningé; les six autres se détachent de la portion extra-crânienne de l'hypoglosse; ce sont: des rameaux vasculaires, la branche descendante, le nerf du stylo-hyoïdien, le nerf de l'hyoglosse, le nerf du stylo-glosse et le nerf du géniohyoïdien.

Rameau méningé

Le rameau méningé se détache de l'hypoglosse au moment où ce nerf va sortir du canal condylien antérieur. Suivant un trajet récurrent, il revient vers la cavité crânienne et se termine en se distribuant au cercle veineux de l'hypoglosse, au sinus occipital et au diploé de l'occipital. Il est souvent renforcé par des filets sympathiques, venus du ganglion cervical supérieur.

Le rameau méningé de la 12ème paire est évidemment formé par des fibres centripètes. En revanche, il est difficile d’être fixé sur l’origine exacte de ces dernières, étant donnée la multiplicité des anastomoses que présente le grand hypoglosse avec des nerfs sensitifs ; c’est sas raison bien probante que Luschka (Zeitsche. f. vol. Med., 1863) admet que les fibres du rameau méningé sont apportées à la 12ème paire par son anastomose avec le lingual. Il est plus vraisemblable qu’elles proviennent du plexus cervical

(Voy Anastomoses.)

Rameaux vasculaires

Sous le nom de rameaux vasculaires de l’hypoglosse, Valentin décrit plusieurs filets très grêles qui viennent se perdre sur la carotide interne. Ils paraissent faire assez souvent défaut

Branche descendante

La branche descendante se détache du tronc de l’hypoglosse au moment où celui-ci, de vertical qu'il était, devient horizontal et croise la carotide externe. Elle se porte d'abord verticalement eu bas, en avant de la carotide primitive; puis à quelques millimètres au-dessus du bord supérieur de l'omo-hyoïdien, elle se recourbe en dehors pour s'anastomoser en avant de la jugulaire interne avec la branche descendante interne du plexus cervical.

Assez souvent (dans 15% des cas Betti Ugo Arturo (Betti Ugo Arturo, Delle connessioni del nervo ipoglosso coi nervi cervicali. Bolletino delta R. accad. med. di Genova, Vol XI num. XlV) la branche descendante s'accole au tronc du vague et chemine dans la gaine de ce dernier sur une certaine étendue. Il ne faut pas confondre ces cas de pseudo-fusion avec ceux, d'ailleurs beaucoup plus rares, dans lesquels le nerf pneumogastrique fournit eu totalité ou en partie les libres de la branche descendante.

De la convexité de l'anse anastomotique, formée par la réunion de la branche descendante de l'hypoglosse et de la branche descendante interne du plexus cervical, se détachent des rameaux pour les deux ventres de l’omohyoïdien le sternothyroïdien et le sterno-cléido-hyoïdien.

Variétés

Nous venons de voir que l’anse anastomotique formée par l’union de la branche descendante de la 12ème paire et de la branche descendante interne du plexus cervical arrivait ordinairement jusque dans le voisinage du bord supérieur du tendon de l’omohyoïdien. Mais elle peut être beaucoup plus courte et. 6 fois sur 127 cas examinés. Betti U. A. l’a vu ne pas dépasser l'os hyoïde. Elle peut être double, triple et même quintuple. Elle s'insinue parfois entre la jugulaire interne et la carotide primitive.

La branche descendante liait parfois en totalité ou en partie du tronc du pneumogastrique: Betti U. A. en relate 7 cas personnels et mentionne 7 observations appartenant à d'autres auteurs (Romiti, Pye-Smith, Howse, Davies-Colley, Turner, Chiarugi et Taguchi). Comme il existe le plus souvent au-dessus de la naissance de la branche descendante une (Ml plusieurs anastomoses entre le vague et la 12ème paire (Voy. plus loin : Anastomoses), on peut se demander si ces anastomoses n'apportent pas au pneumogastrique les fibres de la branche en question. Mais, dans certains cas, toute anastomose entre la 10' et la 12ème paire fait défaut; on est alors forcé d'admettre que le pneumogastrique constitue bien l'origine vraie de la branche descendante.

L'arcade anastomotique peut fournir anormalement un nerf diaphragmatique accessoire ou un filet cardiaque. Il serait intéressant de savoir si ce n'est pas dans les cas où existe ce filet cardiaque que le pneumogastrique prend part à la constitution de la branche descendante.

Nerf du thyro-hyoïdien

Le nerf du thyro-hyoïdien se détache de l’hypoglosse à quelques millimètres en arrière du point où la 12ème paire va croiser le bord postérieur du muscle hyoglosse. Il se porte en bas et en avant, croise le bord externe de la grande corne de l'os hyoïde et pénètre le muscle thyro-hyoïdien par sa face superficielle et près de son bord postérieur.

Nerfs de l’hyoglosse

Au moment où le grand hypoglosse passe sur la face externe du muscle hyoglosse, il lui abandonne plusieurs filets.

Nerf du stylo-glosse

Le nerf du stylo-glosse se détache de la 12ème paire au niveau de la partie moyenne du muscle hyoglosse. Il se porte en haut et en arrière et se perd dans la partie inférieure du stylo-glosse. Je rappelle que ce muscle reçoit aussi un filet du rameau lingual du facial et un filet du glosso-pharyngien.

Nerf du génio-hyoïdien

Né au niveau du point où la 12ème paire croise le bord antérieur de l'hyoglosse, ce nerf se porte en bas et en avant et se perd dans le géniohyoïdien qu'il aborde par sa face externe.

 Branches terminales

Après avoir fourni ces diverses branches collatérales, le grand hypoglosse s'épanouit en filets terminaux, au moment où il croise le bord antérieur du muscle hyoglosse. Ces filets, recouverts en dehors par la glande sublinguale, sont en rapport, en dedans, avec les vaisseaux ranins et le muscle génio-glosse. Après s'être anastomosés entre eux, ils pénètrent dans l'épaisseur de la langue et se distribuent aux muscles qui constituent celle-ci (Voy. Langue, t. IV, p. 106).

Variétés

Les deux nerfs hypoglosses peuvent s'unir par une anastomose ansiforme au niveau du bord antérieur de la langue. Cette anastomose, le plus souvent située entre le géniohyoïdien et les génio-glosses, constitue l'anse sus-hyoïdienne de Hyrtl. Back l'a rencontrée une fois sur 10 sujets examinés. -Szabadfüldy (Archiv. f. pathol. Anat. u. Phys.,  XXXVIII, 1770) a vu des filets du grand hypoglosse perforer le septum linguale et se distribuer aux muscles du côté opposé. Le grand hypoglosse peut parfois fournir le nerf du muscle mylo-hyoïdien (U. Krause). Valentin a vu la 12ème paire donner des filets à l’artère linguale et à la glande sublinguale.

Anastomoses

Le grand hypoglosse s’anastomose : avec le nerf grand sympathique, le nerf pneumogastrique, le nerf lingual et les nerfs cervicaux.

Avec le grand sympathique

L’anastomose avec le grand sympathique est représentée par un filet très ténu qui se détache soit du ganglion cervical supérieur, soit du filet carotidien de ce ganglion et qui vient se jeter dans l’hypoglosse à sa sortie du canal condylien antérieur.

Avec le pneumogastrique

Cette anastomose avec le pneumogastrique que nous avons déjà signalée en étudiant ce nerf, est formée par un ou deux filets qui se détachent de l'hypoglosse à sa sortie du crâne et vont se jeter dans le ganglion plexiforme.

Il existe parfois à l’intérieur du crâne un rameau anastomotique très grêle qui se détache d'un filet radiculaire du pneumogastrique et va se jeter dans l'hypoglosse au moment où ce nerf s'engage dans le canal condylien antérieur. Les observations de Santorini et de Mayer constituent des faits de ce genre et c'est à tort qu'ils sont parfois décrits comme des cas de racines postérieures de l’hypoglosse (voir plus loin).

Avec le lingual

Cette anastomose, déjà indiquée page 830, affecte la forme d’une arcade à concavité postérieure qui réunit le lingual et l’hypoglosse au moment où ces deux nerfs croisent la face externe du muscle hyoglosse. Nous avons vu que, d'après Luschka, cette arcade apporterait à la 12ème paire les filets sensitifs du nerf méningien.

Avec les nerfs cervicaux

La portion extra-crânienne de la 12ème paire est unie aux nerfs cervicaux par deux anastomoses; l'une supérieure, l’autre inférieure.

 

1. A côté de ces anastomose; extra-crâniennes constantes, il faut signaler, à titre d'anomalie d’ailleurs très rare, l'existence possible d'une anastomose intracrânienne entre les filets radiculaires de la 12ème paire et la première racine cervicale postérieure (Arnold, Hartmann, cités par Beck. Loc. cit., p. 350)

 Anastomose supérieure

L’anastomose supérieure se détache de l’arcade anastomotique qui unit le premier et le deuxième nerf cervical antérieur à leur sortie du canal transversaire. Elle va se jeter dans l'hypoglosse an niveau du point où ce nerf croise l'apophyse transverse de l'axis, cette anastomose est le plus souvent constituée par un filet unique (124 fois sur 160 cas examinés, Betti U. A.), rarement par deux (29 fois sur 160), exceptionnellement par trois ou plus (7 fois sur 160).

Anastomose inférieure

Cette anastomose a été déjà étudiée dans sa disposition normale et dans ses variétés. (Voy. distribution de l'hypoglosse.)

Constitution anatomique

La constitution anatomique de ces anastomoses a donné lieu à un grand nombre de recherches. C'est Back qui, en I835, a posé pour la première fois le problème et essayé de le résoudre, on admettant que ces anastomoses étaient essentiellement formées par des libres que les nerfs cervicaux apportent à la 12ème paire. C’est cette théorie que Holl a récemment reprise et développée dans un mémoire, resté classique. D'après Holl, les libres que le plexus cervical envoient à la 12ème paire pourraient être divisées en trois groupes.

1) Le premier groupe est formé par des fibres qui parviennent à l'hypoglosse par l'anastomose supérieure et suivent dans le tronc de la 12" paire un trajet récurrent. Peut-être sont-ce ces fibres qui fournissent à l’hypoglosse les éléments du nerf méningien, éléments que Luscka fait venir du nerf lingual.

2) Les libres du deuxième groupe arrivent à l'hypoglosse par la même voie ipie les précédentes, mais elles se dirigent vers la périphérie; elles parviennent ainsi jusqu'à l'origine de la branche descendante; elles se séparent à ce niveau en deux groupes secondaires : a) Les unes prennent part à la constitution de la branche descendante ; b), les autres continuent leur trajet dans le tronc de l'hypoglosse qu'elles abandonnent ensuite pour contribuer à former les rameaux du thyro-hyoïdien et du génio-hyoïdien.

3) Le troisième groupe est formé par les fibres constituantes de la branche descendante interne du plexus cervical. Comme les précédentes, elles forment deux systèmes différents : a) Les unes se réunissent aux fibres que le groupe précédent envoie à la branche descendante de l'hypoglosse pour former les rameaux de l'omoplato-hyoïdien, du sterno-cléidohyoïdien et du sterno-thyroidien ; b) les autres remontent vers la 12ème paire et vont prendre part à la constitution des nerfs du hyoîdien et du génie-hyoîdien.

On arrive ainsi aux conclusions suivantes :

1° L'anastomose supérieure est exclusivement formée par des fibres allant du plexus cervical à la 12ème paire.

2° La branche descendante de l'hypoglosse est constituée par des fibres d'origine cervicale dont les unes sont apportées à la 12ème paire par l'anastomose supérieure et dont les autres arrivent à l'hypoglosse par la branche descendante interne du plexus cervical.

3° Les muscles innervés par l'arcade anastomotique qui unit la branche descendante de l'hypoglosse à la branche descendante du plexus cervical, appartiennent au territoire moteur des racines cervicales. Il en est de même du thyro-hyoïdien et du mylo-hyoïdien. Le grand hypoglosse se distribue donc exclusivement aux muscles de la langue.

Les conclusions si nettes de Moritz Holl ne paraissent malheureusement pas rigoureusement démontrées. Le contrôle physiologique des dissections et des examens histologique de Holl a donné résultats discordants. Alors que Beevor et Horsley, expérimentant sur le macaque arrivent à affirmer avec Holl la distribution exclusive de la 12ème paire aux muscles de la langue. Wertheimer, opérant sur le chien, obtient des résultats absolument différents ; après avoir coupé la branche descendante du plexus cervical, il excite l’hypoglosse et voit se contracter le sterno-cléido-hyoïdien et le thyro-hyoidien. Il est ainsi amené à admettre que la 12ème paire contribue à l’innervation des muscles de la région sus-hyoïdienne et participent à la constitution de la branche descendante.

En présence de ces résultats divergents, il est difficile à l'heure actuelle d'être fixé sur ce point d'anatomie. En attendant que de nouvelles recherches l'aient définitivement tranché, il est assez naturel d'admettre à priori que les nerfs cervicaux et le grand hypoglosse prennent également part à la constitution de la grande arcade anastomotique qui les unit et que les muscles sous-hyoïdiens ont une double source d'innervation. Cette innervation en partie double existe en effet pour d'autres muscles du cou, comme le sterno-cléido-mastoïdien et le trapèze ; nous avons vu en étudiant le spinal, que ce nerf formait avec les rameaux cervicaux de ces deux muscles du cou des arcades anastomotiques qui rappellent celle qui unit l'hypoglosse aux nerfs cervicaux, avec cette seule différence qu'elles sont intra-musculaires.

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