La région de l'os hyoïde renferme huit muscles, divisés en deux groupes un groupe supérieur ou sus-hyoïdien, un groupe inférieur ou sous-hyoïdien.

 

Muscles sous-hyoïdiens

Les muscles sous-hyoïdiens, ainsi appelés parce qu'ils sont placés au-dessous de l'os hyoïde, sont au nombre de quatre:

  1. le muscle sterno-cléido-hyoïdien,
  2. le muscle omo-hyoïdien,
  3. le muscle sterno-thyroïdien,
  4. le muscle thyro-hyoïdien.

Muscle Sterno-cléido-hyoïdien

Le muscle sterno-cléido-hyoïdien est le plus superficiel des muscles de la région sous-hyoïdienne, c'est un ruban charnu de 15 à 25 millimètres de largeur, s'étendant de l'extrémité supérieure du thorax à l'os hyoïde. 

Insertions

Il s'insère, en bas : par le plus grand nombre de ses faisceaux, sur l'extrémité interne de la clavicule et sur le ligament sterno-claviculaire postérieur ; par quelques faisceaux seulement, sur le sternum ou même sur le premier cartilage costal.

De la, ses fibres se portent en haut et un peu en dedans et viennent se fixer sur le bord inférieur de l'os hyoïde, en dedans du muscle omo hyoïdien, en avant du muscle thyro-hyoïdien.

Rapports du muscle sterno-cléido-hyoïdien 

Contigus au niveau de leur extrémité supérieure, les deux muscles sterno-cléido-hyoïdiens droit et gauche s'écartent graduellement l'un de l'autre en gagnant la région sterno-claviculaire, de façon a circonscrire entre eux un espace triangulaire a base inférieure. Le muscle sterno-cléido-hyoïdien est recouvert par les origines du muscle sterno-cléido-mastoïdien, par la peau et par le muscle peaucier. Il recouvre, à son tour, le muscle sterno-thyroïdien et, tout fait en haut, le muscle thyro-hyoïdien. 

Innervation du muscle sterno-cleio-hyoïdien

Le muscle sterno-cléido-hyoïdien est innervé par les branches antérieures des trois premiers nerfs cervicaux. Les filets nerveux qui lui sont destinés et qui l'abordent au voisinage de son extrémité supérieure, se trouvent incorporés dans l'anse de l'hypoglosse.

Action

Il abaisse l'os hyoïde.

Variétés

Les insertions sternales font souvent défaut. Les insertions claviculaires peuvent aussi faire défaut, mais le cas est beaucoup plus rare. Le muscle peut être double.

 

La présence d'une intersection fibreuse à la réunion du tiers inférieur avec le tiers moyen est très fréquente; elle a la même signification que les intersections fibreuses du muscle grand droit de l'abdomen. Le muscle sterno-cléido-hyoïdien peut s'unir plus ou moins : avec le muscle omo-hyoïdien ; avec le muscle sterno-thyroïdien ; avec le muscle homonyme du côté opposé. Mac Whinnie a vu un faisceau aberrant du muscle sterno-cléido-hyoïdien franchir l'os hyoïde et se perdre dans le muscle mylo-hyoïdien, disposition qui rappelle le muscle sterno-glosse de quelques mammifères.

Omo-hyoïdien

Le muscle omo-hyoïdien, qu'on désigne encore sous les noms de omoplato- ou muscle scapulo-hyoïdien, est un muscle digastrique, qui s'étend, sur les côtés du cou, du bord supérieur du scapulum a l'os hyoïde. Il est divisé par un tendon moyen ou intermédiaire en deux portions ou ventres, l'un antérieur, l'autre postérieur.

Insertions

Il s'attache en arrière, par son ventre postérieur, sur la portion du bord supérieur du scapulum qui est immédiatement placée en dedans de l'échancrure coracoïdienne ; cette ligne d'insertion postérieure a une étendue de 10 à 15 millimètres. En avant, il s'insère, par son ventre antérieur sur la portion la plus externe du corps de l'os hyoïde, en dehors du muscle précédent.

Suivi de son insertion scapulaire a son insertion hyoïdienne, le muscle omo-hyoïdien se porte d'abord en dedans, en longeant le bord postérieur de la clavicule. Puis, se redressant, brusquement sur sa direction initiale, il se porte en haut, en suivant le bord externe du muscle sterno-cléido-hyoïdien. Les deux ventres de l'omo-hyoïdien ne sont donc pas situés sur une et même ligne droite ils forment l'un avec l'autre un angle fortement obtus, ouvert en haut et en dehors, dont le sommet répond justement au tendon intermédiaire indiqué ci-dessus. Il en résulte que le muscle, considéré dans son ensemble, décrit une longue courbe à convexité dirigée en bas et en dedans.

 

Rapports

L'omo-hyoïdien répond, a son origine, au muscle sus-épineux.

Plus loin, il se trouve recouvert par le muscle trapèze, le muscle sous-clavier, la clavicule.

Arrivé au niveau du bord antérieur du trapèze, il se dégage de ce muscle et traverse alors successivement les trois régions sus-claviculaire, carotidienne et sous-hyoïdienne. Dans la région sus-claviculaire, il est recouvert par le muscle peaucier et recouvre a son tour les muscle scalènes et le plexus brachial. Dans la région carotidienne il est recouvert par le muscle sterno-cléido-mastoïdien et recouvre, en les croisant, la veine jugulaire interne et la carotide primitive. Dans la région sous-hyoïdienne, enfin, il répond de nouveau au peaucier par sa face antérieure, tandis que sa face postérieure repose sur le corps thyroïde et sur le muscle thyro-hyoïdien.

Innervation

Le ventre antérieur et le ventre postérieur de l'omo-hyoïdien sont innervés l'un et l'autre par l'anse de l'hypoglosse. Les filets nerveux qu'ils reçoivent proviennent réellement, comme pour le sterno-cléido-hyoïdien, des branches antérieures des trois premiers nerfs cervicaux.

Action

Comme le muscle précédant, l'omo-hyoïdien abaisse l'os hyoïde en le portant un peu en arrière. Pour Richet, l'omo-hyoïdien aurait pour principale fonction de tendre, en redressant sa courbure, l'aponévrose cervicale moyenne. Il contribuerait ainsi, par action secondaire, à maintenir béantes les grosses veines du cou au moment de l'inspiration et, comme conséquence, favoriserait dans ces vaisseaux la circulation de retour. Une pareille opinion me parait en opposition avec l'absence de l'omo-hyoïdien chez certains mammifères ; avec l'absence de ce même muscle constatée parfois dans l'espèce humaine ; avec l'absence de troubles circulatoires, à la suite de la section de l'omo-hyoïdien chez l'homme.

Variétés

On a constaté : l'absence totale du muscle omo-hyoïdien, sans compensation par un autre muscle ; j'en ai réuni neuf cas, dont un personnel ; l'absence du ventre antérieur: dans ce ras, le ventre postérieur se perd le plus souvent sur l'aponévrose (M. coraco-cervicalis de Krause) ; l'absence du ventre postérieur dans ce cas, le ventre antérieur vient se perdre également sur l'aponévrose (M. hyo-fascialis). Par contre, on peut observer la duplicité du muscle, portant, soit sur le muscle tout entier, soit seulement sur l'un ou l'autre des deux ventres. Par suite d un déplacement des insertions scapulaires, l'omo-hyoïdien peut se détacher : du ligament coracoïdien ou de l'apophyse coracoïde ; de l'acromion ; de la première cote ; de la clavicule. D'autre part, l'omo-hyoïdien, tout en restant normal, peut recevoir des différents points précités des faisceaux de renforcement. Le tendon intermédiaire du muscle, qui a toute la valeur d une intersection aponévrotique (première côte cervicale de Hexle), fait défaut une fois sur trente sujets (Wood). Quelques faisceaux de l'omo-hyoïdien peuvent passer dans la région sus-hyoïdienne et se réunir soit au mylo-hyoïdien (Macalister), soit au stylo-hyoïdien (Wood).

Voyez pour la véritable signification du muscle omo-hyoïdien Gegenbaur Ueber deu musc., omo-hyoideus und seine Schlusselbeinverbindung, in Morph. Jahrbuch, 1875, p. 243 ; Testut, Le muscle omo-hyoïdien et ses anomalies, in Gaz. hebd. des Sc. médicales de Bordeaux, et tirage à part, 1882; Marcondes, Thèse de Rio-Janeiro, 1884.

Muscle Sterno-thyroïdien

Le muscle sterno- thyroïdien est un muscle large et rubané comme le muscle sterno-cléido-hyoïdien, au-dessous duquel il est situé.

Insertions du muscle sterno-thyroïdien

Il s'insère : d'une part, sur la face postérieure du premier cartilage costal et sur la face postérieure de la poignée du sternum jusqu'a la ligne médiane; d'autre part, sur les deux tubercules de la face externe du cartilage thyroïde ainsi que sur une corde ligamenteuse, oblique en haut et en dehors, qui réunit ces deux tubercules.

La direction de ce muscle n'est pas complètement verticale, mais légèrement oblique de bas en haut et de dedans en dehors. Il résulte de cette obliquité que les deux muscles sterno-thyroïdiens droit et gauche, contigus a leur Origine sternale, se trouvent sépares, au niveau de leur insertion thyroïdienne, par un intervalle d'un ou de plusieurs centimètres.

Rapports

Le muscle sterno-thyroïdien est recouvert par le sterno-cléido-hyoïdien dans la plus grande partie de son étendue. A son tour, il recouvre la trachée-artère, le corps thyroïde et, par ses faisceaux les plus externes, la carotide primitive et la veine jugulaire interne

Innervation

Il est innervé, comme les deux muscles précédents, par des rameaux issus de l'anse de l'hypoglosse ces rameaux pénètrent dans le muscle par la partie externe de sa face profonde.

Action

Le muscle sterno-thyroïdien abaisse le larynx, sur lequel il s'insère, et, par l'intermédiaire du larynx, l'os hyoïde.

Variétés

Les faisceaux qui partout du premier cartilage costal peuvent faire défaut, comme aussi le muscle peut se trouver renforcé par des faisceaux surajoutés émanant de la clavicule.

L'absence du tiers moyen du muscle a été signalée par Walsham (in Saint-Bartholomew's hospital report, 1880). Le sterno-thyroïdien peut entrer en connexion pins ou moins intime avec celui du côté oppose, soit par fusionnement sur la ligne médiane, soit par envoi de faisceaux anastomotiques. Il peut même se fusionner partiellement avec le constricteur inférieur du pharynx (Wood, Walsham, Flesh) ; j'ai observé cette disposition chez le chimpanzé. Une intersection aponévrotique existe fréquemment au niveau de la fourchette sternale.

Muscle Thyro-hyoïdien

Le muscle thyro-hyoïdien est, un muscle quadrilatère, continuant, en haut, la direction du muscle précédent.

Insertions

Il s'insère, en bas, sur les deux tubercules thyroïdiens et sur la corde filamenteuse qui les réunit l'un a l'autre. De là, les faisceaux du muscle se portent parallèlement en haut et viennent, s'attacher sur le bord inférieur du corps et de la grande corne de l'os hyoïde.

Rapports

Sa face antérieure ou superficielle répond au sterno-hyoïdien et à l'omo-hyoïdien, qui le recouvrent. Sa face profonde repose sur le cartilage thyroïde et au-dessus de lui, sur la membrane thyro-hyoïdienne: elle est séparée de cette membrane par les vaisseaux et nerfs laryngés supérieurs.

Innervatio

Le thyro-hyoïdien est innervé par un rameau spécial du grand hypoglosse. Mais ce rameau, d'après les recherches de Holl (Voy. Grand hypoglosse) provient encore des nerfs cervicaux. Il pénètre dans le muscle par sa face profonde, tout près de son bord externe.

Action

Il abaisse l'os hyoïde; ou bien, si ce dernier os est fixé par la contraction préalable de ses élévateurs, il agit sur le larynx, qu'il attire en haut.

Variétés

La corde ligamenteuse thyroïdienne sur laquelle viennent s attacher, en bas le sterno thyroïdien, en haut le thyro hyoïdien, me parait avoir la signification d'une intersection aponévrotique analogue à celles qui traversent le grand droit de l'abdomen. Des lors, le sterno-thyroïdien et le thyro-hyoïdien ne sont que les deux portions d un seul et même muscle (sterno-hyoïdien profond), qui serait interrompu au niveau du cartilage thyroïde par une intersection fibreuse. Aussi, voit-on, dans certains cas, quelques faisceaux passer sans s'interrompre d'un muscle dans l'autre, ou même les deux muscles se fusionner entièrement par disparition complète de la corde ligamenteuse

Muscle élévateur du corps thyroïde

Soemmering a décrit sous ce nom un faisceau musculaire plus ou moins développé, qui partant de l'os hyoïde, venait se terminer sur un point quelconque de la face antérieure du corps thyroïde. Ce muscle n'est autre qu'un faisceau aberrant des muscles rubanés, précédemment décrits entre le sternum et l'os hyoïde, qui, au lieu de se rendre à son insertion inférieure ordinaire, s'arrête en route pour se fixer sur le corps thyroïde.

Ce muscle ne se rattache il aucune fonction spéciale c est un non sens que d'attribuer une fonction active à un organe atrophie et rudimentaire.

Muscles sus-hyoïdiens

Les muscles sus-hyoïdiens, tous situés au-dessus de l'os hyoïde, sont, comme les muscles sous-hyoïdiens, au nombre de quatre. Ce sont : le digastrique, le stylo-hyoïdien et le génio-hyoïdien.

Digastrique

Le muscle digastrique s'étend de la base du crâne a l'os hyoïde et de là, a la partie moyenne du maxillaire inférieur. Il représente dans son ensemble comme une longue arcade, dont la concavité, dirigée en haut, embrasse à la fois la glande parotide et la glande sous-maxillaire.

Insertions

Comme l'indique son nom, le muscle digastrique se compose de deux portions ou ventres, l'un antérieur, l'autre postérieur, que réunit l'un à l'autre un tendon intermédiaire

Ventre postérieur

Le ventre postérieur ou mastoïdien s'insère, en haut, sur le coté interne de l'apophyse mastoïde, dans une rainure spéciale, dite rainure digastrique. Cette insertion d'origine se fait en partie par des fibres charnues, en partie par des fibres tendineuses, qui se prolongent sur la face interne et sur le bord supérieur du muscle. De la rainure digastrique, le ventre postérieur se porte obliquement en bas, en avant et en dedans et, après un parcours de 3 ou 4 centimètres, se jette sur le côté interne d'une lame tendineuse, enroulée en demi-cône, qui se transforme peu à peu en un tendon cylindrique c'est le tendon intermédiaire.

Tendon intermédiaire

Le tendon intermédiaire, continuant la direction du ventre postérieur, atteint bientôt le muscle stylo-hyoïdien, le traverse a sa partie tout inférieure et arrive ainsi au-dessus du corps de l'os hyoïde. S'infléchissant alors sur lui-même, il se porte en avant et en dedans et, immédiatement après, donne naissance à des faisceaux charnus dont l'ensemble constitue le ventre antérieur du muscle.

Ventre antérieur

Ainsi constitue, le ventre antérieur se dirige d'arrière en avant et un peu de dehors en dedans, vers le bord inférieur du maxillaire. Il vient finalement se fixer, un peu en dehors de la symphyse, dans une fossette spéciale que nous avons décrite en ostéologie sous le nom de fossette digastrique.

Ici encore, comme dans la rainure digastrique, l'insertion du muscle se fait, en partie par des fibres charnues, en partie par de courtes languettes tendineuses.

Connexion du tendon intermédiaire avec l'os hyoïde

Au sortir de la boutonnière que lui offre le stylo-hyoïdien, le tendon intermédiaire du digastrique laisse échapper d'ordinaire, par son côté inféro-interne, deux ordres de fibres des fibres internes, qui se portent vers la ligne médiane et s'y entrecroisent avec celles du côté opposé ; des fibres inférieures, qui descendent vers le corps de l'os hyoïde et s'y fixent solidement. Les fibres internes ferment presque toujours une sorte de lame aponévrotique qui unit l'un à l'autre le tendon du côté droit et celui du côté gauche : c'est l'aponévrose interdigastrique de certains auteurs. Quant aux fibres descendantes, elles affectent parfois la forme d'une arcade ou d'une sorte de tunnel sous lequel s'engage le tendon. Mais cette disposition en tunnel est relativement rare; plus rarement encore un observe a son niveau une bourse séreuse destinée à favoriser le glissement du tendon. Quoi qu'il en soit de la disposition, éminemment variable, de la lame fibreuse qui unit le tendon intermédiaire a l'os hyoïde, cette lame est constante et c'est a elle, bien plus qu'à la boutonnière du stylo-hyoïdien, qu'est due la réflexion, a ce niveau, du muscle digastrique.

L'interprétation du muscle digastrique, avec ses deux ventres insérés l'un et l'autre au corps de l'os hyoïde, est extrêmement difficile, et son évolution phylogénique est encore fort obscure. Les recherches d'anatomie comparative semblent établir cependant, que le digastrique des mammifères représente deux muscles, d'origine et de valeur différentes, qui étaient primitivement distincts et qui se sont fusionnes plus tard au voisinage de l'os hyoïde. De ces deux muscles, l'un appartient manifestement au groupe des faisceaux musculaires qui vont du crane au maxillaire ; l'autre me parait devoir être rattache au système longitudinal qui de chaque côté de la ligne médiane, remonte du sternum a la symphyse mentonnière. La dualité primitive du digastrique est encore établie par son mode d'innervation : nous verrons en effet tout à l'heure que le ventre antérieur et le ventre postérieur sont innervés par deux nerfs différents.

Rapports

Les rapports du muscle digastrique varient pour chacune de ses trois portions:

Le ventre postérieur, aplati de dehors en dedans, nous offre à considérer deux faces, l'une externe, l'autre interne. La face externe est recouverte, immédiatement en avant de l'apophyse mastoïde, par les trois muscles : petit complexus, splénius et sterno-cléido-mastoïdien. Elle est encore en rapport, en haut avec la parotide, en bas avec la sous-maxillaire. La face interne, à son tour, recouvre successivement les muscles qui se détachent de l'apophyse styloïde (bouquet de Riolan), la veine jugulaire interne, le nerf grand hypoglosse, la carotide interne, la carotide externe et deux de ses branches collatérales, la linguale et la faciale.

Le ventre antérieur repose dans toute son étendue sur le mylo-hyoïdien. Sur lui s'étalent l'aponévrose cervicale superficielle, le peaucier et la peau. Il est sépare de celui du coté opposé par un espace triangulaire, à base inférieure, dont l'aire est formée par les deux mylo-hyoïdiens arrivant au contact sur la ligne médiane.

Nous avons dit plus haut que les deux ventres antérieurs étaient reliés l'un a l'autre, à leur partie postérieure tout au moins, par l'aponévrose interdigastrique.

Le tendon intermédiaire enfin, est en rapport, en dehors, avec la glande sous-maxillaire, dont la partie inférieure descend jusqu'à t'es hyoïde ou même le dépasse. En dedans, il répond à l'hyoglosse et, au mylo-hyoïdien. Il délimite, avec le bord postérieur de ce dernier muscle et le nerf grand hypoglosse un tout petit triangle connu sous le nom de triangle de la linguale : c'est en effet dans ce triangle qu'il faut inciser le muscle hyoglosse pour mettre a découvert l'artère linguale.

Innervation du muscle digastrique

Chaque portion du muscle digastrique a une innervation qui lui est propre. Le ventre postérieur est innerve a la fois par un rameau du facial et par un rameau du glosso-pharyngien. Quant au ventre antérieur, il est innerve par le nerf mylo-hyoïdien, branche du dentaire inférieur, toque), a son tour, provient du maxillaire inférieur ou troisième branche du trijumeau.

Action du muscle digastrique

Les deux ventres du digastrique étant innervés par des nerfs différents jouissent d'une action indépendante et doivent, dans la plupart des cas, se contracter isolement

Le ventre antérieur, s'il prend son point fixe sur l'hyoïde, abaisse le maxillaire. Il joue, dans ce cas, un rote important dans l'acte de la mastication c'est l'abaisseur du maxillaire (abaisseur de la mandibule de l'anatomie comparée).

Si, au contraire, il prend son point fixe sur le maxillaire, il élève l'os hyoïde.

Le ventre postérieur peut, lui aussi, prendre son point fixe sur le crâne ou sur l'os hyoïde dans le premier cas, il porte l'os hyoïde en haut et en arrière ; dans le second cas, il porte la tête en arrière, devenant ainsi congénère des muscles extenseurs.

Enfin, quand les deux ventres du digastrique se contractent en même temps, ils élèvent l'os hyoïde.

Variétés

Le digastrique peut ne pas traverser le stylo-hyoïdien et, dans ce cas, il passe soit en avant, soit en arrière. Il peut se rendre directement de la base du crâne à la symphyse sans descendre sur l'os hyoïde (Tansini). Dans ce cas, son tendon intermédiaire est situe au-dessus de l'hypoglosse et de la linguale, disposition qu'il n'est pas indiffèrent de connaitre pour la ligature de ce dernier vaisseau. Platner et Mac Whinnie ont vu le ventre postérieur du digastrique s'insérer a l'angle du maxillaire, disposition normale chez les carnassiers ; j'ai observé cette insertion chez un microcéphale. Les deux tendons intermédiaires droit et gauche peuvent se réunir sur la ligne médiane et former ainsi une arcade transversale d'où naissent les ventres antérieurs. J'ai vu plusieurs fois les ventres antérieurs entièrement fusionnés sur la ligne médiane. Il n'est pas très rare de voir le ventre antérieur fournir un faisceau surnuméraire qui vient s'attacher, selon les cas, sur le raphé médian, sur l'os hyoïde, sur la fossette digastrique du coté opposé le muscle anormal devient, alors un muscle trigastrique.

Cette anomalie est le plus souvent unilatérale Wood et Macalister et nous-mêmes l'avons observée cependant des deux cotes à la fois. Walsham (Saint Batholomew's Hospital Reports, 1881) a rencontré sur le ventre postérieur, dans un cas une intersection, et dans un autre cas un vrai tendon cylindrique. Voyez au sujet du digastrique. Morestin, Bull. Soc. Anat., 1894, p.801 Blanchi Sul muscolo interdigastrico, Monit. Zoo. Ital, 1895.

 

Muscle mento-hyoïdien

Faisceau musculaire décrit par Macalister, le plus souvent rubané, unilatéral ou bilatéral, s'étendant de l'os hyoïde à la symphyse du menton. Quelques-uns des faisceaux mento-hyoïdiens se rattachent peut-être au système du peaucier il en est d'autres qui appartiennent manifestement au groupe des sterno-hyoïdiens.
 

Muscle Stylo-hyoïdien

Le muscle stylo-hyoïdien est un muscle fort grêle, fusiforme, qui s'étend obliquement de l'apophyse styloïde a t'os hyoïde, en dedans et au-dessus du ventre postérieur du digastrique.

Insertions

Il prend naissance, en dehors, sur le coté externe de l'apophyse styloïde, tout près de la base de cette apophyse. De là, il se porte obliquement en dedans et en avant vers l'os hyoïde. Un peu avant d'atteindre cet os, il se divise en deux faisceaux, pour laisser passer le digastrique (boutonnière du digastrique). Puis, il se reconstitue et vient se fixer, à l'aide d'une languette aponévrotique fort mince, sur la face antérieure du corps de l'os hyoïde, au voisinage de la grande corne.

Rapports

Le stylo-hyoïdien accompagne, dans presque toute son étendue, le ventre postérieur du digastrique, en avant duquel il est placé. II présente les mêmes rapports que ce dernier muscle.

Innervation du muscle stylo-hyoïdien

Il est innervé par un rameau particulier, issu du facial au-dessous du trou stylo-mastoïdien.

Action

Le muscle stylo-hyoïdien est élévateur de l'os hyoïde.

Variétés

Le stylo-hyoïdien peut faire défaut (une fois sur deux cents, d'après Hallet). Dans un cas de Mac Whinnie, l'absence du stylo-hyoïdien coïncidait avec un ventre postérieur du digastrique considérablement grossi. La, boutonnière pour le digastrique manque aussi quelquefois, mais bien rarement cette boutonnière peut, d'autre part, se prolonger jusqu'à l'os hyoïde, transformant ainsi le stylo-hyoïdien en un muscle biceps. Il n'est pas très rare de rencontrer, en arrière du stylo-hyoïdien normal, un faisceau surnuméraire (stylo-hyoïdeus alter d'Albinus, petit stylo-hyoïdien de Gavard, stylo-hyoïdien profond de Sappey), qui s'insère d'une part dans le voisinage du sommet de l'apophyse styloïde, d autre part sur la petite corne de l'os hyoïde. Des cas de triple stylo-hyoïdien ont été rapportés par Hyrtl et par Gruber.

Chudzinsky a observé, sur un individu d'origine Africaine, un stylo-hyoïdien qui s'insérait dans la région sus-hyoïdienne par trois faisceaux distincts.

Parmi les muscles surnuméraires qui se rattachent au stylo-hyoïdien, il convient de mentionner (Voy. pour plus de détails, Testut, Anomalies musculaires, p. 288) :

Le stylo-maxillaire, signalé pour la première fois par Calori (Bologne, 1868), qui se rend de l'apophyse styloïde à l'angle du maxillaire ;

Le hyo-maxillaire (hyo-angularis de Macalister), qui va de l'os hyoïde a l'angle du maxillaire ; le stylo-maxillaire et l'hyo-maxillaire sont deux formes incompletos du stylo hyoïdien ordinaire (Voy., a ce sujet, Macalister, The varieties of styloid muscles, in Journ. Of Anat. And Phys., nov. 1870).

L'occipito-hyoïdien, qui se détache de l'occipital, au dessous de l'insertion du trapèze, et qui se rend de là a l'os hyoïde ; ce muscle, signalé pour la première fois par Perrin (Journ. Of Anat. and Phys., 1871, p. 231), a été retrouvé depuis par West (Ibid., 1873 p. 150), par Curnow (Ibid. 1874, p. 379) et par M. Flesh (Varietaten Beobachtungen, etc., Wurzbourg, 1879)

Le pétro-hyoïdien, signalé par Calori, dont le nom seul indique suffisamment les insertions.

Muscle Mylo-hyoïdien

Le muscle mylo-hyoïdien est situé au-dessus du ventre antérieur du digastrique, c'est un muscle aplati et irrégulièrement quadrilatère, constituant avec celui du côté opposé le plancher de la bouche.

Insertions

Il prend naissance, en haut, sur la ligne oblique interne ou ligne mylo-hyoïdienne du maxillaire inférieur. De là, ses faisceaux se portent en bas et en dedans vers la ligne médiane et s'insèrent : les postérieurs, sur l'os hyoïde lui-même (face antérieure ; les antérieurs, sur un raphé aponévrotique médian (ligne blanche sus-hyoïdienne) qui s'étend de cet os à la symphyse du menton

Il n'est pas rare de voir quelques faisceaux du mylo-hyoïdien passer sans s'interrompre d'un côté à l'autre.

Rapports

Sa face superficielle ou inférieure est recouverte par le ventre antérieur du digastrique, par la glande sous-maxillaire, par le peaucier du cou.

Sa face profonde ou supérieure, tournée du côté de la bouche, répond aux muscles stylo-glosse, hyoglosse, génio-hyoïdien, aux nerfs lingual et grand hypoglosse, au canal de Wharton, à la glande sublinguale et, par places, à la muqueuse buccale. Son bord postérieur est embrassé par la glande sous-maxillaire et contourné de bas en haut par le canal de Wharton.

Innervation

Il est innervé par le nerf mylo-hyoïdien (branche du dentaire inférieur), qui jette sur sa face inférieure des rameaux toujours multiples.

Action

Le mylo-hyoïdien élève de bas en haut l'os hyoïde ; mais il soulève en même temps la langue, l'applique fortement contre la voûte palatine et joue ainsi un rôle important dans le premier temps de la déglutition.

Variétés

Elles sont peu nombreuses : nous avons déjà indique sa réunion partielles avec le muscle du coté opposé et avec quelques autres muscles voisins. J'ai constate plusieurs fois la disparition complète du raphé sus-hyoïdien et la fusion totale des deux mylo-hyoïdiens en un muscle unique. La division du muscle en deux portions a été signalée par Mac Whinnie et par Macalister. J'ai vu, sur deux sujets, les fibres les plus postérieures former un faisceau distinct.

Muscle Génio-hyoïdien

Le muscle génio-hyoïdien, situé au-dessus du précédent, est un petit muscle de forme cylindroïde, qui s'étend, à droite et à gauche de la ligne médiane, de l'os hyoïde à la symphyse du menton.

Insertions

En haut, le génio-hyoïdien s'insère sur l'apophyse géni inférieure à l'aide de courtes fibres tendineuses. De là, il se porte obliquement en bas et en arrière, s'élargit peu a peu au fur et a mesure qu'il s'éloigne du maxillaire et, finalement, vient se fixer sur la partie moyenne de la face antérieure de l'os hyoïde. Sa ligne d'insertion hyoïdienne est représentée par une sorte d'U couché, dont la concavité dirigée en dehors embrasse le bord interne du muscle hyoglosse.

Rapports

Les deux génio-hyoïdiens droit et gauche, sont en contact immédiat sur la ligne médiane : un simple interstice celluleux, souvent peu distinct, les sépare l'un de l'autre. Recouverts en bas par le mylo-hyoïdien, qu'il faut sectionner pour les mettre à découvert, ils répondent par leur face supérieure ou buccale, a la glande sublinguale, au génio-glosse, à la muqueuse du plancher de la bouche.

Innervation

Le génio-hyoïdien est innervé par le grand hypoglosse, qui envoie à sa face profonde quelques filets très grêles.

Action

Ce muscle a une double action il est élévateur de l'os hyoïde, s'il prend son point fixe sur le maxillaire inférieur; il est abaisseur du maxillaire, s'il prend son point fixe sur l'os hyoïde préalablement immobilisé par la contraction de ses muscles abaisseurs.

Variétés

Le génio-hyoïdien peut présenter des connexions plus ou moins intimes avec les deux muscles de la langue qui l'avoisinent le génio-glosse et l'hyoglosse (Macalister). Il peut se fusionner entièrement avec celui du côté oppose et constituer ainsi un muscle impair et médian. Macalister signale, d'après Horner, comme une anomalie du génio-hyoïdien, la présence d'un faisceau accessoire qui prendrait naissance sur la grande corne de l'os hyoïde.

Cette insertion sur la grande corne, passée sous silence pin Cruveilhier et Sappey, est considérée comme normale par Theile.

 

D'après L. Testut Traité d'anatomie humaine.

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