La région latérale du cou comprend cinq muscles, disposés en deux couches.

La couche superficielle nous présente successi­vement : immédiatement au-dessous de la peau, le muscle peaucier du cou ; au-dessous de l'aponévrose, le muscle sterno-cléido-mastoïdien. Au-dessous de ces deux muscles, dans la couche dite profonde, nous trouvons le muscle scalène antérieur , le muscle scalène postérieur et le muscle droit latéral de la tête.­

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Muscle peaucier du cou

Situé dans la région antérolatérale du cou, au-dessous de la peau et au-dessus du muscle sterno-cléido-mastoïdien, le muscle peaucier est une large lame musculeuse, quadrilatère et fort mince, étendue de l­a partie supérieure du thorax au bord inférieur du maxillaire. C'est le platysma myoïdes des anatomistes anglais et allemands.

Insertions

Il prend naissance; en bas, dans le tissu cellulaire sous-cutané des régions sous-claviculaire et acromiale, par des faisceaux très pâles et plus ou moins écartés les uns des autres. Ces faisceaux, se portant ensuite en haut et en dedans, traversent obliquement la région du cou et atteignent le bord inférieur du maxillaire, où ils se terminent de la façon suivante : les faisceaux internes s'entrecroisent le plus souvent sur la ligne médiane, au-dessous du menton, avec ceux du côte opposé et viennent s'attacher a la face profonde de la peau de la région mentonnière ; les faisceaux moyens s'insèrent sur le tiers interne de la ligne oblique du maxillaire, en s'entrecroisant, à ce niveau, avec les faisceaux d'origine du muscle triangulaire des lèvres ; les faisceaux externes, se confondent en grande partie avec le triangulaire, mais surtout avec le  muscle carré du menton les autres remontent jusque la peau de la commissure labiale.

Rapports

Le muscle peaucier est compris dans un dédoublement du fascia superficialis. Sa face superficielle répond a la peau, à laquelle elle adhère en bas d'une façon intime, dont elle est séparée en haut par une couette plus ou moins épaisse de graisse. Sa face profonde recouvre successivement, en allant de bas en haut le grand pectoral et le muscle deltoïde, la clavicule, le muscle sterno-cléido-mastoïdien, le muscle omo-hyoïdien, le ventre antérieur du muscle digastrique, le muscle mylo-hyoïdien, la veine jugulaire externe, les branches du plexus cervical superficiel. Dans la région faciale, enfin, il croise le maxillaire inférieur et le masséter. Le bord postérieur ou externe du muscle peaucier, obliquement dirigé en bas et en arrière, répond, en haut, au muscle risorius de Santorini, qui suit la même direction. Son bord antérieur ou interne est séparé du bord similaire de celui du coté opposé par un large espace triangulaire, dont la base répond au thorax et dont le sommet, formé par l'entrecroisement réciproque des faisceaux internes, est situé d'ordinaire un peu au-dessous de la symphyse mentonnière.

Innervation

Le muscle peaucier du cou, au point de vue de la motilité, est innervé par le nerf facial et exclusivement par le facial (Bardeleben) il reçoit, ses filets nerveux de la branche cervico-faciale de ce dernier nerf. Les branches nerveuses du plexus cervical superficie!, qui traversent le peaucier et qui, d'après certains auteurs, prendraient part à son innervation, sont des nerfs sensitifs destinés principalement aux téguments.

Action

Le peaucier du cou est la reproduction, bien faible chez l'homme, du panicule charnu de quelques mammifères (le cheval par exemple), vaste lame musculaire qui entoure comme d'un manteau la nuque, la plus grande partie du cou et presque tout le tronc. C'est donc un organe profondément atrophié aussi son rôle physiologique est-il considérablement réduit.

Il ne nous parait avoir actuellement d'autre fonction, chez l'homme, que d'attirer en bas la peau du menton et la lèvre inférieure il acquiert ainsi une importance manifeste dans le jeu de la physionomie. Comme le rappelle fort justement Cruveilhier, il est un des muscles qui concourent le plus « à l'expression des passions tristes, de la colère, de l'effroi, de la terreur, de la souffrance ».

En raison de sa direction presque verticale, le peaucier peut encore plisser transversalement la peau du cou et élever celle du thorax. J'ai vu récemment, chez une jeune hystérique qui possédait un muscle peaucier plus développé que de coutume, les contractions de ce muscle attirer fortement en haut la glande mammaire.

Variétés

Le peaucier est très variable, comme le sont, du reste, tous les organes rudimentaires. Le plus grand nombre de ses variations porte sur son volume, son étendue et le nombre de ses faisceaux constitutifs. Elles relèvent, presque toutes de l'une ou l'autre de ces deux modalités : ou bien le peaucier présente des faisceaux surnuméraires et dépasse les limites de la description classique ou bien, au contraire, il perd quelques-uns de ses faisceaux et subit une atténuation graduelle, qui peut aboutir à une disparition complète. Parmi les faisceaux surajoutés, les plus intéressants sont ceux qui finissent sur le sternum (Wood), sur la clavicule (Macalister). L'entrecroisement signalé ci-dessus, des faisceaux internes du peaucier avec ceux du côté oppose peut manquer, comme aussi on peut voir cet entrecroisement commencer plus bas que d'habitude, dans le voisinage de l'os hyoïde et jusque dans la région sous-hyoïdienne. Les faisceaux verticaux du peaucier peuvent être croises, au-dessous du maxillaire, par une couche surajoutée de fibres transversales émanant de la région parotidienne (Henle, Wood, Froriep) ; ces deux couches s'observent normalement (Gurtl) chez le chien et le chat. Une des dispositions les plus intéressantes du peaucier est le passage de ses faisceaux internes dans le muscle triangulaire du cote oppose, disposition qui est normale chez les cynocéphales et les cercopithèques (Voy. a ce sujet A. Foriep, Ueber d.Hautmuskel d. halses und seine Beziehung zu den unteren Gesichtsmuskeln, in Arch. F. anat. und Phys., 1877 p. 46).

Voyez aussi, au sujet du peaucier du cou Welgker Platysma myoïdes Zeitschr . f. Anat. 1875 ' Schmidt, Ueber das Platysma, Arch. F. anat. 1894.

Peauciers surnuméraires. Des faisceaux peauciers surnuméraires, débris du pannicule charnu des mammifères, ont été observes sur plusieurs régions du corps, notamment sur l'épaule, sur la fesse, sous la clavicule, sur le trapèze, sur le grand dorsal, etc. (Voy. a ce sujet l'intéressant mémoire de Turner : on a rudiment of the panniculus carnosus superfical to the trapezius, in Journ. Of Anatomy. T. V, 1870 p.116).

Muscle sterno-cléido-mastoïdien

Le sterno-cléido-mastoïdien est un muscle puissant, situé sur les côtes du cou, au-dessous du peaucier. Il s'étend obliquement de la partie antérieure et supérieure du thorax à l'apophyse mastoïde et traverse par conséquent, a la manière d'une diagonale, la région antérolatérale du cou.

Insertions du muscle sterno-cléido-mastoïdien

Il présente, a son origine sur le thorax deux portions nettement distinctes une portion interne, insérée sur te sternum une portion externe, insérée sur la clavicule. La première a reçu le nom de chef sternal la seconde, celui de chef claviculaire

Chef sternal

Le chef sternal (15) se détache de la face antérieure du manubrium a t'aide d'un tendon conoïde, qui s'entrecroise parfois, a son origine, avec celui du côté opposé et qui ne tarde pas a disparaitre en haut au milieu des faisceaux charnus auxquels il donne naissance. Ces faisceaux charnus, continuant le trajet du tendon, se portent obliquement en haut et en arrière, du coté de l'apophyse mastoïde. Au fur et a mesure qu'il s'éteigne du thorax, te chef sternal s'élargit graduellement, de façon a former un muscle rubane et mince. Finalement, il s'étale sur la face externe de l'apophyse mastoïde et se termine, en partie sur la face externe de cette saillie osseuse, en partie sur la portion externe de la ligne courbe supérieure de l'occipital.

Chef claviculaire

Le chef claviculaire, large et mince dès son origine, s'insère sur le quart interne de la clavicule par une série de languettes tendineuses, pour la plupart fort courtes. Les faisceaux charnus qui leur font suite se dirigent verticalement en haut. Ils atteignent bientôt le bord postérieur du chef sternal, dont la direction est oblique, et, la, ils se divisent en deux groupes les uns, et c'est le plus grand nombre, passent sous le chef sternal et viennent se fixer au sommet et au bord antérieur de l'apophyse mastoïde, les autres, s'infléchissant en arrière et suivant la direction du chef sternal avec lequel ils se confondent, gagnent la ligne courbe occipitale supérieure et s'y terminent.

Relations réciproques des deux chefs sternal et claviculaire

Il résulte de la description qui précède que les deux chefs du sterno-cléido-mastoïdien, sépares a leur origine par un espace triangulaire a base inférieure, se superposent au-dessus de leur tiers inférieur, le chef sternal occupant le plan superficiel, le chef claviculaire le plan profond. Le:- deux chefs, ainsi superposes, conservent quelquefois leur indépendance jusqu'à leur insertion terminale sur les os du crâne. Mais, le plus souvent, ils se fusionnent d'une façon plus ou moins intime.

Constitution réelle du sterno-cléido-mastoïdien

L'indépendance réciproque des deux chefs du sterno-cléido-mastoïdien est assez fréquente pour que Albinus et après lui Theile aient cru devoir les décrire séparément. Cette division du muscle en deux faisceaux distincts n'est pas suffisante. Déjà, en 1859, Vlacovich, dans un mémoire généralement oublié, avait subdivisé le chef claviculaire en deux faisceaux, l'un se rendant a l'occipital, l'autre a l'apophyse mastoïde. A son tour, W. Krause, en 1876, a subdivisa le faisceau sternal en deux nouveaux faisceaux, l'un sterno-mastoïdien, l'autre sterno-occipital. Bien que ce dernier faisceau ne soit pas constant (il serait même assez rare, d'après Breglia), nous pouvons admettre dans le groupe sterno-cléido-mastoïdien, quatre éléments ou, si l'on veut, quatre ordres de faisceaux : des faisceaux sterno-mastoïdiens, naissant du manubrium et venant s'attacher à la face externe de l'apophyse mastoïde et à la partie de l'os temporal qui continue cette apophyse ; des faisceaux sterno-occipitaux partant également du sternum pour aboutir à la ligne occipitale supérieure, en arrière des précédents ; des faisceaux cléido-mastoïdiens, partant du quart interne de la clavicule et gagnant le bord antérieur de l'apophyse mastoïde, en passant au-dessous des faisceaux précédents, qu'ils croisent en X ; des faisceaux cléido-occipitaux, se détachant de la clavicule, soit en dehors, soit en avant des faisceaux cléido-mastoïdiens, et venant se terminer à la ligne occipitale supérieure.

L'anatomie normale, l'anatomie comparée et aussi les variations du muscle sterno-cléido-mastoïdien chez l'homme justifient pleinement une pareille division. Le muscle en question devient alors le sterno-cléido-mastoïdo-occipital ou, plus simplement, le muscle quadrijumeau de la tête.

Rapports

Le sterno-cléido-mastoïdien, comme nous le verrons plus loin, en étudiant les aponévroses du cou est contenu dans un dédoublement de l'aponévrose cervicale superficielle. On lui considère, en raison de sa forme, une face externe, une face interne et deux bords, l'un antérieur, l'autre postérieur

Face externe

La face externe ou superficielle répond à la peau a sa partie supérieure et à sa partie inférieure. A sa partie moyenne, elle en est séparée par le peaucier. Entre le sterno-cléido-mastoïdien et le peaucier cheminent la veine jugulaire externe et les diverses branches du plexus cervical superficiel, savoir : la branche cervicale transversale, qui croise transversalement le muscle a sa partie moyenne ; les deux branches auriculaire et mastoïdienne, qui croisent obliquement sa partie supérieure ; la branche sus-claviculaire, qui couvre de ses rameaux antérieurs sa partie inférieure.

Face interne

La face interne ou profonde recouvre, en bas, l'articulation sterno-claviculaire et, plus haut, la portion initiale du sterno-thyroïdien et du sterno-cléido-hyoïdien, la portion moyenne du digastrique, les scalènes, le splénius et l'angulaire de l'omoplate. Elle recouvre aussi, et c'est là l'un des rapports les plus importants du muscle, le paquet vasculo-nerveux du cou, formé, comme on le sait : par la carotide primitive ; par la jugulaire interne, qui longe le côté externe de l'artère ; par le pneumogastrique, qui se loge dans l'angle dièdre que délimitent en arrière l'artère et la veine. La portion cervicale du grand sympathique est placée plus profondément et un peu en dehors du paquet vasculo-nerveux. Les rapports de la carotide primitive avec le sterno-cléido-mastoïdien sont assez importants pour que les chirurgiens aient donné ace muscle le nom de muscle satellite de la carotide mais ils sont très variables, le muscle variant beaucoup lui-même, sinon dans sa direction, du moins dans ses dimensions transversales. L'artère est d'abord placée dans le triangle qui sépare, à la partie inférieure du muscle, ses deux chefs, sternal et claviculaire puis, elle gagne la face postérieure du chef sternal. Le muscle étant oblique en haut et en arrière, tandis que le vaisseau suit une direction sensiblement verticale, ce dernier se rapproche de plus en plus du bord antérieur de son muscle satellite et s'en dégage A t ou 2 centimètres au-dessous du bord supérieur du cartilage thyroïde. Il convient d'ajouter que, en avant du paquet vasculo-nerveux, se trouvent les filets cardiaques supérieurs du pneumogastrique et du sympathique, l'anse nerveuse de l'hypoglosse, les deux branches descendantes qui la forment et, aussi, de nombreux ganglions lymphatiques, tous organes qui présentent avec la face profonde du sterno-cléido-mastoïdien des rapports intimes.

Bord antérieur

Le bord antérieur du sterno-cléido-mastoïdien est fortement oblique de haut en bas et d'arrière en avant. H est en rapport, en haut, avec la glande parotide. Plus bas, il répond a l'angle de la mâchoire, auquel il est uni, dans la plupart des cas, par des tractus fibreux, quelquefois par une véritable bandelette, la bandelette maxillaire du sterno-cléido-mastoïdien ; cette union, rappelons-le en passant, est un reste de l'insertion primitive du muscle à l'os maxillaire, insertion qui existe encore chez les solipèdes. Plus bas encore, le bord antérieur du sterno-cléido-mastoïdien forme la limite externe des deux régions sus-hyoïdienne et sous-hyoïdienne.

Bord postérieur

Le bord postérieur, oblique comme le précèdent, mais d'une obliquité moins prononcée, constitue avec le bord antérieur du trapèze les deux limites latérales du triangle sus-claviculaire. C'est au niveau de ce bord postérieur que les cinq branches nerveuses du plexus cervical superficiel se dégagent du plexus cervical profond.

Innervation

 

Deux nerfs, le spinal et la troisième cervicale, fournissent les filets destines au groupe musculaire sterno-cléido-mastoïdien. Le spinal, par sa branche externe, envoie un ou deux rameaux au cléido-mastoïdien.

La branches antérieure du troisième nerf cervical, en s'anastomosant avec un rameau issu de la branche externe du spinal, forme une sorte d'anse de la convexité de laquelle s'échappent de nombreux filets, lesquels viennent se distribuer, aux quatre faisceaux constitutifs du muscle.

Outre les rameaux nerveux précités, le sterno-cléido-mastoïdien reçoit parfois un petit filet du grand hypoglosse (Maubrac, Breglia).

Action

Prenant son point fixe sur le sternum et la clavicule, le sterno-cléido-mastoïdien agit sur la tête.

En raison de sa triple obliquité, il lui imprime les trois mouvements suivants : il la fléchit sur la colonne vertébrale ; il l'incline de son côté ; il lui fait exécuter un mouvement de rotation, en vertu duquel le menton est porté du côté opposé.

Lorsque les deux sterno-cléido-mastoïdiens se contractent ensemble, ils sont simplement fléchisseurs de la tête, les mouvements d'inclinaison latérale et de rotation, déterminés par l'un des deux muscles se trouvant naturellement annihilés par l'action antagoniste de l'autre.

Variétés

Le muscle sterno-cléido-mastoïdien peut présenter une intersection aponévrotique, située de préférence dans le voisinage de son extrémité inférieure. Il peut s'unir par son bord postérieur avec le trapèze (Voy. ce muscle). Macalister signale, comme faisceaux aberrants du muscle en question : un faisceau s'insérant au-devant de l'apophyse mastoïde ; un faisceau s'attachant au pavillon ; un faisceau se portant sur le ligament stylo-maxillaire. Chudzinski a observé un petit faisceau mastoïdo-parotidien qui se perdait dans la région parotidienne. J'ai rencontré le long du bord antérieur du sterno-cléido-mastoïdien un petit faisceau musculaire qui s'étendait de l'apophyse mastoïde a la gaine des vaisseaux carotidiens, a la hauteur du cartilage thyroïde (faisceau masto-carotidien). L'insertion à l'angle du maxillaire d'un faisceau émanant du sterno mastoïdien a été observée par Brugnone, Theile, Macalister, Meckel, Maubrac et par moi-même : chez le cheval, l'homologue de notre sterno-mastoïdien est un muscle sterno-maxillaire. Le chef sternal peut être double à son origine et dans une étendue plus ou moins considérable de son trajet. Il en est de même souvent du chef claviculaire, dont les deux faisceaux se portent alors l'un à l'apophyse mastoïde, l'autre à l'occipital. La rencontre sur le même sujet de ces deux dernières anomalies constitue un sterno-cléido-mastoïdien double, ou a quatre chefs, un vrai quadrijumeau de la tête, tel que nous l'avons décrit ci-dessus. Des faits de cette nature ont été observes par Wood, Curnow, Kolliker, Maubrac et par moi-même. Une pareille disposition est normale chez quelques animaux, l'hyène par exemple. W. Gruber (Arch. F. Anat. und Phys., 1876, p 739 et 759) a vu le chef claviculaire du sterno-cléido-mastoïdien s'insérer sur l'apophyse transverse de l'axis (muscle cléido-axoidien). Des faisceaux claviculaires surnuméraires s'observent parfois en arrière du chef claviculaire normal : ces faisceaux se terminent en haut, soit sur l'Atlas (muscle cléido-atloïdien) soit sur l'occipital (muscle cléido-occipital).

 

Muscle cléido-occipital de Wood

 

Le professeur Wood a décrit et judicieusement interprété sous ce nom (transac. Of Roy. Soc. Of London, 1869) un muscle surnuméraire plus ou moins distinct du sterno-cléido-mastoïdien, qui, partant de la clavicule, vient se fixer a la ligne courbe supérieure de l'occipital, en arrière de ce dernier. Sa fréquence chez l'homme est de 33%. Sa largeur est fort variable : je l'ai vue le plus souvent osciller entre 8 et 15 millimètres, elle peut n'avoir que 4 millimètres, comme aussi elle peut dépasser 2 centimètres. J'ai vu, dans un cas le muscle cléido-occipital occuper presque toute l'étendue du triangle sus-claviculaire. Quant a sa constitution, le muscle cléido-occipital est généralement charnu dans presque toute son étendue, ses insertions occipitale et claviculaire se faisant le plus souvent à l'aide de fibres tendineuses excessivement courtes. Le cléido occipital existe normalement chez un grand nombre de mammifères.

 

Voyez à propos du sterno-cléido-mastoïdien, Vlacovich. Revisita dei labori dell Accad di Padova, t III, 1859-1860 ; du même Alli del istit. Venelo di Scienze,Lettere ed Arti vol II 1876 ; Krause Die musc. Sterno-cleido-mastoideus in Med. Centraibl., 1876 ; Farabeuf, Progrès med. 1881 ; Maubrac, Recherche anatomique et physiologique sur le muscle sterno-cleido-mastoidien, Thèse Bordeaux 1883 ; Breglia Osservazioni e considerazioni sullo sterno-cleido-mastoideo dell' uomo, reforma medica, 1890.

 

Les muscles scalènes

 

Les muscles scalènes (du grec inégal) sont deux muscles irrégulièrement triangulaires, situés profondément sur les côtés du cou, entre les premières eûtes et les apophyses transverses des vertèbres cervicales. En France, nous distinguons deux scalènes, dont les noms indiquent nettement leur position réciproque : le scalène antérieur et le scalène postérieur. Les anatomistes anglais et allemands divisent ce dernier en deux portions, une portion antérieure ou scalène moyen et une portion supérieure ou scalène postérieur. Ils décrivent ainsi trois scalènes. Une pareille distinction ne me parait nullement justifiée chez l'homme.

 

Insertions

 

Les insertions supérieures et inférieures des muscles scalènes varient pour chacun d'eux. Nous les étudierons séparément pour l'antérieur et le postérieur :

 

Muscle scalène antérieur

Le scalène antérieur se détache, en haut, des inhérentes antérieurs des 3ème, 4ème, 5ème et 6ème vertèbres cervicales, a l'aide de quatre languettes, tendineuses d'abord, charnues ensuite. Ces quatre faisceaux d'origine, primitivement distincts, se fusionnent bientôt en un corps charnu unique, qui vient se fixer, à l'aide d'un tendon arrondi, sur le tubercule de la face supérieure de la première côte (tubercule de Lisfranc).

Muscle scalène postérieur

Le scalène postérieur s'insère, en haut, sur les tubercules postérieurs des apophyses transverses des sept vertèbres cervicales. En bas, il se divise en deux faisceaux, lesquels viennent s'attacher : l'antérieur, sur la face supérieure et le bord externe de la première côte ; le postérieur, sur le bord supérieur et la face externe de la deuxième côte.

 

Rapports

 

En ce qui concerne leurs rapports, les muscles scalènes doivent encore être considères séparément

 

Rapports du msucle scalène antérieur

Le scalène antérieur répond successivement en avant, et eu allant de bas en haut, a la veine sous-clavière, a la clavicule et au sous-clavier, au sterno-cléido-mastoïdien, a l'omo-hyoïdien, a l'artère cervicale ascendante et au nerf phrénique.

 

Rapports du muscle scalène postérieur

Le scalène postérieur répond en arrière, aux muscles, transversaire du cou, sacro-lombaire, grand et petit complexus, angulaire de l'omoplate, splénius.

Ses insertions costales sont recouvertes par les deux premières digitations du grand dentelé.

Rapports communs

Les deux scalènes sont sépares l'un de l'autre par un espace triangulaire a base inférieure. Dans cet espace, nous rencontrons : l'artère sous-clavière, contournant la première cote dans une gouttière spéciale, décrite en ostéologie; les diverses branches du plexus brachial qui, des trous de conjugaison, se dirigent obliquement vers l'aisselle. Ces branches nerveuses sont appliquées contre la face antérieure du scalène postérieur, sur un plan un peu postérieur a celui (pli est occupe par l'artère sous-clavière. De la description qui précède, il résulte que l'artère sous-clavier et la veine de même nom, sont séparées l'une de l'autre, a leur passage la première cote, par le muscle scalène antérieur.

 

Innervation

Les deux scalènes reçoivent l'un et l'autre des filets nerveux multiples. Le scalène antérieur est innerve par des filets très courts, qui se détachent des branches antérieures des troisième, quatrième, cinquième et sixième nerfs cervicaux, tout près de leur émergence. Le scalène postérieur reçoit des branches postérieures des nerfs cervicaux, des filets nerveux à la fois très courts et très grêles, qui pénètrent dans le muscle au niveau de la partie interne de sa face antérieure.

Action

Les deux scalènes, s'ils prennent leur point fixe sur la colonne vertébrale, élèvent les côtes et sont inspirateurs. S'ils prennent, au contraire, leur point fixe sur les côtes préalablement fixées, ils agissent sur la colonne cervicale et alors : si les scalènes d'un seul côté se contractent, ils inclinent cette colonne de leur côté ; s'ils se contractent simultanément des deux côtes, ne pouvant l'incliner ni à droite ni a gauche, ils appliquent fortement chaque vertèbre sur celle qui la suit et communiquent ainsi à la colonne tout entière cette rigidité qui lui est indispensable dans certains actes de la vie, dans celui par exemple qui consiste à porter en équilibre sur la tête un fardeau pesant.

Variétés

Quelques-uns des faisceaux constitutifs des scalènes peuvent manquer, Macalister a vu manquer en entier le scalène antérieur. Il n'est pas rare de rencontrer le scalène postérieur divisé en deux faisceaux distincts, l'un pour la première côte, l'autre pour la deuxième. J'ai vu, dans un cas, le scalène postérieur s'insérer exclusivement sur la première côte par contre, il peut descendre jusqu'à la quatrième côte (Theile, Macalister, Shepherd) et même jusqu'à la cinquième (Beaunis et Bouchard). J'ai observé assez fréquemment, après Wood, Theile et autres, des faisceaux anastomotiques jetés entre les deux scalènes dans l'un ou l'autre sens. Macalister a vu le scalène postérieur perforé par quelques branches du plexus brachial; j'ai observé la même disposition chez l'homme et chez un cercopithèque.

 

Muscle scalène intermédiaire

On décrit sous ce nom (Bull. Soc. Anthrop. 1883) un faisceau surnuméraire, que j'ai rencontré plusieurs fois chez l'homme, mais qui est constant dans un grand nombre d'espèces simiennes. Il s'étend de la première côte aux tubercules, soit antérieurs, soit postérieurs, des sixième ou septième cervicales et sépare, a ce niveau, l'artère sous-clavière du plexus brachial. Nous devons considérer, je crois, comme une variété de ce muscle : le scalène accessoire de Macalister, qui se rendait de la première côte aux quatrième, cinquième et sixième vertèbres cervicales ; et aussi ce faisceau singulier, mentionné par Beaunis et Bouchard, qui, partant du cul-de-sac supérieur de la plèvre, allait se fixer sur t'apophyse transverse de la septième cervicale, constituant ainsi un muscle pleuro-transversaire.

Voyez, au sujet des scalènes: Sebileau Le muscle scalène, C. R. Soc. de Biol., 1891 ; Gilis, note sur l'Anat. des muscles scalènes, ibid., 1891 ; du même, Anat. des muscles scalènes, chez les ruminants, les solipèdes et les carnassiers, ibid., 1892.

 

Muscle droit latéral de la tête

Le muscle droit latéral de la tête est un faisceau charnu, cylindrique plutôt qu'aplati, situe sur les côtes de l'articulation occipito-atloïdienne.

Insertions du muscle droit latéral de la tête
Il s'insère, d'une part, sur l'apophyse transverse de l'atlas, d'autre part sur l'apophyse jugulaire de l'occipital, que l'on doit considérer, en anatomie philosophique, comme l'apophyse transverse de la première vertèbre crânienne ou vertèbre occipitale. Il en résulte que ce muscle n'est évidemment que le plus élevé des inter-transversaires ou, si l'on veut, l'intertransversaire du premier espace.

Rapports

Le droit latéral de la tête est en rapport, en avant avec la veine jugulaire interne, en arrière avec l'artère vertébrale.

Innervation

Il est innervé par un rameau issu de la branche antérieure du premier nerf cervical.

Action

Son action est la même que celle des inter-transversaires.

Variétés

Il était absent dans un cas de Henle, double dans un cas de Theile. Otto a décrit, sous le nom de rectus lateralis longus, un faisceau musculaire qui se rendait de l'apophyse jugulaire à l'apophyse transverse, non plus de l'atlas, mais de l'axis.

 

Muscle atloïdo-mastoïdien

C'est un faisceau cylindrique, rubané ou fusiforme, s'insérant d'une part sur l'apophyse transverse de l'atlas, d'autre part sur l'apophyse mastoïde, laquelle représente l'apophyse transverse de la deuxième vertèbre crânienne. Ce faisceau surnuméraire acquiert ainsi la signification d'un long intertransversaire. Déjà signalé par Winslow sous le nom de rectus lateralis, il a été tout récemment étudié avec le plus grand soin par le professeur W. Gruber (Der Musc. Atlantico-mastoideus, in Arch. Fur Anat u. Phys, 1876, p. 733).

D’après L. Testut Traité d’anatomie humaine

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