On décrit sous le nom de psoas-iliaque (latin : M. iliopsoas ; anglais : Psoas muscle) un groupe musculaire formé par la réunion de deux muscles : un muscle long, d'origine lombaire, le grand psoas, et un muscle radié, naissant de la fosse iliaque, l'iliaque. En raison de leur insertion et de leur action commune, Haller, puis Cruveilhier, ont réuni ces deux muscles en un muscle unique à deux chefs, le psoas-iliaque.

Muscle grand psoas. - M. psoas major

Le grand psoas, portion ou chef interne du psoas- iliaque, est un long muscle, fusiforme, allant de la douzième vertèbre dorsale au petit troclianter. Appliqué d'abord sur les parties latérales de la colonne lombaire, il suit plus bas la partie interne de la fosse iliaque, le bord du détroit supérieur et passe au-devant de l'articulation de la hanche pour se rendre au petit trochanter.
Il naît :

  • 1° sur les parties latérales du corps de la douzième vertèbre dorsale des cinq vertèbres lombaires et des disques intervertébraux correspondants ; ces origines se font par cinq languettes aponévrotiques aux bords des corps vertébraux et aux disques qui les réunissent : dans la partie qui répond au corps vertébral même, les fibres naissent d'arcades aponévrotiques, qui transforment les flancs excavés du corps vertébral en ellipses ostéo-fibreuses, par les-quelles passent les vaisseaux lombaires et les rameaux d'union du grand sympathique ;
  • 2° par cinq languettes charnues, de la face antérieure et du bord inférieur des apophyses costiformes des vertèbres lombaires, en dedans des languettes d'origine du carré lombaire; parfois la languette inférieure manque; parfois la supérieure s'étend par une arcade fibreuse au bord inférieur de la douzième cote.

De ces origines, les fibres charnues descendent, parallèles, presque verticales, formant par leur juxtaposition un corps charnu de volume croissant, aplati sur les côtés de la colonne lombaire. Ce corps charnu, devenu fusiforme, se porte légèrement en bas et en dehors, passe sur les confins du grand et du petit bassin, s'effilant sur un tendon large et plat. Ce tendon, qui apparaît haut dans l'intérieur du muscle, se porte en bas et en dehors; il reçoit par sa face externe et sa face postérieure les fibres char- nues de l'iliaque avec lequel il s'engage sous l'arcade de Fallope. pour apparaître à la partie supérieure de la cuisse, au fond du creux crural. Là , il descend au-devant de la capsule fibreuse de l'articulation de la hanche et va s'insérer sur le petit trochanter. On trouve parfois une petite bourse séreuse séparant le tendon de la face antérieure du petit trochanter.

Muscle Iliaque. M. iliacus

Le muscle iliaque rayonne, large et triangulaire, de toute la périphérie de la fosse iliaque interne vers la moitié inférieure du psoas. Il est séparé du précédent par un sillon profond dans lequel chemine, en général, le nerf crural.
Il naît

  • 1° de la lèvre interne de la crête iliaque et en arrière de celle-ci du. ligament iléo-lombaire ;
  • 2° de la plus grande partie de la fosse iliaque interne.

Ces origines charnues se poursuivent en arrière jusque sur la symphyse sacro-iliaque, empiétant même sur le sacrum, et sur la moitié postérieure de la ligne innominée. De cette large surface, les fibres convergent et se rendent successivement, comme les barbes d'une plume sur leur tige, aux faces antérieure, externe et interne du tendon que nous avons vu naître dans l'épaisseur du psoas. - - Bien que les auteurs affirment avec Theile que l'iliaque n'a point de tendon terminal propre et que toutes ses fibres gagnent les bords latéraux et la face antérieure du tendon du psoas, je puis affirmer que souvent l'iliaque a un tendon propre. Tantôt ce tendon se confond intimement avec celui du psoas et n'en peut être séparé qu'avec grande difficulté; tantôt il lui est simplement accolé et les deux tendons peuvent être facilement décollés, même jusqu'au petit trochanter; tantôt enfin, les tendons du psoas et de l'iliaque sont séparés par un interstice qu'occupent des fibres charnues. C'est par la face postérieure du muscle qu'il faut étudier ces tendons. Je montrerai plus loin qu'à ces cas de séparation des tendons psoas et iliaque, répond un dédoublement de l'organe séreux créé par la réflexion de ces tendons sur le bord antérieur de l'os des îles.

Au muscle iliaque ainsi compris il faut ajouter un chef exclusivement charnu. Ce chef, décrit par quelques auteurs comme un muscle distinct, (iliacus minor, petit iliaque, ilio-capsulo-trochantinien), naît du bord antérieur de l'os des îles, de l'épine iliaque antéro-supérieure à l'épine iliaque antéro-inférieure ; il adhère très fortement au tendon direct du droit antérieur et à la capsule coxo-fémorale ; il suit un trajet parallèle aux fibres externes de l'iliaque auxquelles il est immédiatement accolé, mais dont il peut être assez facilement séparé et il va s'insérer sur le fémur à une petite fossette sous-trochantinienne, entre le crural sur lequel se perdent ses fibres inférieures et le pectine.
De la réflexion et du frottement du ou des tendons du psoas sur le bord antérieur de l'os des îles et la capsule coxo-fémorale résulte une vaste bourse séreuse qui, commençant un peu au-dessus du bord iliaque, descend jusqu'au petit trochanter. Cette longue séreuse est assez fréquemment cloisonnée dans sa longueur, au niveau de son cul-de-sac supérieur, disposition qui répond au dédoublement du tendon dont j'ai parlé; elle présente aussi parfois un cloisonnement transversal, un peu au-dessus du petit trochanter; ces cloisonnements indiquent que cette longue séreuse résulte de la fusion de trois ou quatre séreuses primitivement isolées. Cette grande séreuse communique parfois avec la synoviale articulaire coxo-fémorale : cette communication, très rare chez l'enfant, devient d'autant plus fréquente qu'on la recherche chez des sujets plus âgés. (Durville. Th. Paris. 1895).) (Voy. fig-. 161).

Rapports

Ils doivent être étudiés dans la région lombaire, l'abdomen et à la cuisse.

Portion lombaire

Recouverte en haut par l'arcade du diaphragme qui lui adhère intimement, la face antérieure du psoas répond jusqu'au niveau de la troisiéme vertèbre lombaire, à la capsule adipeuse du rein.
Puis elle entre en rapport à droite, avec le côlon ascendant, à gauche, avec le côlon descendant. Plus bas, elle apparaît sous le péritoine et est croisée par l'uretère et par les vaisseaux spermatiques ou utéro-ovariens qui cheminent sous la séreuse. La face postérieure répond aux muscles intertransveraires, et au carré des lombes, dont la séparent : le douzième nerf intercostal, l'artère homonyme et les branches antérieures des artères lombaires. - Son bord interne est contigu en haut au pilier correspondant du diaphragme, et, dans toute son et dans toute son étendue, à la chaîne du sympathique lombaire; à droite, il répond à la veine cave inférieure, à la deuxième portion du duodénum et à la tête du pancréas ; à gauche, il répond à l'aorte et à la quatrième portion du duodénum.

Portion iliaque

Séparée du péritoine par une couche de tissu cellulaire lâche assez abondante, la face antérieure répond à droite au caecum et à l'appendice, à gauche au côlon iliaque. La face postérieure répond au ligament ilio-lombaire, à la symphyse sacro-iliaque, à l'os des îles. Son bord externe, qui suit la crête iliaque, est contigu aux insertions du transverse. Son bord interne, longé par l'iliaque primitive puis par l'iliaque externe, est croisé par l'uretère, les vaisseaux spermatiques ou utéro-ovariens ; il fait saillie dans le détroit supérieur, dont il rétrécit le diamètre transversal.
Portion crurale. - Elle est de forme pyramidale. Sa face antérieure est recouverte par l'aponévrose fémorale qui la sépare du tissu cellulaire sous-cutané. A la rencontre de cette face avec la face interne, se trouve le nerf crural qui s'épanouit en ses branches terminales. La face interne est séparée de l'entonnoir fémorali-vasculaire par la bandelette ilio-pectinée, puis du bord externe du pectine par un interstice celluleux : psoas-iliaque et pectiné forment une gouttière musculaire dans laquelle cheminent les vaisseaux fémoraux. La l'ace postérieure est appliquée sur l'os des îles, puis sur la capsule coxo-fémorale. Le bord externe, contigu d'abord au tenseur du fascia lata, est longé puis croisé par le sartorius (Couturier). - Le sommet de cette pyramide coiffe le petit trochanter qui, revêtu de son insertion musculaire, se meut sur le pectiné par l'intermédiaire d'un tissu celluleux extrêmement lâche, parfois transformé en séreuse.

Rapports avec le plexus lombaire

Le plexus lombaire est situé « dans l'épaisseur du psoas » ou plus exactement en arrière des faisceaux qui s'attachent aux corps et aux disques vertébraux, en avant des faisceaux qui se fixent aux apophyses costiformes. Il clive en quelque sorte la masse du muscle en deux plans : l'un, antérieur, à insertions vertébrales proprement dites; l'autre, postérieur, à insertions costales. Toutes ses branches terminales ou collatérales, primitivement situées dans cet interstice, le quittent pour traverser l'un ou l'autre de ces plans, en se rapprochant du bord externe du muscle lorsqu'elles émergent en haut, du bord interne lorsqu'elles sortent en bas. - Le grand abdomino-génital, presque transversalement dirigé de dedans en dehors, traverse le psoas, émerge à sa face postérieure, entre ce muscle et le carré lombaire, puis devient sous-péritonéal après avoir dépassé son bord externe. - Le petit abdomino-génital. situé dans un plan antérieur au précédent, suit le même trajet. - Le fémoro-cutané descend très obliquement en bas et en dehors à travers le psoas pour franchir son bord externe entre la troisième et la quatrième vertèbre lombaire. Puis, sous-jacent au fascia iliaca, il croise oblique- ment le muscle iliaque, et se dirige vers l'épine iliaque antéro-supérieure. - Le génito-crural émerge par une arcade, au niveau du disque séparant la deuxième vertèbre lombaire de la troisième, et descend à travers le psoas, obliquement d'arrière en avant; il longe ensuite la moitié interne de la face antérieure du muscle, appliqué contre elle par le fascia iliaca, et suit son bord interne sur le pourtour du détroit supérieur. - Le crural traverse le psoas obliquement en bas et en dehors, arrive dans l'interstice qui sépare le psoas de l'iliaque, puis, reposant sur la face antérieure du psoas-iliaque. passe sous l'arcade de Fallope. - L'obturateur, situé un peu en avant du crural, se dirige obliquement en bas et en dedans à travers le psoas jusqu'au niveau du détroit supérieur, où il apparaît en dedans du muscle, après avoir passé sous une arcade étendue de la cinquième lombaire à l'aileron sacré.

Action

Lorsqu'il prend son point fixe sur la colonne et sur le bassin, le psoas-iliaque produit :

  • 1° la flexion de la cuisse sur le bassin ;
  • 2° sa rotation de dedans en dehors.

Le mouvement de flexion s'accomplit avec énergie. Il n'en est pas de même du mouvement de rotation ; mais, si peu prononcé que soit celui-ci, il n'en est pas moins suffisant pour neutraliser le mouvement de rotation en dedans produit par un autre fléchisseur, le tenseur du fascia lata. En se contractant simultanément, le psoas-iliaque et le tenseur du fascia lata produisent la flexion directe. Nous avons vu, en étudiant le tenseur, que ces deux muscles interviennent dans le deuxième temps de la marche (flexion de la cuisse du membre mobile pendant la période de l'appui unilatéral).

La réflexion du muscle sur la tète fémorale augmente considérablement sa puissance, en rapprochant ses insertions de la perpendiculaire. C'est dans la demi-flexion que l'axe du psoas-iliaque est directement perpendiculaire à l'axe du fémur; le moment de ce muscle est donc dans la demi-flexion. Lorsque le psoas-iliaque prend son point fixe sur le fémur, il incline en avant la colonne vertébrale et le bassin, par sa portion lombaire; par la portion iliaque, il imprime au bassin un mouvement de rotation qui porte la symphyse pubienne du côté opposé.

Innervation

Le psoas-iliaque est innervé par des rameaux intra-pelviens du crural. Le psoas reçoit en général, une, parfois deux branches grêles. Les branches destinées a l'iliaque, plus nombreuses et plus fines, plexiformes suivant Fischer, naissent du bord externe du crural, cheminent surface superficielle du muscle pour se perdre dans l'épaisseur de son corps charnu.

Variations et anomalies

Les deux chefs psoas et iliaque, distincts dans presque toute leur étendue, ne se réunissent qu'au niveau de leurs insertions fémorales. Cette dis- position assez rare, observée par Lieutaud, Macalister, Chudzinski, est à rapprocher de celle signalée par Meckel chez les chauves-souris. Plus souvent, un ou plusieurs faisceaux du psoas sont séparés du reste du muscle par le crural ou par des branches du plexus lombaire (psoas accessoires de Reid et Taylor). - Du fascia iliaca, se détache parfois une lame musculaire qui recouvre le chef iliaque et se confond en bas avec lui (Macalister). - Du milieu de la crête iliaque on peut voir se détacher un faisceau charnu, distinct du corps musculaire, dans lequel il se jette inférieurement (Wood). Macalister a noté la présence d'un faisceau anastomotique unissant le grand psoas au petit.

d'après traité d'anatomie par P. Poirier.

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