Le sourciller (latin : corrugator supercilii) est un tout petit muscle, étroit et de faible longueur (3 ou 4 cm), arciforme, à concavité inférieure, comme l'arcade osseuse sur laquelle il se moule. Il est couché sur la partie interne de l'arcade sourcilière, au-dessous du muscle orbiculaire des paupières.

 

Insertions du muscle sourcilier

Il prend naissance, par un ou plusieurs faisceaux, sur la partie la plus interne de l'arcade sourcilièresur son extrémité interne, un peu au-dessus de la suture fronto-nasale, à 1 cm environ de celui du côté opposé.

De là, il se porte en haut et en dehors, en décrivant le long de l'arcade sourcilière une courbe à concavité dirigée en bas (insertion fixe). En atteignant le trou sus-orbitaire, le sourciller se décompose en une série de petits faisceaux, qui s'entrecroisent avec les fibres de l'orbiculaire et du frontal et viennent, finalement, s'attacher à  la face profonde de la peau des sourcils (insertion mobile).

Ces insertions cutanées commencent au niveau du trou sus-orbitaire et de là s'étendent tantôt jusqu'à la moitié, tantôt jusqu'aux deux tiers internes du sourcil. Elles se font par émanations successives de fibres pâles mêlées de graisse qui vont se fixer à la face profonde de la peau, en s'entre-croisant avec celles du frontal et en formant avec elles un lacis inextricable.

 

Rapports

Recouvert et masqué par l'orbiculaire, par le Frontal et par le Pyramidal, le muscle sourciller recouvre l'os frontal, dont le séparent l'artère sus-orbitaire et les branches du nerf frontal.

Court, ramassé à son origine, aplati, étalé à sa terminaison, le sourcilier se dirige d'abord en haut et un peu en dehors, puis devient horizontal ; sa direction générale est oblique en haut et en dehors, et la concavité de la courbe qu'il décrit regarde en dehors et en bas. On lui reconnaît deux espèces de fibres, des fibres courtes qui constituent la grosse masse du muscle et forment le sourcilier proprement dit; des fibres verticales, à peu près constantes chez le blanc, qui font défaut chez les primates et paraissent caractéristiques de l'homme (Popowsky).

Le sourcilier est relativement profond, il n'est nulle part sous-cutané. Sa face antérieure est recouverte par le pyramidal, le frontal et l'orbiculaire; elle adhère à la peau du sourcil par les fibres qu'elle lui envoie à travers les interstices de ces muscles. Sa face postérieure joue à la surface de l'arcade sourcilière; elle recouvre les vaisseaux et nerfs sus-orbitaires. Le muscle est tout entier noyé dans une graisse molle, qui forme coussinet adipeux et qui atteste que le sourcil est un tégument facial et non crânien.
Le sourcilier se continue par quelques fibres avec l'orbiculaire, dont il est un faisceau spécialisé et avec lequel on le voit encore décrit par Henle, par Merkel ; - il se continue par d'autres fibres avec le frontal.

Innervation

Il est innervé, comme le précédent, par le nerf facial (filets palpébraux de sa branche de bifurcation supérieure).

Action

Ses contractions attirent en dedans et en bas la peau du sourcil, qui se ramasse alors en rides verticales dans la région intersourcilière. Dans le jeu de la physionomie, le muscle sourciller trahit la douleur, l'impatience, la colère.

Le muscle sourcilier est le muscle qui fronce le sourcil (corruator supercilii). Duchenne seul et ceux qui l'ont copié, ont pu leur dénier cette action pour l'attribuer à l'orbiculaire des paupières. Tous les autres observateurs sont unanimes sur ce point.
La contraction du sourcilier accompagne presque toujours l'effort physique ou l'effort moral. Dans les deux cas il agit réellement ou est censé agir comme protecteur de l'œil.
Le sourcilier forme avec l'orbiculaire et le pyramidal la triade; des muscles défenseurs de l'œil. soit contre la lumière excessive en rétrécissant le champ visuel, soit contre les corps étrangers. C'est ainsi qu'il se contracte en présence d'une lumière trop vive ou trop grande, chez la plupart des myopes dans la vision au loin, chez presque tous les sujets dans les travaux rapprochés, minutieux et dans le simple acte d'enfiler une aiguille, dans l'exposition au vent, à la poussière. Dans l'effort physique, la contraction du sourcilier semble s'ajouter à celle de l'orbiculaire pour contenir le globe de l'œil et modérer sa tension.
Au point de vue mimique, le sourcilier seul, comme d'ailleurs tous les autres muscles, est par lui-même inexpressif. Associé à d'autres, il indique presque toujours une certaine énergie intellectuelle, une concentration de l'âme.
Le froncement du sourcil se manifeste par les caractères suivants : gonflement de la tête du sourcil et aplatissement de la partie moyenne; tassement et léger redressement en avant des poils dans la partie gonflée: aplatissement de la tête du sourcil qui prend une position oblique en bas et en dedans, d'où redressement de l'arc sourcilier et rapprochement des deux sourcils: formation d'un pli vertical entre le sourcil et la glabelle, pli un peu oblique en bas et en dehors, perpendiculaire à la direction du muscle. Comme conséquence, l'œil parait enfoncé derrière un sourcil fini le surplombe davantage, la fente palpébrale se rétrécit et une moins grande quantité de lumière lui arrive d'en haut. Sur les parties voisines, on remarque le déplissement de la partie faciale du front et le gonflement de la peau sur la racine du nez.

L'élévation de l'extrémité interne du sourcil (obliquité supérieure) et les plis transversaux médians du front, que Duchenne a attribués au sourcilier, doivent être rapportés à la portion interne du frontal.
Duchenne l'a nommé le muscle de la douleur, mais à tort, car nous fronçons les sourcils dans beaucoup de circonstances autres que la douleur vraie, et que l'on peut répartir dans les trois groupes principaux de la réflexion, de la souffrance et de la colère. C'est de lui, et non de l'orbiculaire, que Duchenne aurait dû dire : « ces sourcils, fortement abaissés, rectilignes, portés en dedans, faisant pour ainsi dire la nuit autour de l'œil, ces sourcils dont la tête se gonfle, dont l'espace inter-sourcilier est creusé de lignes verticales; ces sourcils en un mot, tourmentés par la pensée, annoncent un travail laborieux de l'esprit. Tel est le Pensieroso de Michel-Ange.» Le froncement du sourcil s'observe dans tous les étals de souffrance, depuis la simple inquiétude, l'impression désagréable même physique, connue de sentir une mauvaise odeur, et la mélancolie, jusqu'à la douleur la plus extrême, et dans tous les états de colère, depuis l'indignation jusqu'à la férocité; dans tous il rend l'œil sombre, que celui-ci paraisse seulement voilé, ou qu'il prenne un aspect sinistre.
Le sourcilier peut se contracter synergiquement avec le frontal médian ou partie médiane du frontal. Les sourcils sont alors fronces, rapprochés et gonflés par l'action du sourcilier: mais ils sont en même temps obliques eu haut, leur extrémité interne étant relevée par l'action du frontal médian. De la une combinaison de rides verticales sourcilières, coupées il leur partie supérieure par des rides transversales frontales, dont la disposition générale est celle d'une demi-ellipse à ouverture inférieure; ces rides sont connues sous le nom de rides en fer à cheval. rides quadrangulaires. Presque toujours disgracieuses, elles s'observent surtout dans les états de tristesse.
Ajoutons enfin avec Darwin que le froncement des sourcils est un geste très humain. L'orang et le chimpanzé ont un sourcilier rudimentaire, mal distinct de l'orbiculaire palpébral : Darwin ne leur a jamais vu froncer le sourcil d'une manière bien sensible. Il pense que le froncement des sourcils a commencé avec la station verticale. Les enfants au contraire, même en très bas âge, froncent souvent le sourcil pour exprimer une peine, une inquiétude.

Variétés

Il n'est pas rare de rencontrer un petit faisceau distinct, qui prend naissance au voisinage de la poulie du grand oblique.

Le sourciller se fusionne plus ou moins, comme nous l'avons fait remarquer plus haut, avec l'orbiculaire ; il est très probable que les cas d'absence de ce muscle se rapportent à sa réunion avec l'orbiculaire des paupières. 

d'après traité d'anatomie par P. Poirier.

 

 

 

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