C'est par erreur que ce muscle a reçu le nom de pyramidal ; Santorini l'avait nommé procerus nasi, et c'est l'élévateur de l'aile du nez qu'il appelait le pyramidalis.

Beaucoup d'Anatomistes le considèrent comme la portion interne du frontal et ne le décrivent pas comme un muscle à part. Mais les expériences physiologiques de Duchenne ont mis fin à cette question litigieuse et montré qu'on avait bien affaire à un muscle indépendant, antagoniste du frontal. Depuis lors on a reconnu, à l'aide de l'embryogénie et de l'anatomie comparée, que le pyramidal dérivait par différenciation du muscle releveur commun de la lèvre supérieure, et non pas du muscle frontal.
Le muscle pyramidal occupe la partie supérieure du dos du nez et la bosse frontale moyenne. Il est constitué par une petite languette qui a la forme de l'os propre du nez sur lequel elle se moule.
Il s'insère, d'une part (insertion fixe), à sa partie inférieure, par ses fibres superficielles, au cartilage latéral du nez, au moyen d'une membrane fibreuse, et par ses fibres profondes, au périoste des os propres du nez, sur la partie inférieure de leur bord interne ; - d'autre part (insertion mobile), à la peau de la région intersourcilière.
Les insertions aux os propres du nez, sont contestées, et se feraient pour quelques auteurs au tégument du dos du nez; pour d autres à l'aponévrose du muscle transverse. Les insertions cutanées supérieures sont entre-croisées avec les insertions inférieures du frontal, mais on ne voit là aucune intersection fibreuse, et ce n'est que sur des coupes histologiques que Ton peut reconnaître la terminaison des deux muscles par des fibres qui s'enfoncent dans le derme en sens oppose, mais sous des incidences si faibles qu'elles sont presque parallèles. L'expérimentation montre que la ligne neutre d'excitation, qui marque la limite entre les deux muscles, est une ligne transversale, située un peu an-dessus du sillon fronto-nasal, sur la glabelle ou bosse frontale moyenne.

Rapports

Le pyramidal se dirige verticalement; il a une longueur de 12 à 15 mm. Il commence par un bord inférieur élargi, puis se condense à la racine du nez en un faisceau plus épais, rouge, arrondi, et de nouveau s'étale sur la glabelle. Cruveilhier dit qu'il est le plus souvent entre-croisé en totalité (»u en partie avec celui du côté opposé; les deux muscles droit et gauche sont en effet affrontés par leurs bords internes et échangent ordinairement des fibres, mais chacun d'eux garde son individualité unilatérale. Par sa face antérieure, le pyramidal est en rapport avec la peau avec laquelle il fait corps, surtout dans sa partie supérieure; cette face est concave en sens vertical, convexe en sens transversal; - par sa face postérieure il répond aux cartilages latéraux, aux os propres du nez et à la bosse frontale moyenne ; il glisse sur ces organes à l'aide d'une couche celluleuse interposée entre le périoste et le fascia profond qui recouvre le muscle. Son bord externe longe en bas le muscle transverse du nez, plus haut le releveur commun et l'orbiculaire dont le sépare la veine angulaire.
Le pyramidal est souvent uni au releveur commun, dont il est du reste un dérivé, et quelquefois au frontal qui lui envoie des fibres.

Action

Avant les expériences électro-physiologiques de Duchenne, Sappey avait déjà remarqué sur lui-même, et avant Sappey d'autres observateurs, que le pyramidal est l'antagoniste du frontal. Le frontal est élévateur de la peau du front, qu'il plisse et détend; le pyramidal est abaisseur de la peau frontale qu'il tend et déplisse. Prenant son point fixe en bas, il exerce une traction verticale, qui porte sur la région intersourcilière et sur la queue du sourcil ; il est par conséquent antagoniste du frontal médian ou portion médiane du frontal. Les résultats sont : l'abaissement direct de la peau du front et la formation d'un sillon transversal dans l'espace intersourciller. L'abaissement de la tête du sourcil rétrécit l'angle interne de l'œil et cache la caroncule.
Le pyramidal est de tous les muscles de l'œil celui qui obéit le moins à la volonté. Il agit : 1° comme muscle défensif, pour protéger l'œil ; 2° comme muscle mimique, pour exprimer des émotions douloureuses.
Darwin a montré qu'il se contracte synergiquement avec, le sourciller et l'orbiculaire pour rétrécir la fente palpébrale, et augmenter la saillie du sourcil, dans le cas où l'œil est exposé à une vive lumière. Il concourt donc à l'occlusion de l'œil. Cette action se manifeste aussi dans certains efforts, tels que les cris chez, l'enfant.
Au point de vue expressif, Duchenne l'a nommé le muscle de l'agression parce qu'il donne de la dureté au regard, et annonce la méchanceté, la haine. Toutefois beaucoup d'observateurs, au dire dé Darwin, n'ont pas reconnu dans les photographies de Duchenne celle expression de dureté agressive. La contraction du muscle isolé parait inexpressive; associée à d'autres, elle se rapporte plutôt à des émotions pénibles; c'est ainsi qu'on la constate dans le pleurer, dans la méditation morose, dans les grandes douleurs concentrées. Talma tirait de grands effets de l'abaissement puissant du front.

Variations et anomalies

Harrison et Ledouble signalent l'absence possible du pyramidal. Les pyramidaux peuvent s'entre-croiser ou se fusionner plus ou moins intimement sur la ligne médiane. - Suivant Chudzinski, sa forme subirait des variations ethniques ; c'est ainsi que, trapéoïde chez le Caucasien, il devient plus ou moins triangulaire cahez les Asiatiques et les Africains.

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