Les muscles de l'éminence thénar sont innervés par le nerf médian, le nerf cubital et le nerf radial. Le rameau fourni par le médian se détache soit au niveau du point où le nerf s'épanouit en ses branches terminales, soit du tronc commun des collatéraux palmaires du pouce : il se divise en trois filets : le superficiel pénètre dans le muscle abducteur au niveau de son bord interne et les deux autres, profonds, s'enfoncent dans l'opposant et les deux chefs du court fléchisseur au niveau de leur face antérieure. - Le nerf cubital innerve l'adducteur par sa branche profonde qui se termine dans la face profonde du muscle par deux ou trois filets.


Telle est la disposition habituelle, mais les anomalies de distribution sont loin d'être rares. Brooks (J. of anat. and phys. 188.J-80, vol. XX, p. 641) cite un cas où la branche profonde du cubital innervait le court fléchisseur. l'opposant et le court abducteur du pouce. En revanche, l'adducteur reçoit parfois un filet du médian qui se distribue à la partie la plus externe de son chef carpien, c'est-à-dire à celte portion que quelques auteurs décrivent comme chef profond du fléchisseur. Nous avons rencontré ce filet trois fois sur une trentaine de sujets. Froment (Traité d'anatomie humaine, p. 513) le regarde comme constant. Ce qui varie le plus, c'est l'innervation du court fléchisseur. Les classiques le regardent comme innervé par le médian. Flemming (Anat. Anzeiçjer, 15 fév. 1883) pense au contraire que ce faisceau que nous avons décrit comme chef profond reçoit habituellement son innervation du cubital. Cependant, si nous nous en rapportons à la statistique de Brooks, nous voyons que : sur 2'J cas, cinq fois seulement le court fléchisseur était innervé j)ar le médian, 5 fois il était innervé par le cubital seul et 19 fois il recevait une double innervation du médian et du cubital. Cette dernière disposition serait donc la règle. C'est aussi l'opinion de Cannieu (Soc. d'anat. et Phys. Bordeaux. 27 juillet 1896). Les deux faisceaux du court fléchisseur sont normalement innervés par le cubital : si la main est peu musclée, on ne peut voir l'innervation cubitale trop grêle pour être apparente: si la main est assez développée, on aperçoit des filets du cubital allant au faisceau profond; si la main est très développée, le filet du faisceau superficiel devient apparent. - L'innervation du court fléchisseur par le cubital n'est donc pas aussi rare que parait le croire M. Spourgitis {Bull. Soc. Anat., mai 1895).
Gegenbaur (Morphologisches Jahrbuch, XV vol., p. 48-3) pense, contrairement à l'opinion de Brooks, que les anomalies nerveuses ont une haute signification anatomique et que si l'on ne peut en tirer des déductions vraiment pratiques pour délimiter les muscles de l'éminence thénar (Voy. ci-dessus, historique du court fléchisseur), elles n'en sont pas moins- intéressantes en ce que, subordonnées à l'évolution qui se produit au niveau de ces muscles, elles peuvent servir à éclairer cette évolution.
De la branche antérieure du nerf radial se détachent plusieurs filets dont le principal aborde le court abducteur par son bord supérieur et s'épuise dans son corps charnu (Vogt, Kasper, Etzold). Le court abducteur a donc une double innervation médiane et radiale: cette dernière serait même prédominante suivant Lejars (Bull. Soc. Anat., 10 octobre 1890).

D'après traité d'anatomie par P.Poirier.

 

 

 

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