Le muscle labial ou orbiculaire des lèvres est disposé tout autour de l'orifice buccal à  la manière d'une ellipse dont le diamètre se dirige transversalement d'un côté à  l'autre.

 

Insertions

Adoptant l'opinion déjà  ancienne de Winslow, nous considérerons ce muscle comme formé de deux moitiés absolument distinctes : une moitié supérieure, qui répond à  la lèvre supérieure, c'est le demi-orbiculaire supérieur ; une moitié inférieure, qui se trouve située dans la lèvre inférieure, c'est le demi-orbiculaire inférieur.

Demi-orbiculaire supérieur

Le demi-orbiculaire supérieur constitue la couche la plus importante de la lèvre supérieure. Transversalement étendu d'une commissure à  l'autre, il mesure en hauteur tout l'espace compris entre le bord libre de la lèvre et la base du nez. Ses faisceaux se détachent pour la plupart, à  droite et à  gauche de la ligne médiane, de la face profonde de la peau et de la muqueuse labiale. Puis, ils se dirigent en dehors et en bas en décrivant des anses à  concavité inférieure. Ils arrivent ainsi à  la région des commissures et, là , ils se terminent à  la fois sur la peau et la muqueuse, en s'entrecroisant d'une part avec les fibres ascendantes du demi-orbiculaire inférieur, d'autre part avec les fibres transversales du buccinateur.

Ces longues fibres, disposées en arc et s'étendant sans interruption apparente d'une commissure à  l'autre, constituent la portion principale du muscle.

A cette portion principale viennent se joindre, à  titre de portions accessoires, quatre faisceaux de renforcement, deux de chaque côté. L'un d'eux, (3) relativement épais, se détache de la sous-cloison des fosses nasales, c'est le faisceau naso-labial de l'orbiculaire. L'autre (4), plus faible, prend son origine à  la portion interne de la fossette myrtiforme, c'est le faisceau incisif supérieur. De leur surface d'origine, ces deux faisceaux se portent en dehors et un peu en bas et ne tardent pas à  se fusionner avec la portion principale de l'orbiculaire. Ils présentent naturellement le même mode de terminaison que ce dernier.

Demi-orbiculaire inférieur.

Assez analogue au précédent, le demi-orbiculaire inférieur (fig. 601,2) constitue la couche la plus importante de la lèvre inférieure, dont il occupe toute la hauteur, depuis le bord libre jusqu'au sillon qui sépare en bas la lèvre du menton. Il prend naissance, à  droite et à  gauche de la symphyse mentonnière, à  la face profonde de la peau et de la muqueuse labiale. De là , ses faisceaux se portent en dehors et en haut pour venir se terminer, comme ceux du muscle précédent, dans la région de la commissure.

Il est renforcé, comme le demi-orbiculaire supérieur, par un faisceau accessoire à  insertion osseuse, le faisceau incisif inférieur (5). Ce faisceau, assez analogue au faisceau homonyme de la lèvre supérieure, prend naissance, en dedans, sur le coté de la symphyse et se confond, presque immédiatement après son origine, avec la portion principale du muscle.

Rapports

L'orbiculaire est situé à  la partie moyenne des lèvres, un peu plus rapproché cependant de la face muqueuse que de la face cutanée. Vu sur des coupes sagittales, il revêt dans son ensemble la forme de la lettre L (L à l’envers pour la lèvre inférieure), avec une branche verticale très longue occupant toute la hauteur de la lèvre, une branche horizontale très courte répondant à l'orifice buccal. En se réunissant à  angle droit, les deux branches de l'L musculaire délimitent un angle, qui regarde en avant et en bas pour la lèvre inférieure, en avant et en haut pour la lèvre supérieure.

Dans chacune des deux lèvres, l'orbiculaire est recouvert par la peau et par un certain nombre de muscles, qui sont : le carré du menton, pour le demi-orbiculaire inférieur ; les deux élévateurs de la lèvre supérieure et le petit zygomatique pour le demi-orbiculaire inférieur. Il recouvre à  son tour la muqueuse labiale, dont le sépare une véritable nappe de glandes muqueuses (voy. Lèvres). L'artère coronaire répond à  la face profonde du muscle : elle est située d'ordinaire à  l'angle de réunion des deux branches de l'L ou un peu au delà  de cet angle (au-dessous pour la lèvre inférieure, au-dessus pour la lèvre supérieure).

Muscle compresseur des lèvres

Outre les fibres transversales de l’orbiculaire et les fibres verticales de provenance diverse qui viennent se placer en avant de ce dernier muscle, on trouve encore dans chacune des deux lèvres, et au voisinage de son bord libre, un certain nombre de fibres à  direction antéropostérieure, dont l'ensemble constitue le muscle compresseur des lèvres.  Ces fibres antéro-postérieures, signalées depuis longtemps par Luschka et étudiées spécialement plus tard par Klein et par Aeby, prennent naissance, en avant, à  la face profonde de la peau depuis la première jusqu'à  la douzième rangées de follicule pileux. De là , elles se portent obliquement en arrière (en arrière et en bas pour la lèvre supérieure, en arrière et en haut pour la lèvre inférieure) et viennent se terminer sur la muqueuse, tout autour de l'orifice buccal.   Ce muscle compresseur des lèvres, qui n'est autre que le reclus labii de Klein, le musculus labii proprius de Krause, est particulièrement développé chez le nouveau-né et doit vraisemblablement jouer un rôle important dans l'acte delà  succion.

Innervation

L'orbiculaire des lèvres est innervé par le facial : pour sa moitié supérieure (demi-orbiculaire supérieur), par les filets buccaux supérieurs de la branche temporo-faciale ; pour sa moitié inférieure (demi-orbiculaire inférieur), par les filets buccaux inférieurs de la branche cervico-faciale.

Action

En s'entrecroisant au niveau des commissures, les deux demi-orbiculaires constituent pour l'orifice buccal un véritable sphincter : ils ferment cet orifice quand il a été ouvert par l'action de ses muscles dilatateurs ; ils le rétrécissent et appliquent solidement l'un contre l'autre les bords opposés, lorsque leurs contractions surprennent cet orifice dans l'état d'occlusion passive.

 

Au point de vue physiologique, chaque demi-orbiculaire peut être divisé en deux zones : une zone extérieure ou périphérique (par rapport au centre de l'orifice buccal) et une zone intérieure ou marginale. Les contractions des deux zones extérieures froncent les lèvres et les projettent en avant; les contractions des zones intérieures les froncent également, mais les portent en arrière, en les .ippiiquant contre les arcades dentaires.

Ceci posé, il est facile de se rendre compte que l'orbiculaire coopère à  une foule d'actes tels que : la succion, le jeu des instruments à  vent, le sifflement, la préhension des aliments, soit solides, soit liquides, l'action de donner un baiser (muscuus osculatorus des anciens anatomistes), l'articulation de certaines consonnes dites labiales, etc., etc.

Les expériences électro-phiysiologiques de Duchenne (de Boulogne) et aussi les faits cliniques (hémiplégie faciale) nous autorisent à  admettre dans chaque demi-orbiculaire deux moitiés symétriques et parfaitement indépendantes, répondant l'une au côté droit, l'autre au côté gauche. Le sphincter buccal serait ainsi constitué par quatre muscles : deux supérieurs, que l'on pourrait appeler les deux labiaux supérieurs, le gauche et le droit; deux inférieurs, que l'on pourrait désigner sous le nom de labiaux inférieurs et que l'on distinguerait, de même, en labial inférieur gauche et labial inférieur droit.

Variétés

Certaines portions de l’orbiculaire ont été décrites par Mf-ckel (SHmm. n. Spivichoi-gatis, 1857) comme des muscles spéciaux. Tels sont : le protracteur de la lèvre supérieure et de la lèvre inférieure, le constricteur de la lèvre supérieure et de la lèvre inférieure. — On a décrit encore comme muscles spéciaux {muscle incisif supérieur et muscle incisif inférieur) les deux faisceaux à  insertion osseuse, décrits plus haut, qui viennent renforcer la portion principale.

Voy. au sujet de l'orbiculaire : Henke, Die oberen und unteren Muskeln der Lippen, Zeitsclir. f. Anat. u. Entw., 1875 ;

Klein, Zur Kenntniss des Baues der Mundlippen der neugebor. Kindes. Wien, 18G9 ; — M^\, Die Muskulafur cl. menschl. Mundspalte, Arch. f. mikr. Anat., 1879 ;

Roy, Le muscle orbiculaire des lèvres, Tii. Bordeaux, 1890 : Yihciiow (M.), Der Muskel- mannmaul, Berlin. Klin. Woch., 1892. 

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