Bouche

L'encéphale, en se développant d'arrière en avant, constitue le toit d'une excavation de plus en plus profonde, dont le plancher est représenté par la protubérance cardiaque et le fond par la membrane bucco-pharyngienne. Quand cette membrane se résorbe, l'excavation communique avec l'intestin respiratoire.

 

Chez l'embryon humain du 17ème ou du 18ème jour, le stomodeum s'est rétréci par le développement des bourgeons maxillaires. Les bourgeons maxillaires supérieurs sont encore séparés l'un de l'autre, sur la ligne médiane ; les bourgeons maxillaires inférieurs, au contraire, se sont soudés et sur- plombent la protubérance cardiaque. Le stomodaeum s'ouvre par un orifice triangulaire dont la base, tournée en haut, est constituée par le bourgeon frontal. Le fond de la cavité est fermé par la membrane bucco-pharyngienne (E.-H. de 4 mm 2, 21ème jour).

L'orifice buccal est une fente transversale (E. H. de 8 mm 3), puis un petit rectangle (E. H. de 11 mm 3).

Bientôt la membrane bucco-pharyngienne se perfore d'un trou très exigu ; ce voile du palais primitif se résorbe complètement, et un voile palatin définitif lui succède, qui provient du bourgeon ptérygo-palatin.

Le stomodaeum édifie les fosses nasales et la bouche définitive. Cette bouche est formée seulement par le stomodaeum, si la membrane bucco-pharyngienne s'insère au niveau des piliers postérieurs du voile (Kœlliker) et son revêtement est tout entier d'origine ectodermique. Mais si cette membrane s'implante sur le plancher de l'arc mandibulaire, comme le croit His, la bouche définitive reconnaît une double origine ; elle est constituée et par le stomodaeum et par la région du pharynx qui s'étend immédiatement en arrière de la membrane pharyngienne ou bucco-pharyngienne. Elle est revêtue en partie par l'ectoderme, en partie par l'endoderme.

 

Lèvres

Deux bourrelets, l'un supérieur, l'autre inférieur, limitent l'orifice buccal. Le bourrelet supérieur compte deux régions : sa partie médiane résulte de la fusion des processus globulaires, qui prolongent chacun des bourgeons frontaux internes ; ses parties latérales sont fournies par le bourgeon maxillaire supérieur, soudé au processus globulaire. Le bourrelet inférieur est formé par la coalescence d(es bourgeons maxillaires inférieurs.

Un mur épithélial (mur plongeant) s'enfonce dans l'épaisseur de chacun de ces bourrelets ; ce mur se désagrège et constitue le sillon labio-gingival qui sépare la lèvre de la gencive future.

C'est au niveau du bord libre des lèvres que s'opère la transition entre le tégument externe et la muqueuse buccale. Chez le nouveau-né, cette transition s'effectue à l'aide : 1 d’une zone lisse, plus ou moins saillante, dépourvue de phanères ; 2 et d'une zone villeuse, caractérisée par son chorion à longues papilles et par son épithélium très élevé. Chez l'adulte, les deux zones se confondent.

Langue

La langue procède de plusieurs ébauches : 1° la pointe et le corps de l'organe se constituent (His) aux dépens du tubercule impar, et aussi (Hammar) aux dépens des extrémités ventrales des 1er  et 2ème arcs, unies de chaque côté. Un sillon alvéolo-lingual sépare ultérieurement de la gencive cette ébauche antérieure ; 2° la base de la langue tire son origine de deux bourrelets, originaires de l'extrémité antérieure des 2ème et 3ème arcs fusionnés. Ces bourrelets entrent en coalescence à la fin du 1er mois : à eux seuls, ils constituent la langue dos animaux aquatiques. Ils s'unissent plus tard à l'ébauche antérieure.

Un sillon curviligne, à concavité antérieure (sillon terminal) marque la ligne de fusion des ébauches antérieures et postérieures. Un espace de 6 à 8 mm  sépare ce sillon du V lingual, jalonné par les papilles caliciformes. Parfois la papille, qui occupe le sommet du V lingual, est entraînée en arrière dans la partie médiane du sillon terminal, occupée par le trou borgne (Voir Thyroïde).

L’épithélium lingual est successivement simple et stratifié, des glandes s'en détachent au 3ème mois. Les papilles se forment : les caliciformes, au 3ème mois; les fongiformes, au 4ème mois ; les filiformes, un peu plus tard. Les bourgeons gustatifs se différencient sur le sommet et sur les flancs de la papille caliciforme ; ils occupent tous le vallum (Faure), quelque temps après la naissance.

Annexes du stomodaeum

Hypophyse

L'hypophyse est une annexe du stomodaeum qui présente d'étroites connexions avec le névraxe.

 

Glandes salivaires

Les salivaires naissent de l'épithélium buccal. De chaque côté de la ligne médiane, le plancher de la bouche est occupé par un bourrelet antéro-postérieur, qu'un sillon externe sépare delà mandibule et qu'un sillon interne sépare de la langue.

De la partie postérieure du sillon interne procède la glande sous-maxillaire (E. H. de 13 mm 8). Ce sillon, en fusionnant ses lèvres d'arrière en avant, reporte en avant le canal de Warthon que sous-croise le nerf lingual, quand il aborde la langue.

La sublinguale se forme, plus tard, aux dépens du sillon externe.

Quant à la parotide, elle apparaît après la sous-maxillaire (6ème semaine), avant la sublinguale. Elle naît du sillon profond qui sépare les deux mâchoires (8ème semaine).

 

Dents

Premiers développements

Deux bourrelets, qui répondent au 1er arc branchial, circonscrivent l'orifice buccal. Du revêtement de chacun de ces bourrelets procède une bandelette épithéliale très étendue (mur plongeant de Pouchet et Chabry) ; cette bandelette se creuse d'un sillon qui divise le bourrelet en deux saillies parallèles ; la saillie antérieure sera la lèvre, la postérieure sera la gencive. En arrière de la commissure labiale, le mur plongeant se continue avec un épaississement épithélial (crête dentaire, mur saillant), qui se dresse sur le bord libre du bourrelet gingival, à la mâchoire supérieure comme à l'inférieure. De l'épithélium buccal, par l'intermédiaire du mur plongeant ou de la crête dentaire, se détache une lame 3pithéliale continue qui pénètre, de» dehors en dedans, dans le mésoderme des bourrelets gingivaux. La lame dentaire est horizontale au niveau dos incisives et des canines, et verticale, partout ailleurs. Elle est d'égale épaisseur sur toute sa longueur (E. H. de 18 mm). Bientôt (E. H. de 24 mm), 20 épaississements, disposés les uns derrière les autres, apparaissent à chaque mâchoire, sur la partie profonde de la face externe de la lame dentaire : ce sont là les germes des dents transitoires.

Dents transitoires

a) Ces germes, d'abord hémisphériques et sessiles, paraissent bientôt appendus à la lame dentaire par un pédicule grêle et court : l’organe de l’émail est constitué. Le mésenchyme, qui occupe l'extrémité profonde de cet organe, ne tarde pas à pénétrer dans l'organe adamatin, jusque-là arrondi. Il l'excave progressivement. La portion centrale de ce bulbe conjonctif se transformera en 'pulpe dentaire ; sa portion périphérique n'est autre que l’organe de l’ivoire (E. H. de 37  mm) ; elle portera autant de saillies que la couronne possédera de tuber cules. Enfin, le mésoderme se tasse peu à peu, au pourtour du germe dentaire, de son extrémité profonde à son extrémité superficielle (3ème et 4e mois) ; le sac ainsi formé est l’organe du cément ; il édifiera aussi le ligament alvéolo-dentaire.

A ce moment, le germe dentaire comprend trois parties : 1° le bulbe, dont les éléments périphériques (odontoblastes), tassés les uns contre les autres à la façon d'un épithélium, constituent la membrane de l’ivoire. 2° l’organe de l’émail qui montre, de sa profondeur à sa surface, une assise de cellules prismatiques, très hautes, très étroites (adamantoblastes) dont l'ensemble représente la membrane de l’émail; une masse de cellules épithéliales étoilées, anastomosées, riches en tono-fibrilles, qui figurent un tissu réticulé (gelée de l’émail); une assise superficielle de cellules cubiques (cellules externes de l’organe adamantin). 3° Lé sac dentaire que nourrit un réseau vasculaire dont les anses dépriment, par places, la surface de l'organe adamantin.

b) Une fois formés, les organes producteurs des tissus dentaires entrent en fonction pour édifier successivement l'ivoire, l'émail et le cément. Ces trois substances représentent un produit de sécrétion ou de transformation cellulaire, appelé à se calcifier.

L’ivoire se différencie tout d'abord ; il apparaît à l'extrémité superficielle de la dent ou au sommet de chacun des mamelons que portera la surface dentaire ; dans ce dernier cas, les chapeaux d'ivoire se fusionnent, alors, à leur périphérie. De la couronne, l'ivoire s'étend vers l'extrémité profonde de l'organe. Il se constitue aux dépens des odontoblastes. Le pôle superficiel de ces éléments émet un prolongement très grêle (fibres de Tomes), autour duquel apparaît l'ivoire. L'ivoire jeune, dépourvu de sels calcaires, est au contact de la membrane de l'ivoire; l'ivoire ancien, calcifié, est périphérique ; il s'adosse à l'organe adamantin. Une fois achevée la production de l'ivoire, l'odontoblaste entre en régression.

L’émail se développe après l'ivoire, à la face profonde de l'organe adamantin. Le pôle profond des adamantoblastes porte des poils courts, dont l'ensemble représente le prolongement de Tomes ; autour de ces poils, apparaît un étui de globuline appelé à se calcifier; cet étui s'accroît, en s'accolant à ses congénères ; il est l'origine du prisme de l'émail. L'organe de l'émail est destiné à disparaître, mais l'émail qu'il a élaboré lui survit ; ce dérivé de cils profondément transformés (Prenant) persiste sur la dent adulte.

Si l'évolution s'arrêtait à ce stade, la dent serait réduite à sa couronne. Pour édifier la racine, l'organe de l'ivoire s'allonge par sa partie profonde; il entraîne avec lui le sac dentaire, et ce sac conjonctif s'ossifie pour fournir le cément. De toutes les parties de la dent, le cément est celle qui se constitue la dernière; il se différencie sur les dents de lait, quelque temps avant leur éruption.

Au 5ème mois, le germe dentaire a perdu ses connexions avec l'épithélium gingival ; la lame dentaire s'est allongée, infléchie sur elle-même et fragmentée ; cette lame dentaire prend l’aspect d'une membrane ajourée ; elle se désagrège et se résorbe, en même temps que l'organe de l'émail, au moment où la dent de lait va faire éruption.

Après une période d'état qui dure quelques années, la dent de lait tombe, du fait de phénomènes de résorption qui portent sur la racine, mais laissent intacte l'alvéole Les ostéoclastes des maxillaires paraissent les agents de cette résorption.

Dents permanentes

Après avoir édifié, par sa face externe, les bourgeons des dents transitoires, la lame dentaire continue à s'allonger, et son bord profond émet 20 saillies qui sont les germes des 20 dents de remplacement (Pouchet et Chabry). Le germe s'allonge, se place en dedans, en arrière, et en dessous de la dent temporaire correspondante. Au 7ème mois, le cordon qui unit la dent permanente à la lame dentaire disparaît, et la dent permanente, d'abord située dans le même alvéolé que la dent transitoire, s'isole d'elle par une cloison osseuse. Le germe de la dent permanente se différencie exactement comme le germe de la dent de lait, mais son évolution est plus lente : elle demande plusieurs années. Quand Ir dent de lait tombe, la dent permanente lui succède.

L'alvéole de la dent permanente présente, à sa partie superficielle un petit orifice (iter dentis) que comble un trousseau fibreux (gubernaculum ientis). Ce trousseau se perd dans la gencive ; il porte dans son axe des débris épithéliaux (débris paradentaires) qui sont les restes du pédicule de la dent définitive. Au moment de l'éruption, l'iter dentis s'agrandit, du fait de processus de résorption alvéolaire ; les débris paradentaires deviennent kystiques et dessinent une sorte, de canal, dans lequel s'engage la dent permanente.

Grosses molaires

Les trois grosses molaires ne sont pas des dents de remplacement. Elles prennent naissance directement aux dépens de la lame dentaire ; la première voit son germe apparaître au début du 5ème mois ; elle ne fera éruption qu'à l'âge de 6 ans.

En résumé, la dent procède de deux ébauches, comme les phanères. De ces ébauches, l'une est ectodermique : elle produit l'émail ; c'est là un tissu épithélial calcifié, qui dérive de cils profondément transformés ; l'autre est mésodermique : elle édifie le cément et l'ivoire. Mais le cément est un tissu osseux typique ; l'ivoire au contraire, est un tissu osseux généralement avasculaire, ses éléments, loin d'être englobés dans la substance fondamentale, demeurent toujours à la surface de la pulpe ; seule la fibre de Tomes, prolongement de l'odontoblaste, est incluse dans l'épaisseur de l'ivoire.

 

 

 

 

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