La dure-mère rachidienne diffère de la dure-mère crânienne par ce fait fondamental, qu'elle n'est pas périostique, et par plusieurs caractères secondaires.

Au niveau du trou occipital ou elle commence, elle adhère encore intimement à la surface osseuse mais, dès la troisième vertèbre cervicale, elle se dédouble en deux feuillets un feuillet externe ou périostique mince, qui se moule sur toutes les saillies et les dépressions du canal rachidien, un feuillet interne plus épais, la dure-mère proprement dite, qui correspond à la couche interne de la méninge crânienne et se modèle sur la forme de la moelle, mais non sur celle du canal osseux. Cette différence dans la disposition des deux portions crânienne et spinale de la dure-mère tient à l'adaptation de l'organe à un squelette différent ; le cerveau est dans une capsule osseuse rigide et continue, la moelle dans un tube à pièces articulées et mobiles.

La dure-mère rachidienne, le périoste étant désormais mis à part, est un cylindre fibreux terminé en bas en entonnoir, et présentant des variations de calibre en relation avec celles de la moelle: il est plus large au niveau des renflements, plus grand par conséquent a la région cervicale qu'à la région lombaire, il est plus étroit à la région dorsale. La coupe transversale montre que ce cylindre ne remplit pas la totalité de la cavité rachidienne, et qu'il est séparé de la face osseuse revêtue de son périoste par un certain espace renfermant des veines et du tissu cellulo-adipeux; à son tour, il est loin d'être rempli par la moelle, dont il est éloigné par l'interposition de l'arachnoïde et d'une nappe de tissu sous-arachnoïdien infiltré de liquide. Cette disproportion entre la moelle et son contenant, la membrane fibreuse, est surtout marquée dans les régions a mouvements étendus comme la région cervicale. (Voy.lang.84.)

1° La face externe de la dure-mère spinale n'est pas assimilable à celle de la dure-mère crânienne. Dépourvue d'adhérences sur la plus grande partie de son étendue, elle est lisse, tapissée d'endothélium, et limite en dedans l'espace épidural, que quelques auteurs. Waldeyer notamment, assimilent à un espace lymphatique. Cet espace compris entre le périoste et la dure-mère est vaste, en arrière surtout contre les lames vertébrales; mais il est en grande partie comblé par des plexus veineux intrarachidiens, du tissu cellulaire et une graisse molle, fluide, rougeâtre facilement déplaçable, gélatineuse chez l’enfant, abondante surtout à la région sacrée. Trolard a signalé l'insertion du ligament cervical postérieur à la dure-mère entre l'occipital et l'atlas, plus bas entre l'atlas et l'axis.

De cette face externe partent deux espèces de prolongements, les prolongements ligamenteux et les gaines des nerfs rachidiens, qui constituent l'appareil de fixation de la dure-mère.

Ligament saocro-dural.

Le canal sacré est ouvert par sa face postérieure le sac dural et le ligament coccygien sont tirés en arrière pour bien montrer le ligament qui est placé de champ.

Les prolongements ligamenteux n'existent bien marqués que sur la face antérieure. Ce sont des lames assez denses, qui de la ligne médiane antérieure du sac dural se portent obliquement de chaque coté en bas et en avant et se fixent au ligament vertébral postérieur.

Courts et serrés à la région cervicale, à peine reconnaissables à la région thoracique, ils reparaissent plus longs et espaces a la région lombaire. A partir de la quatrième lombaire, ils commencent à se condenser et forment une cloison médiane, forte, fenêtrée, qui descend jusqu'aux dernières sacrées et fixe tout à la fois le cul-de-sac dural et le filum terminale c'est le ligament sacré antérieur de la dure-mère, de Trolard, ou ligament sacro-dural. Le rôle de ces prolongements, multipliés aux points à mouvements étendus (courbure cervicale, courbure lombaire), est d'immobiliser l'étui dural dans le sens antéro-postérieur et de l'amarrer à la partie antérieure du canal où sont les passages des nerfs rachidiens. Les gaines durales des nerfs complètent ce système de fixation transversale.

Un nerf rachidien est, comme on le sait, composé de deux racines, une antérieure et une postérieure qui est ganglionnée. Chaque racine traverse la dure-mère par un trou indépendant, et à sa sortie reçoit de la méninge une gaine fibreuse propre qui l'enveloppe jusqu'au-delà du ganglion où elle se confond avec le névrilème du nerf mixte; il y a donc deux gaines distinctes pour chaque nerf, jusqu'à la fusion des racines. Au niveau du trou de conjugaison, elles sont intimement unies au périoste par des tractus fibreux. Dans la région sacrée, où les nerfs ont un long trajet a parcourir pour aller de la dure-mère au trou sacré, ces gaines sont remarquablement longues.

A ces deux espèces de prolongements, Hoffmann ajoute et figure : des ligaments dorso-latéraux, propres à la région sacrée, qui, naissant de chaque côté de la dure-mère près du cône terminal, vont se fixer à la partie postérieure du canal osseux, et des ligaments inter-spinaux, particuliers aux trois premiers nerfs cervicaux, dont ils relient entre elles les gaines durâtes en les embrassant dans une double lamelle à direction frontale.

TROLARD Recherches sur l'anatomie des méninges spinales. Arch. de physiol., 1888.–HOFMANN. Fixation de la dure-mère au canal vertébral, Arch. F. Antomie, 1898.

2° La face interne de la dure-mère est lisse, humide, séreuse comme dans la région crânienne, mais avec cette différence qu'elle est reliée régulièrement a la moelle par des cloisons nombreuses, dont les principales sont placées latéralement (ligaments dentelés) et les autres sur la ligne médiane antéro-postérieure ainsi est empêché le ballottement de la moelle dans sa grande cavité fibreuse,

3° L'extrémité supérieure de la dure-mère nous présente la fusion des deux feuillets périostique et dural en une seule membrane qui adhère intimement non seulement au pourtour du trou occipital, mais encore à la face postérieure du corps de l'axis.

4° L'extrémité inférieure finit en un cône mousse qui rappelle la forme du cône médullaire, mais ne lui correspond pas topographiquement. Tandis que le sommet de la moelle est au niveau de la seconde vertèbre lombaire, le sommet du cône dural, dont l'ascension a été moindre que celle de la moelle dans la période fœtale, correspond à la seconde vertèbre sacrée, à 8 centimètres en moyenne au-dessus du sommet du sacrum. C'est par erreur que quelques auteurs ont indiqué sa limite au commencement ou à la fin du canal du sacrum. (Voy. aux notes p. 113.)

En réalité, la dure-mère ne finit pas au sommet du cône dural. Nous verrons, en décrivant le filum terminale, qu'elle lui fournit une gaine continue et se prolonge avec lui jusque sur la face postérieure du coccyx, où elle se fixe par des filaments en éventail. Là, comme chez l'embryon, est la vraie terminaison de la dure-mère rachidienne. Cette partie amincie et étirée du sac dural est le ligament coccygien.

Fixée ainsi à ses deux extrémités au coccyx et au trou vertébral, limitée en outre dans ses mouvements par ses attaches transversales à la cavité rachidienne (prolongements ligamenteux, gaines des nerfs), la dure-mère ne peut subir qu'une faible élongation. Celle-ci est à peine mesurable dans l'extension par suspension, elle n'est guère sensible que dans la flexion forcée où elle atteint de 5 à 8 mm., dont une partie seulement se répercute sur la moelle, ainsi que nous l'exposerons en traitant de la fixité de la moelle.

Le filum terminale.

Structure.

La structure de la dure-mère rachidienne diffère à plusieurs  points de vue de celle de la dure-mère crânienne. Elle est, comme elle, une membrane fibreuse, épaisse, en arrière surtout, et composée de lamelles conjonctives superposées. Mais les fibres sont orientées dans un seul sens, elles sont parallèles et verticales les réseaux élastiques, rares au crâne, sont ici abondant. Les artères, fournies par les branches radiculaires des artères qui s'échelonnent sur le trajet de la moelle, sont peu importantes; les mailles de leur réseau sont larges et verticalement diriges, il n'y a pas de dilatation ampullaire des radicules veineuses, il n'y a ni lacs ni sinus. Les voies lymphatiques sont les mêmes. L'existence, de nerfs, autrefois contestée, est aujourd'hui démontrée (Rudinger, Alexander) et comme pour la dure-mère crânienne, on admet des nerfs vasculaires et des nerfs sensitifs quelques filets paraissent se rendre à la moelle en longeant les dents du ligament dentelé.

 

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