­

Le tronc cœliaque (Anglais : Coeliac artery or axis) naît de la face antérieure de l'aorte abdominale, sur la ligne médiane, dans l'angle supérieur de l'orifice aortique du diaphragme, immédiatement au-dessous des diaphragmatiques inférieures et souvent par un tronc commun avec elles.

­

Sur le squelette, il répond au disque qui unit la douzième dorsale à la première lombaire. Son volume est considérable, presque égal à celui d'une artère rénale. Sa longueur est de 10 à 15 mm et 9 mm de diamètre.

Dès son origine, le tronc cœliaque se dirige en avant et légèrement en bas, entouré d'un tissu fibreux très dense qui contient de nombreux filets nerveux du plexus solaire et rend la dissection du vaisseau très laborieuse. A cette enveloppe fibro-nerveuse aboutissent les fibres qui partent de l'angle duodéno-jéjunal (muscle de Treitz). Il est en rapport à gauche et en avant avec le cardia, à droite et en avant avec le lobule de Spigel et en bas avec le bord supérieur du pancréas.

 

Le tronc cœliaque se divise, ad modum tridentis, en trois branches terminales la coronaire stomachique, l'hépatique, la splénique. Le mode de division du tronc cœliaque est variable parfois, les trois branches se détachent au même point, c'est la vraie trifurcation; plus souvent peut-être la coronaire stomachique nait la première à angle droit de la face antérieure du tronc, qui se divise ensuite en hépatique et splénique.

Coronaire stomachique (anglais:coronary artery of the stomach)

La coronaire stomachique, la plus petite des branches du tronc cœliaque, peut naître directement de l'aorte ou de la diaphragmatique gauche; légèrement ascendante d'abord, elle se porte à gauche et en avant vers le cardia et la petite courbure de l'estomac, sur le milieu de laquelle elle se divise en deux branches qui suivent la petite courbure jusqu'au pylore, où elles s'anastomosent avec les rameaux de la pylorique. Dans ce trajet parallèle à la petite courbure, l'artère, dont la direction se rapproche beaucoup plus de la verticale que de l'horizontale, est logée entre les deux feuillets de l'épiploon gastro-hépatique.

 

L'artère coronaire stomachique donne deux et quelquefois trois rameaux cardio-œsophagiens, qui remontent vers le cardia et l'œsophage; et des rameaux gastriques. Ces derniers cheminent d'abord sous la lame péritonéale antérieure de l'estomac dans les tuniques duquel elles se ramifient. Le tronc de la coronaire stomachique donne un rameau hépatique, qui se porte dans le lobe gauche du foie en cheminant dans l'épaisseur du petit épiploon.

Artère hépatique

Plus volumineuse que la coronaire stomachique, l'artère hépatique monte obliquement de gauche à droite et d'arrière en avant vers le hile du foie. A son origine, l'artère hépatique, profonde, se dirige obliquement de gauche à droite, d'arrière en avant, au-devant du pilier droit du diaphragme, au-dessous du lobe de Spigel sur lequel elle creuse parfois un sillon (Henle) et à la convexité duquel elle accommode sa courbure à concavité supérieure. Puis, elle contourne le flanc gauche de la veine porte et vient se placer sur la face antérieure ou ventrale de ce vaisseau avec lequel elle monte vers le sillon transverse du foie, dans l'épaisseur de l'épiploon gastro-hépatique. Dans sa portion initiale l'artère hépatique est située en arrière de la veine porte, c'est-à-dire sur un plan plus dorsal que, dans sa partie moyenne, elle contourne le flanc gauche de cette veine pour venir se placer en avant d'elle; de sorte que, dans sa portion l'artère est en avant de la veine porte qui la sépare du hiatus de Winslow, à gauche et tout près des canaux cholédoque puis hépatique. Elle monte ainsi vers le sillon transverse du foie, où elle se divise en ses deux branches terminales.

Dans son trajet, l'artère hépatique donne quelques petits rameaux qui se portent en bas vers le pancréas et le pylore et trois collatérales importantes, la pylorique, la gastroduodénale droite et la cystique.

Tronc cœliaque

Artère pylorique

Très grêle, elle naît de l'hépatique au-dessus du pylore, dans l'épaisseur du ligament gastro-hépatique, et se dirige de droite à gauche vers la partie supérieure du 'pylore, où elle se divise en une branche antérieure et une branche postérieure. Ces branches, qui peuvent naître séparément de l'artère hépatique, vont s'anastomoser avec les branches de la coronaire stomachique sur le tiers inférieur de la petite courbure de l'estomac.

Artère gastroduodénale

Elle distribue ses branches au duodénum et a l'estomac ; classiquement c'est la gastro-épiploïque droite.

Remarquable par son volume et par l'étendue de son trajet, l'artère gastroduodénale descend à droite du pylore, en arrière de la première portion du duodénum, au-dessous de laquelle elle se divise en deux branches la gastro-épiploïque droite et la pancréatico-duodénale.

La gastro-épiploïque droite chemine derrière la portion initiale du duodénum dans le sillon d'accolement du duodénum à la surface antérieure du pancréas et gagne la grande courbure de l'estomac qu'elle longe de droite à gauche pour s'anastomoser, vers la partie moyenne de celle-ci, avec la gastro-épiploïque gauche, branche de la splénique. Elle donne des rameaux ascendants aux tuniques de l'estomac, et des rameaux descendants, très longs et très ténus, au grand épliploon.

La pancréatico-duodénale, deuxième branche du tronc gastroduodénal naît en arrière de la portion initiale du duodénum et suit la concavité de l'anneau duodénal. La grande majorité de ses rameaux se rendent au duodénum.

Artère cystique

De petit calibre, elle nait souvent de la branche terminale droite de l'hépatique et gagne le col de la vésicule biliaire pour descendre sur celle-ci et se diviser en branches qui se ramifient les unes sur la face libre du réservoir biliaire, les autres sur sa face adhérente; ces dernières abandonnent quelques ramuscules au parenchyme hépatique.

Branches terminales de l'artère hépatique

Les branches terminales de l'artère hépatique se ramifient dans le parenchyme de l'organe en suivant le même trajet que les branches de la veine porte; comme celles-ci, elles gagnent transversalement les extrémités du sillon transverse et s'engagent dans les gaines tubuleuses formées par la capsule de Glisson, avec les ramifications portes et celles des conduits biliaires.

Leurs rameaux terminaux, se rendent au parenchyme du foie, rameaux parenchymateux ; aux parois des vaisseaux et conduits biliaires, rameaux vasculaires et biliaires ; à la capsule, rameaux capsulaires ; ces derniers viennent former sous la capsule un réseau dont les ramuscules se prolongent dans les ligaments hépatiques.

Artère splénique

Grosse (7 mm. de diamètre), longue et flexueuse, l'artère splénique se porte transversalement de droite à gauche le long du bord supérieur du pancréas, sur lequel elle se creuse une gouttière, et croise la face antérieure de la queue de cette glande pour aborder le hile de la rate. Avant son entrée dans le parenchyme splénique, l'artère se divise en un grand nombre de branches, de 6 à 12, qui pénètrent isolément dans cet organe.

Collatérales de l'artère splénique

Dans son trajet, la splénique donne :

  • des rameaux pancréatiques, qui naissent de l'artère dans la gouttière pancréatique et descendent dans le tissu de la glande.
  • la gastro-épiploïque gauche, qui naît de la splénique, à sa sortie de la gouttière pancréatique, à 3 ou 4 cm de la rate, descend sur la face postérieure de l'estomac et se recourbe pour longer la face postérieure de la grande courbure, près du bord libre de celle-ci, puis sur ce bord libre; vers la partie moyenne de la grande courbure, elle s'anastomose avec la gastro-épiploïque droite et se divise, comme celle-ci, en rameaux ascendants ou gastriques rameaux descendants ou épiploïques.
  • les vaisseaux courts (artères courtes). En nombre variable (trois a six), ils se détachent de la splénique à des intervalles irréguliers, soit sur la portion pancréatique, soit sur une des ramifications de cette artère et se rendent sur le fond et la partie postérieure de l'estomac, s'anastomosant avec les artères de la grande et de la petite, courbures pour compléter le cercle artériel de l'estomac.
 

Tableau résumant les branches du tronc cœliaque

 

 Tronc cœliaque

 

 

 

 

 

 

 

Coronaire stomachique

 

 

 

Hépatique

 

 

 

 

Pylorique

 

 

 

Gastroduodénale

 

Pancréatico-duodénale

 

Gastro-épiploïque droite

Cystique

 

Splénique

 

Gastro-épiploïque gauche

 

Vaisseaux courts

 

 

Variétés

Tronc cœliaque

Le tronc cœliaque peut être plus long, plus court, ou même manquer complètement; ses trois branches terminales se détachent alors directement de l'aorte abdominale. Il pont ne donner naissance qu'à deux branches; ce sont ordinairement l'artère hépatique et l'artère splénique. Il peut fournir des branches surnuméraires on l'a vu notamment donner une artère duodénale, la mésentérique supérieure, une artère rénale accessoire, une artère pancréatique, des branches coliques, etc. Le tronc cœliaque peut donner naissance à trois branches, dont deux normales et une troisième anormale. On l'a vu se diviser en coronaire stomachique, artère hépatique et tronc commun des artères diaphragmatiques; l'artère splénique se détachait directement de l'aorte abdominale.

Coronaire stomachique

Elle peut naitre directement de l'aorte abdominale, ou fournir anormalement une artère splénique accessoire, une ou plusieurs diaphragmatiques inférieures accessoires. Une de ces artères diaphragmatiques accessoires, peut présenter un volume très notable, et donner, avant d'atteindre le diaphragme de nombreux rameaux à la grosse tubérosité de l'estomac, à la capsule surrénale gauche et au pilier gauche du diaphragme. Le rameau hépatique constant que fournit la coronaire est de calibre très variable; parfois il est assez volumineux pour irriguer à lui seul tout le lobe gauche du foie.

Artère hépatique

On a constaté l'absence de l'artère hépatique sur un mort-né qui présentait de graves malformations de tout le système artériel. L'artère hépatique peut manquer en tant que branche du tronc cœliaque; elle est alors remplacée par un tronc qui se détache des artères voisines et notamment de l'artère mésentérique supérieure ou de l'artère rénale droite. Il s'agit évidemment dans ces cas de l'hypertrophie de ces petits rameaux insignifiants qu'envoient normalement au foie les artères en question. Il est intéressant de rapprocher ces artères hépatiques accessoires. Des veines portes accessoires. L'artère hépatique peut fournir normalement un rameau pour le cardia, plusieurs rameaux pyloriques, la coronaire stomachique, une artère cystique accessoire, une ou plusieurs artères diaphragmatiques inférieures accessoires. Les deux branches terminales de l'artère hépatique peuvent donner naissance a une artère cystique accessoire, à une ou plusieurs artères diaphragmatiques surnuméraires et même à la coronaire stomachique.

Artère gastroduodénale

Elle peut donner anormalement une artère cystique accessoire, une artère hépatique surnuméraire, la coronaire stomachique, une ou plusieurs artères coliques, on a vu une branche de la gastroduodénale former avec une branche de la gastro-épiploïque gauche ou de l'artère splénique un arc vasculaire occupant la partie moyenne du grand épiploon.

Artère splénique

L'artère splénique donne souvent naissance à des branches surnuméraires comme la branche gauche de l'artère hépatique. la colique moyenne, la coronaire stomachique, l'hémorroïdale supérieure. Parfois sa division est prématurée.

D'après traité d'anatomie humaine P. Poirier

Commentaires (0)

Il n'y a pas encore de commentaire posté.

Ajouter vos commentaires

  1. Poster un commentaire en tant qu'invité. S'inscrire ou se connecter à votre compte.
Pièces jointes (0 / 3)
Partager votre localisation

Ce site internet met des documents à votre disposition seulement et uniquement à titre d'information. Ils ne peuvent en aucun cas remplacer la consultation d'un médecin ou les soins prodigués par un praticien qualifié et ne doivent par conséquent jamais être interprétés comme pouvant le faire.

Connexion